Une fresque hollywoodienne en Technicolor qui malgré quelques belles scènes, manque de souffle romanesque, alourdie par des dialogues pompeux et un casting pas totalement maitrisé (Peter Fonda, Vittorio Gassmann, Alita Ekeberg). Reste le charme d'Audrey Hepburn, toujours. 2,75
Dino De Laurentiis est un producteur qui n’a pas froid aux yeux. Il faut, en effet, du courage (et un peu de folie) pour décider de mettre en images un roman aussi colossal, que ce soit par les événements relatés que par la longueur (environ 1500 pages tout de même), que Guerre et Paix de Léon Tolstoï. Pour cela, il choisit de se donner tous les atouts possibles en employant un cinéaste de renom (King Vidor), en faisant appel à une distribution prestigieuse (Audrey Hepburn, Henry Fonda, Mel Ferrer, Vittorio Gassman ou encore Anita Ekberg) et en offrant une magnifique reconstitution mise en valeur par un sublime Technicolor et une débauche impressionnante de figurants. Il est donc dur de ne pas s’ennuyer devant une œuvre réussissant aussi bien sur le plan du romantisme que du spectaculaire même si elle n’est pas exempte de certaines faiblesses. Ainsi, on peut regretter un certain manque de réalisme dû au fait que, comme souvent, tous les personnages, qu’ils soient russes ou français, parlent anglais et que les scènes de batailles soient un peu trop propres pour être totalement crédibles. De même, on peut également être surpris de constater qu’un compositeur aussi prestigieux que Nino Rota n’offre pas de thème réellement marquant même si sa bande originale reste tout à fait honorable. Mais l’aspect où on mesure un peu la difficulté face à un tel projet est le scénario. En effet, on ressent que Vidor et ses scénaristes sont un peu contraints par une durée au final assez courte pour retranscrire une œuvre aussi longue, ce qui amènent les actions à s’enchainer rapidement surtout dans la première partie. Malgré ces petites limites, le Guerre et Paix de King Vidor reste une belle réussite dans les superproductions hollywoodiennes des années 50 qui est très plaisante à voir. C’est notamment ce qu’ont retenu le gouvernement soviétique et un certain Sergueï Bondartchouk dont le patriotisme fut vexé en voyant que c’était les États-Unis qui portaient à l’écran un classique aussi important de la littérature russe et qui décidèrent donc d’offrir eux-mêmes une adaptation encore plus grandiose.
RAISON ET SENTIMENTS. Il ne reste que la guerre pour tuer le silence. Je suis la paix de Damoclès en guerre. Une fresque de cape et de paix ou la guerre n'exclut pas ma paix. Les défauts sont et paix et le temps très vaste pour trouver sa guerre. Ce qu'il faut de terre à l'homme. Napoléon n'aurait pas aimé.
Dans la rigidité de ses vignettes de cinéma classique américain dans lesquelles peine à s'épanouir le souffle romanesque de Tolstoï, seule Audrey Hepburn, idéale dans le rôle de Natasha, apporte son petit vent de liberté.
Il m'aura fallu attendre 2024 pour enfin voir Guerre Et Paix. En tant que fervent admirateur de Napoléon Bonaparte, j'avais sans doute inconsciemment reculé le moment de voir un film sur la triste campagne de Russie. Avant cet événement redoutable présenté comme une victoire du Général Koutouzov (vaincre sans combattre, un concept discutable), dans la première heure du film, après de longs passages ennuyeux sur la vie de la noblesse russe, les soldats reviennent tout sourire de la bataille d'Austerlitz, qu'ils ont perdue. Allez comprendre ! Entre deux batailles l'aristocratie enchaine les bals, les histoires de cœur, les opéras, les salons. C'est ennuyeux. Les têtes d'affiche Audrey Hepburn et Henry Fonda n'y changent rien. À tel point qu'on comprend que c'est un mode de vie, lorsque le père d'Andreï dit à son fils : "Lorsqu'un homme atteint la trentaine, la vie doit être triste, sans intérêt, désespérante." Rien d'étonnant que ces gens soient ennuyeux à regarder vivre ! Quant à Napoléon, il passe pour un petit excité capricieux, ce qui évidemment n'est pas pour me plaire. Je reconnais cependant le charisme de l'acteur (Herbert Lom, britannique, quelle ironie !) qui a su saisir certaines attitudes sombres de l'Empereur. Cela dit les reconstitutions de batailles sont impressionnantes, notamment celle de la Moscova. La Marseillaise déclinée en différentes nuances à chaque scène avec l'armée française est une bonne idée. Les images de la retraite de Russie sont terrifiantes. Le cartouche final signé Léon Tolstoï sonne comme un espoir : "Le plus difficile mais aussi l'essentiel, c'est d'aimer la vie, même dans la souffrance, car la vie est tout. La vie est Dieu et aimer la vie c'est aimer Dieu."
J'avais vu ce film à la fin des années 50, alors que j'étais encore enfant et j'en gardais un souvenir flou, mais tout à fait positif. J'ai profité de sa projection à la TV pour le visionner à nouveau et j'avoue ma relative déception. Toute la première partie manque de puissance. Même si les décors sont magnifiques, on en reste à une longue et fastidieuse présentation des personnages principaux, animés surtout par des histoires d'amour à l'eau de rose. Les choses s'animent heureusement dans la deuxième partie, avec la campagne de Russie, les grandes scènes de bataille et de la retraite des armées napoléoniennes avec le passage de la Bérézina, les drames familiaux et les retournements amoureux. Je vais tenter de voir la version cinématographique soviétique de l'oeuvre magistrale de Tolstoï pour tenter de retrouver mes émotions perdues.
On lit une fois le monumental pavé de Tolstoï, qui n'est pas, il me semble, son chef d'œuvre, le mélange entre Grande Histoire et petites histoires, particulièrement le personnage de Natacha Rostov, n'étant pas vraiment réussi. C'est justement cela qui a mal vieilli dans le monument de King Vidor. Toute la partie sentimentale parait bien désuète, A. Hepburn est trop adorable, trop mignonne, trop bien habillée (le retour dans la maison Rostov en ruine..) limite horripilante. H. Fonda est trop vieux, mais plus crédible. Le plus réussi c'est la guerre, avec des scènes vraiment grandioses. Impression mitigée, au total.
Guerre et Paix est un monument de la littérature, adapté en films et en séries de nombreuses fois. Cette version hollywoodienne du roman de Tolstoï est classique à peu près à tous les niveaux. Le casting est pourtant impressionnant mais malgré le talent naturel des acteurs, le film reste assez mal dirigé et trop mou et banal sur ce qu'il propose. Dommage car le roman a tout pour offrir une œuvre culte au cinéma.
Grande fresque de plus de 3h, le film est des plus académiques et les scènes romantiques sont très démodées. Reste que les scènes de batailles sont assez impressionnantes et Audrey Hepburn crève littéralement l'écran éclipsant du coup totalement Mel ferrer et Henry Fonda.
Une adaptation fidèle au livre : on est un peu perdu au début par l’abondance de personnages et par une mise en scène plutôt expéditive, loin d’une épopée à laquelle on aurait pu s’attendre, puis le film prend son rythme avec la belle romance qui ne résiste pas à l’épreuve du temps... Portrait intéressant d’un Napoléon dépité de ne pas trouver d’interlocuteur pour une reddition réglementaire, puis (trop) longue séquence d’une retraite qui s’éternise jusqu’à la Bérézina.
Difficile d'adapter l'une des œuvres les plus majeures de la littérature par Leon Tolstoï à moins d'avoir le courage et les moyens suffisants pour y parvenir, et King Vidor dans ses dernières années de carrière s'en est senti capable une fois épaulé d'un casting de choix. Les grandes scènes de batailles sont une cerise dans ce film qui dramatise les plus simples sentiments pourtant si compliqués à expliquer dans la nature humaine. La guerre et l'arrivée de Napoléon (à noter une fantastique interprétation d'Herbert Lom, sa dernière scène met les larmes aux yeux quand nous avons assisté à à toute l'entreprise monumentale que son personnage voulais mettre en place) met à mal le moindre objectif de chacun des protagonistes, tous sans exception croient un jour pouvoir obtenir le bonheur mais toujours la guerre vient les séparer d'une façon ou d'une autre, les forçant à s'entrecroiser et mettre leurs sentiments à l'épreuve. Au milieu de tout ce chaos, ce sont les actes qui compte. La liberté est si restreinte et leurs actions si insignifiantes englobée dans une telle guerre que les gestes charitables se révèlent plus beaux. La candeur d'Audrey Hepburn devient simplette puis rigide, la moralité de Henry Fonda est superficielle puis désespérée, la noblesse de Mel Ferrer reste stable jusqu'au bout mais doit porter sur ses épaules les dures responsabilités du combat, que des monuments formidablement bien dirigés à leur place au milieu des immenses plans larges militaires (chacune dure suffisamment longtemps pour offrir un spectacle démesuré mais séquence de la Bérézina les écrase tous). Un long fleuve de grands moments.
Très divertissant ! Une très grande variété dans les personnages. Beau mélange entre fiction et événements historiques. Et les costumes sont magnifiques.
Une grande réussite que cette version du célèbre roman de Tolstoï. On retient la performance exceptionnelle d'Henry Fonda et de Mel Ferrer, deux grands acteurs qui sont ici vraiment touchants. Et qui n'est pas tombé sous le charme d'Audrey Hepburn? Sur le plan technique, l'ensemble est irréprochable. Les batailles d'Austerlitz et de la Moskova, la scène du bal, les vues de Moscou, sont vraiment très belles. Le film reste cependant très hollywoodien, peut-être trop d'ailleurs... Il manque au film l'âme russe, que l'on retrouve dans la version de Bondartchouk. C'est tout de même une grande réussite sur tous les plans, et qui nous plonge avec un grand plaisir dans l'ambiance du roman original, dont l'intrigue complexe et le foisonnement des personnages en a découragé plus d'un...
On ne peut s'empêcher de penser à un “Autant en emporte le vent” version russe. C'est long, très long, mais on ne pouvait s'attendre à autre chose venant d'une oeuvre de Tolstoi. Et on s'ennuie un peu (beaucoup). Au final, le film présente deux intérêts: celui, spectaculaire, de la reconstitution de la retraite de Russie des troupes de Napoléon. Et surtout, celui de revoir Audrey Hepburn, parfaite, lumineuse, radieuse, si belle...
Guerre et paix est certes un monument du cinéma qu'il faut avoir vu, pourtant, j'en garde une impression assez mitigée. Les décors et les costumes sont magnifiques, la distribution est solide (Audrey Hepburn, Henry Fonda,...) les scènes de batailles ponctuent le film, mais malgré tout cela j'ai trouvé les 3h30 de projection plutôt longues. Peut-être le film a-t-il vieilli, peut-être l'adaptation cinématographique de l’œuvre de Léon Tolstoï est-elle trop classique et un peu rigide, mais on ne ressent pas le souffle épique que cette période de l'histoire européenne devrait nous inspirer. Trois étoiles pour cette grande fresque du cinéma des années 50. Il existe une autre adaptation, russe cette fois-ci, de Sergey Bondarchuk qui est semble-t-il mieux notée. Je la tenterai ultérieurement pour établir la comparaison entre les deux œuvres.