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2,5
Publiée le 2 février 2017
Dans une Amèrique en pleine crise, tous les regards se tournent vers un homme qui ne paye pas de mine! Un film ètonnant du mèconnu Gregory La Cava à la gloire d'un prèsident providentiel dans lequel il n'est pas difficile de reconnaître un certain Roosevelt qui, paraît-il, verra plusieurs fois ce "Gabriel over the White House" qui lui plaisait beaucoup! Totalement optimiste, Walter Huston se montre très convaincant dans le rôle du Prèsident Judson Hammond! Ce dernier mènera la nation du fond du dècouragement presque aux cimes pures et ensoleillèes de la prospèritè! A ses côtès, Franchot Tone incarne le jeune secrètaire du prèsident! spoiler: Mais serait-ce trop fantasque de croire que Dieu ait envoyè l'Ange Gabriel pour faire à Judson Hammond ce qu'il a fait pour Daniel ? Gabriel n'ètait pas le messager de la colère ? Pas toujours! Pour certains, c'ètait l'ange de la rèvèlation, envoyè comme messager de Dieu aux hommes! Gabriel envoyè à la Maison Blanche! Histoire stupèfiante (qui peut nous filer très vite entre les doigts) pour un film politique à nul autre pareil...
Fraichement élu, le nouveau président des Etats-Unis est un type sympa et avenant, mais qui ne semble pas avoir pris la mesure de la fonction et de ses responsabilités. Le film de Gregory La Cava se charge de remettre dans le droit chemin cet élu désinvolte et vite oublieux de ses promesses de campagne, pratiquant de la langue de bois et, pire, prêt à frayer avec sa secrétaire! Le film est une vraie curiosité, sortie pendant la Grande Dépression. Ses auteurs adjurent le Président (Walter Huston, d'abord badin puis toujours plus solennel) de faire preuve de volontarisme et d'abnégation pour endiguer la crise économique. Touché par la grâce, sous l'égide de Dieu et du vénéré Lincoln, Le président Hammond met en place, enfin, un programme : imaginer des grands travaux pour l'armée de chômeurs, éliminer les trafiquants mafieux, contraindre l'Europe à rembourser sa dette. Trois thèmes abordés dans des séquences, à dessein sans doute, démonstratives et naïves, illustratives jusqu'à l'abstraction ! A travers un scénario irréaliste et simpliste à la Maison Blanche, le réalisateur réinvente la fonction, le devoir et l'honneur présidentiels. Il traduit l'état d'esprit et les préoccupations d'une époque. Plus agaçant est le ton du film. Souvent emphatique ou allégorique, il reproduit l'arrogance américaine, cette propension à se penser en puissance et en démocratie de référence. Sans préjudice de cette foi en Dieu chevillée au corps et aux institutions qui confine à la bigoterie. Somme toute, les jeunes Etats-Unis sont déjà très réacs.
Un sous Capra véhiculant des idées utopistes généreuses, mais qui n'évite pas quelques mauvais clichés d'une Amérique arogante sûre en leur foi et de leurs valeurs. Curieux aussi pour nous européen ce mélange entre politique et religion qui guide le président du film. Chez nous on appelle ça une monarchie.
En cette période de crise voici un film salutaire et visionnaire.. Ah si tous ces hommes politiques incompétents pouvaient visionner ce petit film si vrai et si injustement méconnu ils pourraient sans doute en apprendre quelque chose et enfin gouverner pour le peuple et non pour leur portefeuille et leurs intérêts. Même si la réalisation n'est pas parfaite et si le film a un peu vieilli avec une connotation religieuse un peu trop envahissante il demeure une oeuvre à découvrir d'urgence.