Herschell Gordon Lewis, le "papa" du splatter (ce courant de gore qui en met partout, "éclabousse" d'après son nom) fait une suite à son "Orgie sanglante"...presque quarante ans après. Mais, est-ce que quelqu'un avait demandé une suite ?... Non. Ce film de 2002 est cette fois-ci une comédie parodique qui se moque du genre (avec une kitscherie d'effets spéciaux dignes des pires séries Z), donc du premier film lui-même, en incluant une panoplie de personnages caricaturaux et en surjeu constant (l'héritier de la tradition "orgiaque" égyptienne, qui s'appelle Ramses II, est insupportable) et la musique guillerette qui accompagne les scènes de "scieries" cassent complètement toute implication du spectateur. Bref, Gordon Lewis se moque de lui-même, mais est un peu le seul à rire, car il en fait des caisses au point que l'on sature vite (on trouve cela rigolo et décalé dix minutes, au-delà... Il reste encore une bonne heure de film à voir des Roberts et des scènes de trifouillage de peinture rouge gluante en gros plans...). Les idées étaient pourtant bonnes, le méchant arrivant ici à ses fins, en faisant
manger ses victimes à des gens arnaqués qui trouvent ça excellent
(un Barbaque avant l'heure, quoi), et le
banquet d'enterrement final
(où le cureton n'est autre que John Waters, dans un caméo absolument pas déconnant : il aurait pu être le réalisateur de ce film, clairement) où
les plats des convives sont les bouts du corps censément présent dans le cercueil...
C'est un gag cruel, méchant, bête, mais allez, on a rigolé de cette idée de petit malin. Pour tout le reste, il n'y a rien à voir, si ce n'est des gros plans sur de la gelée rouge malaxée longuement, sur fond sonore de musique de cartoon. 40 ans plus tard, en 2002, c'est bien trop cheap et kitsch pour ne pas blaser, alors que les idées sont là (et John Waters, le p'tit bonus à la moustache en pointes qui fait toujours plaisir). Vraiment pas très digeste, prenez un Smecta.