5694 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
205 critiques spectateurs
5
49 critiques
4
85 critiques
3
38 critiques
2
22 critiques
1
11 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 février 2015
Je pense qu'il est difficile de réaliser un film ayant un sujet aussi tabou que celui de la pornographie mais Paul Thomas Anderson s'en ait vraiment bien tiré ! En effet, Boogie Nights est un véritable chef-d’œuvre ! Ce n'est pas uniquement un film qui a pour thème la sexualité, c'est un film dont le scénario se concentre sur l'univers du monde du X et plus particulièrement sur les sombres aspects de ce dernier (spoiler: drogue, concurrence, crime, réputation dégradée ect... ). D'ailleurs en ce sens, les personnages sont tous très biens écrits : spoiler: ce sont des acteurs pornographiques mais ce sont avant tout des humains qui aiment leur job, un job qui va leur apporter des ennuis car ils n'auront plus aucun contrôle de leur vie (meurtres, addiction à la cocaïne, prostitution, prison, jalousie, problèmes financiers et/ou familiaux, violence, difficultés à se reconvertir dans un autre métier ect...) ; les protagonistes et les relations qu'ils entretiennent entre eux sont donc vraiment développés ! De plus, le casting est excellent : j'ai pour le moment jamais vu Mark Wahlberg faire une aussi bonne performance, Julianne Moore et Burt Reynolds ont tout les deux mérités leur nomination aux Oscars et Heather Graham est également superbe dans son rôle. J'ai également le souvenir d'une bande originale fun et très réussie. Concernant l’atmosphère, au début c'est plutôt joyeux mais après le registre s'assombrie et devient très dramatique ; l'ambiance est en effet l'un des atouts majeurs du long-métrage. J'ai aussi aimé le fait que le réalisateur ait su faire preuve de modération dans son travail : il n'en a pas trop montré en faisant une sorte de documentaire vulgaire sur le monde du X mais n'a pas non plus eu honte d'évoquer la sexualité et n'a par conséquent pas hésité à choquer les gens en étant un peu provocant sur certaines scènes. Un classique des années 1990 !
Quand Paul Thomas Anderson aborde l'univers du porno de la fin des années 70-début 80 et la transition d'un genre cinématographique à part entière à l'amateurisme vidéo, il évite remarquablement trois choses que l'on pouvait craindre avec un tel sujet : la vulgarité, le racolage et le moralisateur. Au contraire, c'est avec une justesse parfois stupéfiante (en particulier pour les films tournés dans le film, le jeu amateur hors des séquences de sexe, les griffures, les flous, les tremblements de caméra, le grain tout simplement, même les caractères des lettres pour le générique... où là on est en plein dans la perfection !!!), et un ton qui oscille entre le sarcastique et une tendresse non dissimulée que le cinéaste au sommet emballe le tout. On peut difficilement oublier de signaler aussi une technique de prodige et une équipe d'acteurs absolument formidables... Incontestablement une grande réussite.
Après le succès d’estime remporté par son polar malin sur le monde du jeu (« Double mise » en 1996), Paul Thomas Anderson se décide à écrire un scénario original inspiré du court métrage qu’il avait réalisé à 17 ans pendant ses études où était présentée une interview fictive de John Holmes, acteur pornographique réputé pour la taille de son pénis, mort du SIDA en 1988. A travers ce portrait, Anderson entend évoquer une époque (les années 1970-80) sous l’angle original d’une industrie aux contours hors normes qui d’abord en pleine euphorie va se voir obligée de repenser son système de production et de distribution pour s’adapter à l’arrivée de la cassette vidéo. Le jeune homme en quête de reconnaissance qui va découvrir que sa réussite peut venir du trésor qui se trouve niché dans son pantalon devait être interprété par Leonardo DiCaprio qui renonce finalement après avoir signé son contrat pour monter à bord du « Titanic » (James Cameron en 1997). Sur son conseil, Anderson fait appel à Mark Wahlberg qui commence à peine sa carrière d’acteur. Le résultat sera tout à fait concluant. Mais la véritable bonne surprise du film est l’arrivée de Burt Reynolds dans le rôle de Jack Horner, le metteur en scène débonnaire mais sans guère de scrupules qui va cornaquer les débuts de celui qui va se faire connaître sous le nom d’emprunt de Dirk Diggler (Mark Wahlberg). L’acteur alors au creux de la vague après avoir été l’égal de Clint Eastwood dans les années 1970 et 80, se saisit parfaitement de l’occasion pour montrer que passée l’époque où sa puissance jouait à plein pour séduire le public dans des films de genres typiquement américains, il en a encore sous le pied pour changer de registre. Charmeur à l’échine souple, il est celui qui va traverser toute cette période où sexe et drogue forment un cocktail dévastateur, sans trop de dommages. L’académie des Oscars a raté en 1998, l’occasion de récompenser celui qui fut un acteur important, trop souvent sous-estimé. Le jeune réalisateur très imprégné de l’atmosphère de l’époque décrit parfaitement la faune qui déambule sur les plateaux de tournage puis le soir dans les fêtes orgiaques qui n’ont rien à voir avec le repos du guerrier. Beaucoup s’y perdent, tout comme le jeune Dirk Diggler complétement grisé par un succès forcément éphémère. On découvre pour la première ou seconde fois dans l’univers de Paul Thomas Anderson les Philip Seymour Hoffman, Julianne Moore, Alfred Molina, John C. Reilly et William H Macy qui brilleront dans les années qui suivront sous d’autres cieux. « Boogie Nights » qui porte bien son nom, ne serait pas tout-à-fait le même sans la bande-son concoctée par Michael Penn qui reprend une grande partie des tubes de l’époque pour rythmer cette épopée aussi joyeuse que dévastatrice quand les effets pernicieux des abus de toutes sortes viennent réclamer leur dû. On le sait, Anderson voue une admiration sans borne à Robert Altman, cherchant à plusieurs reprises et quelquefois maladroitement à lui rendre hommage. « Boogie Nights » a certainement été le film dont Altman aurait été cinématographiquement le plus proche.
grandeur et misère de la pornographie, le film est parfois brillant, parfois très moyen, on ne voit pas trop où il veut en venir, sinon faire le portrait d'une époque
Ca devait bien faire plus de 15 ans que je ne l'avais pas vu, et pourtant, je n'en avais quasiment rien oublié! Un excellent film, à la fois osé, drôle, triste, sexy, avec du suspense. Un film qui dure plus de 2h30 et pourtant on ne s'ennuie jamais. Les acteurs sont tous excellents dans leurs rôles, avec mention pour Burt Reynolds et Julianne Moore. La bande son est colossale, du début à la fin du film : on a l'impression de revivre ces années, de 1977 à 1983. Le film est déconseillé aux moins de 16 ans, mais on est d'accord : vous avez tous plus de 16 ans ?! Donc si vous ne l'avez pas encore vu, je vous le recommande chaudement!
Doté d'un scénario très bien écrit, original et s'adaptant de faits réels, "Boogie Nights" entraîne le spectateur dans une histoire loufoque et rocambolesque. De ce fait, la réalisation est très minutieuse pour mélanger moments très comiques, plus érotiques et aussi émouvants. Par ailleurs, les acteurs sont extrêmement convainquants, mention particulière à Mark Wahlberg et Juliane Moore. Ainsi, le film est totalement captivant, du début à la fin, grâce à un ensemble très maîtrisé pour toucher le spectateur et le divertir.
La sauce prend facilement face à ce jeune et téméraire ado voué à une prometteuse carrière d'hardeur. Mark Wahlberg s'approprie parfaitement son personnage et est entouré par un casting étonnant (comme Julianne Moore en actrice porno et Don Cheadle) mais hélas la sauce va se révéler plutôt ratée... Même si l'histoire est très bien écrite, l'interprétation de qualité et l'ambiance 70's et 80's entraînante l'ennui se fait sentir à la moitié du film. Tout cela est une question de dosage, car BOOGIE NIGHTS souffre de scènes répétitives et quelque peu lassantes pour un film, il est vrai, osé et ambitieux. En somme, passable et fortement dispensable.
Une maîtrise assez impressionnante et même exceptionnelle venant de Paul Thomas Anderson, surtout pour aborder un sujet aussi osé (c'est-à-dire l'industrie du porno dans les années 70 et les terribles années 80), et surtout aussi pour seulement un deuxième film derrière la caméra, qui montre alors très bien l'étendue du talent du réalisateur. Et tout cas cela donne au final un film tendre et drôle mais qui peut s'avérer tout autant dramatique et sanglant (mais jamais véritablement malsain) ; tout vient au final du fait que les personnages barrés et hauts en couleur qui habitent le film ne sont jamais traités comme des horreurs, des gens rongés par le sexe et l'argent, mais au lieu de ça comme des humains, des âmes en peine qui essayent de vivre en communauté malgré la particularité de leur profession. Bref, super photo, supers acteurs, super bite de Mark Whalberg (non, sérieusement, elle est vraiment très grosse), super réalisation... Pour résumer, c'est là un petit chef d'oeuvre de 2h40 qu'on ne voit pas passer. Remarquez aussi que je n'ai glissé aucune blague de mauvais goût dans la critique d'un film traitant du porno, ce qui est tout bonnement un exploit, je peux donc maintenant me considérer blanchi. Merde.
Sexe, drogue et disco, ça ne peut que plaire! Ils'agit là d'une excellente vision des coulisses d'une industrie qui, dans un premier temps, peut paraitre glamour, la pornographie dans les années 70/80. Paul Thomas Anderson filme l'histoire vraie d'un hardeur résté légendaire dans le métier avec un réalisme digne d’un documentaire, et la divise en trois parties classiques, la découverte d’une star, sa carrière puis sa chute. Le casting est prodigieux pour incarner tant de rôles souvent à contre-emploi (Burt Reynolds et Julianne Moore y sont mémorables, Philip Seymour Hoffman est méconnaissable tandis que l’on y découvre tout le talent de Mark Wahlberg) et le travail fait sur les personnages est lui aussi irréprochable. La découverte de ce monde impitoyable, accompagné de sa musique dynamique, est donc une superbe image de notre société. A ne pas rater.
Comme dans tous les films de Paul Thomas Anderson, l'écart entre fond et forme est marquant. Ici, la forme se révèle être tout à fait impressionnante où la mise en scène et la photographie sont de sacrées perles techniques, une superbe science du cadrage, l'utilisation et l'analyse du monde du cinéma pornographique pour la narration de cette success story typiquement américaine est une excellente idée, les acteurs livrent des prestations de grande envergure à l'image de Mark Wahlberg, Julianne Moore magnifiée comme rarement ou encore de William H. Macy (je trouve personnellement Burt Reynolds un ton en-dessous) et surtout une bande originale riche qui booste encore davantage le film. Après, il y a le fond et là on se demande où veut en venir le réalisateur car l'ensemble, beau, bon, poignant est au final un peu creux et manquant cruellement de fond et d'envergure. A l'image de la filmographie de P.T. Anderson, génial mais vide.
Quand Paul Thomas Anderson s'attaque à l'industrie pornographique, forcément, ça tape fort. Le film me fait d'ailleurs énormément penser au Loup de Wall Street de Scorsese : on a la même structure ascension/décadence, le même parti-pris de tout oser, le même côté no-limit... Et bien sûr des personnages qui ont quelque chose de sympathique, mais qui sont tous totalement à côté de la plaque. Dès la scène d'intro, on en prend plein les yeux : un plan-séquence de malade (d'autres reviendront dans le film), une esthétique so fin 70/début 80, une BO jubilatoire... Alors le film est peut-être un peu long, pas ennuyeux, mais un peu long, disons qu'il y a des moments qui auraient mérité d'être raccourcis, mais il a également pour lui un casting impeccable et une réalisation sublime, donc il serait dommage de passer à côté.
(...) Amoureux de ses personnages, PTA pose également un regard nostalgique sur une époque révolue qui baignait dans l’insouciance. Une fois arrivés au sommet, Dirk et Jack ne peuvent plus grimper. Alors, inexorablement, la chute s’amorce, annoncée par l’arrivée de Philip Baker Hall (Hard Eight, Magnolia) proposant une association à Jack que le spectateur n’aurait pas refusée. Pressentant l’explosion d’autres médias quant au développement du X dans la société, il invite Jack à passer avec lui à la vidéo en délaissant le cinéma, sous peine de définitivement disparaître. Une offre non acceptée. Le film bascule alors, devenant sombre et désenchanté, loin de l’excellent travail photographique de Robert Elswit qui ne cessait de nous balancer ces couleurs aussi chaudasses que Rollergirl et d’une BO d’enfer regroupant les fameux tubes de cette kitchissime et ô combien aimée période culte. Paul Thomas Anderson marque ce passage quasi-obligé dans la déchéance, en nous gratifiant d’une des séquences les plus impressionnantes du métrage, un montage alterné accompagné cette fois-ci non pas par la BO mais la musique originale lourde et grave de Michael Penn. Le sexe est alors mis en scène d’une manière totalement opposée au joyeux enthousiasme qui nous contaminait jusqu’alors.
Pour son deuxième film, c’est un tour de force que réalise le jeune prodige. Certes, la construction scénaristique n’est pas vraiment originale (l’ascension vers la gloire, puis la chute du héros) et je conçois que la virtuosité formelle dans la mise en scène peut apparaître bling-bling ou lassante aux yeux de certains. Mais ce PTA est un excellent élève, prétentieux peut-être, mais indéniablement talentueux. Et si l’on gratte un peu, on découvre par delà la séduisante enveloppe, des discours aujourd’hui encore très raisonnants : l’égocentrisme et le narcissisme autour du talent ou encore l’adaptation artistique aux nouvelles technologies. Pour tout cela et bien d’autres éléments précédemment cités, on ne pourra pas reprocher au film son manque de profondeur. Surtout quand on choisit de s’engouffrer dans un tel sujet.
L'intégralité de notre critique, sur Le Blog du Cinéma
Avec ce film on comprend qu'il ne sert à rien de suivre certaines voies.
Paul thomas Anderson pour son deuxième film arrive une nouvelle fois captivé les spectateurs du début à la fin.
Drôle, mais ce film est surtout un véritable drame qui s'attarde sur les relations humaines et sur l'univers impitoyable du showbiz.
Réalisation de génie, casting exceptionnel, c'est la première fois que j'ai trouvé Wahlberg bon dans un film et puis bien sûr il y a toujours l'excellente Julianne Moore.
Aborder intelligemment le phénomène porno dans les années 1970, personnellement, ça m’intéressait pas mal… Parce oui, ça ne pouvait qu’être intelligent, puisque c’était Paul Thomas Anderson qui était aux commandes (et d’après la bonne société, il parait que c’est un réalisateur intelligent). Alors certes, je ne dis pas, il y a un ton dans ce « Boogie Nights » qui parvient à saisir quelque chose, aussi bien dans l’innocence, la jouissance mais aussi la vacuité de cette forme de « libération » des mœurs… Mais bon, pour moi le film souffre malgré tout de deux énormes faiblesses. La première, c’est Mark Wahlberg qui, comme toujours, me surprend par son manque hallucinant de charisme et de relief. Enfin l’autre gros souci c’est le manque de réflexion que le fameux Anderson a investi dans son sujet. Visiblement, aborder le monde du porno lui suffisait comme audace puisque mis à part son cheminement global, le film ne dit rien. Du coup il comble. Et il comble avec quoi ? (Qui a dit « avec sa bite ? » - Non mais !) Il comble avec du graveleux de bas-étage. Et franchement, une fois ça peut être drôle. Beaucoup c’est un lassant. Tout le temps c’est juste méga lourd. Le seul plan de fin résume pour à lui seul la démarche qui semblait guider de l’ami Paul (le film finit en montrant la grosse bite du héros). Finalement, plus qu’un vrai regard sur ce monde, « Boogie Nights » ne propose en fait qu’un œil racoleur et voyeur… Pas conquis…