Alors là, que dire?!
Il faudrait presque juste s'arrêter sur le qualificatif de chef-d'oeuvre absolu, de film ultime sur la mafia, de perfection à l'état pur. Tout dans LE PARRAIN tutoie les étoiles.
Si la filmographie de Coppola comporte des films inoubliables comme CONVERSATION SECRETE, OUTSIDERS, RUSTY JAMES ou encore DRACULA, l'histoire ne retiendra finalement de ce monstre sacré qu' APOCALYPSE NOW, et la trilogie du PARRAIN. Dur dur d' être un génie! De siéger au Panthéon!
S'attaquer au best-seller de Mario Puzo était déjà en soi un risque majeur. Car comment adapter un monument littéraire de 840 pages en contentant tous les fans de la communauté du livre? Ron Howard en a fait l'amère expérience en portant à l'écran le DA VINCI CODE, best seller mondial de Dan Brown, dans un pourtant très bon film... hué par les amoureux du livre. A cela s'ajoute le fait que Coppola prend d'énormes risques financiers pour mener son projet à bien. Il embauche le légendaire mais très capricieux Marlon Brando, connu pour son instabilité, et dont plus personne ne veut à Hollywood. Il lance également pour tenir le rôle principal de Michael Corleone un parfait inconnu nommé Al Pacino auquel la production ne croit absolument pas. Coppola s'acharne dans ses choix, tient tête, et accouche contre vents et marées d'un des films les plus importants de toute l'histoire du cinéma. Une oeuvre tout simplement sublime et acclamée par tous. Les presque trois heures de spectacle sont des toiles de maîtres reliées les unes aux autres. La photographie y est hypnotisante et fait penser dans un tout autre registre, aux oeuvres du maître russe, j'ai nommé Andreï Tarkovski. Ainsi, chaque scène du PARRAIN, chaque plan, est une oeuvre d'art, et mériterait son poster. La réalisation est millimétrée, chirurgicale. Le scenario incroyable; on imagine le travail titanesque de Coppola au moment de réaliser ses coupes au montage, et ramener son film à "juste" un peu moins de trois heures. Quant à la musique, quel monument obsédant que la partition de Nino Rota dont je siffle l'air tous les jours depuis plus de 30 ans. Et comme un bon film ne se fait pas sans de bons acteurs, disons le tout net: le casting du PARRAIN est juste parfait. Brando immortalise encore plus sa légende avec sa gigantesque composition de Don Vito Corleone. Al Pacino passe du statut d'acteur inconnu à star mondiale, que la suite du PARRAIN réalisée deux ans plus tard en 1974, ne démentira pas. Les autres, les seconds rôles (qui n'ont ici de second que le nom) seront eux aussi à jamais portés par le tourbillon de ce film: James Caan (inoubliable Sonny), Robert Duvall dans la peau du "consigliere" Tom Hagen, John Cazale qui campe un Fredo shakespearien, Diane Keaton merveilleuse en épouse partagée entre son amour pour Michael et la terreur qu'il lui inspire, et Talia Shire qui, avant d'être la petite amie et l'épouse de ROCKY Balboa, était surtout la soeur du parrain le plus puissant de la pègre new-yorkaise. Les autres personnages du PARRAIN sont également devenus, au fil des ans et de la notoriété du film, des noms souvent évoqués à l'occasion de conversations diverses (les Sollozzo,Tattaglia, ou encore Barzini). Tout dans LE PARRAIN tend vers la légende.
Ainsi tout cinéphile, ou qui se proclame ainsi, se doit d'avoir vu LE PARRAIN au minimum une fois dans sa vie! Il y a des films obligatoires, des passages obligés. Le film de Coppola en fait partie.