Voici encore un film qui n'a pas très bien vieilli... Je ne sais pas si c'est dû à la qualité de la cassette, mais on a l'impression que ce film a été tourné il y a des années lumière. L'ensemble n'est pas bien dynamique, et les dialogues sont peu virulents. Cependant, la bande son est plutôt réussie, la chanson du film est effectivement mythique. Concernant l'histoire du film, le monde de l'enfance, c'est pas trop mon truc... L'obscurité des lieux, la lenteur des dialogues sont à la limite plus tristes que le destin de la mère et de ses enfants. L'aspect rétro du film et l'évocation du franquisme sont par contre très intéressants, plus que l'histoire elle même. Si ce film ne m'a pas passionné, les cinéphiles pourront toujours se dire qu'ils ont vu un monument du cinéma espagnol.
Rien de génial dans ce vieux film espagnol, si ce n'est la bouille à croquer et l'incroyable présence d'Ana Torrent qui exprime tous les sentiments au travers de ses yeux noirs. A part ça, c'est un film qui a mal vieilli et qui rappelle certains cours d'Espagnol au collège ou le prof diffusait une VHS d'un vieux film franquiste...
Carlos Saura réalise une oeuvre forte,traumatisante mais qui finalement ouvre une porte sur l'espoir au moment oû le franquisme agonise. Le sujet pouvait paraître difficile,morbide même avec cette fillette qui dans une maison étouffante du centre de Madrid se persuade qu'elle porte une part de responsabilité dans la mort de ses parents. Ce huit clos funèbre fonctionne à merveille ,la petite Ana Torent y est assurément pour beaucoup. On suit littéralement le drame à travers ses grands yeux noirs qui fouillent au fond de notre âme et nous interpellent du début à la fin. On peut certes signaler que la chanson Porque te vas a fait le tour du monde mais l'essentiel est ailleurs. Quand la petite Ana se rend à l'école,on peut y voir certes la maison devenue prison ouvrir ses portes mais aussi une lucarne vers la liberté retrouvée de l'Espagne. Dans un double rôle rien moins qu'évident,Géraldine Chaplin confirme un immense talent,pas toujours bien utilisé par la suite et c'est bien dommage. Ce film n'a pas pris une ride et on le revoit toujours avec la même émotion et le même plaisir.
Courrez voir ou revoir cette re-sortie en salle. La réalisation de Carlos Saura est une remarquable réussite artistique. Le réalisateur nous entraine du rêve à la réalité, du présent au passé, de l'adulte à l'enfance avec une grande dextérité. L'univers qu'il dépeint, l'ambiance dans laquelle il nous plonge sont rares. Sa vision de l'enfance, enfin. Tellement éloignée de celle d'aujourd'hui. En 30 ans, le regard a bien changé sur cette période de la vie. C'est aussi une très bonne raison de courrir voir ce très grand film qui traite avec une grande sensibilité et une grande lucidité de la mort, du mensonge, de l'incompréhension, de la violence des rapports humains. Non, l'enfance n'est pas ce temps béni de l'innocence et du bonheur béat. L'enfance c'est aussi, le temps des premières souffrances, des premières interrogations, des premières haines et colères. C'est une oeuvre qui vous habite, qui reste en vous longtemps, très longtemps après l'avoir vue. Incontestablement un film qui marque, qui résonne et vous accompagne. Du grand art. Bien plus que 4 étoiles !
Cria cuervos est mon film préféré toutes catégories. Il est très difficile de le situer : film sur l'enfance, c'est probablement le plus intéressant et le plus poignant sur ce thème, avec Stand by me et plus récemment (et dans une moindre mesure), Tideland.
Geraldine Chaplin est sublime, les petites filles sont formidables et le film a la gràce des très grands films.
Difficile d'en parler car j'aime tout; pour vous faire une idée sur la valeur de ce film, je mets dans la catégorie des films majeurs : Midnight Express, Excalibur, Il était une fois en Amérique, le voyage de Chihiro, Blue Velvet, l'armée des 12 singes... et parmi les films auxquels je suis particulièrement attaché : Coup de tête, Cria cuervos et la Chèvre.
C'est ecclectique, mais si vous avez aimé tous ces films, vous aimerez probablement Cria cuervos.
Ce film est magnifique tout simplement. J'ai rarement vu un film parlant aussi bien à la fois du deuil, de l'enfance. Le jeu des comédiens est magistral, la petite Ana Torrent est bouleversante, tout comme Géraldine Chaplin! La chanson Porque te vas donne des frissons, surtout quand Ana Torrent la fredonne. Les paroles prennent un tout autre sens. J'en suis sorti enchanté, touché. Je le recommande à tous.
Dans un Madrid des années 70, tout juste libéré du franquisme, la jeune Ana vit dans une maison bourgeoise cossue avec son père. Après sa mère quelques temps auparavant, son père meurt à son tour. Ana, confiée à sa tante et sa grand-mère paraplégique, commence à avoir des visons. Est-ce son imagination ou le passé qui remonte à la surface ? Tout cela donne un film intéressant et bien interprété, mais qui manque un peu de rythme.
A hauteur d'enfant ce drame montre, au-delà de la difficulté à gérer un double deuil, la complexité d'un monde où règnent les mensonges ou les illusions, les espoirs ou les chimères, les incompréhensions ou les erreurs. Par l'analyse qu'en donne le personnage adulte (formidable double interprétation de Geraldine Chaplin), l'intrigue ose un regard désabusé sur cet âge de la vie communément idéalisé alors qu'il crée de futurs traumas, voit se matérialiser l'impossibilité de concilier rêves et réalités, pâtit de l'influence des adultes, des frustrations parentales évidemment perçues à la résignation ordinaire de celle qui par crainte ou par incapacité à s'accomplir se fond dans le moule de la convention familiale censée l'épanouir. On appréciera la justesse psychologique - avec des fillettes loin de tout angélisme, notamment l'héroïne carrément infâme (!), l'importance de la musique représentée comme vectrice d'émois ou de souvenirs ainsi que l'écho historique avec la fin du franquisme (quoi que le choix de la même actrice pour les deux rôles rende la cicatrisation discutable). Cependant n'est pas Bergman qui veut et quand on valorise l'atmosphère, le ressenti des personnages, les dialogues (parfois très artificiels) il faut une réalisation remarquable, explicite ou fascinante pour aviver la nervosité, l'émotion ou l'intérêt que la froideur du traitement empêche au départ. Une oeuvre monocorde pour un propos désabusé...
Un chef d’œuvre du cinéma espagnol qui n’a aucunement vieilli. Un film impressionnant et qu’on n’oublie pas. Comment oublier les grands yeux noirs de la petite Ana Torrent (8 ans au moment du tournage) découvrant son père mort au milieu d’ébats bien mystérieux pour elle. Magnifique film sur l’enfance, l’enfance orpheline, il est un huis clos qui vous capture mais ne vous étouffe pas et qui vous emmène dans le monde rêvé d’une enfant blessée, dans ses fantasmes de pouvoir sur la mort. Dans son imagination, elle fait revivre sa mère quand elle veut, elle tue quiconque quand elle veut. Impressionnante interprète que cette petite fille, entourée d’acteurs parfaits. Carlos Saura en profite pour montrer ce système dégénéré et hypocrite qu’est le franquisme. Le film se termine sur une belle note optimiste avec toute la fratrie qui repart à l’école. On peut y voir le symbole d’une nouvelle Espagne qui va renaître – Franco est mort juste avant la parution du film… son élégance habituélle, je suppose !
A défaut d’une attaque virulente du régime franquiste, tel que le film nous a été vendu à sa sortie, cette œuvre hispanique à la narration éclatée, car basée sur des flashbacks, est surtout une vision terriblement tragique de la relation de l'enfance face à la mort. La sensibilité enfantine et la place qu’occupent les souvenirs tourmentés de cette gamine endeuillée donnent à ce drame une force émotionnelle irrésistible. Bien sûr, la musique de Jeanette est géniale, mais ce qui est réellement inoubliable, c'est le jeu de la petite Ana Torrent.
C'est un film formidable, admirablement mis en scène. La direction d'acteurs est impressionnante. Je trouve le film très contemporrain et le sujet de l'enfance est très bien traité. l'accompagnement sonore est superbe lui aussi. Un grand film rempli d'émotions.