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inspecteur morvandieu
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3,5
Publiée le 9 juin 2025
Grandeur (dérisoire) et déchéance (brutale) d'un jeune américain rencontrant une gloire insolite -et nécessairement restreinte- grâce au cinéma porno. Etudes terminées et ratées, rupture familiale consommée, Eddie doit à sa rencontre avec le "cinéaste" Jack Horner et à une anatomie généreuse de devenir le fameux hardeur Dirk Diggler. Les ombres de Robert Altman puis de Scorsese planent sur cette chronique dont on ne sait pas jusqu'où on peut y voir une parabole de la société américaine ou des intentions satiriques à l'égard de son mythe à la fois naïf et pesant de la réussite. D'Altman, le film de Paul Thomas Anderson a l'ironie feutrée et l'observation minutieuse d'un groupe social qu'on a aimées dans "Short cuts". Circonscrite à l'équipe de tournage, l'étude souligne de façon caustique le pseudo-talent, l'utilité et la réussite sociales dont chacun s'enorgueillit et s'illusionne (c'en est aussi grotesque que désarmant) dans cette activité si marginale qu'est le cinéma X. Deux personnages s'en détachent : Eddie, donc, dont le cerveau se met à enfler, et le réalisateur -subtil Burt Reynolds- persuadé de créer une œuvre. Leur comportement à tous, la haute estime qu'ils se portent débouchent sur des séquences non pas grossières, en rapport avec la profession des protagonistes, mais corrosives. Et puis le vent tourne,spoiler: le drame couve et intervient, entrainant une brutale rupture de ton. C'est à ce moment qu'on pense à Scorsese. Cette poussée subite de violence et même d'hystérie, la déliquescence et la mégalomanie du héros (analogues à celles de Ray Liotta dans "Les Affranchis") sont scorsesiennes sur la forme autant que sur le fond, pour ce qui est de la signification morale qui accompagne l'effondrement des personnages. Malgré cette flambée de violence, le film d'Anderson reste avant tout une fantaisie singulière et surprenante, sans doute trop longue (2h30), dont les accents parodiques, déjà bien amusants, sont renforcées par les mœurs et le style seventies.
'Boogie Nights' commence en trombe, dans un feu d'artifice 70s : c'est drôle, coloré, rythmé. Malheureusement le film se perd ensuite, de la même façon que ses héros, dans des intrigues secondaires sordides et inutiles qui nous font craindre la tragi-comédie moralisatrice. Si PTA a finalement le bon goût de sauver ses personnages, on ressort tout de même un peu épuisé de ce 'Boogie Nights' trop long, trop plein de fioritures, et parfois excessif jusqu'à l'hystérie dans ses situations comme dans ses effets visuels et sonores.
Grandeur et décadence d'un héros du X et de son entourage à la charnière des années 70 et 80 (l'apparition de la VHS y tient rôle d'avancée technologique perturbatrice). La réalisation est virtuose, la galerie de personnages réussie, l'humour infusé plutôt efficace, mais le film ne dit finalement pas grand chose une fois que la boucle est bouclée.
Tout simplement excellent, du fun, de la bonne musique, de bons acteurs, du dérangeant, de l’émouvant, on passe par toutes les émotions. Je n’ai pas vu le temps passer.
Le film le plus dynamique de Paul Thomas Anderson, visuellement c'est toujours aussi soigné et contrairement à ses autres films il y a une petite touche d'humour très bienvenue. Le dernier chapitre du film est brillant voire culte !
Même dans des tournages hard, Paul Thomas Anderson crée constamment une sorte de jeu avec le spectateur : ne jamais lui montrer ce qu'il s'attendrait à voir. Sa caméra flâne, observe les désirs, les frustrations, l'euphorie factice de ces années-là, celle de la prétendue libération des moeurs. Elle observe et ne juge pas. Sa plus belle réussite, c'est tout de même le personnage incarné par Julianne Moore, mère déchue et star de porno, "maman et putain", en quelque sorte. La mise en scène est splendide et une BO monstrueuse. Un autre point fort : l'acteur Mark Wahlberg. Bref, ce film est un chef-d'oeuvre !
Il me manque plus qu'un film ("Double Mise") pour avoir vu toute la filmographie de Paul Thomas Anderson. Ce que je remarque, c'est qu'au fil des années, on monte en puissance car "There Will be Blood" est pour moi, un vrai bijou du septième art. Ici, dans le cas présent, les acteurs sont convaincants grâce à un super casting (j'adore William H. Macy), le thème est intéressant même si l'industrie de la pornographie n'est pas trop mon dada. Ce qui relève la donne, c'est le fait que l'on traite plutôt des débuts de ce commerce devenu international. D'ailleurs, ça ne m'étonne pas que le réalisateur ait fait appel à des spécialistes du genre (actrices et metteurs en scène). L'ambiance y est comme d'habitude, un peu étrange sans trop abusé non plus fidèle à notre directeur. J'ai trouvé, cependant, le tout un peu long car pas mal de choses auraient pu êtres raccourcis. Ce qui m'a plus, c'est qu'au fil des minutes, on monte en puissance, comme si c'était un compte à rebours. La bande originale est tout bonnement parfaite et je n'en n'attendais pas moins à vrai dire. Déçu par certaines choses mais bon comme on dit, personne n'est parfait. Pour l'instant, je dois dire que c'est le long métrage de ce réalisateur qui m'a le moins plu. Mais je ne dirai pas pour autant que c'est un mauvais film, j'ai "le cul entre deux chaises" en fait. A vous de voir. 12/20.
À seulement 26 ans, Paul Thomas Anderson tient son premier "classique" de sa filmographie dès son 2e long métrage. Un précurseur par son style, le cinéaste nous plonge dans la période phare des films pornos américains fin des années 70. Porté par un gros casting, "Boogie Nights" est un élan de fraîcheur par son rythme, sa mise en scène et le développement des ces personnages. Complexe, le réalisateur sort une prouesse dingue, délivrant le pire et le meilleur de chacun dans un monde pas très sain. Un précurseur et un grand génie qui se confirmera par ses futurs films
Sexe, drogue et disco. Dans ce film fleuve de 2h30 qui couvre une période longue, on suit le parcours d'un jeune gars qui tente l'aventure dans le porno de la grande époque. La réussite est totale. Les décors sont très chouette et l'ambiance parfaitement rendue. La réalisation est précise et fouillée. Le scénario, bien que parfois prévisible, maintient tout l'intérêt de l'histoire. Et en toile de fond de ce récit tragi-comique, on assiste à la mutation d'un monde, au bouleversement de ses codes et à ses transformations technologiques. Jamais moralisateur, le film dresse de singuliers portraits. Au final, il nous dit combien la réalité d'aujourd'hui serait outrancière pour ces personnages à la fesse fière et au sein généreux et pourtant si candides. Belle réussite !
Le panaché sexe, drogue et disco sans danger au commencement de l’histoire, cette réalisation possède la plus grosse paire du grand cinéma étalé sur deux décennies, la wave party reprend la seconde en continu olé-olé. Un hommage à la production de vidéo cassette pornographique et aux humbles films de série B et Z. Les réalisateurs pornographes sont des coquins voyeurs pour leurs résistances à la débandade du rire. Un fond dramatique chez cette star du X masculin, beau sensuel comme dieu grec, prêt à tout pour réussir dans ce milieu de gus et nenettes de la débauche planante. Une mise en scène constante, des drames, de la nymphomanie, un milieu de cocuage coule à flot l’alcool et la snife jusqu’à l’overdose de drogue du roi dollars. Beaucoup de choses intéressantes à retenir dans cette longue intrigue coquine se glisse aussi derrière une parodie où tout tourne autour du sexe et l’on se demande pourquoi c’est toujours les mêmes qui raflent les prix « Oscar du Hot ». Ça bouge énormément dans une ambiance pleine de musiciens rockeurs discothèques, des copains avec les pornographes pour leur filer la dose substantielle. Fini les années 70, place à 80 et la technicité électronique d’avant-garde direction l’Est, Nena et son 99 luftballons
Au niveau de la mise en scène,Paul T. Anderson est très loin de "There Will Be Blood" et propose donc une réalisation énormément "scorsesienne",qui n'est pas pour me déplaire et rend cette entrée dans le monde du porno jouissive.Le seul hic,c'est qu'on a du mal à percevoir la personnalité cinématographique d'Anderson car étouffé par l'influence du grande cinéaste de "Taxi Driver".Donc,un très grand film de Scorsese mais pas réellement de Paul T. Anderson...
super film avec un mark whalberg en puissance , l'ascension d'une star du porno des années 70 , film assez contreversé mais très interessant dans la mise en scéne d'anderson qui réalise un petit chef d'oeuvre sur la pornographie et son rapport à la société
Paul Thomas Anderson nous entraine dans le monde merveilleux de l'industrie pornographique des années 70-80, au tournant de la révolution VHS. Un film, qui traite d'un sujet sulfureux, où l'on peut facilement tomber dans le putassier bien crade. Le réalisateur nous en ressort un drama très poétique ou la pulsion sexuelle n'est plus et les liens d'amour-amitié-attirance sexuelle se confondent et se mélangent. Le complexe œdipien appliqué tel quel. Très sobre dans ses effets et dans l'interprétation, on y retrouve une très belle dissertation sur le "succès", les recettes de celui-ci, les limites de ce succès et les conséquences de tout ça. C'est un long film, mais il n'est pas long en durée, Anderson sait jouer de sa temporalité pour laisser des moments en suspens, comme hors du temps. C'est fascinant, et le plan final très bien trouvé. Car ce coquin de réalisateur montre au final l'objet de fascination initial, ce qui régit le film, le personnage principal, ce qui fait de lui ce qu'il est et ce qu'il sera. Très philosophique, la marque des grands réalisateurs.
"Boogie Nights" présente des personnages fictifs, mais s'inspire très fortement de la vie de John C. Holmes, légendaire star du porno américaine. L'homme était connu pour ses mensurations incroyables, avant de voir sa carrière s'effondrer à cause de ses addictions, puis du SIDA. L'occasion pour Paul Thomas Anderson de dresser un portrait très bienveillant, presque nostalgique, du porno de la San Fernando Valley, lors d'une transition clé. La fin des années 70 au début des années 80. Autrement dit, lorsque le porno est passé d'un âge d'or (insouciance généralisée, films "artistique" tournés pour le cinéma...), à un brutal nivellement par le bas (hégémonie de la VHS, drogues, MST...). Difficile de croire que le réalisateur n'est qu'à son deuxième long-métrage, et n'a même pas 30 ans. Car le récit choral est maîtrisé, et la réalisation offre une fluidité éclatante, qui assume pleinement ses références (De Palma, Scorsese, entres autres). Utilisant régulièrement des travelings et plans-séquence pour présenter son univers, ou la situation de ses protagonistes. A ce niveau, le film offre une impeccable galerie d'acteurs, dont plusieurs verront leur carrière bondir suite au succès commercial et artistique. En tête, Mark Wahlberg en star du porno qui va dégringoler. Mais aussi Julianne Moore en figure maternelle fissurée. Ou John C. Reily en meilleur ami indéfectible, et tant d'autres. Pour l'anecdote, "Boogie Nights" relança la carrière de Burt Reynolds, qui campe un réalisateur paternaliste et ambitieux. Celui-ci fut pourtant très critique de l'expérience de tournage et de Paul Thomas Anderson ! Le film propose également une BO appropriée et des costumes clinquants, qui nous remettent dans l'esprit de l'époque. Il est peut-être un poil dommage d'afficher de petites longueurs, avec notamment quelques personnages peu utiles (dont celui de Luis Guzman). "Boogie Nights" n'en demeure pas moins un très bon drame sur l'industrie du X, régulièrement salué par ses vrais acteurs.