Film d'anticipation coécrit et réalisé par Luc Besson, qui pour l'occasion fait ses premiers pas derrière la caméra au cinéma, Le Dernier Combat est un long-métrage extrêmement mauvais. L'histoire se déroule après une apocalypse nucléaire ayant vu survivre en majorité des hommes, les femmes ayant presque disparu, et nous fait suivre deux hommes qui détiennent une femme dans une pièce d'un logement assiégé par un colosse aux intentions hostiles. Ce scénario, adapté du court métrage L'Avant Dernier, paru deux ans plus tôt, s'avère malheureusement peu emballant à visionner tout du long de sa durée d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue semblant pourtant intéressante sur le papier, bien que singeant allègrement les modèles du genre. Mais dans les faits, celle-ci est beaucoup trop minimaliste, mal écrite et mal développée, ce qui la rend incomparable avec ces œuvres. Il faut dire qu'il ne se passe pas grand-chose, ce qui fait qu'on s'ennuie la majorité du temps. D'autant plus que le rythme est lent. Le problème majeur, c'est de créer un univers mais de ne pas le développer. Le tout manque cruellement de contexte. On ignore ce qui s'est concrètement passé. On ignore pourquoi les femmes sont devenues plus rares que les hommes. On ignore le passé des protagonistes. Et surtout, on ignore pourquoi les humains ne sont plus capables de parler. Car oui, le métrage est entièrement muet, les humains ayant perdu la faculté de communiquer oralement. Et c'est d'autant plus dommage car une séquence utilise cela. Mais elle n'exploite pas du tout le potentiel. Résultat, c'est franchement creux. D'autant plus que peu de scènes accouchent d'action. Le ton se veut pour sa part sérieux, mais il est impossible de le prendre ainsi tant c'est souvent ridicule. Il faut dire que l'ensemble est porté par des personnages aucunement appréciables. Des rôles mal interprétés par une distribution plus risible et grotesque qu'autre chose, la faute à une direction d'acteurs catastrophique. Cette dernière comprend Pierre Jolivet, Jean Bouise, Fritz Wepper, Jean Reno, Christiane Krüger ou encore Maurice Lamy. Tous ces individus entretiennent des rapports basés sur la confrontation qui ne procurent malheureusement aucune tension ni intensité, ni drame. Des échanges dépourvus de dialogues. Ils communiquent ainsi par les gestes. Si le fond est cataclysmique, l’œuvre a au moins le mérite d'être réussie formellement. En effet, la réalisation du cinéaste français en herbe s'avère qualitative. Sa mise en scène est travaillée et soignée, ce qui nous gratifie de jolis plans très bien cadrés. D'autant plus qu'elle évolue au sein d'environnements dévastés et vidés de leur population, crédibilisant ainsi l'univers. De surcroît, le parti pris du noir et blanc lui confère une esthétique singulière. Ce visuel honorable est accompagné par une bande originale en demi-teinte signée Éric Serra. Si certaines de ses compositions aux airs désaccordés et aux rythmes faits de percussions confèrent une certaine atmosphère, d'autres sont complètement hors propos en dénotant fortement avec l'action, ce qui la rend comique et burlesque, nous sortant totalement du film. Reste une fin moyennement satisfaisante. En conclusion, Le Dernier Combat est un film raté, une vraie perte de temps.