Adaptation du livre "Corns" de Joe Hill, le fils écrivain du célèbre Stephen King, Horns réalisé par Alexandre AJA (la colline a des yeux, Haute Tension, Piranha 3D entre autres), raconte l'histoire de Ignatus "ig" Perrish (interpreté par Daniel Radcliffe), accusé du viol et du meurtre de sa petite amie Merrin Williams (Juno Temple), qui va se voir pousser des cornes tel le diable après l'assassinat de Merrin, et va utiliser des capacités paranormales nouvellement découvertes, dans sa quête pour trouver le véritable meurtrier. Clairement, sans entrer encore dans la réalisation, la patte Joe Hill (emprunt de papa King) est tout de suite là et se pose rapidement. Flashbacks sur l'enfance, relation d'amitié forte dans une petite bourgade, suspicion par tous les habitants de la ville de la culpabilité de Ig, au delà des apparences. L'impression d'un déjà vu à la Stand by me, Dolores Claiborne ou Bazaar est évidente. La marque de fabrique s'en ressent, et l'on sait par avance qu'il ne faudra pas se fier aux apparences tant le fiston est aussi habile que son père pour distiller le trouble.
Ensuite concernant la réalisation, il y a de très bons plans séquences, la photographie dans les bois est très soignée et cela renvoit à une image tant de quiétude que d'inquétudes (un endroit où toutes les souffrances peuvent être possible), et Aja met parfaitement en avant la volonté de Ig au delà de prouver son innocence, de trouver le coupable du meurtre et viol de sa fiancée. Là où le film est très surprenant c'est qu'il est déstabilisant utilisant l'humour noir et cynique de tous les protagonistes en présence de Ig
et de ses cornes, qui lui permettent de révéler les plus sombres pensées de tout son entourage.
. Un traitement que l'on pourrait considérer à la légère, mais Daniel Radcliffe interprête tellement avec justesse le rôle de Ig, qu'il en est plus que convaincant en fauteurs de troubles,
et utilisera sa fourberie au travers de ses pouvoirs pour comprendre que toute l'hypocrisie de son entourage, et arriver à déceler la vérité afin de trouver qui a tué sa petite amie.
. Aja s'amuse justement avec ce ton complètement barré et des situations abracadabrantes, pour nous dévoiler une deuxième partie du film beaucoup plus sombre
(la vengeance de Ig, consumé par ses démoniaques pouvoir)
tout aussi jubilatoires et teinté d'une certaine ambiance glauque, qui nous permettent de retrouver Aja dans son défouloir de scènes d'horreur gore
(la tête d'Eric l'ami flic explosé au fusil à pompe, la serveuse vénale bouffée par les serpents, le frère musicos camé enterré vivant)
. Malheureusement le film restera assez inégal et tombera dans le style de catégorie film de série B, car même si la fin est très bien réalisée
(Ig après avoir utilisé ses pouvoirs devient un archange puis finit en tant que démon savourant sa vengeance sur le bourreau de sa petite amie décédée)
elle est tout de même trop énorme, et n'arrivera pas à se démarquer clairement entre mièvrerie sentimentaliste, et film d'horreur assumé comme Aja a su le faire avec excellence lors de ces précédentes réalisations, mais sûrement pour rester fidèle au roman de Joe Hill. A noter la présence de l'excellent David Morse qui a déjà participé à de nombreuses réalisations de long métrage adapté du King (La ligne Verte, les Langoliers, coeurs perdus en Atlantide), qui interprête bien son rôle
de père brisé
. Quant à la B.O elle est particulièrement bien choisie pour l'atmosphère très décalé du film avec la reprise de Personal Jesus par Marylin Manson. Bref un film fantastique bien sympathique à voir, mais qui ne restera pas dans les mémoires.