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Bruno75010
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4,0
Publiée le 24 décembre 2011
C'est un drôle de film... On ne peut pas dire qu'il est bon, mais il m'a beaucoup touché. Il ne plaira pas à tout le monde, c'est sûr. En tout cas, c'est l'anti-Welcome.
Les personnages du film sont tout à fait authentiques, même si le jeu des acteurs est neutre, sans relief. Les paysages sont beaux, l'âme des héros aussi. Marcel est bon, prévenant, aimant. C'est une jolie fable comme on aimerait en connaître plus souvent dans la vraie vie.
Evidemment pour celui qui ne connait pas Kaurismaki cela peut paraître surprenant voir fort dérangeant. Ici la réalité est reconstituée selon la vision du réalisateur. Son sujet : celui du havre, le port, la ville, la zone de protection. Et ce qui l'intéresse ce sont les laissés pour compte dans cet univers. Qui sont-ils ? Comment survivent-ils ? Ensuite comment va-t-il représenter ce bout de France et comment aborder ce problème d'immigration clandestine ? Fidèle à son parti pris esthétique il réalise un énorme travail de reconstitution. Chaque plan est un tableau, les décors sont repeints, les lieux sont authentiques ou réagencés pour évoquer une certaine imagerie de la France allant des années 40 à 70, les personnages sont affublés de costumes picaresques (bandit, boulangère, marins, rockeurs, dénonciateur), sa vision picturale va jusqu'à photographier 2 fois le port comme le tableau Impression du Soleil Levant de Monnet (nom du personnage de Daroussin affublé d'un costume évoquant la Gestapo). Kaurismaki recrée une France selon ses propres souvenirs. La bande son n'est pas en reste et tout cela donne une vision kitche d'une population Franco Havraise décidée à venir en aide aux clandestins malgré les directives du pouvoir établi. Bel exemple de solidarité et poursuite d'une idée que les gens miséreux ont le droit de faire de belles choses. Ce qui compte c'est d'être libre, et de tout faire pour l'être comme les français ont su le faire pour se libérer des allemands en 40-45. Aujourd'hui les clandestins, comme les pauvres, sont les prisonniers du sytème capitaliste.
Très bon film, sujet traité avec beaucoup de sensibilité. Little bob est excellent, ce qui me dérange c'est que ce cas très actuel soit dans les années 60.
"Quo vadis, Idrissa?" Tels sont les premiers mots du vieil homme au jeune immigré clandestin. Autant dire que "Le Havre" n'est pas un modèle de vraisemblance. L'analyse psychologique n'est pas davantage le point fort du film. Le policier (JP Darroussin) et le docteur (Pierre Etaix) sont des abstractions faites chair. Kaurismäki multiplie à dessein les anachronismes (le taxi Peugeot 403, par exemple). Le jeu des acteurs se situe en général dans le registre feutré et minimaliste cher au cinéaste. Avec tout cela, "Le Havre" est une sorte de conte moral, une parabole optimiste sur la solidarité, l'abnégation, la tolérance, qui procure une intense jubilation dès lors que l'on accepte les partis pris du metteur en scène. A noter la courte prestation de Jean-Pierre Léaud, à mon avis l'un des acteurs les plus doués de sa génération.
Ce film est d'une beauté qui confine à la grâce. Il faut être sérieusement formaté au cinéma "prêt à consommer" pour ne pas être touché, pour ne pas se laisser emporter, par cette fable merveilleuse hors du commun, ce conte de Noël un peu décalé qui fait tellement de bien.
Et quel plaisir en plus de voir enfin Little Bob sur un grand écran !
Il faudrait plus de cinéma comme celui-ci. Merci Aki Kaurisäki.
Le Havre est un film intemporel qui nous montre des gens simples qui ont le coeur sur la main malgré des poches vides.......Quand je dis intemporel, c'est qu'il y a beaucoup de décalé dans ce conte poêtique. J'ai vu ce film comme une fable dans notre monde ou tout va vite. Le côté lent et décalé donne à ce film une émotion extrêmement prenante. J'ai beaucoup aimé mais je comprends que ce cinéma ne peut pas être vu et plaire à tout le monde car il n'a pas tout les ingrédients des films actuels et il laisse une grande part à la réflexion !
C'est un film sur la vraie vie.Il nous parle de solidarité, d'amitié, d'espérance, de simplicité, de pauvreté et d'amour aussi. C'est un film de notre temps où tout le monde se méfie de tout le monde. Il nous montre que c'est souvent ceux qui n'ont presque rien qui donnent le plus...... C'est un film généreux.... C'est le cinéma que j'aime.Je ne connaissais pas Aki Kaurismaki , j'ai été charmée.
Trop beau pour être vrai, mais quel plaisir, ce mélange un peu foutraque, c'est humain comme du Guédigian, en plus poétique et plus farfelu, et on revisite un peu tout, avec des clin d'œil dans tous les sens : la déco date de bien avant Ikea, l'humanisme aussi, c'est du comme on n'en fait plus, la patronne de bar, le marin-pêcheur généreux, le rocker au cœur tendre... Ils sont tous vieux, ils viennent tous de l'époque d'un humanisme révolu (même la chienne Laika) et André Wilms se balade avec grâce dans ce monde utopique où tout le monde n'est pas beau, mais tout le monde est gentil (sauf le vilain délateur tendance collabo) et où on joue à cache cache avec les flics comme dans Quick et Flupke. Daroussin est parfait, comme d'habitude. Et ce mélange à la fois convenu et surprenant, parfaitement irréaliste... ça marche.
un des meilleurs Kaurismaki. Émouvant et drôle, totalement décalé. J'ai adoré ! Un conte d'une grande beauté qui donne du baume au coeur. Et Jean-Pierre Daroussin est décidément un acteur exceptionnel.
Avec l'autocollant "regardez comme mon cinéma est intelligent" L'absurde recherché, le décalage, l'hommage au cinéma des années Carné et Prévert,ça pèse des tonnes,les personnages s'appellent "Arletty" et "Marx", tant qu'à faire! tout est largement appuyé, et seul Darroussin est grand, comme d'habitude Jamais ça ne m'a touchée , et oui y'a Etaix, et oui y'a même Jean Pierre Leaud, oh ! mais comme c'est référencé, on se pâme .. C'est ch..ant comme la pluie . Belles images rétros,et Le Havre la nuit, c'est forcement beau aussi, mais cette essai de reconstituer la poésie "d'avant" sur un air d'accordéon m'a semblé complètement vain . J'étais seule dans la salle du Gaumont,et les 124 absents , pour une fois, n'avaient pas tort!