Allemagne année zéro
Note moyenne
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ferdinand75

727 abonnés 4 495 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 octobre 2025
Un film qui est resté très fort , qui n’a pas pris une ride, signe de chef d’œuvre. Comment Rosselini peut s’intéresser à l’Allemagne, en 1946, détruite , meurtrie, qui paye cash ses choix politiques des deux décennies précédentes. Nous suivrons un jeune garçon Edmund , dans Berlin , qui cherche à se débrouiller, à gagner un peu d’argent dans cette ville complétement détruite, amas de pierres, pour essayer de faire survivre sa famille. Un moindre sac de patates sera perçu comme un cadeau du ciel. Son frère ainé de 25 ans revient du front, il était dans une unité spécialisée, il n’ose pas sortir de peur de se faire arrêter par les armées d’occupation. Car la ville est maintenant quadrillée par les armées française ou américaine. La grande sœur sort tous les soirs dans les dancings et les clubs, pour glaner quelques cigarettes , elle n’a pas encore basculé dans la prostitution mais peu s’en faut. Le père est très malade, il ne peut plus rien faire , on leur coupe l’électricité .
Mais il n’y rien de sordide dans la narration de Rossellini, pas de pathos, ce fameux néo-réalisme dont il est un des pères , car il y eu une puissance poétique, onirique presque lyrique , et aussi une dimension philosophique. Les peuples voulaient la guerre, ( ou certains dirigeants), en résulte des gagnants et des perdants . Ce message reste complétement d’actualité aujourd’hui, c’est intemporel.
Superbe scène des troupes d’occupation qui visitent le bunker de Hitler , le ton est juste , ni trop , ni pas assez comme distancier , presque surréaliste .
La pensée nazie est aussi bien abordée, par le père qui dans un long monologue expliquera tout l’enchainement des faits, comment ils étaient fiers d’être les plus forts, , tout y est , tout est juste. D’une lucidité surprenante. .Idem pour l’ancien professeur d’école, qui retrouve Edmund , et qui répétera encore la doctrine de la loi du plus fort et du principe d’éliminer le plus faibles.
Malheureusement le jeune garçon prendra cette rhétorique à la lettre , et agira en conséquence, cruellement, contre sa propre famille. Le message totalitaire se reproduit à l’infini.
Tout est dans ce film , la bassesse des sentiments , la fatalité, la corruption, un film noir , d’une grande richesse, mais empreint d’une grande poésie , avec tous ces plans de ville détruite , ces êtres zombies qui errent , mais qui veulent survivre . Un film supérieur à "Rome ville ouverte" car faisant preuve de plus de sobriété, de profondeur, et de moins de pathos.
Patjob
Patjob

44 abonnés 763 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 février 2026
Ce fulgurant (non par son rythme, mais par son efficacité) moyen-métrage laisse une marque indélébile. Dès l’introduction, il exprime la place de la mort (les fosses que creusent la population), de la faim (le cheval mort dont les gens viennent tenter de découper un morceau) et du froid (les morceaux de charbon tombés du véhicule qui font l’objet de la même convoitise). Le portrait des conditions de vie dans cette Allemagne brisée se poursuit avec les regroupements de famille dans des appartements exigus, les coupures d’électricité et la survie difficile par les cartes de rationnement, la débrouille, le marché noir et les petits larcins. La dimension morale n’est pas en reste, avec les comportements déviants générés par le besoin (la prostitution) ou par la perte d’ordre social (la pédophilie), ou avec les questionnements sur les responsabilités dans l’horreur que le pays a engendrée, et subie. Un tel contexte débouche sur des drames individuels extrêmes : spoiler: l’assassinat d’un père et le suicide d’un enfant, symbole ultime du désespoir.
L’itinéraire de l’enfant, Edmund, pourrait d’ailleurs être la représentation de celui de son pays : induit en erreur par une fausse morale, qui indique que c’est dans l’ordre naturel que les forts survivent, ou éliminent les faibles, il se livre à une atrocité à laquelle il ne pourra pas survivre.
Loin de l’idée et des effets de spectacle, voilà un film puissant et profond, grâce au regard à la fois sobre, pertinent et empathique de Roberto Rossellini.
tyrionFL
tyrionFL

25 abonnés 389 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 avril 2020
Un instantané de l'allemagne de l'après guerre montrant à travers les yeux d'un enfant un pays en ruine, anxiogène pour ces pauvres habitants et particulièrement pour un enfant essayant de s'en sortir malgré tout.
Rosselini dépeint un pays froid et cruel qui devient même malsain à certains moments et qui laisse un constat très amer sur la situation, ce qui reste l'ordre des choses malheureusement.
SociN
SociN

14 abonnés 636 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 septembre 2017
Un film terrible, à mi-chemin entre le film et le documentaire : vae victis, quel que soit le peuple vaincu. Les acteurs, et particulièrement le petit Edmund, sont excellent, et le décor (malheureusement naturel de Berlin en ruines) est incroyable.
Ranjith
Ranjith

13 abonnés 122 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 février 2025
Allemagne année zéro : Un chef-d’œuvre du néo-réalisme

Points forts :

• Un néo-réalisme puissant : Le film retranscrit parfaitement l’après-guerre et les ravages qu’elle a laissés 
• Un Berlin dévasté : On ressent toute la désolation de la ville, totalement démolie, un décor qui parle de lui-même ️
• Un scénario bien construit : On suit Edmund du début à la fin, sans jamais s’en détacher 
• Un travail de mise en scène impressionnant :
• En extérieur : Plans larges et fluides qui suivent Edmund sans cut 
• En intérieur : Beaucoup de plans serrés et de cuts, renforçant l’oppression. Un détail de mise en scène que je n’aurais jamais remarqué sans l’analyse en cours, vraiment du génie 勞
• Une fin choquante : Totalement inattendue et marquante ❗

Points faibles :

• Un rythme un peu lent sur la fin : Les 30 dernières minutes m’ont paru un peu longues ⏳

Note : 9/10

Description : Moi qui pensais avoir du mal avec ce genre de film, au final j’ai adoré ! Comme quoi, il ne faut jamais juger avant d’avoir essayé. D’ailleurs, conseillez-moi d’autres films du néo-réalisme, je suis curieux !
fastsnake
fastsnake

4 abonnés 245 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 août 2010
Si j'ai trouvé ce film intéressant - si ce n'est plus - pour le voyage social qu'il nous offre dans une Allemagne d'après guerre désolée, dont on ne parle que rarement, le scénario et la mise en scène m'a quelque peu déçue.

Les paysages offerts ont l'avantage d'être un véritable document historique, offrant une certaine "beauté" post-apocalyptique devant ce petit monde qui survit plus qu'il renaît.

Mais si j'ai trouvé cette idée de suivre une famille, et notamment l'enfant dans ses tribulations, ingénieuse, je trouve que l'idée n'a pas été exploitée jusqu'au bout. Je pense notamment aux scènes avec l'ancien professeur qui semble tout autant nazi que pédophile. Roberto Rossellini, sans avoir à montrer quoique ce soit, aurait pu (et du, si je puis me permettre) aller plus loin pour mieux dénoncer l'exploitation de la misère ambiante. Idem pour les scènes d'orphelins vagabonds traînant en bande dans les rues de la ville, vivotant de méfaits mineurs.

Film qui me marque par sa portée, aussi bien historique que sociale, mais pas en tant que chef d'œuvre du cinéma.
stans007
stans007

39 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2021
1947 : dans un Berlin en ruines et une ambiance de fin du monde, un enfant sans repères est victime de la décomposition de la société allemande. Film fort et instructif du néo-réalisme italien.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 août 2017
Cette presque-errance (puisque partagée entre l'appartement et les rues de Berlin) d'un jeune garçon dans la ville en ruines marque par sa dureté et son évocation de l'essentiel : dans un monde cataclysmique, il faut survivre - mais jusqu'à quelles extrémités peut-on aller ? Au final, toujours la même victime, l'enfance, parce que l'homme ne regarde pas aux conséquences. À voir !
Parkko
Parkko

192 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 6 juillet 2010
Le tout pourrait se résumer dans le titre (pas que ça vaille zéro hein). Allemagne, année zéro... On est en 1947, et on suit le parcours d'un garçon de 13 ans qui se débrouille pour vivre, ou plutôt pour survivre, avec sa famille. Roberto Rossellini parvient à nous faire un tour d'horizon de la situation, où il faut quasiment tout reconstruite, tout rebâtir, au sens propre comme au figuré.En 1h10 il aborde beaucoup de thèmes : débrouillardises, marché noir, jeunesse perdue, souvenirs du nazisme etc.
Le problème c'est peut être la démarche, trop lourde à mon sens. Dès le début l'homme prévient le spectateur de ses intentions. Mais le tout sonne peu subtil, on sent le cours d'histoire derrière, sous-jacent. Rossellini fait un film sur la misère à Berlin, et c'est bien ça le problème à mon sens. Si le sujet principal de son film c'était l'histoire de cette famille, on aurait pu voir à travers tous les problèmes de l'Allemagne en 1947. Or, là, j'ai plutôt l'impression que cette famille n'était qu'un prétexte, et que Rossellini n'avait que pour but de nous montrer de façon assez didactique, presque pédagogique, la situation. Le tout ennuie assez vite, la démarche est un peu trop plombante.
Yoloyouraz
Yoloyouraz

36 abonnés 566 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 12 mars 2008
Superbe d'un point de vue historique, l'oeuvre de R.Rossellini souffre d'un manque certain d'intensité et de profondeur dans le portrait de la jeunesse allemande.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 juin 2009
Rossellini nous dresse ici une peinture d'une Allemagne en détresse au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale avec une grande classe. Les personnages sont vraiment poignants.
Très bon film.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 janvier 2008
Chef d'oeuvre parmi les chefs d'oeuvres du cinéma.
Hotinhere

794 abonnés 5 495 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mars 2026
Troisième volet de la trilogie de Rossellini sur la guerre (après Rome ville ouverte et Païsa) qui dresse le portrait sombre et réaliste d’une famille allemande désespérée qui tente de survivre dans un Berlin en ruine.
Charlotte28
Charlotte28

204 abonnés 2 898 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 juin 2026
Rossellini réussit mieux la peinture globale de l'Allemagne vaincue que le portrait de son jeune héros. De fait, à travers la cohabitation forcée entre différentes incarnations des habitants vaincus (ancien nazi, ancien soldat, ancienne réfugiée, femme de prisonnier), la présence des Alliés (auprès desquels la nécessité ordonne d'obtenir de l'aide) ainsi que la vision (à hauteur d'enfant) de la ville en ruines, le récit manifeste clairement les tensions, les rancoeurs, les antagonismes tenaces. En revanche, le drame enclenché par le cadet ne convainc pas: non seulement son basculement idéologique se produit trop rapidement, mais nulle émotion ne surgit (la faute à une réalisation froide ou au jeu maladroit du comédien?). Inégal.
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 901 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 novembre 2025
La copie inégale, mériterait une bonne restauration, à l'instar d'un Berlin en ruine de 45.
Le réalisme de Rosselini fait mouche au milieu des gravats.
Le blond et bel adolescent Edmund fricote, vole, élimine des bouches inutiles spoiler: dont… la sienne.
Poignant, on reste scotché après le plan final sur lui. Tout est dit, la paix des âmes prendra plus de temps que la reconstruction des pierres.
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