A Scene at the Sea
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Yves G.

1 856 abonnés 4 063 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 août 2019
Shigeru est sourd muet. Il travaille comme éboueur dans une petite ville côtière. Un jour, il récupère une planche de surf mise au rebut, la répare et décide de s’essayer à ce sport. Son amie Takako, sourde-muette elle aussi, l’accompagne.

"A Scene at the Sea" est ressorti l’été dernier sur les écrans. On se demande bien pourquoi. C’est l’un des tout premiers films de Takeshi Kitano, réalisé en 1991 mais sorti en France en juin 1999 seulement alors que la renommée du réalisateur ne cessait de croître ("Hana-Bi" était sorti à l’automne 1997 et "L’Été de Kikujiro" sortirait à l’automne 1999).

"A Scene at the Sea" ne ressemble pas aux films de Kitano, peuplés de yakuzas violents et déprimés. D’ailleurs le réalisateur – qui joue dans la quasi-totalité de ses films – n’y apparaît même pas. Pour autant, ce n’est pas une aberration dans sa filmographie car sa patte s’y décèle immédiatement.

Il y a d’abord cet humour pince-sans-rire qu’on retrouve dans tous ses films, qui frôle parfois la bouffonnerie. On en trouve ici la trace dans la troupe de jeunes qui accompagne Shigeru sur les plages, avec ce duo comique de surfeurs maladroits qui accumulent les chutes et les gaffes.

Il y a ensuite cette fascination de Kitano pour les plages où il pose, plus souvent qu’à son tour, sa caméra. La mer emplit l’écran. Sa lumière l’illumine, sans jamais verser dans une esthétique de carte postale. Car il ne s’agit pas des plages paradisiaques d’Okinawa filmées dans "Sonatine", mais de plages de sable noir, sans attrait particulier.

Il y a enfin et surtout la tendresse du réalisateur dans sa façon de filmer ses personnages. En faisant des deux héros des sourds-muets, Kitano se condamne à tout faire passer par l’image. Aucune parole pour éclairer ou donner du sens à la relation amoureuse qui les unit. Elle n’en reste pour autant pas moins lisible : Takako soutient Shigeru dans sa nouvelle passion au risque d’être reléguée.

La fin du film est déroutante. À la fois tragique et légère. Éclairée par quelques cartes postales qu’on croirait tirer du making of mais qui nous ramène à la nostalgie d’un couple hors norme.
Shawn777

814 abonnés 3 965 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mars 2024
J'ai avant tout été attiré par ce film en découvrant sa sublime B.O., signée Joe Hisaishi (qui signe également la B.O. de la plupart des Ghibli) qui m'a tout de suite donné envie de m'intéresser au film à l'affiche par ailleurs toute aussi sublime. De plus, même si Takeshi Kitano est très connu et notamment réputé pour son cinéma violent (mais pas que), je ne connais aucun film de sa filmographie, je ne savais ainsi pas vraiment à quoi m'attendre. Mais c'est donc ici l'histoire d'un jeune homme sourd-muet éboueur qui ramasse un jour une planche de surf et décide de faire de ce sport sa nouvelle passion. En effet, avec sa petite amie également sourde et muette, ils se rendent tous les jours à la plage, la petite amie regardant son copain faire du surf. Ah oui, pas beaucoup d'action effectivement mais avec une B.O. pareille, je m'attendais à ce genre de film contemplatif. C'est en effet la musique qui apporte les émotions mais également les dialogues puisque les deux personnages ne parlent pas donc. Et c'est tout aussi bien car cela évite bon nombre de dialogues inutiles et renforce l'aspect contemplatif. Nous avons effectivement énormément de plans fixes qui semblent avoir été pensés comme des tableaux ; c'est-à-dire que rien dans la composition des plans n'est laissé au hasard, tout est pensé pour être symétrique et esthétique. L'histoire, il y en a peu, mais elle n'en est pas moins captivante, ou plutôt envoutante pour autant. Enfin j'exagère quand je dis qu'il y en a peu car elle raconte en réalité beaucoup de choses sur son contexte (notamment la relation entre les personnages et les relations de couple au Japon) mais surtout sur ses personnages, sur ce couple qui ne repose que sur des non-dits ou, au contraire, des échanges de regards qui veulent tout dire. "A Scene at the Sea" est donc tout aussi poétique que son titre et son affiche tout en comportant une relative violence sous-jacente.
Cricriiiiiiii
Cricriiiiiiii

93 abonnés 909 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 mai 2021
Kitano réussit le tour de force de proposer un film quasi muet, dont la poésie hypnotique est exaltée par une bande originale impeccable. Malheureusement, on aurait aimé autant d'ambition sur le fond car le nippon, sans doute contraint par l'exercice de style, se contente finalement de nous servir une histoire téléguidée, très gentillette et surtout sans aucun enjeux.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 15 septembre 2013
Jolie petit film fait avec simplicité et classe. Le film nous rentre dans un cadre intimiste. La mise en scène est très bonne et permet l'émergence du spectateur. Le montage est simple et fin. La musique est peut être un peu é acteurs sont bon. Le film possède aucun surplus.
soulman
soulman

140 abonnés 1 422 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 août 2018
Un petit miracle de Kitano, loin de l'univers violent qu'il a souvent mis en scène. Une histoire simple, admirablement mise en scène et interprétée, dans le monde apaisant du surf. La fin, tragique, donne plutôt à penser à une renaissance. Universel.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 884 abonnés 8 225 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 août 2008
Un étrange voyage quasi onirique et très contemplatif où Takeshi Kitano nous dévoile sous forme de poésie visuelle une rencontre étonnante, celle d’un homme et la mer.
A Scene at the Sea (1991) est un film muet à 90% puisque l’histoire se focalise sur deux sourds et muets dont l’un rêve de faire du surf.
C’est ainsi que le cinéaste se livre à de long plans silencieux avec vues sur la mer, la contemplation de celle-ci par ces deux jeunes gens.
A la fois drôle et réfléchie, cette œuvre expérimentale se veut plus visuelle que narrative, elle mérite que l’on s’y attarde, pour la beauté des images et surtout pour l’excellente B.O de Joe Hisaishi, envoutante et magique !
Sergio-Leone
Sergio-Leone

211 abonnés 1 096 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 avril 2010
Mon Kitano préféré pour le moment! Loin de l'univers Yakuza, "a scene at the sea" est un joyau rafraîchissant, tendre et émouvant dont la mise en scène souvent très picturale donne une seconde réjouissance dans la contemplation d'un "beau" film dans tous les sens du terme. Le duo composé des 2 personnages sourds muets est vraiment magnifique.
TUTUR29
TUTUR29

48 abonnés 1 344 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 août 2023
A scene at the Sea est typique de ce qu'est capable de réaliser Takeshi Kitano. Un film tout en douceur, avec une musique et une poésie qui offre une splendeur à cette histoire pourtant assez "plate" bien que mignonne. N'importe qui en aurait fait un simple court métrage de 30 minutes mais Kitano avec son goût pour la poésie préfère en faire un film de 1h40, et c'est réussi. Ça garde évidemment le style très calme de Kitano mais la poésie compense largement ce "défaut", à l'image de la scène du bus qui est exceptionnelle selon moi. Un bon film !
Nath Visuals
Nath Visuals

86 abonnés 279 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 septembre 2025
Premier film de Takeshi Kitano que je vois où le réalisateur n'est pas dans les acteurs principaux et c'est spécial. spoiler: Mais ici, à part être membre d'un jury de compétition de surf ou vendeur de surf, je ne vois pas ce qu'il aurait pu faire et c'est très bien ainsi.


"A scene at the sea" est un film très calme, reposant et différent. En effet, nos deux personnages principaux sont sourds et muets. Ce qui peut être bizarre au début est en fait une nouvelle manière de voir des protagonistes dans un film. Impossible de vraiment savoir ce qu'ils se disent et on ne cesse d'imaginer. D'autant plus que les expressions corporelles, ne sont pas très présentes. Kitano parvient avec brio à mettre en scène une relation entre deux personnes victimes des mêmes problèmes.
Le côté contemplatif va avec tout ça et la mer en est le protagoniste principal.

Joe Hisaishi a deux réalisateurs phares dans le cinéma : Miyazaki et Kitano. Et je dois dire que les meilleurs musiques du compositeur ne sont pas toutes dans les films d'animation. Hana Bi en propose des magnifiques, tout comme "L'été de Kikujiro" ou ici " A scene at the sea". Mais dans ses plus belles musiques il y a celles du film "Departures". Mentionner ceci est important je trouve, car dans les films de Miyazaki, sauf dans le dernier, la musique est ultra importante et ultra dominante. Dans les films de Kitano, elle est beaucoup moins présente mais non moins impactante. C'est donc deux visions différentes des placements des musiques que l'on a et des fois, le silence est mieux que de toujours placer une musique. "A scene at the sea" en est un bon exemple. Même si on retrouve ça dans "Princesse Mononoké" le fait d'avoir des longs moments de silence, autrement les musiques sont tellement présentes que ce n'est pas comparable. Et en sois les deux manières de faire sont bien, cela dépend du film et de la sensibilité du réalisateur. La musique "Silent Love" est le thème principal de l'oeuvre et elle est très belle. Hisaishi ne se loupe tout simplement jamais.

"A scene at the sea" est donc un film touchant, reposant, contemplatif et qui nous présente une autre vision de deux personnages principaux si proche mais si loin à la fois de par leur handicap. Un film qui avec un certain voyage initiatique vers un rêve au début moqué par les autres puis respecté.
lhomme-grenouille

3 621 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Prenant pour héros un jeune sourd, "A scene at the sea" permet de faire une démonstration exemplaire et merveileuse de la démarche de Kitano. Ne rien dire, et laisser les émotions passer au travers des regards, des sourires, des postures. Pas une parole, ou peu, et pourtant le courant passe, il passe même peut-être d'autant mieux que les émotions délivrées deviennent ainsi universelles. Kitano nous propose donc une histoire d'autant plus poignante qu'il laisse en guise de fond sonore le seul bruit des vagues et la musique mélodieuse de Joe Hisaishi. Un film incomparable, et donc incontournable.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 mars 2007
Le troisième film de Kitano, loin d'être son meilleur est cependant annonciateur de ses futurs chef d'oeuvres comme "l'été de kikujiro" ou "dolls", on aperçoit; malgrès les maladresses qu'il reconnait lui même; le coté humaniste de Kitano, celui que l'on préfèrre de ce génie du cinéma japonais!
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2010
"Ano natsu, ichiban shizukana umi" (Japon, 1991) de Takeshi Kitano est un film sur deux sourds et muets, sur le surf mais aussi et surtout sur la mer. Le film est composé d'un bleu terne, au désir du cinéaste, comme si l'absence de perceptions du bruit des vagues rendaient les vagues fades. Cependant, bien que le bleu de l'océan ne soit pas mis en valeur, ce même océan ne nous parait pas moins beau. Kitano réussit à transcrire à l'écran la douce force de la mer. Une mer inspiratrice comme une mer destructrice. Le film de Kitano, véritable poème et ode à la mer, se construit sur des contemplations toute déléctable, sur des gags parsemés savamment et sur des scènes de regards entre les deux sourds et muets. Durant le film on rit à la sobriété de Shigeru et Takako joué respectivement par Kuroudo Maki et Hiroko Oshima. Avec ces deux acteurs, Kitano fait une direction de très bonne facture. Le cinéaste réussit à donner aux personnages une véritable crédibilité. Crédibilité entâchée par une fin un poil trop poétique et prévisible qui échappe au spectateur. Sans être un sabordage, la fin est surement le point faible du film car là où Kitano embellit son oeuvre tout le long d'instants calmes et sentimentalements humbles, la fin se pique d'un spéctacle qu'on conçoit contingent. En conclusion, "Ano natsu, ichiban shizukana umi" (Japon, 1991) est incontestablement une des oeuvres majeurs de Kitano puisqu'elle montre à quel point il peut-être bon sans apparaître à l'écran. Un bijou de contemplation, un quasi muet ( qui aurait pu plaire à Kubrick ) mais doté d'une fin trouble.
Nico H.
Nico H.

19 abonnés 170 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 août 2018
Un des chefs d'œuvre de Kitano, tout en poésie et délicatesse, magnifiquement mis e' musique par hisaishi. Du pur bonheur.
betty63
betty63

42 abonnés 428 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 juillet 2010
...et qui n'est chaque fois ni tout à fait le même ni tout à fait un autre... Par ce film Takeshi nous montre une nouvelle facette de son immense talent. Lénifiant, épuré, bleu comme la mer qui fascine le maître et qu'il sait si bien filmer, ce film nous raconte une histoire de persévérance et d'amour sur un fond de musique qui nous détend et nous envole.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 13 janvier 2009
Non, pas besoin de ménager quoi que ce soit, il n'y a rien dans ce film. Etant un spectateur plus qu'averti de Kitano, étant même un fan de tous ce que j'ai pu voir ici: je ne trouve plus rien de sauvable dans ce film. Je m'en voudrait presque d'être aussi sévère avec ce poète mais la lenteur de ce film annihile toutes sensibilité et toutes émotions. La plupart des chefs d'oeuvre de Kitano sont tous mu d'un équilibre entre violence et douceur: le Aniki qui m'avait déja légerement décu était déja un basculement dans la violence pure, ici, la douceur pure est testé mais la couceur de la situation, des personnages et des sentiments nous anestésie et nous endort litteralement. Ensuite, ce film ne contient aucune idée: nous sommes dans un néant esthétique des plus soporifiques, le bleu obsessionnel de Kitano devient des plus frustrant tant il nous reste plus que ça à regarder. Pourtant, nous avons un maitre de l'esthetisme au commande, si vous ne me croyez pas regardez Dolls pour vous convaicre. D'un point de vue scénaristique rebelotte: Kitano ne fait pas le moindre effort pour que l'on s'attache aux personnages et, donc, aux enjeux de la situation qui ne nous atteint même pas. Nous avons des tentatives d'humour grace au personnages secondaires fidèle à Kitano qui échouent lamentablemet tant elle n'ont rien à faire dans cet univers pesant du silence. Nous avons également un final des plus douteux. Et pour finir, la musique d'Hisaiachi qui est la seule vrai poésie présente, nous fait planer durant les dix premières minutes puis nous agace rapidement sachant que c'est la seul chose à entendre. Malgré tout les thèmes du maitre instauré dans cet opus de sa filmographie impressionnante, notre ennui reste total devant cette platitude cinematographique ne nous laissant aucune émotion mais uniquement un statisme interminable des personnages et de la camera durant 2 heures de film. Un film lamentablement amateuriste pour un tel maitre.
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