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Kouto
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4,0
Publiée le 10 octobre 2025
Uniquement derrière la caméra, le réalisateur Takeshi Kitano signe une œuvre atypique dans laquelle un éboueur sourd-muet en découvrant une planche de surf se prend d’une passion dévorante pour ce sport. C’est un film à la fois brillant dans sa mise en scène avec sa gestion du champ et du hors cadre, audacieux dans son parti pris avec son économie de dialogue faisant reposer son récit davantage sur l’image et la gestuelle de ses personnages dans une forme de poésie mélancolique décalée drôle et très touchante.
Premier film de Takeshi Kitano que je vois où le réalisateur n'est pas dans les acteurs principaux et c'est spécial. spoiler: Mais ici, à part être membre d'un jury de compétition de surf ou vendeur de surf, je ne vois pas ce qu'il aurait pu faire et c'est très bien ainsi.
"A scene at the sea" est un film très calme, reposant et différent. En effet, nos deux personnages principaux sont sourds et muets. Ce qui peut être bizarre au début est en fait une nouvelle manière de voir des protagonistes dans un film. Impossible de vraiment savoir ce qu'ils se disent et on ne cesse d'imaginer. D'autant plus que les expressions corporelles, ne sont pas très présentes. Kitano parvient avec brio à mettre en scène une relation entre deux personnes victimes des mêmes problèmes. Le côté contemplatif va avec tout ça et la mer en est le protagoniste principal.
Joe Hisaishi a deux réalisateurs phares dans le cinéma : Miyazaki et Kitano. Et je dois dire que les meilleurs musiques du compositeur ne sont pas toutes dans les films d'animation. Hana Bi en propose des magnifiques, tout comme "L'été de Kikujiro" ou ici " A scene at the sea". Mais dans ses plus belles musiques il y a celles du film "Departures". Mentionner ceci est important je trouve, car dans les films de Miyazaki, sauf dans le dernier, la musique est ultra importante et ultra dominante. Dans les films de Kitano, elle est beaucoup moins présente mais non moins impactante. C'est donc deux visions différentes des placements des musiques que l'on a et des fois, le silence est mieux que de toujours placer une musique. "A scene at the sea" en est un bon exemple. Même si on retrouve ça dans "Princesse Mononoké" le fait d'avoir des longs moments de silence, autrement les musiques sont tellement présentes que ce n'est pas comparable. Et en sois les deux manières de faire sont bien, cela dépend du film et de la sensibilité du réalisateur. La musique "Silent Love" est le thème principal de l'oeuvre et elle est très belle. Hisaishi ne se loupe tout simplement jamais.
"A scene at the sea" est donc un film touchant, reposant, contemplatif et qui nous présente une autre vision de deux personnages principaux si proche mais si loin à la fois de par leur handicap. Un film qui avec un certain voyage initiatique vers un rêve au début moqué par les autres puis respecté.
Superbe réalisation. Les plans sont tous réfléchis, cadré et avec du sens. L’utilisation du non sons est également très bien géré. L’histoire est touchante. Bon film
J'ai avant tout été attiré par ce film en découvrant sa sublime B.O., signée Joe Hisaishi (qui signe également la B.O. de la plupart des Ghibli) qui m'a tout de suite donné envie de m'intéresser au film à l'affiche par ailleurs toute aussi sublime. De plus, même si Takeshi Kitano est très connu et notamment réputé pour son cinéma violent (mais pas que), je ne connais aucun film de sa filmographie, je ne savais ainsi pas vraiment à quoi m'attendre. Mais c'est donc ici l'histoire d'un jeune homme sourd-muet éboueur qui ramasse un jour une planche de surf et décide de faire de ce sport sa nouvelle passion. En effet, avec sa petite amie également sourde et muette, ils se rendent tous les jours à la plage, la petite amie regardant son copain faire du surf. Ah oui, pas beaucoup d'action effectivement mais avec une B.O. pareille, je m'attendais à ce genre de film contemplatif. C'est en effet la musique qui apporte les émotions mais également les dialogues puisque les deux personnages ne parlent pas donc. Et c'est tout aussi bien car cela évite bon nombre de dialogues inutiles et renforce l'aspect contemplatif. Nous avons effectivement énormément de plans fixes qui semblent avoir été pensés comme des tableaux ; c'est-à-dire que rien dans la composition des plans n'est laissé au hasard, tout est pensé pour être symétrique et esthétique. L'histoire, il y en a peu, mais elle n'en est pas moins captivante, ou plutôt envoutante pour autant. Enfin j'exagère quand je dis qu'il y en a peu car elle raconte en réalité beaucoup de choses sur son contexte (notamment la relation entre les personnages et les relations de couple au Japon) mais surtout sur ses personnages, sur ce couple qui ne repose que sur des non-dits ou, au contraire, des échanges de regards qui veulent tout dire. "A Scene at the Sea" est donc tout aussi poétique que son titre et son affiche tout en comportant une relative violence sous-jacente.
A scene at the Sea est typique de ce qu'est capable de réaliser Takeshi Kitano. Un film tout en douceur, avec une musique et une poésie qui offre une splendeur à cette histoire pourtant assez "plate" bien que mignonne. N'importe qui en aurait fait un simple court métrage de 30 minutes mais Kitano avec son goût pour la poésie préfère en faire un film de 1h40, et c'est réussi. Ça garde évidemment le style très calme de Kitano mais la poésie compense largement ce "défaut", à l'image de la scène du bus qui est exceptionnelle selon moi. Un bon film !
Un film très touchant où la musique remplace les dialogues. La rétrospective de fin est émouvante. Le film paraît simpliste d'aspect mais en réalité il est très bien exécuté et les musiques sont choisies minutieusement pour donner sens aux scènes.
Un film mystique, une musique envoûtante par le grand Joe hisaishi qui donne un dimension au film . Un couple mutique tout est l'art de la délicatesse et le monde du surf. Ça donne envie d'aller au bord de la mer et de faire une pause sur notre vie actuel . On se laisse bercer par les vagues japonaises
Kitano réussit le tour de force de proposer un film quasi muet, dont la poésie hypnotique est exaltée par une bande originale impeccable. Malheureusement, on aurait aimé autant d'ambition sur le fond car le nippon, sans doute contraint par l'exercice de style, se contente finalement de nous servir une histoire téléguidée, très gentillette et surtout sans aucun enjeux.
Shigeru est sourd muet. Il travaille comme éboueur dans une petite ville côtière. Un jour, il récupère une planche de surf mise au rebut, la répare et décide de s’essayer à ce sport. Son amie Takako, sourde-muette elle aussi, l’accompagne.
"A Scene at the Sea" est ressorti l’été dernier sur les écrans. On se demande bien pourquoi. C’est l’un des tout premiers films de Takeshi Kitano, réalisé en 1991 mais sorti en France en juin 1999 seulement alors que la renommée du réalisateur ne cessait de croître ("Hana-Bi" était sorti à l’automne 1997 et "L’Été de Kikujiro" sortirait à l’automne 1999).
"A Scene at the Sea" ne ressemble pas aux films de Kitano, peuplés de yakuzas violents et déprimés. D’ailleurs le réalisateur – qui joue dans la quasi-totalité de ses films – n’y apparaît même pas. Pour autant, ce n’est pas une aberration dans sa filmographie car sa patte s’y décèle immédiatement.
Il y a d’abord cet humour pince-sans-rire qu’on retrouve dans tous ses films, qui frôle parfois la bouffonnerie. On en trouve ici la trace dans la troupe de jeunes qui accompagne Shigeru sur les plages, avec ce duo comique de surfeurs maladroits qui accumulent les chutes et les gaffes.
Il y a ensuite cette fascination de Kitano pour les plages où il pose, plus souvent qu’à son tour, sa caméra. La mer emplit l’écran. Sa lumière l’illumine, sans jamais verser dans une esthétique de carte postale. Car il ne s’agit pas des plages paradisiaques d’Okinawa filmées dans "Sonatine", mais de plages de sable noir, sans attrait particulier.
Il y a enfin et surtout la tendresse du réalisateur dans sa façon de filmer ses personnages. En faisant des deux héros des sourds-muets, Kitano se condamne à tout faire passer par l’image. Aucune parole pour éclairer ou donner du sens à la relation amoureuse qui les unit. Elle n’en reste pour autant pas moins lisible : Takako soutient Shigeru dans sa nouvelle passion au risque d’être reléguée.
La fin du film est déroutante. À la fois tragique et légère. Éclairée par quelques cartes postales qu’on croirait tirer du making of mais qui nous ramène à la nostalgie d’un couple hors norme.
Le bruit des vagues qui vont et viennent agit telle une berceuse dont notre héros est privé : sa surdité mêlée à son mutisme l’enferment dans son for intérieur où perce une large fenêtre donnant accès à un large horizon. Et cet horizon c’est la mer. Son véhicule pour entreprendre l’évasion ? Une planche de surf. Personnage énigmatique et solitaire, Shigeru nous est présenté comme un éboueur qui découvre sa passion sur le bord d’une route, non loin de la plage : une planche de surf, cassée, attend qu’on la détruise. L’objet fracturé fascine aussitôt le jeune homme dont la fracture langagière trouve ici un équivalent matériel. S’ensuit une romance entre une individualité et son moyen de rêverie, s’exerçant avec acharnement jusqu’à remporter une coupe, puis disparaître. À ses côtés se tient sa petite-amie qui projette dans l’horizon une même fuite : quitter Shigeru, tout recommencer. Elle commence néanmoins par contempler la mer, soucieuse de comprendre ce qui absorbe ainsi son compagnon. Takeshi Kitano met en scène un ensemble de rituels quasi religieux : d’abord le couple qui arpente la digue muni de sa planche, ensuite Takako qui plie les vêtements de son ami pendant qu’il part surfer, l’attente, le sourire sur les lèvres de celle qui s’amuse des chutes. Une voisine vient draguer le beau garçon en l’absence de sa chérie. Indice du délitement amoureux. Et en dépit des différentes trajectoires suivies par les personnages, tout les ramène à se croiser, à retrouver le chemin de la cérémonie au terme de laquelle se produira la disparition. A Scene at the Sea n’élabore bien qu’une seule et même scène, préparée et répétée ad nauseam, dans le silence le plus pieux qui soit. Cette scène, nous pourrions la lire comme la rupture d’un couple qui ne se comprend plus et ne supporte plus de devoir reproduire un cérémonial qu’aucune motivation passionnelle ne semble régir. Le mystère plane sur cette fin ouverte à plusieurs lectures (suicide, noyade, évasion ?) ; sans tenter de le réduire, disons simplement qu’il met un terme à la scène et aux petits tableaux statiques qui la composaient, qu’il achève cette romance sans paroles qui bouleverse et envoûte tout à la fois.
J'aime Kitano, j'adore même mais là non c'est pas passé. Histoire simplette et sans rebondissements. Personnages à peine attachants, image pas des plus jolies... Reste sa mise en scène reconnaissable d'entres tous qui parfois esquisse une esthétique mais trop léger pour en faire un Kitano inoubliable...
Le silence, la mer, la simplicité, voici comment nous pourrions qualifier le chef d’œuvre de Takeshi Kitano. « A Scene at the Sea » suit un jeune éboueur sourd-muet dans son obsession à savoir surfer après avoir trouvé une planche dans la rue. Celui-ci est soutenu par sa fiancée, sourde-muette également. « A Scene at the Sea » est un doux voyage dans la sérénité et la bienveillance. Rien de plus à dire, si ce n’est de vous laisser bercer par les vagues. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Un petit miracle de Kitano, loin de l'univers violent qu'il a souvent mis en scène. Une histoire simple, admirablement mise en scène et interprétée, dans le monde apaisant du surf. La fin, tragique, donne plutôt à penser à une renaissance. Universel.
Quand la poésie côtoie la perfection, cela donne un film avec un couple muet qui en dit bien plus que la plupart des autres personnages de cinéma... Merci Kitano.