Délivrance
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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

94 abonnés 4 357 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 novembre 2024
C'est un retour aux sources qui tourne au cauchemar. Le temps d'un week-end, quatre copains citadins prétendent, un peu légèrement, redécouvrir les vertus de la nature sauvage. Mais la rivière qu'ils descendent en canoë et les endroits qu'ils traversent sont remplis de périls auxquels les quatre hommes ne sont pas préparés.
Le film de John Boorman est-il une réaction à quelque considération facile sur les charmes de la vie sauvage et la nature régénérante? Ou bien le cinéaste veut-il faire la démonstration que l'humain n'est plus adapté à son milieu originel? Toujours est-il que les paysages somptueux et radieux de l'Amérique profonde cachent bien des pièges et témoignent d'une nature hostile. Cette belle campagne est même habitée par des autochtones frustes...
Au coeur de l'action, où les quatre touristes sont la proie des rapides autant que des paysans du coin, la parabole se dessine, accentuant le caractère dramatique de l'expédition. Lewis et ses amis seront peut-être amenés aux pires extrémités pour survivre dans un milieu sauvage où, précisément, subsister passe par une violence nécessaire autant que par l'abandon de la morale de l'homme civilisé.
Dawasta
Dawasta

78 abonnés 635 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 janvier 2012
Typique des années 70 avec son message écolo, ce film prend le temps de nous présenter ses personnages, aux personnalités différentes et bien définies, et c'est donc avec eux que le spectateur est témoin de la tournure dramatique que prennent les événements. Violent et parfois dérangeant, ce film retranscrit bien le malaise omniprésent de cette virée entre amis qui vire au cauchemar. Encore un film qui n'encourage pas les sportifs à partir à l’aventure, je pense entre autres à "The Descent" par exemple. C'est aussi l'occasion de découvrir Jon Voight et Burt Reynolds dans un de leur premiers rôles. (Bien)
Shékiinä .
Shékiinä .

67 abonnés 678 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 octobre 2012
Le point de non retour du réalisateur John Boorman mérite plus d'éloges que Délivrance, même si ce n'est pas le même genre. Devenu culte que grâce à la scène du viol (première scène de viol homosexuel au cinéma dit-on), et la rencontre musicale au début entre un banjo et une guitare avec le petit garçon au comportement étrange. Traité trop légèrement, le film ne décolle pas et ne parvient ni à émouvoir ni à terrifier, c'est lent, il ne se passe pas grand chose, on aurait dû l'appeler La rivière où l'on s’ennuie ferme. Ridicule.
C'est une allégorie de la guerre du Vietnam, on sent bien que Voyage au bout de l'enfer s'en est inspiré.
Le-Chat-Nonne
Le-Chat-Nonne

56 abonnés 178 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mai 2025
D’habitude, quand une œuvre est estampillée "classique du cinéma", on s’attend généralement à voir un bon film, marquant et un peu unique. Et c’est toujours assez décevant de le découvrir et de ne pas y retrouver ce que les personnes qui l’ont encensé y ont vu. Surtout quand sa réputation le décrit comme un film "choc".

Mais même si ce film n’a pas eu l’effet escompté sur moi — parfois pour des raisons extérieures, liées au contexte ou à ma propre sensibilité, et d’autres fois à cause de défauts que je trouve inhérents au film lui-même — je dois bien reconnaître qu’il vaut le coup d'œil.

Sorti en 1972, Déliverance a su marquer les esprits pour plusieurs raisons. Déjà pour son côté immersif, avec une mise en scène réaliste tournée dans des décors naturels, et des personnages crédibles, incarnés par de grands acteurs de l’époque. Pour ses quelques scènes devenues cultes, comme la célèbre séquence du duel musical, ainsi que "l’autre" — ceux qui ont vu le film savent de quoi je parle. Pour ses thèmes, et la richesse de ses interprétations. Mais aussi, et surtout, pour son côté dérangeant et limite pour l’époque.

Et c’est à travers ce dernier aspect que s’incarne le premier défaut extérieur à la qualité du film. Car en effet, Déliverance est un film du début des années 70, et depuis, le genre horrifique a franchi de nombreux caps en termes de violence, de gore et de malaise — déjà dans les années 80, et plus encore aujourd’hui. C’est pour cette raison que les personnes qui découvriraient ce film maintenant, surtout si elles sont familières avec les films d’horreur, ont de fortes chances de ne pas ressentir le bouleversement promis. Et ce, même si je reconnais pleinement que la tension et le suspense liés à la survie des personnages sont efficaces et bien mis en scène, et que la fameuse scène — bien qu’elle ait perdu de sa force aujourd’hui — peut encore choquer les plus sensibles. Mais malheureusement, je n’ai pas réussi à me laisser totalement embarquer. Et le décalage générationnel n'est pas le seul responsable.

En effet, le film fait beaucoup d’efforts pour rendre l’immersion en pleine nature aussi tangible que possible — une démarche respectable, qui peut tout à fait séduire un certain public. Mais cet aspect contemplatif, aussi légitime soit-il dans son intention et sa technique, finit par rendre le film franchement lent, et parfois même un peu ennuyeux. Certains éléments, certains messages que le film cherche à faire passer, et qui auraient mérité d’être davantage approfondis ou densifiés, se noient dans un trop-plein de paysages naturels et un souci constant de l’esthétique.

Et c’est sans compter certains choix narratifs douteux ou des développements incohérents de certains personnages.

L’un des principaux messages du film tourne autour du choc des cultures et de la tolérance : les citadins cultivés face aux ruraux isolés. La fameuse scène du duel musical en est d’ailleurs un parfait exemple. Elle illustre intelligemment cette idée, car, commençant d’abord comme un affrontement, une forme de provocation, les deux musiciens finissent par jouer ensemble. Elle évoque ainsi une possible entente entre deux mondes opposés. Mais cette subtilité est vite brouillée par un glissement problématique : celui qui associe implicitement les locaux un peu rustres rencontrés au début aux criminels violents qui apparaissent plus tard, comme s’ils faisaient partie d’un même groupe distinct. Ce raccourci floute dangereusement la ligne entre "différence culturelle" et "danger", ce qui contredit en partie le message de tolérance que le film semble vouloir transmettre.

Même si l’idée était précisément de nous faire réfléchir à cela — de nous pousser à comprendre que ce n’est pas parce que des individus appartiennent au même groupe social qu’ils sont tous les mêmes — le message reste formulé de manière maladroite.

Plus encore, dès lors que les citadins reviennent de leur expédition, après s’être frottés à la nature sauvage, les ruraux, jusque-là méfiants, les accueillent soudain à bras ouverts. Cela peut être perçu comme une sorte de rite de passage réussi, leur donnant symboliquement le droit d’être acceptés parmi eux. La question qu’on peut alors se poser est la suivante : ce rite est-il lié au fait d’avoir simplement traversé la nature, ou à celui d’avoir affronté la violence de leurs "congénères" ? Le film ne donne pas de réponse explicite, et même si l'on serait tenté de pencher vers la première option, le doute reste présent.

En ce qui concerne l’autre gros défaut du film, il est principalement lié au traitement d’un de ses personnages. Même si tous sont développés et interprétés de manière satisfaisante, la réaction de l’un des hommes face à ce qu’il a subi reste extrêmement incohérente. Cet homme est victime d’un viol — un événement d’une violence extrême — mais pendant tout le reste du film, il ne semble ni traumatisé, ni hanté par ce qu’il a vécu. Cette absence totale de séquelle émotionnelle nuit fortement à l’impact de la scène en question, pourtant censée être l’un des moments les plus marquants et dérangeants du film.

Cependant, même si le film aborde certains de ses thèmes de manière maladroite, il en traite d'autres avec une réelle efficacité — notamment la moralité, et l’idée que le mal n’existe pas dans la nature, mais s’exprime à travers l’humain. Les citadins ne sont pas confrontés à une hostilité naturelle, mais à un danger humain. La nature, elle, reste neutre, indifférente, simple décor d’une descente intérieure. Les personnages sont forcés de s’adapter, de tuer, et de faire face à leur propre morale. Et c’est surtout une fois revenus à la civilisation que tout prend du poids : ce qu’ils ont fait commence à les hanter — non pas seulement comme une expérience traumatisante, mais comme un acte qu’ils devront porter, et qui pourrait être découvert et surtout jugé. C’est à ce moment-là que la tension morale devient réellement palpable.

Même si les corps ne sont jamais découverts, et que les hommes ne font jamais face aux conséquences directes de ce qu’ils ont fait, leur innocence, elle, est définitivement perdue.

Au final, même si ce film n’a pas eu sur moi l’impact émotionnel que j’espérais, je comprends pourquoi il a marqué son époque et gagné son statut de classique. C’est un film intéressant, qui suscite la réflexion et propose plusieurs niveaux de lecture, dès lors qu’on prend le temps de s’y attarder. Il sait créer de la tension et du suspense — mais pour moi, il lui manque tout de même une intensité dramatique, une cohérence émotionnelle, et une incarnation plus explicite de ses idées pour vraiment me convaincre.
bobbyfun
bobbyfun

55 abonnés 1 313 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 janvier 2020
Délivrance où le premier vrai survival du cinéma. Un must du genre porté par une distribution impeccable.
Gregory S
Gregory S

55 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2022
Je viens de le voir 20 ans après et j'ai été un peu déçu. j'en avais un souvenir plus fort, le film est encore très bon mais moins puissant qu'à l'époque. Dans mon souvenir la menace m'apparaissait plus oppressante, alors qu'elle reste assez fugace et pas si terrible car évidemment entre 1972 et 2022 le niveau d'acceptation de la violence à évoluer. Idem j'avais l'impression d'entendre le bandjo tout le long du film alors qu'il n'est présent qu'au tout début. Néanmoins ça reste un de ces films à voir une fois dans sa vie.
ManoCornuta

360 abonnés 3 080 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mai 2020
Certes, avec le temps, il est des films qui accusent le coup, trop ancrés dans leur époque ou devenus désuets du fait des surenchères ultérieures, notamment en termes de violence. Délivrance a pu choquer dans les années 70, mais si visuellement le choc n'est plus aussi fort, sur le fond la pertinence du propos n'a rien perdu de son acuité. Avec un casting d'hommes taillé sur mesure, des péripéties rondement menées et que John Boorman dirige de main de maître, le spectacle de ce film d'action en pleine nature est total.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2015
Quatre amis "civilisés", un brin écolos sur les bords, décident de descendre une rivière en canoë avant que celle-ci ne soit détruite par un barrage. Quand la prétendue civilisation goute à la prétendue arriération, quand deux Amériques se rencontrent, le choc ne peut être que frontal. Voulant rendre hommage à Dame Nature, ils vont la voir dans toute sa splendeur. Un demi-siècle après sa sortie, "Délivrance" n'a rien perdu de son insoutenable tension. En adaptant le roman de James Dickey (qui d'ailleurs fait une apparition en fin de film), John Boorman tord le cou au mythe angélique d'une nature innocente et bienveillante avec les hommes. Ses rochers escarpés et hostiles, puis les hommes qui y vivent achèvent d'enterrer une bonne fois pour toutes l'idéal rousseauiste. Pourvu d'une photographie sublime et d'un rythme envoûtant, "Délivrance" enchaîne les moments d'anthologie, avec en tête la formidable scène du banjo. Un très grand film.
Vador Mir

305 abonnés 999 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 novembre 2020
J'avais entendu beaucoup de bien de ce film, et de sa réputation d'extrême violence. A-t-on vu le même film ? il n'est pas si violent que ça. Jon Voigt est excellent et les scènes de canoé ont du être un enfer à filmer. C'est un bon film mais pas vraiment le chef d'œuvre annoncé.
bobmorane63
bobmorane63

248 abonnés 2 226 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2009
Un pur chef d'oeuvre et une belle claque!!! "Delivrance" est cité comme culte par pas mal de cinéphiles et je leur donne raison en découvrant ce film. John Boorman est décidément un cinéaste talentueux et fort passionnant et ce film, qui se passe les 3/4 du temps dans les cascades d'une rivière n'a pas du etre facile à tourner pour l'équipe du film. Un film qui parle de violence mais tout à fait regardable pour tout public à coté d'un autre long métrage sortit la meme année, "Les chiens de paille" de Sam Peckinpah. La, c'est juste une scène de torture et de viol sur un homme qui choque un peu et dont le coupable est tué de légitime défense, ce qui est la trame du film sur le choix de se rendre à la police ou d'enterrer le corps, la deuxième option est choisit. La suite est intriguante et les vacances sont mals barrés. Une réalisation réaliste signé John Boorman et une trés bonne interprétation du quatuor d'acteurs principaux qui sont dans presque tout les plans, Jon Voight, Burt Reynolds, Ned Beatty et Ronny Cox. Un trés bon film à voir d'urgence!!!!
loulou451
loulou451

147 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 janvier 2013
Avec "Délivrance", John Boorman signe l'un des films cultes du cinéma américain, véritable référence pour les spectateurs d'Outre-Atlantique, qui, longtemps, furent abasourdi par la force, la violence et la puissance du récit de ce film. Porté par un scénario tout simplement exceptionnel et une brochette d'acteurs littéralement habités par leurs personnages (mention spéciale à Jon Voight et Burt Reynolds), par une musique que personne n'a oublié (le duo de banjo) et par une atmosphère suffocante, "Délivrance" conjugue tous les superlatifs. Tourné avec trois bouts de ficelle (les acteurs ne furent pas doublés et Burt Reynolds se cassa le coccyx) et dans des conditions dantesques (Jon Voight eslada lui-même la falaise !), le film demeure au panthéon des grandes œuvres du cinéma américain. Le choc aux USA, suite à la fameuse scène du viol, fut immense. On comprend pourquoi. "Délivrance", presque cinquante ans après sa sortie, conserve toute sa puissance. Un mythe.
Nico2
Nico2

98 abonnés 939 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 septembre 2009
Film au tournage éprouvant qui choqua profondément à sa sortie et qui a fini par s'imposer comme un classique, Délivrance est un excellent film d'aventure aux frontières de l'épouvante servi par des acteurs très convaincants, un suspense très bien mené et une réalisation superbe de John Boorman qui sait tirer tout le parti des décors naturels des Appalaches, bucoliques et magnifiques au début, oppressants et inquiétants dès que l'escapade de Lewis, Ed, Bobby et Drew se transforme en cauchemar après leur rencontre malheureuse avec des montagnards pervers et sadiques. La scène du viol, entièrement suggérée, est une des plus dérangeantes jamais faites. Burt Reynolds est très charismatique, le thème de banjo est inoubliable, le film tient en haleine jusqu'aux toutes dernières minutes, même s'il tarde à se conclure, les personnages sont intéressants et parfaitement incarnés, Délivrance est un chef d'oeuvre qui influencera profondément le cinéma et qu'il faut avoir vu.
belo28
belo28

85 abonnés 1 130 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 juillet 2012
Un très grand film! Comme les deux autres oeuvres qui parlent de la violence au début des années 70 (la dernière maison sur la gauche et Chiens de paille)! Une mise en scène qui reste uniquement au plus proche de ses comédiens (et franchement les réal d'aujourd'hui devraient suivre les conseils!) et qui est presque suffocante! Les questions de moralité et de bienséance sont malmener tout au long de ce film résolument à part qui offre la part belle à son duo principal (Voight et Reynolds)! Ici rien est laissé au hasard et personne n'en sort indemne même pas le spectateur!
Dx M.
Dx M.

89 abonnés 823 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 décembre 2022
Film intéressant en son temps mais il a un peu mal vieilli... D autres films de survie horreur sont passés après lui et le surpassent en termes de rythme et de tension... Le film paraît assez gentil par rapport à d autres... Certes il y a de la violence psychologique et une scène d humiliation et de viol mais elles sont moins choquantes qu a l'époque j'imagine... L histoire est assez bateau... 4 amis décident de faire une descente en canoë dans l'Amérique profonde... Ils vont tomber sur 2 individus assez louches qui vont les agresser... Ils vont se défendre et en tuer un... Après le drame ils vont décider de cacher le corps et de n'en parler à personne... L'autre individu louche rode toujours dans le coin etc... Cependant il y a de belles images et de beaux plans... Les acteurs sont bons... Manque un peu de rythme et de tension selon moi...
adicte
adicte

74 abonnés 700 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mai 2016
Non, mais il est taré Boorman ou quoi? Il s'est dit: "tiens, si je faisais un film horriblement glauque, comme ça, sans crier gare?". Et quand je pense qu'on m'avait dit: - Regarde "Délivrance", il est sympa!... Bon, pour la peine c'est vachement réussi, mais je ne m'attendais pas du tout à une histoire pareille... A voir (mais pas si tout seul et déprimé), et vous en tirerez forcément les conclusions qui s'imposent.
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