Quatrième expérience avec Bresson.
Que dire ? A lire ici ou là, il y a tant à dire apparemment.
Pauvre Mouchette, petite fille solitaire, au minois mal lavé, habillée d'oripeaux et chaussée de sabots lourds. Le son porté sur les chaussures en particulier chez Bresson est tellement appuyé qu’il est difficile de l’ignorer.
Lourds comme la misère qu’elle traîne, qu’elle endure.
Entre une mère alitée en passe de mourir, un père alcoolique qui la gifle pour un rien, une maîtresse tortionnaire, des copines de classe aux sourires moqueurs et de quelques habitants aux regards inquisiteurs,
Mouchette tente tant mal que bien de survivre.
Dans cette chronique bien déprimante, Robert Bresson nous gratifie d’un sourire : Mouchette à la fête foraine qui s’essaie aux autos-tamponneuses.
C’est tout.
Un film dénué d’amour,
et la scène du viol
qui n’a pas été un grand moment pour moi - désolé -, ne fait qu’enfoncer le clou en symbolisant le tout.
Pauvre Mouchette, Bresson veut faire porter à cette jeune adolescente tous les maux de l’Humanité.
Quand je dis que c’est lourd…
A la misère de Mouchette, misère sociale et mentale, il ne pouvait, selon Bresson n’y avoir qu’une réponse : l’inéluctable.
Nora Nortier qui assure le rôle de Mouchette s’en sort très bien malgré quelques répliques bien creuses. J’ai cru en son personnage, c’est l'essentiel. Tout comme celui de Marie Cardinale, la maman, une satisfaction malgré une collaboration tendue avec Bresson.
Si elle agonise avec conviction, c’est sans doute pour maudire Bresson !
Par contre le jeu de la serveuse, du père et d’Arsène, pour ne citer qu’eux, m'est douloureux à l’oreille ; leurs lignes de dialogues sont aussi misérables que la vie de Mouchette !
Ça n’aide pas.
Un Bresson sans des voix blanches, monocordes, sans incarnation ne seraient pas un Bresson, allons !
J’en reste toujours à « Les Dames du Bois de Boulogne » devant « Le journal d’un curé de campagne ».
Mais « Mouchette » peut se piquer de coiffer largement « Pickpocket » à la troisième place.
A suivre…