Mouchette
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Didier L
Didier L

38 abonnés 222 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 janvier 2017
Ressortie en version restaurée de "Mouchette" de Robert Bresson d'après l'oeuvre de Bernanos. On reste frappé par cette économie de moyens si chère au réalisateur, cette rigueur dans les plans, cette esthétique minimaliste des gestes qui sont pourtant de la plus grande éloquence sur le monde dans lequel l'héroïne essaie de survivre. Mais, il faut aussi reconnaître que la sécheresse du filmage, l'ascétisme du scénario finissent par enlever toute chair aux personnages. Du coup, on a envie de revenir suivre les pas de "Rosetta" des frères Dardenne.
tomPSGcinema

880 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 novembre 2018
"Mouchette" dresse le terrible portrait d'une pauvre fille condamnée à vivre dans la solitude et la misère, car elle doit s'occuper de sa mère très malade alors que son père est un ivrogne. L'histoire est évidemment très sombre, mais la mise en scène de Robert Bresson est magnifique et la jeune Nadine Nortier s'avère bouleversante dans le rôle principal. Un long-métrage fort et intense dans ses propos et qui ne peut laisser indifférent.
ASSRANCETOURIX
ASSRANCETOURIX

25 abonnés 319 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 31 mars 2025
Ce terrifiant pensum illustre bien la faillite de ce genre de cinéma. On est au degré zéro, c'est laid, c'est gris, c'est sans intéret, c'est mal interprété, mais on dit que c'est fait exprès, c'est insignifiant au sens propre. On filme des acteurs qui n'en sont pas, personne n'est capable de citer le nom d'un seul des pauvres gens qui apparaissent dans ces films à la limite du ridicule, on ose pas dire qu'ils jouent, dans ce qui est au cinéma ce qu'un quignon de pain rassit est à la gastronomie. On est assez content que cette vague soi-disant nouvelle se soit arrêtée, mais elle fait encore hélas des dégats.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 février 2025
Le film a tout du mélo façon "Les Misérables" de Hugo avec une ado paumée, solitaire voire mutique, qui a priori ne reçoit pas tout l'amour qu'elle aimerait par un père peu présent mais l'image d'une génération peu à même de montrer ses sentiments ou à les exprimer, tandis que sa mère très malade n'assume plus grand chose dans la maisonnée. Son destin est donc lié à celui des autres puisqu'elle ne fait que survivre par l'action des autres, ce sera son malheur. Malheur sur malheur on pourrait vite tomber dans le pathos le plus larmoyant mais ce n'est pas le cas car Bresson est un cinéaste qui refuse justement ce diktat de l'émotion au forceps. C'est aussi pour cette raison que le cinéaste aime des acteurs "vierges" de tout artifice pour se focaliser sur une certaine pureté, un regard net et sincère sans en faire trop, en étant le plus simple et sobre possible ce qui peut paraître parfois un peu trop froid ou trop stoïque. Par contre on peut rester perplexe sur une réaction "bizarre" lors de l'agression... SPOILERS cliquez pour en savoir plus !... Action-réaction peu communes et donc peu compréhensibles. Un film hypnotique, malaisant parfois, dans un style naturaliste qui fait ai froid dans le dos. A voir et à conseiller.
Site : Selenie.fr
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 novembre 2018
Donner un sens à sa vie après l’abject.
Bresson filme la souffrance muette à grands renforts de symboles. Mais c’est aussi une vengeance sur la vie que veut Mouchette. Elle paiera le jeu innocent d’un enfant qui se roule sur l’herbe par un prix fort mais elle gagnera sa liberté.
Austère mais grave.
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 octobre 2022
Un drame d'une noirceur glaçante mais un peu trop austère qui dépeint la fin de l'innocence d'une enfant tentant de survivre dans un monde brutal, et l'abandon de tout espoir.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 octobre 2022
Ici encore le style inimitable de Robert Bresson fait mouche dans cette adaptation de La nouvelle histoire de Mouchette de Georges Bernanos. Même si je trouve cette œuvre un peu moins travaillée et expressionniste de d'autres de ses films, je ne peux qu'être bouleversé par cette histoire de la misère et de la solitude, par cette petite fille violée qui par dessus tout exprime le besoin d'aimer. Même dans ce monde de « misère et de cruauté » comme le disait Bernanos lui-même. Un film qui marque, au-delà de l'art de Bresson pour les ombres, les cadrages, les ellipses.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 14 octobre 2022
Quatrième expérience avec Bresson.
Que dire ? A lire ici ou là, il y a tant à dire apparemment.

Pauvre Mouchette, petite fille solitaire, au minois mal lavé, habillée d'oripeaux et chaussée de sabots lourds. Le son porté sur les chaussures en particulier chez Bresson est tellement appuyé qu’il est difficile de l’ignorer.
Lourds comme la misère qu’elle traîne, qu’elle endure.

spoiler: Entre une mère alitée en passe de mourir, un père alcoolique qui la gifle pour un rien, une maîtresse tortionnaire, des copines de classe aux sourires moqueurs et de quelques habitants aux regards inquisiteurs,
Mouchette tente tant mal que bien de survivre.
Dans cette chronique bien déprimante, Robert Bresson nous gratifie d’un sourire : Mouchette à la fête foraine qui s’essaie aux autos-tamponneuses.
C’est tout.

Un film dénué d’amour, spoiler: et la scène du viol
qui n’a pas été un grand moment pour moi - désolé -, ne fait qu’enfoncer le clou en symbolisant le tout.
Pauvre Mouchette, Bresson veut faire porter à cette jeune adolescente tous les maux de l’Humanité.
Quand je dis que c’est lourd…

A la misère de Mouchette, misère sociale et mentale, il ne pouvait, selon Bresson n’y avoir qu’une réponse : l’inéluctable.

Nora Nortier qui assure le rôle de Mouchette s’en sort très bien malgré quelques répliques bien creuses. J’ai cru en son personnage, c’est l'essentiel. Tout comme celui de Marie Cardinale, la maman, une satisfaction malgré une collaboration tendue avec Bresson. spoiler: Si elle agonise avec conviction, c’est sans doute pour maudire Bresson !


Par contre le jeu de la serveuse, du père et d’Arsène, pour ne citer qu’eux, m'est douloureux à l’oreille ; leurs lignes de dialogues sont aussi misérables que la vie de Mouchette !
Ça n’aide pas.
Un Bresson sans des voix blanches, monocordes, sans incarnation ne seraient pas un Bresson, allons !

J’en reste toujours à « Les Dames du Bois de Boulogne » devant « Le journal d’un curé de campagne ».
Mais « Mouchette » peut se piquer de coiffer largement « Pickpocket » à la troisième place.
A suivre…
Renaud81
Renaud81

34 abonnés 88 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 5 janvier 2024
Après une première expérience plutôt positive avec Bresson ("Un condamné à mort s'est échappé"), ce 2ème film m'a laissé totalement dubitatif. Bon, avec Bresson on sait à quoi s'attendre : rigueur, austérité, acteurs non professionnels, noir et blanc, pas de fioritures. Certes. Mais le ton terriblement neutre et monocorde de 99% des répliques (envisageable pour les monologues du film cité plus haut) est ici simplement très mauvais ! Aucune intonation, que ce soit pour menacer, insulter, consoler... Plus encore, les moindres actions souffrent elles aussi d'une absence totale de réalisme spoiler: (jets de terre, larmes, scène du viol, mort de la mère, "condoléances"...)
Bref, malgré une histoire intéressante, et une "belle" fin, il n'y aura eu pour moi qu'une démarche artistique jusqu'au-boutiste, et peu de plaisir de cinéphile...
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 avril 2022
Me voilà, pour la seconde fois, confronter à un long-métrage de Robert Bresson, autant dire, face à un monument !

Un Condamné à Mort s'est échappé, le premier à m'avoir bousculé et dont je projette de retrouver dans les jours qui viennent, à laisser des traces indélébiles sur l'idée d'un cinéma austère et à la fois brulant de la par de ce cinéaste enveloppé de sa raideur à des fins revêches pour accompagner ses bravades.

Mouchette n'est clairement pas un film enjôleur pour un sou. A la manière de son expression aux forceps, on se mange dans la même fraction le geste et son but, et autant dire que les actes sont rudes, brutes, peu accommodants ... Des scènes de cinémas habités par sa conscience et son omniscience, rien n'est en suspend sans être au préalable la narration du moment précèdent ou suivant.

" Autrefois, on adorais les morts. C'étaient des dieux. Ce devrait être la vrai religion. " Si les mots ne sont pas légions dans ce film de Robert Bresson, sa langue est néanmoins sublime. C'est avec les paroles de cette vieille femme que j'illustre ceci, une autre de ses phrases, une qui s'emboite à celle-ci est un autre exemple en touts points magnifique et révélateur de la vitalité et de la réprimande mélangée, " Tu as le mal dans les yeux ".

Saluons les visages de ce film. De cette petite Mouchette, pour qui la succession de réprobation n'aura de cesse de la brisé encore davantage. De cette Arsène mécène et bourreau, des ces hommes et femmes âpres, condamnant touts les autres, sauf pour leurs exactions ... Des sévices naissent l'agitation, le désordre, le refus d'accepter cela !

Son final est édifiant, incroyable de poésie abrupte, une leçon macabre, criante de solitude ...
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 740 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mars 2026
Avec Mouchette, Robert Bresson n'y va pas avec main morte. Dès le départ, on est pris par ce récit qui plonge dans une noirceur imperturbable. Comme le personnage de Mouchette, on est impuissant par ce qu'on voit, ce qu'on subit jusqu'à sa fin.

C'est un grand film qui pourtant ne pas m'a pas ému (il me manquait ce petit truc)

Néanmoins, cela reste très qualitatif et d'un niveau XXL
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 6 juillet 2011
Encore une héroïne impuissante pour Bresson, evidemment c'est pas gai. Comme pour au hazard baltazar on a une photographie intéressante d'une campagne s'ouvrant à peine au monde moderne.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mars 2019
Dans cette adaptation austère et ramassée (1h15) de Georges Bernanos, Robert Bresson nous fait suivre le quotidien dur et taiseux de la petite Mouchette, écolière entrant dans l’âge de l’adolescence. Situant son action dans un village français pauvre et agricole, le cinéaste n’offre aucun répit à sa petite héroïne, victime de la cruauté de ses parents comme de l’ensemble des habitants qu’elle va croiser, qui paraissent concentrer l’ensemble des tares et petitesses humaines. Tel un petit lapin traqué par un chasseur – la métaphore est d’ailleurs employée dans plusieurs séquences – Mouchette n’aura d’autre alternative spoiler: que de mettre fin à son calvaire de manière radicale et définitive
. L’absence volontaire de psychologie des personnages donne au film un aspect à la fois sévère et intemporel.
Spiriel
Spiriel

43 abonnés 318 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 janvier 2009
Pas le plus puissant des films de Bresson, mais une sacrée réussite. Aussi abandonnée à son sort que les enfants de Los olvidados, Mouchette a un destin comparable à celui de l'âne Balthasar, miroir de l'humanité n'ayant rien d'autre à espérer que la mort. Comme Ana Torrent dans Cria cuervos et surtout L'esprit de la ruche, elle est sans cesse confrontée à la mort, qui fait parti de son univers. De la même façon, elle cherchera à se créer une échappatoire avec un homme dans une cabane isolée, mais se fera violer là où la petite Ana était symboliquement violée dans son imaginaire. N'existant aux yeux des autres que pour écouter, obéir, subir, et jamais écouter, aider... elle fuit la vie. Et après avoir assisté à une chasse aussi terrifiante que dans La règle du jeu, elle met une belle robe aussitôt déchirée, car le destin lui refuse même d'être présentable lors de sa présentation à l'au-delà. Alors, on assiste, désemparés, à une séquence incroyable. Mouchette semble simuler qu'elle est atteinte par un chasseur, roule par terre en direction d'une rivière, comme si elle ne pouvait mourir par choix. Avec une innocence désarmante, elle s'y reprendra à plusieurs fois pour enfin tomber à l'eau et ne plus refaire surface. Comme souvent, Bresson parvient à être passionnant avec une mise en scène ascétique, qui ne garde que le strict indispensable. L'intonation est absente quand le texte et l'image suffisent. On n'atteint tout de même pas le degré de fascination de Pickpocket ou du Condamné à mort s'est échappé.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 octobre 2016
L'abus sexuel vu dans les années soixante. Il y a de la misère sociale, de la crasse, des demeures vétustes. Et cependant, quelle beauté des personnages, quelle esthétique ! Le regard du chasseur ou celui du braconnier ne valent pas mieux que celui de l'épicière apparemment compatissante et charitable. Elle est toute prête à vomir sa haine si l'occasion surgit. Bresson filme admirablement cette pseudo miséricorde. Le désespoir et la mort sont là à portée de main. La politesse n'est pas le respect, c'est ce que nous pouvons mesurer avec l'attitude du père de Mouchette. La traque du gibier, c'est quelque chose dans ce film ! On ne peut pas dire que les chasseurs soient à leur avantage. Garde-chasse et braconnier forment un couple indissociable, comme on est peu habitué à en rencontrer dans nos contrées parisiennes...
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