Kickboxer 5 est donc un énième épisode d’une saga qui, à la base, ne laissait pas du tout penser qu’elle allait durer aussi longtemps, et survivre deux fois au remplacement de l’acteur principal !
Franchement, sans être infect, Kickboxer 5 n’a rien de spécialement marquant. Série B estampillée années 80 et datant pourtant de 1995, il n’y a pas beaucoup de bons points. A part peut-être un Dacascos honorable, pour le reste c’est plus ou moins l’inanité. Le scénario est médiocre. Un type veut se venger de la fédération de Kickboxing et va manigancer un plan aussi simpliste qu’invraisemblable pour cela, ayant la mauvaise idée de s’attaquer à Dacascos. Histoire médiocre, mal conduite, très premier degré, le vrai souci pour un tel film n’est pas tant d’ailleurs ce ratage sur le plan scénaristique, que le manque de rythme et la faiblesse de l’action. En dépit d’une durée courte et d’un scénario minimal, Kickboxer 5 ne réussit guère sa mission de divertissement. La réalisatrice, pas franchement habituée aux chefs-d’œuvre, offre une mise en scène assez plate, mais surtout les combats pas très bien chorégraphiés, peu spectaculaires, et loin d’être nombreux, ne parviennent pas assez à susciter l’attention. Il y a même quelques idées gentiment grotesques, tout droit sortis d’un mauvais film de ninjas !
Le casting affiche un Dacascos qui ne démérite pas. Pas spécialement expressif, il reste correct, même si sur le plan martial il a fait beaucoup mieux. C’est d’ailleurs aussi le cas de James Ryan. Ce sont les deux seuls acteurs que je connais, Dacascos faisant équipe avec un Geoff Meed qui pourrait être le personnage le plus intéressant du film, mais qui est totalement sous-utilisé. L’acteur a un certain charisme, mais niveau expressivité c’est 0, et en vérité, à l’instar d’un James Ryan totalement dépassé en méchant sans pitié, ça ne vole pas haut du côté du jeu d’acteur. Il y a aussi quelques personnages secondaires assez ridicules, qui contrastent avec le sérieux affiché par les premiers rôles.
Formellement, au-delà de la mise en scène approximative, Kickboxer 5 n’a pas grand-chose à proposer. Décors minimalistes, photographie qui fait réellement vieillotte (comme je l’ai dit on dirait un film fauché des eighties), bande son sans intérêt, Kickboxer 5 est un métrage qui fait son budget minuscule, et qui n’a aucune ambition esthétique ou artistique, même minimaliste.
Finalement, Kickboxer 5 est un film qui accuse son manque de générosité et d’efficacité. Si l’on peut pardonner à un tel film une histoire prétexte et un jeu d’acteur limité, difficile en revanche, lorsqu’on a ces handicaps, de susciter une attention du spectateur si en plus l’action n’est pas au rendez-vous, et si l’on se retrouve face à un métrage volontiers grotesque dans ses idées. 1