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Un visiteur
5,0
Publiée le 14 février 2013
Un des meilleurs films français que j'ai pu voir, aussi prenant qu'Intouchables ! À regarder dans de bonne circonstances, plongez vous dans le film et vous verrez : vous ne serez pas déçu !
réalisé avec justesse, ce film developpe bien ses personnages. Mais le scénario, si au début , est interessant, devient vite lassant au fil du temps.et les longueurs deviennent de plus en plus fréquentes.certains trouveront cette oeuvre magnifique, d'autres chiante. pour moi ce sera le deuxieme cas.
Un mélodrame à la fois puissant, pudique et charnel, traversé de puissantes émotions avec comme d'habitude chez Audiard, une éblouissante maîtrise du récit et du rythme, porté par l'interprétation impeccable du duo Cotillard/Schoenaerts (césarisé).
"De rouille et d'os" est avant tout un film brut, simple, sans artifice mené avec brio par les 2 acteurs principaux au top. Une belle réussite de J. Audiard qui nous transporte tout simplement!!
Audiard dépeint habilement la vie des gens normaux (ou presque) avec sincérité et vérité. Et comme d'habitude chez lui les personnages transcendent le récit, à commencer par Ali, joué par Matthias Schoenaerts, qui n'a pour le coup pas volé son césar.
Regardé presque à reculons en me disant qu'ils avaient peut être trop essayé de surfer sur la vague, intouchables, et bien non, c'est subtil, c'est rugueux, c'est sans complaisance. Un excellent film servi par de sacrés acteurs...Marion, on le savait qu'elle savait jouer, mais lui, ne le connaissant pas, on a l' impression qu'il ne joue pas, qu'il est vraiment ainsi!!
Une femme se fait amputer les jambes, elle se désocialise et s'isole, un homme s'ouvre à elle et lui tend la main. Je trouve que le film n'insiste pas assez sur le malaise de l'handicap de la femme, la difficulté de se socialiser, ect..Il est vrai que le personnage principal est plutôt Ali. On aurait aimé le contraire .
Jacques Audiard le fils de son père, dialoguiste culte des années 50 à 70 bénéficie depuis ses débuts comme réalisateur des faveurs de la critique. La veine creusée jusqu’alors par Jacques est plutôt celle des films noirs qu’il a scénarisés tout d’abord avec son père comme « Mortelle Randonnée » puis seul comme « Poussière d’ange », « Fréquence meurtre » ou « Baxter ». C’est dans cette même inspiration que le passage à la mise en scène s’est effectué naturellement. De « Regarde les hommes tomber » (1994) à « Un prophète » (2009) un véritable auteur s’est révélé qui aime à décrire les itinéraires tortueux de personnages en rupture, immanquablement attirés vers le fond par les rencontres qu’ils font sur leur chemin et qui remontent à la surface après s’être libérés des contraintes qui les maintenaient dans des processus destructeurs. La critique apprécie presque à tout coup les films d’Audiard lui dressant un chemin tout tracé vers les récompenses festivalières. Le point d’orgue a été atteint avec « Un prophète » qui a pratiquement tout raflé aux Césars 2010. Depuis, un peu comme Bertrand Blier dans les années 70/80, le réalisateur bénéficie d’un statut particulier qui veut que tout ce qu’il entreprend soit loué par avance. Il faut souhaiter qu’Audiard ne soit pas frappé du même mal que Blier dont les films de plus en plus hermétiques ont continué à être encensés par la critique parisienne mais boudés par le public au point que désormais pris à son propre piège Blier fasse fuir les producteurs. Ce n’est pas encore le cas avec « De rouille et d’os » qui bénéficie d’un sujet très en vogue depuis le succès d’ « Infidèles » et surtout de la présence de la très bankable et oscarisée Marion Cotillard qui profite de l’aubaine pour venir chez Audiard conquérir la caution intellectuelle qui lui manque depuis que sa carrière a pris une dimension internationale. La question mérite malgré tout d’être posée à la vue de « De rouille et d’os ». On peut comprendre que le réalisateur/scénariste ait eu envie d’élargir sa palette en s’ouvrant au mélodrame mais le maniérisme outrancier dont il fait preuve ici sur tous les aspects de sa mise en scène (de la bande son mièvre à souhait, au scénario misérabiliste, en passant par une caméra à l’épaule faussement réaliste) peut laisser perplexe au regard de la sophistication toujours plus grande observée dans ses meilleures livraisons. C’est justement par cette touche particulière que se distinguait Audiard qui semblait faire un cinéma à l’ancienne, savant mixage entre l’épure d’un Melville, la force dramatique d’un Preminger et l’acuité visuelle d’un Wilder le tout parfaitement en phase avec son époque. Brutalement en croyant se régénérer , il redevient complètement banal et pour le coup soupçonnable de surfer sur toutes les tendances du moment pour rameuter au plus large. Le grand succès public du film à donné provisoirement raison à Audiard qui y a malgré tout laissé un peu de son âme. Le scénario bâti à partir d'une série de nouvelles de l’auteur canadien Graig Davidson ouvre plein de pistes sans jamais les poursuivre plus avant, nous laissant sur notre faim notamment pour les personnages secondaires un peu sacrifiées au gré des retournements de situations destinés faire monter le paroxysme de la situation pour le moins anachronique des deux héros tous les deux handicapés (des jambes pour Cotillard et du cerveau pour Matthias Schoenaerts !). Au final le film déçoit donc un peu de la part d’Audiard dont on attend forcément toujours beaucoup et dont on espère qu’il ne va pas se laisser griser par une critique française mécaniquement laudatrice à l’endroit de certains et par les chiffres flatteurs obtenus au box-office. En dehors de ces réserves qui ne sont pas minces, il faudra conserver comme point très positif du film, la remarquable performance de Marion Cotillard tout en retenue qui illumine de son regard tout à la fois implorant et volontaire cette sorte de « Belle et la bête » revu et corrigée version trash et ensoleillée. Quant à Matthias Schoenaerts dont tout le monde crie qu’il sera la nouvelle star belge depuis son apparition choc dans « Bullhead », il faudra le revoir dans des rôles un peu moins « néanderthaliens » pour se faire une réelle idée des possibilités du bonhomme
Un mélodrame atypique, étrange, déstabilisant mais dont la grande qualité est avant tout de faire ressortir ce qui est souvent recherché mais pas toujours atteint : l'humain. Jacques Audiard dépeint avec beaucoup de talent cette rencontre entre deux êtres rongés et meurtris mais qui parviennent à rebondir en s'unissant. La relation entre les deux protagonistes, complexe et touchante, est intéressante et tissée au cours de scènes intimes très réussies. L'interprétation est l'un des grands atouts du film. Matthias Schoenaerts impressionne en campant un personnage quasi animal mais qui cache sous sa carapace une véritable âme blessé. Quant à Marion Cottillard, elle étonne par un jeu tout en retenue et une pudeur qui donne à son personnage une véritable authenticité. La rencontre de ces deux grands acteurs est sublimé par la mise en scène de Jacques Audiard qui contient de très beaux plans qui alliés à la photographie impressionniste donne une atmosphère visuelle originale et cohérente. Le montage est également très réussie et il en résulte de très belles scènes. La diversité des thèmes abordés en sous-texte est par ailleurs très dense. On peut toutefois opérer quelques reproches avec certains passages quelque peu suffisants sur le plan de cette mise en scène ( mais difficile d'en tenir vigueur tant le mélo est un genre délicat à traiter ). Si la mise en scène et l'interprétation font dans l'ensemble un sans faute, il est toutefois possible d'émettre quelques réserve sur le plan du scénario lui même. Certaines étapes du récit laissent transparaître des raccourcis ce qui peut nuire à la vraisemblance de certains éléments de l'histoire. Quoi qu'il en soit, il s'agit tout de même d'un très bon film français dont on retiendra des moments lumineux au lieu des larmes et autres pathos dont certains mélo tombent souvent.
Film mal construit et pourtant avec un sujet touchant, Matthias Schoenaerts vole la vedette à une Marion Cotillard époustouflante. Mais le jeu des acteurs est desservi par un scénario médiocre et un montage frivole. Jacques Audiard essaye tant bien que mal de nous faire sortir de notre sommeil par une réalisation belle et pleine d'émotion. En définitive, vraiment décevant !