Les premiers instants sont étonnements originals, appuyés,par une BO entraînante et super sympa! Malheureusement quelques longueurs viennent s'immiscer dans le long métrage pour moins plus grand damne! Mais le personnage du gangster très bien joué par son interprète nous permet de rester et de tenir jusqu'à la fin de qualité!
Un drôle de huit-clos qui oscille constamment entre drame et comédie. Malgré l'horrible situation dans laquelle se retrouve ce couple bobo (un gangster en cavale qui squatte leur maison isolé sur une île, pour attendre que ces potes viennent le chercher), on se surprend à rire devant les quelques situations burlesques que propose le film. On est bien loin des thrillers psychologiques sur fond de schizophrénie, que j’affectionne tant dans la filmographie de Polanski, mais ce "Cul-de-Sac" égale presque les autres chefs-d'oeuvre du cinéaste.
Un début de film très prometteur, drôle, dynamique et avec un trio qui fonctionne à merveille et puis, au fur et à mesure, le film s'enlise et offre moins de bons moments. La comédie laisse place à une histoire plus lente, moins soignée je trouve et notre concentration en prend un coup. Le final ne parvient guère à raviver la flamme entrevue au départ !!
Cul-de-sac, de Roman Polanski, est un bien étrange film. Etrange car naviguant constamment entre deux eaux aux frontières floues, basculant de la comédie au drame en un coup de feu ou de téléphone, ou l'inverse, en un instant, et entremêlant les genres, de la comédie au film de gangsters en passant par la scène de ménages et le portrait d'êtres perdus. C'est une oeuvre folle et sans retenue, rythmée au son de pistes de jazz débridées et de dialogues ciselés. D'une grande liberté de ton, il a secoué les conventions de l'époque, notamment de par l'étrange couple de châtelains formés par l'homme mur, efféminé et travestis, et sa femme beaucoup plus jeune, lunatique, libérée, probablement volage, souvent nue, et au langage direct. Aujourd'hui encore c'est un concentré d'humour absurde, noir et parfois subversif. Les situations grotesques chargées au comique de situation s'enchaînent (spoiler: un gangster grièvement blésé et incapable de sortir de sa voiture se relève d'un coup quand il entend parler d'alcool, on enterre un cadavre comme on le ferait d'une chaise - au sens propre -, on maltraite outrageusement ses invités et on moleste leur insupportable gamin... ). Si le rire est présent, le dérapage n'est jamais loin, comme l'illustre parfaitement la scène du rasage, modèle de tension et de drôlerie entremêlées. S'ajoute un comique de dialogues kafkaïen (spoiler: les appels téléphoniques du gangster à ses complices ), tirant parfois même vers l'existentialisme (spoiler: la discussion des hommes sur la plage ). L'oeuvre est aussi remplie de performances d'acteurs mémorables. Le gangster et son accent à couper au couteau, entre rudesse, brutalité et naïveté ; le mari efféminé et lâche maltraité tant par l'intrus que par sa femme ; la jeune française étrangement indifférente à la gravité de la situation, voire amusée... Dans ce triangle pour le moins incongru, les rapports se font parfois ambigus. Tantôt une complicité tend à se nouer, particulirèrement entre le gangster et la jeune femme, fondé sur une curiosité réciproque, agrémentée de touches d'érotisme ; tantôt la violence reprend le dessus, spoiler: comme quand la jeune femme se fait "corriger" par le bandit après une farce, ou que ce dernier essaie de séquestrer le couple dans différentes pièces de leur demeure.
Au final, spoiler: alors que les péripéties semblent se dénouent dans une sorte de sérénité et de status quo installé, surgit une explosion de violence qui dynamite le film et l'achève de manière plutôt surprenante ans le feu et la folie . Folie qui semble alors avoir été, depuis le début, la seule maîtresse cette île où se déroule l'action. Le film ne démontre ni ne prouve rien, et c'est dans la plus pure gratuité qu'il décline ses actes et sa folie. Ce qui ne le rend que plus savoureux.
Polanski va au bout de sa veine Beckettienne avec ce petit bijou et signe une de ses meilleures œuvres. Poussant à l’extrême le surréalisme et la noirceur métaphysique de ses premiers films, il nous livre une version très personnelle d’« En attendant Godot » où chaque personnage se débat dans sa propre absurdité existentielle. Que ce soient des gangsters qui attendent des nouvelles de leur boss comme s’ils attendaient un signe d’un Dieu muet, ou que ce soit un couple improbable qui ne peut exister que par régression, chacun de ces « décalés » grandioses nous tendent le miroir d’une humanité sans repère, perdue dans la nuit de ses obsessions et de ses empêchements, déchue et souffrante, mais qui ose encore s’aveugler de sa propre grandeur, comme cette bourgeoisie dégénérée qui traverse le récit pour venir danser sur le volcan avant d’y sombrer. Rarement le désespoir de la condition humaine n’a été traité avec autant d’allégresse. Le film est aussi un pur plaisir de cinéma : découpage au cordeau, noir et blanc superbe, des idées de mise en scène magnifiques, des acteurs à tomber. Dans ce cul-de-sac où tous les personnages sont pris en otage d’eux-mêmes, nous avons un précipité du génie de Polanski sous sa forme à la fois la plus abstraite et sans doute la plus aboutie.
En voilà un film qu'il est excellent ! Cinéaste de l'indécence et des psychologies malades Roman Polanski signe avec Cul-de-sac un conte impitoyable et raffiné aux allures d'épopée grotesque, préfigurant à sa façon la réflexion politique de Straw Dogs et la trame scénaristique du Funny Games de Michael Haneke - l'abstraction suffocante et la démonstration discursive en moins. Dans ce Cul-de-sac on trouve : un corps puissant ayant laissé son cerveau malade sur le bord de la route, gangster au charme discret mais pervers bien comme il faut ; un Donald Pleasence répugnant de veulerie et de civilité bafouée ; une Françoise Dorléac diaboliquement sexuée, manipulatrice et débauchée ; un enfant-démon turbulent fustigeant le bon goût ; un manoir-forteresse tenant de la pure apparition, fantasme tout droit sorti d'un roman de Cervantès... Une mise en scène précise et intelligente de la part de Polanski, qui s'inscrit dans la même veine que celle du brillant Couteau dans l'eau, jouant énormément sur les décors et les accessoires tout en repoussant les limites du thriller psychologique dans ses derniers retranchements. Au gré du métrage l'humour cocasse laisse place à un redoutable pugilat noir et cynique. L'un des meilleurs films de son auteur.
Cul-de-sac est un film qui se tourne on peut dire en" huit-clos. Ici, la situation du film se déroule sur un île. Un couple que l'on croit tranquille avec leurs histoires va se retrouver comme dans un cauchemar à cause d'un brigand. Voila pour l'histoire, ce film est très psychologique et décrit chaque personnage dans son ensemble( ses peurs, ses angoisses, ses désillusions), tout les personnages sont ici amenés à se requestionner sur la vie qu'il mène. Polanski réussit à créer une tension tout au long du film. On peut ainsi se questionner sur la réaction des hommes face à la peur ou à la révolte.
Polanski s'amuse avec cette comédie que n'aurait pas renié les frère Coen. Drôle et amère, malgré quelques faiblesses de rythme. La mise en scène est subtile, et l'utilisation de la nature comme moteur au récit est une idée particulièrement intéressante. Un deuxième film qui confirme le talent de son auteur.
Je suis à la découverte de ce réalisateur qu'est Roman Polanski. L'histoire prête à sourire quand on voit ces deux lascars dans leur voiture tombée en panne et qui vont "semer la panique" dans un château. Mais l'histoire devient beaucoup moins drôle quand celle si s'enferme petit à petit dans une sorte de boîte noire. Comme disent la plupart des cinéphiles, on assiste là à un huit-clos limite dantesque tellement que le personnage Richard interprété par Lionel Stander est violent, sauvage et incompréhensible. Le couple perd en quelques minutes sa tranquillité et s'essouffle rapidement jusqu'à en devenir fou. Polanski n'a pas hésité à enfoncer le bouton pour donner de la profondeur à son film, en mettant ici et là des évènements qui vont changer quelque peu la donne. Mais ce sont bien ces petits évènements qui vont inciter le vieux George (Donald Pleasence) à tuer ce bon vieux Richard, et qui va sombrer dans le délire le plus total. Bref, la folie Polanski commence vite.
Roman Polanski dans les années 60 a fait des films aux ambiances spéciale. La première heure m'a plut bien d'avantage que la dernière partie. Le ton oscille sans cesse entre le thriller et la comédie, les dialogues semblent sortit de nul part. Les images en noir et blanc sont pas mal du tout ainsi que les décors.
Bon, franchement quand on regarde la filmographie de Roman Polanski je pense que le plus intéressant commence vraiment dans les années 1970. Sa période des années 1960 est quand même beaucoup moins intéressante à mon sens, que ça soit Répulsion (1965), Le bal des vampires (1967) et maintenant Cul-de-sac (1966), coincé entre les deux précédement cités. On est vraiment dans les premiers tâtonnements du réalisateur, qui a déjà un certain style visuel, des thèmes qui se dessinent mais les films sont comme bloqués dans un cadre que Roman Polanski leur donne, loin des sommets qu'il atteindra par la suite, une décénie plus tard environ - et il suffit de voir The Ghost Writer pour s'assurer que l'homme n'a pas perdu la main. Cul-de-sac est donc assez décevant, on navigue entre la farce et le drame sans que Roman Polanski lui même ne sache s'il veuille faire un des deux ou les deux à la fois. Le film intéresse, amuse, puis peu à peu se désintéresse d'une histoire dont Roman Polanski cherche à dérouler jusqu'à son apogée mais qui se prend quelque part les pieds dans le plat. Dommage, encore une fois, je conseille plutôt aux membres de se diriger vers la suite de sa très belle filmographie...
Mauvais est le mot. Scénario lâche et sans logique interne. Acteurs en roue libre genre nouvelle vague mais pas trop, surtout direction d’acteurs inexistante, ce qui est assez rare chez quelqu’un comme Polanski. Il échoue à installer une ambiance étouffante, car ses personnages sont justes des clichés. (Le méchant brut de décoffrage, la blonde salope de service, le mari, très mal joué, si on avait voulut faire exprès, on ne l’aurait joué aussi mal). On parle là du comment, mais il n’y a pas surtout de pourquoi. Pourquoi la voiture des gangsters arrive-t’elle là ?, pourquoi vit-elle avec lui ?, pourquoi ce couple vit-il sur une île ?, quel est l’intérêt filmique de mettre cela sur une île plutôt qu’à la campagne ?, etc…), résultat, no suspense, beaucoup de facilité sans rien pour le justifier. Si c’était un film expérimental on comprend, mais là c’est juste un thriller raté. En plus, le master de mauvaise qualité n’arrange rien.
La présence de la belle Françoise Dorléac justifie-t-elle à elle seule des éloges pour ce film? Hélas, non. Entre la lenteur du récit, les longueurs incompréhensibles, l’invraisemblance du récit, et le jeu très moyen des acteurs, on est loin d'un grand film de Polanski. Cul-de-sac a peut-être été considéré comme novateur lors de sa sortie, mais force est de constater qu'il a pris un sacré coup de vieux.