Réalisation magistrale de Barry Levinson. Un scénario sans aucune faille. Une distribution et une interprétation incroyable. Un film d'un rare niveau...
Bacon , De Niro, Hoffman , Patric, Brad Pitt... tout ce beau monde pour un film exceptionnel sur la vengeance. Oeuvre trop meconnu à mon gout. Magnifique
Un film en deçà de ses ambitions, la faute à une première partie trop longue et trop lourde et à une seconde abracadabrante et confuse. De plus l'aspect religieux finit par devenir gavant (même si De Niro s'en sort bien). Il faut tout même avouer qu'on ne s'ennuie pas, que Bacon est très bon et, qu'Hoffman assure; mais force est de constater que ce n'est pas terrible, l'accumulation d'invraisemblances (qui commencent dès la première partie avec le quatrième gamin qui retrouve ses copains lors qu'il courrait dans l'autre sens) finissant par être pesante. Par ailleurs balayons le "chantage au vécu" qu'on voudrait nous imposer, certains auraient-ils oublié qu'un récit biographique peut mentir ?
Tout était à disposition pour en faire un exaltant thriller sur fond de vendetta : le sujet est intéressant et bien sûr le casting met l'eau à la bouche. Mais l'atout majeur de Sleepers reste malheureusement son synopsis, dont la réalisation n'atteindra pas la hauteur envisagée. Toutes les maladresses de ce film le relègue au plan de policier de série B. Certaines scènes ont très mal vieillies, et d'autres ne sont pas assez approfondies.spoiler: La fameuse exécution de Nokes, le tortionnaire, est trop brève. J'ai pensé : "C'est tout?", je m'attendais à quelque chose de plus "Western", plus glaçant pour tout dire. La mafia au cinéma m'avait habitué à plus de spectacle. Pour conclure je dirais que c'est un film qui manque de poigne et d'intensité. Là ou Sleepers a échoué, Mystic River réussira 7 ans plus tard. Avec Kevin Bacon du bon côté cette fois (dommage quand on voit sa troublante interprétation du pervers sadique...). On retiendra quand même un beau témoignage sur les valeurs inaliénables de l'amitié.
C'est un casting en or que nous offre Barry Levinson pour ce film très prenant, sur un sujet difficile avec une histoire de vengeance admirablement bien orchestrée. Le scénario est très bien écrit, la mise en scène de bonne facture malgré quelques effets énervants et tous les acteurs sont excellents en particulier Kevin Bacon en gardien sadique.
Ce film se heurte au problème des adaptations d'histoires originales, qui est l'absence de création scénaristique mais aussi les revendications intégrées par l'auteur dans le résultat. Altérées, ignorées ou raffermies par le régisseur, on l'ignore et elles sont de toute manière intempestives dans ce qui est, littéralement, une oeuvre d'art. C'eût été un défaut, mais dans Sleepers, c'est bien plus : un impair. Car l'auteur du livre dont le film est tiré a toujours maintenu que l'histoire s'agissait de sa propre enfance, et tout laisse à penser pourtant que c'est faux, l'auteur s'enfonçant dans l'irréfutable pour se défendre des accusations qui portent sur lui. Comment faire confiance à l'horreur toute simple que le film nous inspire si on ne peut pas y prêter foi ? Et c'est trop tard pour y voir une oeuvre de fiction.
En sus de tout ceci, le ton généralement autobiographique du film, saturé en voix off, est réussi dans ses passages les plus sordides et que c'est précisément dans ces moments-là que le trio gagnant Pitt-De Niro-Hoffman est réuni. Un succès désagréable qui fait passer le résultat tout entier pour n'avoir comme seule finalité que d'être le vecteur de ce propos morbide. Et si le dilemme éthique du prêtre est réussi (où il doit faire le choix entre la justice et la vertu en déterminant si son propre faux témoignage peut être moral), il est tout à fait détestable que les deux vrais truands soient acquittés d'un meurtre par vengeance. Ils sont morts, soi-disant, peu après, ce qui pourrait en théorie rééquilibrer la conscience du spectateur. C'est sans compter qu'il peut se dire : "mais alors, à quoi bon ?".