Guerre et paix
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Martin Pollaud-Dulian
Martin Pollaud-Dulian

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3,0
Publiée le 7 mars 2026
En 1956, King Vidor commet l’affront suprême : adapter sous pavillon italo-américain l’œuvre ultime de la littérature russe, Guerre et Paix de Tolstoï.
En réponse, l’URSS missionne son plus grand réalisateur, Sergueï Bondartchouk, pour mettre en chantier avec tous les moyens possibles de l’industrie d’État soviétique, une réponse monumentale aux impertinents capitalistes américains.
La guerre froide artistique est lancée…

Panel de stars et moyens d’ampleur de la Paramount et du mythique producteur Dino de Laurentiis, Guerre et Paix s’inscrit dans les superproductions de son époque, mais rétrospectivement se place plutôt comme une œuvre de seconde zone. Le travail fait sur le film, ses reconstitutions, la composition d’environnements relève d’un travail plutôt superficiel. On est loin de la composition picturale d’un William Wyler ou de la perfection minutieuse d’un David Lean à la même période, le long métrage souffre de tous les travers exacerbés de l’industrie de son époque. Décors de carton-pâte, fausse neige, mobiliers et costumes plutôt vulgaires. On se contente des couleurs criardes et de beaucoup de satin, tout droit sortis d’Autant en emporte le vent.
La lumière est également très peu travaillée : technicolor tapageur, luminosité trop présente, il n’est surtout pas question d’atténuer ou de travailler les ombres, ici tout est fait pour mettre en avant les stars.
La réalisation est extrêmement plate et formelle, se contentant de filmer ses comédiens en plan fixe, souvent éloigné ; l’émotion passe uniquement par les comédiens et jamais par la caméra.
Et oui c’est là le point fort du film, le seul peut être où il peut venir titiller la version soviétique, c’est que le film s’appuie sur le meilleur des acteurs de l’époque, Audrey Hepburn et Henry Fonda en tête.

Le film prend enfin un souffle épique dans le dernier tier. C’est durant la bataille de Borodino, l’incendie de Moscou ou la retraite de Russie que l’on profite des masses de figurants. Mais encore une fois le réalisateur semble dépassé, se contentant de filmer en plan fixe et souvent de loin ses foules de figurants (dont certains font un peu n’importe quoi), là où Bondartchouk tirera magnifiquement parti de ses masses humaines en alternant les points de vue, les travelings et les plans aériens. C’est également dans cette partie que le musique de Nino Rota est dignement utilisée. On peut apprécier les thèmes du compositeur, la musique n’étant plus uniquement utilisée pour surligner les émotions des personnages, souvent en conclusion d’une scène.

Bondartchouk accouche en 1966, d’une œuvre massive de 8h, sommet des moyens techniques et du génie artistique soviétique de l’époque. Le long métrage hollywoodien ne fait pas le poids, la platitude formelle de King Vidor n’est pas en mesure d’affronter la folie visuelle de son homologue soviétique.

Dino de Laurentiis décidera finalement de pactiser en coproduisant avec la Mosfilm le chef d’œuvre du film de guerre, Waterloo en 1970. Musique italienne, comédiens américains et réalisation soviétique aboutiront à un mélange des compétences unique.
VERTIGO
VERTIGO

7 abonnés 413 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 janvier 2026
Il y avait un risque énorme pour ce film à s'attaquer au plus grand roman russe et certainement le plus grand roman de tous les temps tant celui-ci porte l'histoire et la philosophie entre Guerre et Paix à l'occasion de la guerre napoléonienne contre la Russie vue du côté russe. Mais King Vidor a parfaitement réussit son pari aidé par le fait que la production n'est pas 100 a américaine mais américano-italienne avec le grand Carlo Ponti en producteur délégué. Les acteurs sont aussi là pour éviter le travers des grandes productions hollywoodiennes qui oublient souvent l'histoire alors que dans ce film l'histoire est bien présente. Audrey Hepburn, Henry Fonda, Mel Ferre, tous les 3 américains, John Mills anglais, Herbert Lom Tchèque devenu Anglais en Bonaparte, Oskar Homolka Autrichien devenu anglais en le général Koutouzov, Vittorio Gassman Italien en Anatole Kouraguine un personnage de fiction, Anita Ekberg Suédoise en Hélène Kouraguine, Helmut Dantine Autrichien devenu américain, Tullio Carminati Croate devenu italien, Barry Jones Britannique, Wilfrid Lawson, acteur anglais, Jeremy Brett Anglais, Mino Doro acteur italien, Milly Vitale actrice italienne, Anna Maria Ferrero actrice Italienne actrice italienne choisie par amour par Vittorio Gassman, Gertrude Flynn actrice américain. Tout ce mélange américano-européen y compris pour l'équipe technique, fonctionne parfaitement, avec des costumes soignés, Une musique de Nino Rota qui a choisi une musique classique qui sied avec ce début du 19e siècle.
Les scènes de guerre sont impressionnantes avec des milliers de figurants. Même le cinéma soviétique ou russe n'aurait pas fait mieux ce qui est un compliment.
Lilali_111
Lilali_111

5 abonnés 356 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 janvier 2026
Ce film est une fresque historique d’une grande ampleur, mais sa longueur se fait cruellement ressentir : difficile de rester captivé jusqu’au bout, malgré ses indéniables qualités. Les reconstitutions et les costumes, somptueux, rappellent un cinéma d’époque où l’on ne comptait pas les moyens – un luxe rare aujourd’hui, qui mérite d’être salué. Les interprétations sont globalement convaincantes, même si certaines scènes frôlent le théâtre.
En revanche, le scénario peine à convaincre : les intrigues s’entremêlent, les liens entre les personnages restent flous, et on se perd parfois dans cette profusion d’histoires. spoiler: Sans parler de la présence énigmatique d’Henri Fonda dans les scènes de guerre, dont la raison m’a totalement échappée.

En résumé : c’est joli, intéressant mais difficile à suivre.
Guillaume.G
Guillaume.G

7 abonnés 836 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 mars 2026
Guerre Et Paix tiré du livre de Léon Tolstoï est un vrai bijou du cinéma, car le film est d’une profondeur. Guerre Et Paix est un film spectaculaire, de plus Audrey Hepburn et Henry Fonda sont magistraux dans ce film
Eric Bonnave
Eric Bonnave

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 janvier 2026
Je n'ai pas regardé ma montre une seule fois de la durée du film. Je ne reviendrai pas sur la qualité de la prestation et la mise en scène spectaculaire ainsi que la qualité des acteurs en présence, mais ajouterai aux précédentes remarques, une petite touche géopolitique en faisant remarquer que le film est sorti en 1956, une période difficile pour la France en plein conflit algérien. Il y a de fortes chances que les américains aient déversé sur leur porte-avion italien une bonne poignée de dollars afin de déstabiliser notre pays en proie au chaos institutionnel, ceci à l'image d'un Stanley Kubrick dans les Sentiers de la gloire.
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