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PhilippeToile
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3,5
Publiée le 11 septembre 2011
Comme souvent, Nanni Moretti surprend, déconcerte et séduit à la fois. Habemus Papam mélange avec invention le burlesque, la satire, la gravité et la légèreté, avec cette histoire d’un pape qui refuse son élection sous le poids de l’angoisse et de la responsabilité. Quelques scènes sont extraordinaires et d’une beauté plastique étonnante avec le rouge cardinal omniprésent au sein d’un conclave impeccablement reproduit. Mais Moretti présente aussi les défauts de ses qualités en refusant l’unité de ton et en livrant un patchwork pas toujours maîtrisé. L’abondance des idées, pour louable qu’elle soit, nécessite discipline et montage élaboré. Pas vraiment anticlérical, son propos est efficacement illustré par deux personnages pivots : le pape démissionnaire et touchant d’un Piccoli inspiré et le psychanalyste appelé au secours du premier sous les traits de Moretti lui-même. Un film que l’on ne doit pas laisser passer malgré ses faiblesses et qui confirme le talent brut et l’imagination foisonnante du cinéaste italien.
Après le succès de Des Hommes et des Dieux et le lancement de la création originale de Canal , Borgia, la crise de foi est de bon ton sur les écrans. Chaque fois avant d'aller voir un film qui aborde en fond ou en surface la religion, on a peur de se faire méchamment chier, et il faut bien l'avouer à chaque fois ou presque on est surpris. C'est très intéressant de voir comment un réalisateur peut, dans un monde athée, parvenir à toucher un public en parlant religion. Peut être est ce justement parce qu'il sait ne pas rester dans le cloître religieux, si j'ose dire, mais bien comprendre l'influence de celle ci encore aujourd'hui. Travail difficile donc mais c'est là qu'on reconnait les vrais. Si les moines de Tibhirine avaient su être passionnants dans un style solennel, Habemus Papam joue plus la carte du détachement, voire du grotesque sans pour autant jamais être vulgaire ou irrespectueux, comme le sera peut être ( sans doute ) Borgia pour le plus grand bonheur des post-nietzschéens en mal de victime. Film très intelligent qui montre comment l'adhésion à des principes ou des croyances peut être ébranlée lorsqu'il s'agit d'impliquer sa personne et non plus se contenter d'appartenir. C'est un film tout en sensibilité qui confronte la fragilité d'un être, brillamment interprété par Michel Piccoli, et la foi de tous, soulignant avec justesse les notions de responsabilité, de limites humaines face à une croyance partagée, une communauté les dépassant largement.
Habemus Papam n'est pas loin de tout reproche non plus, quelques scènes sont clairement là pour broder, mais globalement le film fait preuve d'une légèreté qui le sied bien et qui légitime son approche quelque peu farfelue du sujet. Le film est une longue attente, pour les fidèles, pour les cardinaux, mais pour le Pape lui même qui face à un évènement d'une telle ampleur se redécouvre lui même et refais le parcours de sa vie. Une attente faite de doute, d'appréhension mais qui est l'occasion pour Melville ( le vrai nom du Pape ) de renouer avec ses anciennes passions qu'il avait finit par oublier. Moretti en ce sens voit la religion comme un refuge, et on pourrait presque dire comme un aveux de résignation, comme un choix de vie par défaut : Melville n'a pas pu entrer au conservatoire, mais il se dit encore acteur au détour d'une conversation; impossible ici de ne pas voir comment subtilement Moretti définit la fonction du Pape, acteur au service d'une cause qui le dépasse, au service d'un milliard de croyants qui oublient souvent que derrière la figure du souverain pontife il y a l'homme et son passé. Sans renier toute existence de foi, le rôle de psychanalyste interprété par Moretti lui même n'est pas innocent, et l'excellente scène où le Pape se fait psychanalyser selon les critères rigoureux énumérés par les cardinaux (!) est une pique finement placée, ravageuse de sens, débordante d'humour. Débordante d'humour comme tout le stratagème composé dans l'attente du "rétablissement" ( le faux pape ), tout comme aussi le tournoi de volley entre cardinaux sous forme de coupe des continents proposé par Brezzi ( Moretti ).
C'est son approche volontairement naïve qui fait la force du film, son relativisme envers même des évènements tel que l'élection d'un Pape. Absolument pas analytique ni théorique, Habemus Papam, remet l'homme au centre des choses, car ni sa fonction, ni son rôle, ni l'attente qu'on a de lui ne peuvent mieux le définir qu'il ne se définit lui même. Melville n'est pas le Pape, c'est un acteur, qui le temps d'une pièce, aura joué le Pape.
Peut être parce que j'ai vu ce film sur le bbox et pas dans le cinéma, mais je n'ai pas aimé du tout A PART quelques scènes drôles, mais rien d 'exceptionnel.
Film très original qui prend avec beaucoup de légèreté la tragédie de ce cardinal ordonné pape contre son gré, un poste qu'il ne peut pas refuser ! Qu'à cela ne tienne, notre pape s'enfuit avant même sa présentation au monde entier, les yeux rivés sur le célébrissime balcon blanc. S'ensuivent des rebondissements cocasses (le pape mêlé à la foule dans un bus !) et notre pape est balloté ici et là, rencontre une femme merveilleuse qui ignore son identité. Jusqu'ici, ce film avait tout pour nous plaire, mais c'était sans compter sur une fin qui brise complètement toute l'ambiance enlevée du film : l'annonce finale du pape (gardons le suspens pour ceux qui ne l'ont pas vue) nous fait dire qu'au cours de ce voyage initiatique, notre homme n'a rien appris sur la foi, les gens qui croient ou non en lui, et surtout sur lui-même... Un final dont on se passe tant on anticipe une réponse pour constituer une fin heureuse qui conclut un film décalé au ton léger, pour mieux tomber de son siège et être déçu par un choix qui nous ramène à la case départ et nous donne l'impression d'avoir vu le film sans raison ou conséquence sur la fin... Voyez ce très beau film mais épargnez-vous une désillusion finale...
Le film commence bien, Moretti distille autant ironie douce, voire burlesque avec un respect pour le cas de conscience du nouveau pape, Michel Piccoli qu'on ne peut se lasser de revoir. Le film dégage une réelle beauté plastique bien agrémenté par une B.O. soignée. Film sur le poids des responsabilité, le jeu des hierarchie, satire de l'homme-enfant, le film finit par s'égarer dans des pistes narratives confuses mais dégage un parfum de mélancolie assez vivace.
Un film sympathique et réussi sur la nomination chaotique d'un nouveau Pape. Le réalisateur n'oublie pas d'écorcher au passage l’archaïque institution avec intelligence, crédibilité, et humour. Cette comédie impertinente donne le sourire aux lèvres !
A la succession de Jean Paul II, on avait été témoin de la ferveur qu’exerce le Pape dans nos sociétés contemporaines et la désignation de Benoit XVI était devenue aussi passionnante qu’un feuilleton télévisé. Nanni Moretti revient donc sur ce moment exceptionnel au Vatican, une idée vraiment intéressante au départ avec un Michel Piccoli on ne peut plus savoureux et qui redonne au Pape une dimension humaine à travers laquelle on se retrouve tous. Le sujet particulier pourrait en dissuader plus d’un d’autant plus qu’on se laisse parfois assoupir par le rythme de cette comédie qui tourne parfois à la légère parodie. Habemus Papam repose sur un scénario ingénieux mais ce n’est certainement pas le film indispensable du moment.
Un film extraordinaire, aussi surprenant que déroutant. Le conclave y est peint comme une société bien humaine, plein de défauts et de faiblesses. Scènes cultes à l'appui, Moretti humanise et décribilise en même temps. Génial
Film à déconseiller aux athées, agnostiques, et libres penseurs en tout genre. Déjà j’ai tort de dire film, c’est un livre d’images, sans arrière fond, ni même arrière pensée, destiné à faire passer le temps en attendant l’heure d’aller à la messe, ou au catéchisme. Si vous voulez voir Michel Piccoli faire la gueule pendant une heure quarante, ou des cardinaux jouer au volley ball (au risque de se péter la clavicule) dans la cour de la basilique, en attendant que le saint père se montre, libre à vous. Sinon c’est superficiel et insondable, autant que la foi est un mystère, et prétexte à ne pas développer le sujet. Le réalisateur fait confiance à l’indulgence critique, vu le coté compassionnel du sujet qui impose une bonne communion à tout le monde. Moi, je dis que c’est nul et non avenu. La psychanalyse appelé un moment à la rescousse, est vite évacuée, au profit du théâtre qui sert de diversion scénaristique, le sujet n’étant pas là. Le film commence par la fin, et aurait du se terminer par le début, pseudo coup de théâtre final que l’on traîne depuis le début. Et doublage horrible d’ailleurs. Autant regarder la version sous titrée, c’est pas difficile à comprendre.
Je pensais m'ennuyer en voyant le sujet. C'est tout le contraire. Ce film est incroyable. Michel Piccoli est fabuleux. Les scènes avec les cardinaux sont émouvantes et drôles. Ce me donne envie de découvir les autres films de Nanni Moretti.
Le scénario est à pleurer. Les cardinaux paraissent des ravis de la crèche (alors que ce sont des politiciens, certes en soutane, mais des politiciens), le personnage du psy sonne complètement faux, le tournoi de volley est ridicule et n'apporte rien au film, l'errance de Piccoli dans Rome est risible (avec quoi paie-t-il l'hôtel, le restau. ?), la rencontre avec la troupe de théâtre arrive comme un cheveu sur la soupe, le déboulé des cardinaux dans le théâtre est ridicule, qui a eu l'idée (et pourquoi ?) de l'acteur un peu dérangé mentalement ? bref, tout est ridicule.
D'abord je ne supporte pas les réalisateurs qui se mettent en scène, je trouve ça pathétique. Ca le devient encore plus quand c'est Nanni Moretti et ses airs de grand intellectuel. Je comprends que le Pape est envi de s'tirer ! Affligeant.
Je n' ai pas vraiment aimé ce film . Le sujet ne me semble pas réaliste : un nouveau pape , fraîchement élu , peut-il renoncer à sa nouvelle charge , et fuir le Vatican , durant plusieurs jours ? Ce fait est une pure invention de l' esprit de son réalisateur , car je crois que dans toute l' histoire de la chrétienté , jamais une telle situation ne s' est présentée . De plus , c' est mal filmé , très brouillon . Cà part dans tous les sens , beaucoup de sccènes futiles et inutiles . Seule l' interprétation de Michel Piccoli , époustouflante , comme d' habitude , mérite mon attention et m' arrache la seule étoile de ma notation . Il est tour à tour émouvant et fragile , et la dernière scène où il annonce son renoncement est vraiment bouleversante . C' est là le seul moment fort du film , et c' est bien dommage . Le film part dans des invraissemblances énormes comme par exemple faire jouer aux cardinaux , une partie de volley ball dans la cour de la Chapelle Sixtine !... On frôle là l' iconoclaste . Je me suis souvent endormi pendant la projection , preuve s'il en est du manque d' intérét que je lui ai porté . Je pense qu' il ne marquera pas l' histoire du cinéma , même italien .
Assez déçu , je trouve que ça manque d'épaisseur , certes Michel Piccoli est excellent , certaines scènes sont cocasses notamment avec les cardinaux , mais trop peu pour en faire un grand film .