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ronny1
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4,0
Publiée le 12 février 2019
Après avoir adapté « Poil de carotte » en 1925, Duvivier décida en 1932 de faire une version sonore du roman et de la pièce de Jules Renard. Il pensa même, dans les années soixante, en réaliser une en couleur. C’est dire si cette histoire lui tenait à cœur, les relations entre le très austère et rude père Duvivier avec son fils n’y étant pas étrangère. Cette deuxième version frappe d’entrée par son extrême densité. Dès le début, en deux phrases, Poil de carotte plante le décor familial et l’incommunicabilité entre le père et le fils. Tout au long du film, chaque scène est pleine, rappelant la tension « sans avoir l’air d’y toucher » des films de John Ford (non je n’exagère pas). Pas un mot, pas un plan, qui ne soit utile, y compris dans des développements approfondis par rapport au matériel original, comme la volonté suicidaire de l’enfant qui devient le fil conducteur central du film. C’était déjà le cas de la version de 1925, mais cette fois, le réalisateur et scénariste, a supprimé le personnage trouble de Maria, réduisant par la même le rôle du frère, pour mieux ramasser l’histoire du malheureux François et ses pulsions morbides. Le film condensé en 91’ (17’ de moins que la version muette), réduit également le rôle d’Annette dans lequel Christiane Dor se montre moins convaincante que Suzanne Talba dans le film muet. Monniot et le déjà très grand Armand Thirard illustrent cette mise en scène au cordeau avec une photographie de haute volée. Enfin, le casting central est exceptionnel avec bien sur l’excellent Harry Baur (pardon pour le pléonasme) et Robert Lynen qui tiendra également le rôle principal dans « Le petit roi » que Duvivier réalisera deux ans plus tard. Hélas Catherine Fontenay dans le rôle de la fourbe et cruelle Madame Lepic (la mère) nous offre un numéro grotesque. Grimaçante et sur-jouant dans la plupart des scènes sa prestation est inférieure à la celle de la moustachue Charlotte Barbier-Krauss da la version 1925. Malgré la forte émotion finale, cette performance non maîtrisée, ajoutée à une musique parfois pesante, fait que Duvivier passe de peu à côté d’un chef d’œuvre. Ce qui deviendra une regrettable habitude.
Quelle merveille le cinéma parlant ! Rien que pour découvrir le vrai visage de 1932 chez nous ,il mériterait la médaille d'or de toute l'histoire de France. Imaginons qu'il ait été inventé en l'an -3500 de notre ère,nous aurions le privilège de voir et d'entendre tous les grands hommes qui ont plus ou moins changé le monde. Du roi Ménès l'égyptien en passant par Hammourabi,puis Abraham on découvrirait nos racines intellectuelles. On pourrait continuer jusqu'à 1930,date qui permettra à nos lointains ascendants de visionner les trois quarts du vingtième siècle. Déjà en contemplant ce vieux film ,on peut se faire une idée de combien tout à changé en 80 années. En plus de son coté dramatique, ce film fait jouer deux martyrs de l'occupation allemande et si on pense à leur triste fin ,les larmes qui coulent de nos yeux sont impossible à retenir .Le beau roman de Jules Renard est bien rendu,la Nièvre est une lointaine province,ses habitants ont des costumes et des coutumes fort rudes. Il est tellement plus doux de vivre à notre époque. Pour dire 2 mots de ce film,il est superbe,aussi beau que le premier muet que Duvivier,fort doué pour cette ambiance, tourna quelques années auparavant et dans lequel Madame Lepic était plus terrible encore. A voir absolument comme document et pour Robert Lynen absolument inoubliable.
"La famille est la réunion sous le même toit de personnes qui ne peuvent pas se sentir". Jules Renard était un formidable inventeur de phrases mémorables de ce genre. Quand on pense que ce film a presque 100 ans!!!! C'est presque des scènes de la vie de campagne avec un jeune acteur prometteur à cette époque, espiègle, enjoué et surtout gai comme un pinson face à l'indifférence. Le film est sombre et dramatique et l'enfant ne croit plus à l'amour. Ici c'est la violence de l'oubli. Il y a cette fin mémorable évidemment mais aussi celle où l'enfant fouette son cheval de rage en criant" personne ne m'aimera jamais comme ça". Mise en scène bouleversante.
Ressortie en salle de cinq opus de Julien Duvivier dont cette adaptation du roman de Jules Renard " poil de carotte" (1932).
Voisin de la problématique qui sera aissi développée plus tard par Hervé Bazin dans son roman autobiographique " Vipère au poing" : la mère maltraitante et perverse.
On a ici sans doute affaire à un des titres majeurs de Duvivier. C'est très émouvant et surtout absolument formidable.
Pour mémoire les deux acteurs principaux connaîtront un destin tragique pendant l'occupation allemande qui surviendra huit ans après la sortie du film.
Cet opus fait partie du cycle du cinéma de minuit consacré au cinéaste, témoignage de son importance dans l'histoire du septième art hexagonal.
L'adaptation de Jules Renard au cinéma par Duvuivier n'est hélas pas vraiment convaincante. Même si quelques instants sont bien sentis et font passer parfois une émotion discrète et juste, on ne retrouve pas totalement l'esprit de l'écrivain, excepté peut être la solitude de l'enfant, qui s'avère être correcte. Mais il n'y a en rien ce ton très noir, à la limité du pervers présent dans le roman, et la méchanceté de Mme Lepic n'est que bien moyennement convaincante, malgré une performance correcte de l'actirce. Robert Lynen n'est pas mauvais, mais il fait beaucoup trop l'acteur pour être réellement convaincant. Harry Bar garde lui toujours son extraordinaire présence physique. Honnête, mais tout cela manque tout de même de corps pour vraiment nous convaincre.
Je vais vous en raconter une bonne... Le rôle de François Lepic n'avait pas été accordé à Robert Lynen mais plutôt à Nicolas Ivanoff , jeune figurant qui avait conquis les horizons de Julien Duvivier ... Vous m'en direz tant ... me direz-vous !!!! Et oui c'est l'histoire de mon père qui , après l'école à Joinville , trainait dans les studio à faire de la figuration de temps en temps ... aux travers des débuts des Gabin , Morgan et Simon ... des années 30. Julien Duvivier avait choisi mon pére pour ce rôle ... Il était beau bonhomme déjà à cette époque . Mais la nouvelle vint aux oreilles bien tendues de son père et après lui avoir fait comprendre l'inintérêt et le manque de sérieux dans ce monde de "préfabriqué" (son père était pôpe russe orthodoxe de la vieille école .... ( et bien connu à Paris à l'époque ! ) ... ) Après une bonne réprimande il dû se raviver et se tourner vers l'école de génie civil à Paris ... pour suivre l'exemple de son père qui avait fait polytechnique à Kiev dans les belles années de l'Ukraine d'hier (qui ne dura pas longtemps d'ailleurs,puisqu'ils durent se sauver pendant la révolution...,mais c'est une autre histoire...,celle du roman que j'écris en ce moment ). Mon père ne le pardonnera jamais à son propre père . Ça vous en bouche un coin ça ! Imaginez son destin si ...
C'est peu dire que cette version de "Poil de Carotte" est la plus belle adaptation du récit de Jules Renard. C'est aussi une des œuvres majeures de Duvivier, une des plus bouleversantes, grâce, tout d'abord, à deux formidables interprètes, Harry Baur et le jeune Robert Lynen dans le rôle-titre, d'un naturel rafraichissant, dont le jeu est toujours aussi percutant près d'un siècle plus tard. Le contraste est important avec celui des comédien(ne)s qui jouent Mme Lepic, Félix et Ernestine, théâtral et peu crédible. De nombreuses scènes resteront à jamais, à commencer par la première où l'enfant donne au proviseur sa définition de la famille, ou celle où Poil de Carotte, qui doit renoncer à accompagner son père à la chasse sous l'injonction de Mme Lepic, est obligé de mentir à son père. Le film est magnifiquement mis en scène et, encore une fois, photographié avec sensibilité par Thirard.
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3,5
Publiée le 3 octobre 2017
"Poil de Carotte", c'est tout le drame de l'enfance mal aimèe! L'inoubliable Robert Lynen, bien entendu, c'est "Poil de carotte", dans la seconde version de l'oeuvre de Jules Renard, rèalisèe, en 1932, par Julien Duvivier, qui en avait dèjà tournè une en 1926! Emouvant et naturel (il avait de plus de vraies taches de rousseur), Lynen eut du mal par la suite à acquèrir du mètier, bien que le cinèma ait fait souvent appel à lui! Prèdestinè, semble t-il, au drame, celui qui fut ensuite le hèros de "Sans famille" de Marc Allègret, qu'on retrouva dans de nombreux films de son metteur en scène fètiche Duvivier, tels que "Le petit roi", "La belle èquipe" ou "L'homme du jour" et qui, au seuil de l'adolescence, fut l'interprète du "Petit chose", belle oeuvre de Daudet mise en images par Maurice Cloche, en 1938, mourut, à l'âge de vingt trois ans, fusillè par les nazis, pour fait de Rèsistance! Dans cet univers fragile de l'enfance, Harry Baur (triste destin ègalement avec des tortures subies lors de son emprisonnement par la Gestapo) est magnifique dans le rôle de M. Lepic et la mise en scène de Duvivier èvite brillamment les pièges grossiers du mèlo! Une rèussite...
"Poil de Carrote" (1932) est une comédie dramatique assez efficace, le film me disait absolument rien mais finalement j'ai passé un bon petit moment devant... Pas indispensable (loin de là !!) mais si vous aimez le livre, vous risquez d'adhérer à cette adaptation.
L'anecdotisme cocasse, quoique douloureusement significatif, de l'oeuvre de Jules Renard prend des proportions plus graves dans l'adaptation de Julien Duvivier; L'enfance malheureuse et le désamour familial tirent le récit vers le drame. Poil de carotte, l'enfant sans prénom qui "préfère travailler que jouer", nous touche par sa sensibilité et la triste lucidité qu'il a de sa condition d'enfant mal aimé; et d'autant plus que son interprète, Rober Lynen, compose brillamment un Poil de carotte plus vrai que nature. Il y a dans la peinture de la vie des Lepic des éléments psychologiques solides, propres à éviter, à l'intérieur des scènes fantaisistes ou dramatiques, la caricature. L'aigreur de Madame Lepic et l'absence démissionnaire de Monsieur Lepicspoiler: (dont le sursaut d'affection pour son fils introduira des séquences très émouvantes) forment des types humains courants et justes. Les personnages sont des figures traditionnelles d'une France rurale, décrite ici avec une certaine noirceur, celle dont Duvivier s'est rarement départi.
D'habitude j'ai beaucoup d'admiration pour l’œuvre de Julien Duvivier mais on lui doit tout de même quelques ratés, et pour moi ce film-là en fait partie. Je me demande d'abord comment on a pu choisir pour le rôle de Madame Lepic Catherine Fonteney ; son interprétation est atroce mais atroce avec un grand A, tellement théâtrale que ça en devient une véritable torture pour le spectateur, y allant outrageusement sur tous les poncifs d'une interprétation caricaturale de mégère, physique compris comme si une mère qui déteste son fils ressemblait forcément à une mégère, qu'on en vient à se demander comment on peut parvenir à jouer aussi affreusement mal. Le jeune Robert Lynen mérite aussi ce genre de compliments réussissant toujours à ne jamais dégager la moindre parcelle de conviction ou de naturel. Heureusement que l'immense Harry Baur, qui bien heureusement dès qu'il se pointe écrase toute autre présence, est lui convaincant, sauvant la dernière partie et insufflant même de temps en temps de l'émotion. L'ambiguïté du roman de Jules Renard dans les relations entre les personnages et leur caractérisation, qui le rend si juste, est elle bien sacrifiée ; aucune subtilité, il y a les gentils très gentils et les méchants très méchants. Mais mise à part l'interprétation d'Harry Baur, le film a tout de même quelques autres qualités : un découpage vif et souvent habile, dans les chevauchements de dialogues au début notamment, des paysages de campagne superbes ainsi qu'un témoignage intéressant d'un mode de vie dans ces derniers mort depuis longtemps. Il n'empêche globalement le film est une très grosse déception.
Après sa très honorable version muette de 1925, Duvivier évite tous les défauts de l'original tout en en transcendant brillamment les qualités. Une oeuvre majeure, modèle d'adaptation, mis en scène avec virtuosité et superbement interprétée.
Personnellement j'ai bien aimer ce film,Robert Lynen et un acteur que j'apprécie même si certains trouve qu'il surjoue dans ses film même si c'est vrai ça ne me dérange pas.Les scènes ou l'ont vois la souffrance de François via des idée suicidaires sont touchantes.