Un film assez iconoclaste qui met le désir d’évasion au cœur du récit. Cela ressemble un peu à du Kusturicka en moins échevelé. Une galerie de personnages parfois insupportables au parler pénible et des scènes loufoques qui emmènent le héros seul sur un bateau perdu au milieu de l’océan à la recherche de la rive… seule poésie intéressante
voilà un film bien curieux, mais non sans chame. L'art de la mise en scène est de gérer la temporalité, et Jacques Rozier prouve qu'il est un metteur en scène singulier. Les scène s'étirent dans ce film, elles nous font passer tour à tour de l'ennui à la fascination tant ce qui s'y passe semble se dérouler en direct. A l'image de la scène de danse dans l'auberge dont on ne voudrait plus qu''elle s'arrete. A côté de ces bons passages, le film n'est pas toujours passionnant, mais sa nonchalance pour filmer les espaces naturels ou bars improbables, est distilleuse de poésie, et en fait un film intéressant.
C'était une curiosité à voir au moins une fois. Des personnages loufoques, inintéressants, voire insupportables. Une histoire assez invraisemblable. C'est plutôt bien joué cependant.
Au premier abord un film déroutant mais sincère, une espèce de comédie sociale avec une galerie de personnages hétéroclites auxquels on s'attache. Bernard Menez, Luis Rego, en contrôleurs SNCF sont marrants comme tout, mais la palme c'est pour Yves Afonso, parfait en marin plouc qui mélange le patois et le français. Je suis sur qu'il a du inspirer Dupontel. Je n'étais pas un grand habitué du cinéma de Jacques Rozier mais j'aime beaucoup ce film là, en dépit de sa longueur. En effet, il y a sans doute 30 minutes de trop... Mais la réussite du film, c'est ce sentiment de réalisme décousu, ou tout est possible et ce don pour mettre en valeur des personnages qu'on met toujours de côté et leur faire faire des rencontres improbables. Une jolie curiosité.
À l'encontre des standards habituels, le film prend le temps de se donner de l'épaisseur. Il s'en dégage une certaine forme de poésie et une spontanéité tout à fait plaisantes. Mais il a aussi les défauts inhérents à la façon de travailler de son réalisateur. Ce dernier ne s'impose pas de cadre strict, aime laisser tourner, capturer le vif, les improvisations. Tout cela se traduit par un manque de précision dans le récit et un rythme en dent de scie, qui fleurte parfois même avec l'encephalogramme plat. De nombreuses scènes s'éternisent sans réelle justification et rendent l'ensemble trop comateux et très peu digeste. Quelques fulgurances ci et là relèvent difficilement le niveau d'un film trop inégal à l'image de ses acteurs et plus particulièrement d'un Yves Afonso horripilant.
La ressortie en salles des quatre titres de la filmographie de Jacques Rozier, cinéaste de la nouvelle vague, soutenu par la critique mais délaissé par le public, permet de revenir sur son quatrième opus " maine océan" (1986).
Le vague scénario n'est qu'un prétexte à une déambulation de plusieurs personnages qui se rencontrent par hasard.
Si la première heure suit une ligne à peu près directrice : une brésilienne fait la rencontre d'une avocate et de deux contrôleurs à l'occasion d'un voyage en train, la seconde partie part, elle, dans tous les sens.
On retrouve toutefois certains éléments rencontrés dans d'autres titres : le hasard, l'île, les vacances, la liberté, la séparation...
" Maine océan" obtint le prix jean Vigo en 1986 mais témoigne d'un relâchement narratif qui peut rebuter.
On notera que le personnage interprété par Yves Afonso ( Dcd en 2018) fait penser à certains de Bruno Dumont.
Il y a un ton chez Rozier, mais ses scénarios dont on sent le caractère improvisé peut parfois trouver ses limites.
De mon point de vue "Adieu Philippine" son premier opus est nettement son meilleur, mais " Maine Océan" mérite le coup d'oeil, ne serait-ce que pour plusieurs scènes savoureuses vraiment très réussies.
Rosa Maria Gomes la danseuse de samba, représente peut-être l'image du bonheur et de la liberté, de la part hédoniste de la vie que Rozier semble chérir par dessus tout.
Deux contrôleurs de la SNCF, un marin-pêcheur, une danseuse brésilienne et une avocate sont les personnages de cette déambulation loufoque et insolite de Jacques Rozier, lequel les entraine -ou se laisse entrainer- dans une intrigue insignifiante, car sans véritables enjeux. Le hasard, initié par un billet de train non composté, a réuni tout ce petit monde pour quelques heures d'errance à travers la Bretagne. Ce sont des personnages qui n'avaient a priori pas beaucoup de raisons, sinon de se rencontrer, du moins de passer du temps ensemble, mais que le cinéaste met en relation comme s'il voulait voir à quoi peut aboutir leur promiscuité fortuite. Au terme de cette balade commune, chacun reprendra probablement sa route ou son travail. De longues scènes (et peu de plans) caractérisent une aventure minimaliste, sans évènements ni dramatisation, de laquelle Rozier extrait ce que la simplicité dérisoire des protagonistes peut avoir de drôle. Ils sont attachants, avec mention à Yves Afonso dans un rôle de breton à la diction incompréhensible. Reste que certaines situations sont excessivement plates. On décroche parfois.
Joli film mais quand même un peu en dessous de sa réputation de chef d'oeuvre unique. J'ai été gêné par l'aspect caricatural de certains personnages (les pêcheurs matadors - j'ai des racines familiales dans le Grand Ouest et j'ai eu l'impression d'entendre des gens de deux ou trois générations antérieures, même si c'est marrant - le contrôleur maniaque...) qui rabat le film vers la comédie ordinaire. Le mieux c'est quand les personnages à priori typés et banals se retrouvent dans des situations de plus en plus décalées et improbables. Ça aboutit à une situation de pure grâce avec le retour du contrôleur SNCF à son poste via les bateaux de pêche (ah les beaux plans de mer...). Une scène comique au second degré : Luis Rego, le plus portugais des acteurs comiques français jouant un contrôleur SNCF incapable de comprendre une voyageuse brésilienne...
Je ne connaissais pas du tout, ni ce film, ni le nom de son réalisateur mais en fouinant la filmo de P. Richard, je suis tombé sur "Les naufrages de l'ile de la tortue" ; de fil(m) en aiguille je suis tombé sur "Maine océan". Comme d'autre l'ont dit, il est vrai que le film sublime une certaine banalité. On continue sans savoir pourquoi car il n'y a rien. Ni histoire intéressante, ni action, ni un humour ravageur, rien... Et en même temps il y a tout ! Une comédie, un drame, une aventure - même bretonne - une aventure humaine en quelques sorte... Quelques petites longueurs mais on ne s'ennuie pas vraiment et c'est un tour de force vu ce qui nous est contés. Un métrage très surprenant, mais je suis sur que les autres films de J. Rozier me surprendront autant car il semble que cet homme n'avait pas d'attirance pour le commun.
Quel film curieux intéressant certes mais long et pas toujours bien filmé.Ce qui est intéressant c'est la façon de faire de Rozier qui laisse tout le temps qu'il faut pour que les choses paraissent les plus naturelles du monde.Ce qui l'est moins ce sont ces personnages ternes,médiocres,ne sachant quoi faire de leur temps libre et qui ne sont guère gentils les uns avec les autres;à tel point que cela ne correspond même pas à la vraie vie qui grouille de gens prêts à rendre service si on ne les agressent pas.Quel est la personne dans ce film avec qui on aimerait passer une heure à discuter? Le problème c'est qu'on passe plus de 2 heures avec toutes.Faire un tel film est d'un grand mérite mais il ne faut pas s'étonner qu'il ne passionne pas les foules.
Mythique scène du début ds le train et le duo Menez et Régo est irrésistible, la balade sur l'île des marins est étonnante et l'idée de suivre cette danseuse brésilienne de Paris à l'le Dieu au bar des pêcheurs bretons est géniale.
Jacques Rozier prouve sa singularité et son talent qui touche au génie. Des scènes qui s’allongent pour le plaisir de voir les acteurs jouer, un film qui prend, comme toujours chez Rozier, des chemins de traverse et la direction de la mer. Luis Rego, Bernard Ménez, Lydia Feld et Yves Afonso forment un quatuor extraordinaire et leur capacité à intégrer les exigences de mise en scène de Rozier donne un film hors norme, bordélique, attachant et qui donne envie de s’échapper de sa vie quotidienne pour vivre des aventures hors normes comme Rozier sait les raconter et les filmer. « Maine Océan » prouve que Rozier est un cinéaste à part et surtout indispensable à ceux qui aiment le cinéma.
Souvenir qui ne s'effacera jamais , la première vision en salle de ce film dont le démarrage est très fort et hilarant : " ... the french railway have abolished ticket control at the way out , therefore ..." . Le film avance , respirant à son aise , on le suit entre sourire et émotion , Luis Rego et Bernard Ménez trouvent sans doute leurs meilleurs rôles , récemment c'était un plaisir de revoir Ménez dans " Tonnerre " , un des bons films de 2014 .
J'emprunte à Arnaud sa très belle formule concernant Jacques Rozier : "Un magicien du réel". Il faut regarder ce film avec la fraicheur d'âme que nous avons gardé de l'enfance et le "sérieux" de l'âge adulte. Ce film, plein d'humour, de poésie et de sensibilité, nous incite aussi à réfléchir à des problèmes de notre société. Je ne pratique pas l'idolârie des acteurs, mais je trouve les interprètes principaux remarquables, avec juste un petit bémol pour Lydia Feld : excellente jusqu'aux scènes de île d'Yeu. À ce moment-là, je n'ai pas bien compris le sens de ses mimiques, de ses sourires (ce sens m'a sans doute échappé!). Certains pourront trouver des longueurs dans ce film ; pour moi, il n'y en a pas si on se laisse "prendre" par l'atmosphère de cette réalisation.