Globalement bien reçu par le critique, ayant généré des profits considérables en tant non seulement que film d’animation mais également comme pur produit de marketing, La grande aventure Lego s’affiche comme l’un des grands prétendant au titre de film d’animation de l’année. Si de mon coté, tout ne m’a pas plu, j’admets volontiers que le film de Phil Lord et Christopher Miller est un très beau clin d’œil à l’enfance conventionnelle, à la créativité d’une jeunesse à qui l’on a offert la magie de pouvoir s’amuser avec les petites figurines jaunes d’origine danoise. Ici, tout le monde y gagnent, les réalisateurs de notamment le reboot de 21 Jump Street mais surtout la firme Lego, industrie toujours très prolifique malgré l’apparition et la surexploitation, du justement multimédia s’adresse aux plus jeunes d’entre nous. Chapeauté par le Warner, le film inclut dans ses ranges quelque uns des prestigieux héros de son éventail filmique, de Batman à Superman en passant par bien d’autres avatars sous forme de bonhomme Lego.
Considérer alors La grande aventure Lego comme un film globalement réussi ne serait donc en aucun cas racoleur. C’est le cas. De là à lui vouer une sincère admiration, un grand pas reste encore à faire. Oui, si l’on adhère au concept, tout le monde ayant été minot et créatif avec les moyens que ses parents lui mettaient à disposition, l’humour déployé ici n’est pas franchement le plus subtil qu’il semble pouvoir exister. Sans doute très tape-à-l’œil, le film du tandem Lord et Miller est aussi bruyant qu’une mascarade à robot signée Michael Bay, aussi exagérée qu’un film de science fiction expérimental. Les gags s’enchaînent, se répètent et le ton s’avère à bien des occasions trop stupide, le mot convient, pour convaincre un public aléatoire que ne prendra aucun plaisir dissimulé à voir s’enchaîner les séquences de n’importe quoi. En gros, prises séparément, bien des scènes du film pourraient faire l’objet d’exemples à ne pas suivre, aussi loufoques et désaccordée fussent-elles. Pour autant, prises chacune dans leur ensemble, le concept semble tenir la route du fait que l’exercice des réalisateurs et de la firme et d’assumer le grand chaos.
A l’image des paroles du comédien, ici doubleur, Chris Pratt, lors d’une interview spécialisé, le film fût conçu comme une histoire sortie toute droite de l’imaginaire d’un enfant de huit ans. Vu comme ça, l’idée semble raisonnable et la produit conforme à cette notion. De mon coté, j’ai peiné d’abord à accrocher, puis, au final, l’esprit m’a plu. Certes, je n’ai rien aperçu ici de sensationnel, mais cela dit, le concept global m’a plu. Si le film s’adresse avant toute chose aux plus jeunes, aux enfants, il distille pour autant une très belle nostalgie. Le but est donc atteint, et ce même si honnêtement, les personnages ne sont pas attachant, en particulier le petit Emmett, trop bavard et niais.
La grande aventure Lego est aussi, finalement, un pari esthétique risqué. Non seulement les personnages sont des Lego animés, donc des personnages à la mobilité, à la souplesse, fortement réduite, mais les décors sont eux aussi entièrement composés de pièces quasi normalisées dans les caisses à jouer de nos gosses. Il faillait de l’audace et une certaine intelligence pour parvenir à ne pas faire basculer le film dans une longue suite de plans indigeste et épileptiques. Cependant, à quelques exceptions près, le travail graphique pêche, comme lors des quelques effets aquatiques qui jalonnent le film. Pour ne pas faire le fine bouche, disons que dans son ensemble, la 3D n’étant accessoirement qu’illusoire dans le cas présent, le travail esthétique est de très bonne facture. 12/20