Dans le genre film paranoïaque, ce film est un chef-d'œuvre et un modèle du genre. Très efficace aussi bien sur le plan narratif que sur celui de la mise en scène et porté par la prestation de Kevin McCarthy.
L'Invasion des Profanateurs de Sépultures est un classique du genre horrorifique bien sympathique à retrouver. Comme beaucoup de films d'horreur de l'époque, il est difficile de ne pas percevoir le contexte très marquant de la Guerre Froide. On y retrouve l'obsession de l'ennemi de l'intérieur, qui en apparence est comme nous, qui se comporte comme nous, qui peut penser comme nous, mais qui n'est pas comme nous. Ça permet au réalisateur, sans avoir à utiliser pléthore d'artifice et de maquillages, de créer l'une des créatures les plus géniales et terrifiantes du cinéma d'horreur : le faux être humain qui peut tout reproduire chez l'autre (l'apparence, le comportement, les souvenirs). C'est ce qui nous fait nous accrocher d'ailleurs autant aux aventures du personnage principal. L'idée en est géniale (notre héros est-il paranoïaque ? qui croire ? à qui peut-il faire confiance ?). Difficile de ne pas perdre la raison avec les personnages principaux. L'angoisse est omniprésente tout le long du film et les dernières minutes sont extrêmement tendues. Le film réussit à créer un climat inquiétant sans recourir à des créatures monstrueuses. Le film est particulièrement court (évidemment, les films à l'époque ne duraient pas 2 heures comme ceux d'aujourd'hui mais celui-ci est bien en-deçà des 90 minutes) et n'a aucune longueur. spoiler: La fin est assez étrange : l'existence des body snatchers a été dévoilée et le monde (en l'occurrence les États-Unis) se prépare militairement à y faire. Comme si le film préparait une suite (qui verrait le conflit entre les deux espèces), qui, il me semble, n'a pas été réalisé.
Les acteurs sont très convaincants. Kevin McCarthy porte très bien le film dans le rôle du Dr Binnell. Le film, du fait de son âge et de son faible budget (j'imagine) ne marquera sans doute pas pour ces scène d'action mais c'est assez secondaire à l'intrigue. Bref, une excellente idée pour un excellent film.
Pas d'effets spéciaux dans ce film de science fiction réalisé par Don Siegel. Tout est dans l'atmosphère et la partie qui se joue entre le héros et les "profanateurs" est d'une tension palpable mais par certains moments gâchée avec des incohérences grosses comme les cosses..... mais c'est pas trop grave car on suit ce suspens comme on suit les aventures de la quatrième dimension ou des Envahisseurs, avec intérêt et stress.....ce film a été vu par les critiques de l'époque comme anti communiste, trop heureux de taper sur la paranoïa des américains pour mieux protéger leurs maîtres... pour d'autres c'était plutôt une allégorie montrant le décérébrage des individus confrontés au communisme justement.... Don Siegel et le scénariste ont toujours affirmé que c'était juste un film de SF sans aucun message politique, dont acte.......
Un chef-d'oeuvre absolu et intemporel aux thèmes primordiaux, au visuel époustouflant, aux acteurs fascinants... Aucune longueur, de la matière grise, du suspense, de l'amour, de l'action... Un film comme on en fait plus, une merveille.
Un film qui a plutôt bien vieilli, preuve du talent de metteur en scène de Don(ald) Siegel. On entre facilement dans l'histoire, happé par cette mystérieuse maladie collective qui semble frapper une paisible bourgade. C'est un hymne à la différence, aux sentiments humains, à l'individualisme aussi, comme l'exprime le héros Kevin McCarthy, écœuré à l'idée que tous les individus, devenus interchangeables, se ressemblent et soient dépourvus de sentiments. La cible soviétique est clairement énoncée, avec de façon plus elliptique la critique en creux de la chasse aux sorcières qui sévissait alors aux Etats-Unis, et qui menaçait la liberté de ses citoyens. Seul vrai point noir du film : les effets spéciaux, qui évidemment font sourire plus de cinquante ans après. Mais l'ensemble emporte le morceau et se regarde très agréablement.
Deux guerres mondiales et une bonne vieille guerre froide fabriquant des espions comme on enfile les perles, auront suffi à créer ce genre cinématograhique de la SF paranoïaque entre schyzophrénie et psychanalyse freudienne à l'échelle d'un globe... Un film précurseur des Envahisseurs de David Viincent, un genre dont Carpenter redéfinira définitivement les contours avec The Thing. Don Siegel est en tout cas le premier à trouver cette idée géniale de créer la forme de terreur la plus familière qui soit : pas de monstres hideux ni d'effets spéciaux... Le mal est en nous, il prend nos traits et s'incarne dès lors dans un sous-genre plus proche de l'infiltration que de l'invasion proprement dite... C'est en prenant nos visages, nos paroles, nos pensées que l'horreur se fait jour. Et lorsque ce sera chose faite, mes amis, rien ni personne ne saura ramener l' "ancien nous" à la vie. Voilà qui fait froid dans le dos. Méfiez-vous donc, Carpenter nous l'a suggéré plus tard avec son visionnaire Invasion LA : ils s'emparent de nos cerveaux, ils sont déjà làààààà ! A bon entendeur :)
Qu'a voulu dénoncer Don Siegel à travers ce film? Une invasion destructive d'identité du communisme (en pleine guerre froide), ou au contraire une critique de la chasse aux sorcières? Quoi qu'il en soit, le propos est assez confus, et cette "Invasion des profanateurs de sépulture" qui donna suite à de nombreux remakes, manque de clarté dans son fond, et ceci malgré une mise en scène intelligente. Car oui, ce film, et comme beaucoup de Don Siegel, est plutôt habile quant à délivrer une certaine tension, une ambiance mystérieuse, intéressante tout au moins... et propose même de jolies scènes romantiques. D'autant que si le rythme est parfois un peu décousu, l'ensemble reste très divertissant, et plutôt satisfaisant.
Grand classique du cinéma de science-fiction qui a eu droit à plusieurs remakes (moins bons). On sent un fond de MacCarthisme dans cette histoire terrifiante servit d'une façon fort brillante(acteurs et techniciens) pour un genre généralement reclus à la série B. Dommage qu'il y ai une grosse erreur de scénario à la fin.
Prévu au départ pour n'être qu'une simple série B horrifique, "L'Invasion des profanateurs de sépultures" devint, dans les mains de Don Siegel, un véritable brûlot contre la paranoïa américaine ,engendrée par la guerre froide, envers les communistes. Très jolie réfléxion sur la liberté de pensée et d'être, le film est aussi un classique de la science-fiction recyclant le vieil adage déjà utilisé par Jaccques Tourneur : l'horreur atteint des sommets quand elle n'est que suggérée. Ici, mis à part quelques cosses extraterrestres assez dégoûtantes, rien n'est véritablement montré et la menace venue d'ailleurs est d'autant plus terrifiante qu'elle prend forme humaine. Face à cette invasion, un héros plein de charisme et de courage incarné par Kevin McCarthy représente cette face de l'Amérique qui a décidé de luter contre le manque de liberté et l'impossibilité de choisir son camp. Malgré un scénario assez bancal et une histoire qui aurait gagné à être un peu plus longue, "L'Invasion des profanateurs de sépultures" est un classique du film d'épouvante des années 50. Intelligent et admirablement mis en scène par un Don Siegel inspiré, le film continue à étonner et à faire frissoner encore aujourd'hui.
Une œuvre en demi-teinte, mais qui aurait pu se révéler bien pire. A la base étudié pour être distribué comme étant un film de série B, c'est finalement Don Siegel qui s'approprie le film pour le faire devenir un des grands classique Américain de science-fiction. Ce film marque d'ailleurs le début de la reconnaissance pour lui. "L'invasion des profanateurs de sépultures" raconte donc l'histoire d'un docteur interné dans un hôpital psychiatrique, seulement celui-ci ne se croit pas fou et décide de raconter l'histoire qui l'a fait atterrir ici. Si je parle d’œuvre en demi-teinte c'est parce que le début commence plutôt bien et est même très entrainant, l'action est bien pensée, bien amenée, on est plutôt pris par ce qu'il se passe malgré un sujet très casse-gueule puis petit à petit ça devient moins intéressant. Le scénario, sur fond politiquo-social, (époque de la Guerre Froide) est malheureusement empreint à quelques incohérences dommageables. Malgré cela, le film en lui-même reste un excellent divertissement et pas trop difficile à regarder en raison notamment de la durée totale (80 minutes). A voir quand même !
Curieux de voir ce classique, j'avoue n'avoir été que partiellement emballé.Cependant, de bonnes idées rendront le spectateur parano à n'en point douter
Le titre français est stupide (on ne profane aucune sépulture). Ce film assez parano (il nous dit qu'on ne peut avoir confiance en personne) reste à ce jour l'adaptation la plus intéressante et la plus réussie du livre de Jack Finney. Il y a deux ou trois scènes assez téléphonées mais globalement, la réalisation est très réussie, sans temps morts et c'est plutôt bien joué. Et puis Dana Wynter est charmante et la musique de Carmen Dragon très efficace. On regrettera simplement le final absurde imposé par la prod.
Un médecin de campagne réalise progressivement que les habitants de sa petite ville sont peu à peu substitués par leurs clones, doubles parfaits nés d’énormes cosses végétales qui semblent pousser partout et qui seront bien vite exploités par les premiers nés. Les envahisseurs, dépourvus d’émotions, engendrent par conséquent une forme de société à l’intelligence collective vivant dans un glacial pseudo-bonheur, sans évolution possible, et menaçant très vite l’humanité, tant au sens tant physiologique que spirituel. Et si ce qui fait notre humanité n’était pas aussi notre source de maux et qu’il fût préférable de s’en débarrasser ? Ce thème rappelle évidement Paradis pour tous, mais ici, ce qui s’apparente à un épisode à rallonge de La 4ème dimension verse surtout dans l’angoisse et le fantastique. Film original tiré d’un roman génial qui inspira trois autres remakes (L’invasion des profanateurs en 78, Body Snatchers en 93 et Invasion en 2007), à mes yeux tous mieux développés, actualisés et même mis en scène.