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scorsesejunior54
178 abonnés
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0,5
Publiée le 11 novembre 2006
Avec la grâce d'un pachyderme, Jean-Jacques Annaud nous offre une vision creuse de "l'Amant". Reprenant le roman de Marguerite Duras, il le massacre littéralement, la rencontre sur le bac en étant le plus bel exemple. Sans relief et sans intérêt, il ne parvient, à aucun moment, à faire développer un ensemble trop mou pour attirer l'attention et gentiment racoleur. Erotisme soft, c'est sûr, le réalisateur a du goût. Il flme les corps sans passion, et ne parvient à aucun moment à faire ressentir une émotion, quelle qu'elle soit. Incapable de tirer le moindre charme d'aucune scène, déshabillée ou pas, il s'engouffre dans un drame vaseux, dont les soucis des personnages ne nous paraissent aucunement passionnants. Mise en scène accumulant les cartes postales touristiques, interprétation médiocre, rien, absolument rien n'est à retenir. Si vous avez du temps à perdre, précipitez-vous. Si c'est dormir que vous désirez, même conseil, car en plus d'être prétentieux et terriblement niais, "l'Amant" est également horriblement ennuyant. Pas de rythme, pas une seconde où le film pourrait décoller. Un beau zéro bien mérité.
Une esthétique à couper le souffle, certes, mais un scénario assez maigre travaillé par des élans érotiques peu troublants. Reste une jolie histoire d'amour.
Adaptation du célèbre roman de Marguerite Duras (qui se désolidarisa du projet, le trouvant trop loin du scénario qu’elle désirait et qu’elle publiera avec L’Amant de la Chine du Nord), L’Amant est un film très beau visuellement. Jean-Jacques Annaud exploite parfaitement les magnifiques lumières de Robert Fraisse, les beaux costumes d’Yvonne Sassinot de Nesle et les splendides décors trouvés par Hoang Thanh At. En effet, il faut saluer le travail de toute l’équipe technique car le film est une très belle reconstitution de l’Indochine des années 30. Annaud arrive ainsi à faire revivre la façon de vivre dans cette colonie française. Ainsi, on découvre les rapports qui existaient entre les communautés à cette époque et les hypocrisies que cela entrainaitspoiler: : le personnage de la jeune fille (qui est en vérité Marguerite Duras elle-même) ment à sa famille en prétendant ne pas coucher avec le Chinois et surtout se ment à elle-même en prétendant qu’elle ne le voit que pour l’argent . Ces relations subtiles sont splendidement incarnées par le duo principal du film : la débutante Jane March (dont c’est toujours à ce jour le rôle le plus marquant) et l’acteur hongkongais nettement plus expérimenté qu’est Tony Leung Ka-fai. Grâce à une interprétation subtile sous-entendant des sentiments que les personnages refusent d’exprimer clairement, les deux acteurs réussissent parfaitement à rendre crédible cette relation sur laquelle pèse le poids de la société et des traditions. De plus, il faut noter, pour la version française, le choix de Jeanne Moreau comme narratrice qui retranscrit parfaitement la délicatesse et l’émotion du personnage principal. Enfin, il serait complètement injuste de ne pas évoquer la magnifique musique de Gabriel Yared. En effet, le sentiment de délicatesse et la force du film ne seraient pas aussi grands sans cette très marquante bande originale. Après La Guerre du feu, Le Nom de la rose et L’Ours, Jean-Jacques Annaud signe encore une fois un très beau film. Dommage que l’auteure du roman (dont les films qu’elle a réalisé sont très éloignés de ce type de cinéma traditionnel) n’ait pas reconnu à sa juste valeur cette réussite.
Belle adaptation du roman éponyme de Marguerite Duras... Certes, des longueurs jalonnent le long du récit mais celles-ci s'effacent plus ou moins facilement au profit de la beauté des paysages, la sensualité des scènes érotiques et la grâce de la voix de Jeanne Moreau... Même si son film est réussi, dommage que Jean-Jacques Annaud n'ait pas su le rendre plus concis et rythmé...
Voix de Jeanne Moreau : une femme, maintenant âgée, raconte sa jeunesse en Indochine. Elle évoque sa mère, ses frères et, surtout, sa rencontre, lors de la traversée du fleuve Mékong, avec un beau et riche Chinois. A l'âge de quinze ans, elle vivra avec lui une passion torride et romantique, un amour impossible dont le souvenir illuminera toute sa vie.
Certains pourraient dire que c'est la volonté du réalisateur, que cela pose une ambiance, mais pour ma part, j'ai trouvé que c'était long et mou (je parle du film). Mais c'est bien joué et délicieusement érotique.
L’amant est un bon film dramatique de Jean-Jacques Annaud. Le scénario est travaillé, il y a de bons dialogues, la mise en scène du réalisateur est correcte, le rythme fonctionne bien, le film est intéressant malgré quelques baisses de régime et pour finir, les acteurs comme Jane March, Tony Leung Ka Fai ou encore Melvil Poupaud sont corrects dans leurs rôles. Bref, ça se regarde.
Qu'est ce qu'on s'ennuie.....Oh bon sang !!! Excepté Jane March qui est très jolie,il est vrai. Autant regarder un vrai boulard a la limite. Ca doit etre un film pour les bobos....
«Indochine» (France, 1992) de Régis Wargnier contre «LAmant» (Grande-Bretagne, 1992) de Jean-Jacques Annaud, un duel cinématographique de lannée 1992. Tout deux situés en Indochine dans les années 20, traitant dune histoire damour incandescente, le film dAnnaud détient lélégance dêtre adapté dune uvre de Marguerite Duras. La poésie charnelle des actes, la sueur des corps et de leurs entremêlements sont retranscrits à lécran par une répétition machinale de lacte. Lidylle sexuelle amenée par la voix off de Jeanne Moreau, incarnation semblable de la diction durasienne, Annaud plonge très vite «LAmant» dans le malaise de la relation. Jeune fille européenne écolière, présentée comme Duras dans sa jeunesse, et bel homme chinois entretiennent des ébats pédophiles sans que ne soit explicité le crime moral. Annaud prend un soin particulier à contourner lhorreur du fait en nous immiscent au sein même de la relation. Passion consumée souvent aussi vite quelle est entamée, les multiples complétions sexuelles envahissent lécran dun lyrisme suant. Il y est aussi un beau plagiat d«Hiroshima mon amour» (France, 1959) dAlain Resnais, scénarisé par Duras aussi, lors de la séquence où Annaud ne capte que limbroglio des corps, usant du montage pour leurrer la perception des partis et ne plus voir quun chaos de fusion. Lécriture de Duras ne suffit pas au film dAnnaud pour forger sa grandeur, car le statisme de lhistoire use de la relation pour nen sourdre que la grâce sans en questionner lessence. «LAmant» peut se savourer comme une sucrerie mais laisse un goût amer quant à la véritable beauté de laccointance des deux êtres. Vapeur dune réflexion sur la colonisation de lIndochine, «LAmant» tente un beau lyrisme mais qui se dilue vite par son manque évident de grâce pérenne.
De très beau paysages et une étonnante reconstitution de l’Indochine colonisé. Même si l’on se laisse attirer par la poésie et l’érotisme qui se dégage de ce film, on y trouve aussi des moments d’ennuis, Jean-Jacques Annaud nous offre un film lent, beau, sensuelle sur l’initiation à la vie sexuelle d’une jeune française en Indochine, mais le tout pourrai être plus dynamique.
Voir le film avec le regard d’un amoureux de l’écriture de Duras, c’est se rendre compte à quel point Annaud s’est approprié la sensualité des mots. L’amant n’est pas qu’un film érotique, c’est aussi la rencontre avec son destin. Elle rencontre l’homme qui lui fait entrevoir son avenir. Il y a bien sûr la sensualité des corps, la nudité filmée avec passion, la découverte de l’amour et de la jouissance mais il y a aussi la subtilité d’un éveil à la vie et l’audace du désir. L’amour est un rêve qui s’est métamorphosé en chair. « Le port s’était effacé, et puis la terre » Quelle sublime mélancolie dans cette dernière pensée si triste. Maïs l’adieu est aussi ce qui rend le souvenir si bouleversant et éternel.