Le Conte de la princesse Kaguya
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299 critiques spectateurs

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keating
keating

60 abonnés 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 janvier 2015
Tant pis si ça ne fait pas très sérieux de commencer une critique ainsi, mais les premiers mots qui me viennent sont juste : "waw comme c'est beau!". Tout simplement. C'est sans doute, au niveau purement visuel, l'un des plus beaux films d'animation jamais vus pour moi. Ce trait simple, crayonné, touche sans cesse au sublime, et semble se réinventer sans cesse. Sur plus de deux heures, je me suis constamment fait surprendre par des nouvelles idées, des nouvelles visions merveilleuses. Et je trouve que ce trait évite le piège de l'esthétisme, car il est sans cesse cohérent avec le fond. C'est une osmose assez incroyable à laquelle parvient Takahata. Un dessin simple, direct, parfois presque inachevé, mais qui atteint directement les émotions.

C'est très beau, mais le piège n'est quand même pas tout à fait évité : je trouve, et j'en suis le premier attristé, que le fond ne parvient pas à atteindre le même niveau de sublime que la forme. Certes, on a une belle histoire, un mélange intéressant entre traditions profondes du Japon et propos moderne sur la condition de la femme. Mais le propos me semble un peu trop en surface. La partie avec les personnages des prétendants m'a même un tout petit peu ennuyé. Et le décalage ville-nature est peut être très beau, mais reste un peu creux par rapport à ce que pouvait proposer un Murnau, par exemple.

Un film imparfait sur le fond, sans doute, mais très proche de la perfection sur la forme.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 décembre 2014
Pour faire le portrait d'un oiseau
Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger ...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Voilà, rien de plus à dire. Prévert préfigurait déjà de l'arrivée de la princesse Kaguya sur Terre. Parce que même si ça peut paraître niais, c'est exactement ce qu'a fait Takahata. Dire que je ne suis pas allé voir ce film au cinéma par flemme de traverser la rue, parce qu'il durait plus de deux heures, parce que j'avais détesté Pompoko... Quelle erreur ! Lorsque j'étais plus jeune, comble de l'originalité, le tombeau des lucioles m'avait fait pleurer quasiment tout le long durant, mais c'était un film très dur, surtout lorsqu'on le voit enfant... Et là Takahata a réussi la même... mais avec un sujet beaucoup plus simple, beaucoup plus universel, beaucoup plus beau et le film en est d'autant meilleur. C'est ça que j'aime au cinéma, vibrer parce que c'est magnifique ! Vibrer parce qu'on est en présence de quelque chose de rare qui peut se briser à chaque instant, venir rompre l'harmonie parfaite... Et c'est ce que le film propose pendant plus de deux heures qui en paraissent beaucoup moins : l'harmonie parfaite... On est à la fois dans le conte, dans la romance, dans le drame, il y a un peu de comédie aussi... Tous les enjeux sont là, devant nous, quelque part on sait plus ou moins ce qui va se passer, parce qu'on est dans le conte et que la structure est connue... et ça ne fait que renforcer le fatum lorsqu'on a compris la fin...

Si j'ai pleuré ce n'était pas parce que c'était triste, mais parce que c'était incroyablement beau et c'était incroyablement beau parce que c'était vrai... Vers la fin du film je savais que peu importe la fin je ne serai pas content car le film s'arrêter... Et que peu importait la princesse, ce qu'il allait advenir d'elle, elle allait nous quitter, elle allait me quitter. Et ça c'est magique, c'est au-delà du sublime...

Je n'ai même pas envie de parler des choix esthétiques du film tant c'est peu important, tant c'est juste le support de cette histoire magnifique d'une limpidité et d'une fluidité totale. Et contrairement au dernier Miyazaki qui m'avait profondément ému à plusieurs reprises également mais lors de scènes précises... Là ce n'est pas une scène qui m'a ému, c'est l'intégralité du film, c'est un tout qui fait corps... C'est juste bouleversant !

J'aime le côté où on est typiquement dans le conte, avec les prétendants qui ont chacun une quête, puis on a un récit enchâssé... Il n'y a plus universel comme récit, la princesse rebelle qui ne veut pas se marier... Qui aspire à quelque chose de plus grand... Et c'est traité magnifiquement, souvent ce genre de passages est d'un pénible, insupportable... parce que le réalisateur en fait des caisses, là pas besoin, tout est dit calmement, sans en faire trop, avec une grande subtilité, on comprend tout, pas besoin d'en faire plus... Et ça conduit à cette fin, mais qui est d'autant plus belle qu'elle tranche totalement avec la scène précédente qui est d'un beauté folle...

On est en présence d'un Au Hasard Balthazar où les personnages garderaient leur âme d'enfant... Et j'aime profondément ces deux films pour des raisons du coup différentes, mais tellement proche, c'est juste sublime parce que ça touche à tout ce qui fait que lire de histoire est un baume au coeur, soulageant d'un monde trop triste.

C'est une production totalement à contre courant, qui ressemble à mille choses tout en étant unique, les influences sont extrêmement bien digérées ! En tous cas je suis tout chamboulé... Il y a des films qui m'émeuvent profondément sur le coup, en y repensant, mais qui sont dans la dureté, dans l'austérité (et ça me trouble d'autant plus qu'ils sont austères et que tout à coup la tendresse resurgit, c'est pour ça que j'adore Dumont), mais des voyages comme ça, je ne sais pas si j'en ai déjà fait. Le fait que ça soit aussi pour les enfants invite à cette grande simplicité sans pour autant prendre à un seul moment le spectateur pour un incapable limité intellectuellement et ça fait tout... Jamais un malotru défaillant cognitivement ne pourra venir dire que ça se prend la tête, que c'est un truc de bobos ou que sais-je... c'est juste du pur cinéma, du cinéma intelligent, pour les enfants, les adultes, pour tout le monde et qui est la preuve qu'on peut toucher tout le monde sans faire dans le racolage sans être putassier... Parce que le cinéma c'est ça : l'émotion !

La seule incertitude qui demeure est s'il est le meilleur film de l'année ou non... Le duel avec P'tit quinquin est serré...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 7 janvier 2015
Quelques longueurs dans ce film mais on garde que les délicieuses émotions et le bien être que nous transmet ce magnifique conte japonais. Un film à contempler.
gandalf001
gandalf001

20 abonnés 952 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 décembre 2014
Le studio Ghibli a su encore une fois nous surprendre et nous émerveiller. Le style de dessin est nouveau, très pur et bien réalisé. Le conte est original, cependant l'histoire est triste du début jusqu'à la fin. On aurait préférer rêver plutôt qu'être triste.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 décembre 2014
Quelques mois après "Le Vent se Lève", on a le droit à une deuxième oeuvre du studio! De Isao Takahata cette fois, le réalisateur du "Tombeau des Lucioles". Une oeuvre moins personnelle mais plus fantastique avec un conte très bien ficelé d'une fille qui nait dans une pousse de bambou. Le film nous fait voyager à travers le Japon féodal des films de Kurosawa mais avec la touche fantastique si chère à Miyazaki. Un très bon film sur la nuance qui existe dans le monde des humains. Les personnages sont vraiment attachants, et très travaillé. Au niveau du dessin, c'est vraiment original et le trait nous met en valeur la santé mentale de la princesse. Très intelligent et sans doute très intéressant à analyser. Finalement, ce conte est une histoire magique qui fait voyager. Excellent.
De smet M.
De smet M.

15 abonnés 44 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 décembre 2014
[...] Le film est d'une beauté visuelle folle, à tel que point que l'on croirait que chaque plan nous est sorti d'une exposition d'estampes japonaises ; mais une beauté épurée, tout comme le propos du récit, la morale véhiculée par le conte. Ce n'est pas l'affranchissement de la princesse qui est mis en scène – ce qui aurait été le cas dans tout film d'animation occidentale – mais plutôt sa résignation face à sa destinée, son impuissance à pouvoir lutter contre. Tout l'enjeu émotionnel est basé sur la vanité de ses actes, notamment dans une séance d'évasion à couper le souffle, usant avec brio le contraste entre la dureté de la chose et la poésie en découlant, le tout subjugué par la composition magique de Joe Hisaichi. [...]

Critique compète sur le blog de Pours Cinéphilie
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 19 décembre 2014
J'ai adoré... Pourtant septique au début, je me suis très vite laissé emporter par la poésie de ce conte, certes avec quelques longueurs, mais nécessaires aussi pour vraiment apprécier la psychologie des personnages... L'histoire nous plonge dans un Japon historique magnifique, et j'ai vraiment eu envie d'y aller; le rendu du dessin est vraiment surprenant, simple et épuré, certains passages sont tels des estampes spoiler: le passage où Kaguya court pour retourner chez elle, magnifique!
, certains autres sont vraiment intenses, parfois on rit, parfois on a de la peine, parfois on pleure aussi... Le gros point fort de cet animé, la musique... Elle transporte, elle fait rêver... L'histoire de cette petite princesse est magique, émouvante, mélancolique... Je recommande chaudement, à côté des autres grosses productions, des bons gros dessins animés bourrés d'effets, Le conte de la princesse Kaguya où l'on retrouve des sujets comme le désir de vivre, vivre sa vie, l'instant présent, les actes manqués, l'amour, et bien d'autres, fait vraiment du bien... Cette dernière oeuvre de Takahata (Le tombeau des lucioles, vlà le niveau quoi!) est magistrale... C'est con à dire, mais ce conte, cet animé, est Beau, tout simplement...
MaxLaMenace89
MaxLaMenace89

65 abonnés 282 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 décembre 2014
Superbe conte nippon doux-amer au millésime probablement difficile d'accès dans nos contrées, Le Conte de la Princesse Kaguya est le magistral coup de pinceau d'une fresque bouleversante. De la magie enivrante de l'ouverture jusqu'aux esquisses sociales qu'elle invoque, c'est un tout superbement cohérent qu'emmêle l'œuvre de Takahata, les fantaisies mortelles de beauté côtoyant les thèmes aigres des codes sociaux et de la puissance de l'argent dans la simplicité éclatante de son environnement plastique. Hypnotique et épanouissant, le travail de la forme épouse toutes les nuances du fond, batailles pour la liberté et l'entendement, son incomplétude vivifiant la rage des couleurs et la vigueur des gestes. Dans la grâce d'un fusain dansant sur les régressions de l'Homme contemporain, Le Conte de la Princesse Kaguya impose la toute-puissance du mouvement comme souffle de vie, tracé contemplatif d'une poignante initiation terrienne qui, comme tout conte universel, demeure dans le cœur et dans l'âme.
Raphaël O
Raphaël O

184 abonnés 1 567 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 décembre 2014
Ce film d'animation crayonné à l'ancienne, dernier long-métrage d'Isao Takahata, possède un scénario superbement écrit, bouleversant et empreint d'une intense poésie, ainsi qu'un graphisme aux allures d'aquarelle d'une beauté magnifique.
Un chef-d'œuvre.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 9 décembre 2014
Magnifique film!
Bien fidèle à la légende. J'ai apprécié le style graphique, proche d'une peinture.
Il y a des longueurs mais elles sont utiles pour bien s'imprégner de la personnalité des personnages et de l'ambiance du film.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 décembre 2014
J'était au début réticent vu le style graphique. J'avais été assez déçu par la famille Yamada du même réalisateur et pour être honnête je ne m'attendais à pas grand chose à ce film.
Peut-être c'est parce que je deviens vieux et que je suis papa mais ce film m'a touché au plus profond de mon être. Ce film est tout simplement grandiose et est sûrement l'un des plus grand film d'animation de l'histoire.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 décembre 2014
C'est encore une fois un magnifique chef-d'oeuvre de la part du Studio Ghibli. Le scénario est très fidèle au conte d'origine. On s'attache facilement à Kaguya au point de ressentir une profonde tristesse dans ses malheurs. spoiler: Lorsqu'on apprend qu'elle doit retourner au royaume céleste et qu'elle revêtit la robe de plumes qui efface de sa mémoire tout les moments passé sur terre, on peut voir Kaguya se retourner avec les larmes aux yeux laissant penser qu'elle n'a rien n'oublié.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 7 décembre 2014
J'adore le style estampe japonaise en animation
La succession de tableaux représentant les maisons traditionnelles et les cerisiers en fleur et magnifique
Et l'histoire du conte est classique et simple mais on y reste accroché jusqu'à la fin
NomdeZeus
NomdeZeus

131 abonnés 1 044 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 novembre 2014
Il aura fallut attendre quinze ans pour qu'Isao Takahata revienne sur le devant de la scène avec ce nouveau long-métrage d'animation. Adapté d'un conte ancestral nippon, Princesse Kaguya raconte l'histoire d'une étrange jeune fille née dans un bambou, que son destin princier éloigne de la liberté, de la nature et par la même du bonheur. Ce film est original à bien des niveaux, à commencer par son style pictural épuré, rappelant les estampes japonaises aux tons pastel. Un ravissement permanent pour les yeux et un véritable pied de nez à tous les films d'animations contemporains, à l'esthétisme uniformisé jusqu'à l'ennui. Néanmoins, les 2H15 de ce récit universel et profond comportent quelques moments de flottement un poil ennuyeux qui nuisent à l'appréciation globale de l'œuvre.
Misoramengasuki
Misoramengasuki

79 abonnés 399 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 mai 2017
Avec "Le vent se lève" de Miyazaki, "Le conte de la princesse Kaguya" de Takahata constitue un moment historique du cinéma. Soyons conscients qu’avec ces deux films, nous avons eu le privilège d’assister au summum de l’œuvre de deux créateurs de génie, qui ont porté l’animation japonaise à un point de perfection que, peut-être, elle n’atteindra plus jamais. Si le film de Miyazaki prenait pour point de départ la fascination de l’auteur pour les avions, Takahata s’ancre dans l’âge d’or de la civilisation ancienne du Japon : l’époque de Heian. L’histoire de Kaguya-hime est connue de tous les enfants japonais: une petite fille, trouvée par un coupeur de bambou, s’avère être une fille de la lune. Sa beauté sera à l’origine de son ascension sociale et de celle de ses parents, mais elle se heurtera aux mesquineries et aux laideurs de la société humaine pour finir par… (on ne dira pas). A chaque seconde, on est estomaqué par la beauté des images de ce film. Le monde de la nature du début, les fastes du Kyôto de l’an 1000, avec ses aristocrates, son petit peuple.... restitués avec un luxe de détails inouï, une précision, une intelligence de la mise en scène inégalés. L’esthétique en aquarelle de Takahata, déjà vue dans "Mes voisins les Yamada", fait merveille à chaque seconde, les couleurs sont éblouissantes, le trait d’une sûreté absolue… le tout au service d’une histoire bouleversante sur le renoncement aux idéaux et les déchirements de l’adolescence (thème d’une étonnante modernité). Quelques moments d’anthologie : la fuite de la princesse, la venue du Bouddha et de sa suite (une illustration d’un thème classique de la peinture japonaise : le Raigô). On ressort de ce film les tripes tordues, les yeux émerveillés et les oreilles enchantées par la magnifique partition de Hisaishi Joe, le « troisième larron » qui aura tant contribué au succès de ses complices du studio Ghibli. Il est scandaleux que ce film n’ait été présenté à Cannes qu’en quinzaine des réalisateurs, et encore plus qu’il soit reparti sans aucun prix. De même, il n’a pas été un immense succès de box-office, ce qui en dit long sur l’état de déchéance de notre époque. Les spectateurs de "Kaguya", qui ont quasiment tous dit leur enchantement à la sortie de la salle, doivent avoir conscience de la chance qu’ils ont que de tels films aient pu voir le jour. Souhaitons (même si on en doute), que cela sera encore le cas à l’avenir, quand Takahata et Miyazaki auront passé la main.
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