La Rabouilleuse
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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

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3,5
Publiée le 20 mars 2026
Adapté d'une pièce de théâtre, elle-même tirée d'un "épisode" du roman de Balzac, le film prend beaucoup de liberté avec l'œuvre originelle. Jusqu'à transformer complètement le dénouement.
La Rabouilleuse, du verbe rabouiller, est cette femme qui, avec son amant, dépouille méthodiquement le vieux bourgeois Rouget, amoureux transi et crédule (Pierre Larquey dans une composition presque aussi pathétique que sera, l'année suivante, son interprétation du Père Goriot). On est à ce moment du film complètement dans l'univers balzacien, ses turpitudes bourgeoises et ses considérations financières. Ça se passe sous la Restauration mais la plupart des personnages vivent dans le souvenir de l'Empire et du "Patron".
L'arrivée tonitruante de l'ancien officier de la Grande Armée que joue Fernand Gravey introduit une rupture de ton inattendue et théâtrale. Sanguin -Gravey en fait peut-être trop- le colonel Bridau, neveu de Rouget, est un redresseur de tort impétueux à la façon de Cyrano, tandis que sa malice et sa clairvoyance pour contrecarrer les intrigues de la Rabouilleuse pourraient rappeler Scapin. Si nous mettons de côté nos souvenirs du roman de Balzac, il faut reconnaitre que la simplicité des caractères et l'action resserrée forment un divertissement plaisant.
Enfin, Suzy Prim est la Rabouilleuse; elle est -comme la spéculatrice qu'elle était, l'année précedente, dans "Au Bonheur des Dames"- la figure honnie du drame, la pécheresse qu'aime à fustiger, non sans une certaine misogynie, l'idéologie pétainiste.
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