Une catastrophe : scénario inepte se situant quelque part entre "Bibliothèque rose" et "Collection Arlequin", dialogues mal fichus, scènes ridicules, longueurs, bavardages, guimauve, acteurs souvent approximatifs (Louis Jourdan nous tape sur les nerfs) On pourra sauver la photographie, et la mise en valeur de ces demoiselles qui sont bien jolies mais sans remettre en cause la médiocrité et la mièvrerie du film.
L'entrée en matière et l'issue se tiennent malgré la confusion qui s'invite au bout d'un quart d'heure. On compatit totalement avec ce père sans compagne obligé de se coltiner les frasques de ses quatre filles dont une, amoureuse du prétendant de sa soeur, veut se supprimer. Or, ce valeureux père constitue la prestation la plus attachante du lot, charmant, on l'excuse d'avance quel que soit son comportement (impayable quand il pousse la chansonnette !), on voudrait le déplacer dans un film qui en dirait plus et mieux. Il y a bien Bernard Blier en sauveur désintéressé, la juvénile Danièle Delorme si vive, si naturelle, le distingué Gérard Philipe si beau, si grave, des présences indéniables sauf qu'elles tournent à vide... On oublie vite les autres têtes d'affiche, hélas desservies par des échanges bavards, des situations trop peu reliées entre elles... Un tournage à Paris avec scénario au synopsis prometteur probablement gâchés par quelque calamité due à la guerre (sortie officielle en 1944).
Il est très rare qu'un film sélectionné dans le Lourcelles soit aussi décevant. Évidemment, il y a quelques beaux moment avec un sommet constitué par le dialogue Rosine/Frédéric qui commence par le père écrivant une lettre à sa fille et se termine par la fille qui réclame la lettre à son père. C'est une superbe idée de mise en scène que de filmer d'aussi prêt un dialogue vieillesse/jeunesse d'autant que le formidable talent de comédien de André Lefaur déteint sur Odette Joyeux qui dans cette longue séquence est parfaite. Pour le reste,déception,déception:dialogue démonstratif,racoleur et répétitif;scénario incohérent avec des intrusions non fondées dans différents lieux;acteurs quelconques avec une Danièle Delorme en bon dernier. Gérard Philippe pour sa première apparition parlée à l'écran ne se remarque en rien et Louis Jourdan n'est pas aidé ni par son personnage ni par Edith qui bien que la plus jolie des 4 filles est assez falote. C'est vraiment un film suranné et lourd dans lequel Marc Allegret à manqué de talent. On est loin d'Entrées des artistes ou de Félicie Nanteuil. ____________________________________________________________
Odette Joyeux, toujours occupée à jouer les adolescentes en dépit qu'elle soit presque trentenaire, est amoureuse du fiancé de sa sœur et pourrait bien mettre fin à ses jours à cause de ça. C'est par cet incident, pas sérieux contrairement aux apparences, que débute la comédie sentimentale de Marc Allégret, écrite par Marcel Achard et Jean Aurenche, qui ne se sont pas trop foulés. Le bienveillant libraire parisien Grimaux, sis au Quai aux Fleurs, a quatre jolies filles, bien élevées et toutes ont leurs prétendants ou amoureux non déclarés. Ce qui fait un peu trop de monde à l'écran, même si ça permet de voir quelques débutants bientôt célèbres. Le sujet est insignifiant mais tant que le ton est à la comédie, ça peut passer, avec le vétéran André Lefaur ou Bernard Blier. En revanche, dès qu'Allégret verse dans le sentimentalisme de jeune fille, son film devient vite ennuyeux et commun. L'idée des quatre sœurs et de leurs possibles fiancés ne produit pas de situations comiques, ni de portraits intéressants ; juste un petit imbroglio poussif et futile. A l'évidence, les auteurs n'ont pas cherché à être originaux ou caustiques.
Affligeant : malgré une distribution prestigieuse, où les acteures ont du mal à jouer les vierges, le scénario décousu et les dialogues de Marcel Achard frisent le ridicule, avec des effets comiques épais ou inconsistants... Soyons indulgents et mettons ça sur le compte de la guerre...