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Un visiteur
4,5
Publiée le 26 avril 2020
Bob ( Gérard Depardieu ) fait irruption dans la vie de couple boiteuse et déprimante de Monique ( Miou Miou ) et Antoine ( Michel Blanc ). Il les amènent de cambriolages en cambriolages de grandes demeures, bousculant leur train de vie modeste ainsi que leur relation amoureuse. Peu à peu une relation entre Bob et Antoine s'installe.. au dépend de Monique. Ce film culte vaut son succès d'abord par le jeu d'acteur de l'incroyable trio. Tour à tour, homme excessivement viril, puis gay amoureux spoiler: enfin femme prostituée, Depardieu envoie des répliques d'antologie très rugueuses mais toujours savoureuses. Contrées, au rythme d'une partie de ping pong, par les répliques tout aussi savoureuses de Michel Blanc dans un rôle étonnant d'homme un peu bridé et perdu dans sa sexualité puis finalement attiré par Bob. Miou Miou couronne tout ça avec des répliques assassines permettant des échanges explosifs tout au long du film. Ce film est définitivement un film de dialogue et d'acteur. De par les questions qu'il soulève sur la sexualité ( homosexualité, excentricité, plan à 3 . . . ) sortir un film comme ça était audacieux, et le serait tout autant aujourd'hui.... En bref, glauque, comique, subtil et vulgaire à la fois. À éviter de regarder avec Tante Marie-Thérèse tout droit sortie de sa messe du dimanche ;p La bande son, composée par Serge Gainsbourg, colle bien à l'ambiance générale du film.
Après « La femme de mon pote », comédie molle du genoux question provocation, “Tenue de soirée” pourrait se présenter à la fois comme un sursaut et une apologie LGBT avant la lettre. C’est sur ce « message » que les médias dits progressistes saluèrent le film. Malheureusement pour eux ce n’est pas ce que montre cette charge phallocratique poussant la misogynie à un stade inégalé. La trajectoire de Monique est d’ailleurs édifiante : tyrannique avec les faibles, veule limite prostituée, craintive devant les forts et vengeresse sur ceux qui l’aiment, elle récoltera ce qu’elle a semé. Synthèse d’une garce bruyante, arriviste, menteuse, voleuse, idiote et méchante. En face Antoine (Michel Blanc), un type bien, un peu coincé et sans envergure qui à le malheur d’aimer Monique et donc de lui servir de souffre douleur. Arrive Bob (Depardieu), macho homosexuel, cambrioleur sans honneur, hâbleur et cultivé, qui impressionne le couple.spoiler: Il emballe difficilement Antoine qui progressivement, par amour, se transformera en femme, au cours d’une descente aux enfers méthodique où paradoxalement il pense retrouver un peu de dignité .spoiler: Depardieu suivra le même chemin, s’avilissant lui même au fur et à mesure qu’il avilit les deux autres . Car la condition féminine est ainsi, selon Bertrand Blier. De cette démonstration nauséabonde mais brillante sort un épilogue du genre femme ou transsexuel c’est du pareil au même : ce n’est bon qu’à ça. Au passage quelques bourgeoises (Mylène Demongeot, Caroline Sihol) en prennent pour leur grade, sans oublier un portrait au vitriol d’un millionnaire dépressif, pervers et débauché (Jean-Pierre Marielle). Après vingt première minutes exceptionnelles, comptant dans ce que le réalisateur a fait de mieux, ponctuées de réplique percutantes, l’accumulation de mauvais goût fait que la mayonnaise finit par se trier et que toute la deuxième partie se regarde avec un détachement qui frôle l’ennui. Ainsi, bien que le dernier quart d’heure suive simplement une trajectoire logique, il semble partir en choucroute par la faute d’un script mal travaillé. Personnellement si je suis souvent nuancé sur « l’éternel » féminin, je pense qu’il vaut infiniment mieux que cette charge d’une misogynie pachydermique, à la limite de l’indigeste et finalement contre productive. A voir uniquement pour ceux qui ont besoin de se défouler de la frustration conjugale.
Blier c'est le réalisme qui flirte avec l'absurde. Porté par un trio doué et des dialogues cash, le film bouscule les conventions, revisite le trio amoureux avec ces 3 losers: il n'y a pas de morale et la fin en queue de poisson est un pied de nez pour dire au spectateur que de ce film il n'y a rien à retenir qu'un vent de liberté et de la provoc.
Le scénario est mince : au mieux un fantasme vulgaire, au pire un entre-soi entre malades mentaux (mais "vol au dessus d'un nid de coucous" est nettement plus brillant). Ou peut-être s'agit-il d'une immersion au sein du milieu de la prostitution ? Je me demande comment un tel navet a pu bénéficier d'une telle publicité sauf à me dire que les trois-mille abrutis qui composent le tout Paris sont vraiment des dégénérés : ceci explique cela...
Comme à chaque fois, l’entame des films de Bertrand Blier frappe fort, très fort. Il ne perd pas de temps. Il a l’art de placer de suite ses personnages. Monique, Miou-Miou, vitupère avec dégoût toute sa rancoeur envers son compagnon Antoine, Michel Blanc, lequel encaisse impassible avec des yeux d’amour. Puis arrive Bob, Gérard Depardieu ; ce qui s’ensuit est un contre pied. Logique : Bertrand Blier est un maître de l’absurde. Il surprend constamment. Le spectateur en prend plein la figure au moment où il s’y attend le moins. Depardieu comme on l’aime ou l’aimait à cette époque. D’une autorité tendre. Il fallait dégotter ce couple : Michel Blanc & Gérard Depardieu. Il paraîtrait que Bernard Giraudeau était pressenti à la place de Michel Blanc. Il aurait décliné l’offre. Tant mieux tant le contraste physique est non seulement évident mais totalement surprenant. Et ça fonctionne terriblement. Si ça fonctionne, on le doit aux acteurs et surtout aux dialogues, lesquels prennent de la valeur dans la bouche de ces acteurs de talent. Certains ne sont pas dénués d’une certaine poésie pour qui sait écouter. Bob, par exemple : « On est tous en cellule mon petit pote, toi, moi, tout le monde. La vie est une prison. Et la plus terrible de toutes parce que pour s'en évader faut passer l'arme à gauche. Plaisante jamais avec ces choses-là. spoiler: Allo ciné ne sait pas faire la différence entre une citation du film et croit que je tiens des propos homophobes, c'est pourquoi, je censure une phrase qui permettra à cette critique d'être enfin publiée ! Ça ne sera pas la peine d'appeler au secours : en liberté il n'y a pas de gardien. Personne ne vient. T'es tout seul avec ta honte. Et moi, ta honte, je la transforme en bonheur. J'en fais un bouquet de fleurs. » Il y a des fulgurances avec Monique : « Ben et moi alors ? Je tricote ? ». Avec Bertrand Blier, tous les codes de bonne conduite sont bousculés voire cassés ! La femme peut se reconnaître dans l’homme et inversement. Il en est de même pour les homosexuels et les hétérosexuels. Bertrand Blier magnifie le désordre social, sociologique, sociétal. A découvrir ou redécouvrir et surtout à écouter.
Ce film réalisé par Bertrand Blier et sorti en 1984 est vraiment excellent mais surtout, il m'a énormément surpris ! C'est le premier film de Blier que je vois, je ne connaissais donc pas du tout son style et je ne m'attendais pas du tout à ce genre de film. C'est l'histoire d'un couple au bord du gouffre qui rencontre Bob, un bisexuel cambrioleur qui va changer leur vie. J'étais déjà très intrigué par le synopsis, je savais qu'il y avait une histoire d'homosexualité et à l'époque où le film est sorti, cela a dû être très provocateur ! Mais il n'y a pas que cela, il y a aussi ce triangle amoureux très bien fait qui ne fait pas du tout cliché. C'est même tout le contraire, ce n'est pas le genre de triangle amoureux que l'on voit dans les séries américaines pour ados, ici nous avons quelque chose de violent et de profondément sincère. Je pense que l'homosexualité est surtout présente pour choquer les mœurs de l'époque (qui pourrait d'ailleurs en choquer encore de nos jours), de même que le travestissement même si elle est très bien représentée et ne tombe pas dans les clichés. Mis à part quelques scènes de ménage qui font un peu clichées par moment mais ce n'est pas par hasard et ce n'est pas non plus un manque de respect, enfin en tout cas, ce n'est pas du tout comme ça que je l'ai perçu. Il y a de nombreuses façons d'interpréter le film, on peut vraiment le voir sous de nombreuses facettes tellement il est riche donc cela dépend entièrement du spectateur. On ne s'ennuie pas non plus, le rythme est soutenu du début à la fin, il n'y a pas de présentation, nous sommes directement balancé dans la vie de ces trois personnes, c'est presque du voyeurisme. Il n'y a pas vraiment de fin officielle non plus, les choses s'arrêtent à un certain moment, c'est tout. On a même envie d'en voir plus, de voir ce que devient ce trio si marginal. Les dialogues sont excellents même s'ils sonnent un peu trop théâtraux par moment mais c'est sûrement parce-que c'est du cinéma d'auteur, dirons-nous. Les acteurs sont tout aussi excellents, nous avons principalement Gérard Depardieu, Michel Blanc et Miou-Miou qui se surpassent et qui sont très crédibles dans leur personnage. "Tenue de soirée" est donc un film pour lequel je suis tout simplement tombé sous le charme et que je trouve très intéressant sur de nombreux points.
Franchement...un film sans intérêt. Au début, ça commence bien, on se dit OK un couple de clodos qui rencontre un voyou plein aux as qui a des moeurs un peu bordeline ça peut être intéressant et puis après c'est le drame... on part dans tous les sens on ne comprends plus rien au film et à part s'enliser dans la vulgarité et le trash le film n'avance plus vraiment... et enfile sa tenue de beauf des années 80...
Bertrand Blier, fidèle à lui-même comme s'il n'avait pas la moindre pensée pour ce style ayant voulu sa notoriété. Blier, et toujours son mot ou son geste qui choque. Depardieu, Michel Blanc et Miou-Miou absolument parfaits dans leurs rôles androgynes semblant se faire l'aveu de tabous jamais démystifiés. Une histoire qu'on a dotée de textes fameux, qui seraient riches en répliques cultes si lesdites seyaient à dîner. Une histoire, par contre, qui soulève des questions un peu frustes ; d'habitude, derrière le champ lexical ithyphallique du réalisateur se cachent des interrogations sociales, mais on est bloqué à se questionner sur la sexualité de ses personnages. Et c'est à peu près tout. La morale est une digne revendication égalitaire – qui parle et agit –, mais il nous manque le comique et la satisfaction d'une conclusion dépassant au moins métaphoriquement la stature d'un Depardieu grassouillant.
Un peu dans la même veine que les valseuses. Il faut retenir de ce film volontairement provocateur pour l'époque (propos crus mais qui marquent, évocation de l'homosexualité etc...) le jeu d'acteur remarquable de Gérard Depardieu qui rayonne littéralement, bien épaulé par Michel Blanc et Miou-Miou. Cela ne suffit pas non plus pour faire un grand film car l'ensemble apparaît quand même bien décousu avec une fin quelque peu décevante. Un film à voir quand même.
Une histoire de triangle amoureux trash et désabusée, avec l'un des couples les plus improbables de l'histoire du cinéma. Comme souvent chez Blier, on vient moins pour le scénario que pour les dialogues, exceptionnels , servis par un trio d'acteurs tout aussi exceptionnels. Comme souvent aussi, on se lasse un peu d'une intrigue qui tient plutôt de la déambulation pessimiste et qui donne parfois l'impression de faire du sur-place. Mais si on aime la noirceur et les répliques cultes, c'est effectivement un putain de film!
Chaque génération du cinéma français eut son génie, son surdoué... L'acteur qui focalise l'attention sur lui et efface ses partenaires tant il dégage de puissance et de talent. Il y eut Raimu, puis De Funès, et depuis trente-cinq ans c'est Gérard Depardieu. Certes ici bien assisté par un Blier qui le magnifie, il bouffe ce film du début à la fin. De son arrivée tonitruante à cette fin de bal morose, jusqu'à son travestissement, on ne voit que lui, les autres sont des faire-valoir juste là pour l'accompagner et le magnifier encore plus. Il est donc dans le présent film un ange gardien tombé du ciel redonnant vie à un couple chaotique; puis un ange exterminateur lorsqu'il tombe fou amoureux de l'homme, ce qui va entrainer les conséquences déviantes qui vont suivre. De déviance et de provocation il en est de nouveau question ici donc, de la part d'un Blier qui nous avait déjà offert Les valseuses ou encore le portnawak Calmos. Par son faux machisme il rend d'abord hommage aux femmes; et avec son ogre virant de bord il montre indirectement son respect à l'homosexualité. Tout est ici dans l'excès, sur le ton de l'humour et de la comédie bien sûr, même si on rit jaune plus d'une fois.
L'art de briser les codes selon Bertrand Blier. Imaginez l'impact qu'a pu avoir un tel film à sa sortie en 86, surtout en connaissant les mœurs de l'époque. Même douze ans après la sortie des Valseuses, l'esprit polar libertin est toujours à l'honneur du paysage cinématographique de Blier. Alors oui, ce mec brise les codes et l'assume pleinement en levant bien haut le majeur. Ne soyez pas gênés en regardant Tenue de soirée, car c'est un moment d'une extrême douceur en réalité. Il faut seulement se laisser aller à cet univers décalé, à contre courant du moindre tabou. On piétine dans l'absurde, le vulgaire, la violence même, mais n'oublions pas la poésie, la beauté des mots. Confier un tel script à Depardieu revient à confier son or à Fort Knox, on sait pertinemment qu'il en fera sa madeleine de Proust avec un talent théâtrale et une prestance inégalable. Tenue de soirée joue à fond la carte du carpe diem, le lâcher prise et la spontanéité dans toute sa splendeur. Il rend à l'homme ce qui lui correspond, ses imperfections et ses vices. Blier se cogne éperdument du qu'en dira t'on, et dépeint les homosexuels comme des obsédés capricieux, des petites salopes. L'image habituelle d'un Michel Blanc passif et loser est là pour rappeler que rien n'est jamais acquit, et qu'un revirement peut survenir à tout moment dans la vie d'une personne. Bienvenue dans la décennie 80, réactionnaire et anticonformiste. Même si la fin prête à sourire du manque d'inspiration, je tiens à saluer l'interprétation des trois acteurs au sein d'un si inattendu triangle amoureux. Un grand classique qui ne perd aucunement de son charme et de son audace. 4/5
Bien que le film comporte des scènes cultes et des dialogues excellents, que le trio principal soit excellent, le film fait beaucoup trop brouillon dans son ensemble, les scènes s'enchaînent un peu sans rythme. Le côté très sombre du film apporte quelque chose qui met mal à l'aise, mais j'imagine que c'est le but.
Bertrand Blier signe, avec " Tenue de soirée ", une comédie bien peu conventionnelle portée par le trio d'enfer Gérard Depardieu / Michel Blanc / Miou-Miou ! Le scénario, complètement loufoque, ne nous lâche pas une seconde. Quant aux dialogues, ils sont tellement crus, déjantés, parfois d'une beauté pure, qu'ils en deviennent tout simplement exquis ! N'oublions pas enfin la musique de Gainsbourg qui confère une ambiance particulière au film. On passe en définitive un très bon moment même si " Tenue de soirée " n'est pas forcément à laisser entre toutes les mains. Je confirme, c'est un putain de film !