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Teresa L.
21 abonnés
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4,0
Publiée le 18 mars 2013
Un des meilleurs Duvivier... il y a Le Vigan, René Lefèvre, déjà rien que ça devrait suffire. Même si la contrefaçon de l'accent anglais peut prêter à sourire, le film a un punch qui n'a pas trop faibli.
Film étrange, tourné en décors naturel au Maroc. Entre le film muet, la musique est très présente, et le film parlant, les paroles sont souvent inaudibles mais heureusement assez rares. Entre le dramatique et le comique. C'est un peu les cinq petits nègres aux colonies
Ce long métrage de Julien Duviviver, est une grosse, très grosse déception pour moi. Cette histoire de sorcier qui prédit à cinq amis une mort proche et imminente, n'est jamais intéressante et s'avère même lassante très rapidement. De plus l'interprétation n'est pas fameuse, notamment en ce qui concerne Harry Baur qui cabotine comme jamais, la bande sonore est désastreuse et la musique s'avère particulièrement saoulante. Bref, les cinq gentlemen maudits est un film insupportable, et qui s'oublie bien facilement.
Entre Rouletabille et Tintin, des aventures abracadabrantesques dans un Maroc mystérieux, au temps du protectorat. Il ne faut pas chercher la vraisemblance dans ce récit digne des meilleurs illustrés d'avant-guerre mais se laisser porter par cette histoire de malédiction dont les rebondissements ne manquent pas de surprendre. René Lefèvre et Rosine Deréan forment un couple charmant, soutenus par un Harry Baur débonnaire, bien loin de David Golder, et par l'inénarrable Le Vigan dans le rôle d'un (faux) Anglais. Comme souvent chez Duvivier, la caméra capte quelques plans de la vie autochtone, des visages et des rituels avec une vérité documentaire que l'on doit, en partie, au talent du chef-opérateur Armand Thirard.
Un jeune millionnaire e route pour le Maroc se lie avec des vacanciers. Sur place, une malédiction annonce leur mort prochaine à tour de rôle. Evidemment, la prophétie semble devoir se réaliser. Julien Duvivier inscrit l'intrigue dans un Maroc authentique, populaire et traditionnel. Et cette façon documentaire semble l'intéresser davantage que son histoire, laquelle gagne en exotisme ce qu'elle perd en densité dramatique. Cela dit, cette représentation du Maroc, hors d'un quelconque contexte, reste un décor de carte postale. Le sujet des cinq gentlemen maudits, dont trois sont fugitifs et insignifiants, tourne autour des personnages de René Lefèvre, le jeune homme riche, et de Robert le Vigan, en anglais avec l'accent. Harry Baur, lui, tient un second rôle anecdotique, en tant que témoin. Avec un peu de clairvoyance, on finit par deviner les dessous de l'ensorcellement. D'autant que Duvivier n'en fait pas, ou ne parvient pas à en faire une aventure à l'atmosphère irrationnelle ou mystique. De toute façon, le réalisateur, tout à son beau voyage marocain, met en scène de façon assez désinvolte, sans trop le souci de faire un film de suspense ou de type policier.
Quand il tourne « Les cinq gentlemen maudits » en 1931, Julien Duvivier a déjà derrière lui une solide carrière de cinéaste entamée en 1919 après avoir été scénariste pour Louis Feuillade ou Marcel L’Herbier. Son premier film parlant « David Golder » avec Harry Baur a été un succès. Il enchaîne donc dans la foulée avec ce film de commande tiré d’un roman d’André Reuze qu’il finira sans doute à tort par renier. Dans la plus pure tradition des films à suspense de l’époque le film avec le temps qui passe recèle bien des aspects dignes d’intérêt comme le recours aux décors naturels marocains, procédé très audacieux à cette époque où la technique du film sonore est encore balbutiante. Heureusement le texte souvent inaudible est assez rare, Duvivier étant encore fortement imprégné des modes d’expression du muet. Ce parti pris du décor naturel qui nuit un peu à l’action renforce aujourd’hui l’aspect documentaire du film et nous montre un Maroc où les traditions ancestrales n’ont pas encore disparu du quotidien. Par la même occasion on peut voir de la part de Duvivier une dénonciation féroce du colonialisme indiquée dès l’entame avec le contraste saisissant entre les laveurs du premier plan ressemblant à des esclaves et les riches colons jouant une partie de tennis sur leur luxueux yacht. A la vue de ces images tournées plus de vingt avant les premiers événements en Algérie on comprend qu’une telle domination fortement imprégnée d’arrogance et de mépris ne pourra que se solder par une révolte libératrice. La musique souvent baroque et incongrue de Jacques Ibert donne une tonalité fantastique au film qui renforce encore son charme désuet. Enfin on ne boude pas notre plaisir de retrouver aux côtés d’Harry Baur une fois de plus enclin à l’emphase, le génial et iconoclaste Robert Le Vigan affublé d’un accent anglais qui ne tromperait pas un élève de classe maternelle et un René Lefebvre dont on avait oublié qu’il avait lui aussi été jeune.
Ressortie en salle de cinq opus de Julien Duvivier réalisés pendant les années 1930 dont " les cinq gentlemen maudits" (1931).
Tourné en décor naturel au Maroc, " les cinq gentlemen..." vaut le coup d'oeil, ne serait ce que pour son atmosphère et le côté documentaire qu'il renvoie du Maroc des années 1930.
Le scénario qui repose sur une vague intrigue policière et de sort lancé à un groupe de français en visite dans le protectorat de l' époque, traduit le pouvoir corrupteur de l'argent, l'absence de valeur et la malhonnêteté d'une fausse élite autoproclamée, abusive, dépourvue d'humanité.
Le cinéaste retrouvera l'Afrique du nord quelques années plus tard en tournant un de ses plus beaux films " pépé le moko".
On retiendra une réplique prononcée par le personnage interprété par Robert le Vigan, étrangement prémonitoire où il fait état d'un voyage à Berlin.
On sait que l'attitude de l'acteur pendant l'occupation lui vaudra de sérieux problèmes à la libération ( il fera notamment partie du fameux voyage controversé à Berlin de certains acteurs de la continentale pendant la seconde guerre mondiale).
Harry Baur ne tient ici qu'un rôle secondaire, même s'il figure en tête d'affiche.
" Les cinq gentlemen..." malgré ses imperfections ( on est au début du parlant) en font un titre, un peu secondaire du cinéaste, mais qui mérite néanmoins d'être connu.
Pour mémoire, il fut diffusé au cinéma de minuit dans le cadre d'un cycle consacré à Duvivier ; témoignage de l'intérêt historique qu'il présente.