Soyons clairs, ce « Wonder Woman » est le film le plus réussi du DC Comics Universe. Et sans peine! C’est celui qui semble avoir le moins souffert de scènes retournées et de post-production houleuse. Cependant il est encore loin d’atteindre la perfection ou même le standard de qualité de la plupart des films de son concurrent direct Marvel. En tout cas, la bonne direction est prise ce qui laisse augurer d’une « Justice League » à la fin de l’année certainement plus aboutie et homogène. La plus grosse qualité du long-métrage est l’incarnation de la super-héroïne par Gal Gadot. Les producteurs ne se sont pas trompés en lui octroyant le rôle, pas facile de prime abord, de cette guerrière amazone. Elle est en tous points parfaite et porte avec panache la première réussite - en tout cas dans les grandes lignes – d’un film de super-héros au féminin, « Elektra » et surtout « Catwoman » n’ayant pas laissé d’impérissables souvenirs. De plus, la mise en scène de Patty Jenkins parvient à parfaitement iconiser le personnage sans jamais tomber dans le kitsch. Chacune de ses apparitions, couronnées d’un thème musical adéquat, fait monter les curseurs de satisfaction du spectateur au plus haut niveau dans le charme mais surtout dans l’action.
A ce niveau d’ailleurs, on pourra regretter qu’il n’y ait pas plus de cascades, de combats et de morceaux de bravoure tant les deux principaux sont réussis et prennent aux tripes, visuellement comme dans l’émotion. La bataille sur la plage des amazones et celle dans les tranchées et le village occupé sont en effet complètement lisibles, originales et chorégraphiées de la plus belle des façons. Dommage donc que sur un film de près de deux heure trente, seuls ceux-ci et le final soient consacrés à l’action. Du coup, le film semble souffrir de quelques longueurs et il aurait clairement pu faire quinze à vingt minutes de moins. Mais ses défauts majeurs sont identiques aux autres films de DC Comics, néanmoins de manière atténuée ici. D’abord, le vrai méchant est encore une fois raté (après la ridicule Enchanteresse qui flinguait une bonne partie de « Suicide Squad » et l’excessif Doomsday dans « Batman VS Superman ») et il rend le dernier acte de « Wonder Woman » moins performant. Et les autres méchants ne sont pas assez développés, surtout la chimiste Maru. Et comme dans les deux films cités précédemment, la fin abuse trop des effets spéciaux et des combats dantesques comme si ce genre de séquences était la panacée. Mais encore une fois, c’est beaucoup moins flagrant qu’auparavant et on sature beaucoup moins.
« Wonder Woman » apparait quelque peu un mélange entre « Thor » et le premier « Captain America » dans sa façon de fondre l’histoire et les légendes avec l’origine du personnage principal. Mais en choisissant le contexte mythologique de la Grèce plutôt que celui, cosmique, du Dieu nordique cela passe beaucoup mieux à l’écran. Quant à la Seconde Guerre Mondiale, elle se marie toujours aussi bien au film de super-héros. Si l’humour n’était pas forcément indispensable à cet univers qui se démarquait justement de celui de Marvel par sa noirceur, il passe ici plutôt bien en restant discret. Et le duo que forme notre super-héroïne avec le personnage de Chris Pine fonctionne très bien. Somme toute, ce nouvel avatar du genre ne révolutionne rien du tout mais il s’avère fait avec soin et ne dépareille pas dans un domaine cinématographique qui devient quelque peu saturé. Mais il y a du mieux de film en film, alors espérons que les futurs DC Comics continuent sur cette voie en n’étant très bien et pas juste bien ou moyen comme ici.