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-Vinz-
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3,5
Publiée le 17 octobre 2011
Une interprétation impeccable sur un rythme effréné. Plus qu'un film politique, c'est un film d'action... d'action politique! Un genre que j'apprécie moyennement, c'était donc pas gagné mais pourtant j'ai été passionné!
Un film sombre, oppressant et pessimiste traitant de la réalité quotidienne du pouvoir : compromission, renoncement, trahison, etc. Le ministre des transports est magnifiquement interprété par Olivier Gourmet, qui campe un personnage complexe, à la fois humain, simple, mais également rompu au cynisme inhérent à la politique politicienne.
Rares sont les films qui présentent la vie politique sous un angle quasi-clinique, sans emphase ni jugement. Ici, il s'agit de la vie quotidienne d'un ministre et de son cabinet, une équipe de femmes et d'hommes soudés par un emploi du temps sans répit, une solidarité non sans causticité contre tous les autres, Matignon, l'Elysée, les autres ministres, la presse. Bien sûr il faut traiter des thèmes importants, les "réformes", mais surtout faire face à tous les événements de la vie courante, déplacements sur le terrain, réunions permanentes, contact avec les élus, la presse... Ceci remplit abondamment les journées, épuisantes, stressantes. Le film ne développe pas de compassion pour les femmes et les hommes qui par goût du pouvoir, y compris dans ses avantages dérisoires, ont choisi cette course infernale qui broient les convictions face à la nécessité constante d'être bien vu par le PR (Président de la République), de réussir ses passages obligés devant la presse et de préparer l'étape suivante, l'inévitable fief local où les grands ambitions trouvent leur terreau nourricier. Pas de jugement hâtif non plus car ces gens restent humains, fragiles, et composent leur personnage public sur les fragment éclatés de leur personnage privé. Mais le jeu incessant et plein de pièges de la politique les coupe totalement de la société qui les entoure, sauf quand les événements brutaux rappelent les réalités de la vie. Le personnage du chauffeur fait le lien entre ces deux mondes, mais en reste sans voix... Le film au rythme intense épouse avec une précision méticuleuse la vie de ces acteurs du théâtre politique. Il est didactique, juste comme le jeu des acteurs - Olivier Gourmet et Michel Blanc sont excellents-, sans fausse note. On en ressort un peu désespéré devant l'impuissance de ces gens intelligents et compétents face à ce jeu complexe et finalement vain qu'on appelle "la politique". Il n'y a pas de thèse dans ce témoignage, une illustration sans concession qui n'ouvre aucune porte de sortie. Est-ce que "du sang neuf" est envisageable ? La film ne laisse guère de place pour y rêver.
La politique aura été au cœur du cinéma français ces derniers mois, après le documentaire Le Président (2010) sur Georges Frêche, l’introspection avec Pater (2011) et la comédie (semi-parodique) avec La Conquête (2011), cette fois-ci, Pierre Schoeller nous offre une toute autre vision de la politique de l’Etat, par le biais d’une partie d’échec ultra-réaliste où tous les hommes politiques jouent un rôle afin de rester dans la lumière (et surtout, au sein du gouvernement). L'Exercice de l'Etat (2011) suit les (més)aventures d’un Ministre des transports fictif, de ses aléas politiques (évènements tragiques, grèves, remaniements, nouvelles réformes, etc) à ses crises passagères, Pierre Schoeller nous plonge au cœur des arcanes du pouvoir durant près de 120 minutes à travers un réalisme palpable. Aucune fausse note, d’excellentes interprétations de la part du duo Olivier Gourmet / Michel Blanc, une mise en scène rythmée qui ne nous laisse aucun répit, sans oublier de savoureux dialogues corrosifs.
"Versailles", le film précédent du quinquagénaire Pierre Schoeller ne m'avait pas convaincu. Avec "l'exercice de l'état", son 3ème long métrage, la pente est plus que sensiblement remontée. Présenté à Cannes 2011 dans la sélection "Un Certain Regard", ce film complète parfaitement les 2 autres films politiques français de l'année, "La conquête", qui, lui, était hors compétition dans la sélection officielle et "Pater", en sélection officielle. "L'exercice de l'état" nous plonge dans la politique au plus haut niveau de l'état en nous montrant les féroces luttes de pouvoir, les compromissions, les lâchetés mais aussi les fidélités, tout cela dans un environnement de libéralisme économique de plus en plus prégnant. Olivier Gourmet est ici Bertrand Saint-Jean, le ministre des transports; Michel Blanc est Gilles, son Directeur de cabinet; Zabou Breitman est Pauline, responsable de la communication. En entrant dans ce film, on pouvait se douter que la vie d'un(e) politicien(ne) était une vie de chien, en en sortant, on en est convaincu. En entrant dans ce film, on pouvait se douter que la plupart des opérations annoncées par le gouvernement sont des opérations bidons. en en sortant, après avoir vécu de l'intérieur une opération de ce type "en faveur des chômeurs", on en est convaincu. Pourtant, ne nous méprenons pas, ce film n'a rien de populiste ou de poujadiste. La preuve : malgré tous leurs défauts, leurs magouilles, on arrive à avoir une certaine sympathie pour ce petit monde.
Un bon film, bien mise en scène et superbement interprété, mais l'ensemble manque de chaleur et de sentiments profonds pour que ça me touche vraiment. Du beau boulot, en particulier pour les acteurs.
Filons la métaphore routière. Ca démarrait bien, avec un ministre non issu d'un quelconque sérail, ni élu, ni héritier, et un dircab énarque bon teint rompu à tous les accidents du pouvoir. Ca parlait intelligemment de la haute fonction publique, des cabinets ministériels et des agenda fous d'un ministre. et voilà qu'au lieu de continuer à tenir un film sérieux, intelligent, documenté, Schoeller fait une première sortie de route avec un épisode parfaitement grotesque où le ministre envoie promener son officier de sécurité pour aller picoler dans la caravane du chomeur longue durée qu'il a pris comme chauffeur. Puis ça continue avec l'accident spectaculaire sur une bretelle d'autoroute fermée. On ne comprend pas le pourquoi de ces beaux tonneaux et de ces images gores mais en tous cas, arrivée à ce stade, j'étais totalement exaspérée de ce gâchis. Ca finit un peu mieux avec un retour à la politique "normale" c'est à dire pleine de coups tordus et de trahisons. Concernant les acteurs Michel Blanc est bon de bout en bout. Olivier Gourmet l'est au début et passe à ses habituels numéros de cabotinage dès qu'on entre dans les scènes ridicules. Au final, le sentiment d'avoir vu de loin quelque chose qui aurait pu être un bon film politique et d'avoir vu de près le ratage de ce film.
"L'exercice de l'Etat" monte en puissance lorsqu'il pousse son personnage à choisir entre ses convictions et son ambition. Le final, cynique a souhait, complète le tableau réaliste d'un monde politique de peu de valeurs.
Les critiques ont été étonnement complaisante avec ce film selon moi plutôt pas terrible. Certaines scènes sont totalement hors propos et certaines situations vraiment improbables pour un film qui se veut réaliste. Alors certes certains mécanisme politiques sont démontés avec éloquence mais cela ne suffit pas à en faire un bon film. L'exercice de l'état est lent et souvent ennuyeux, doté en plus d'une bande son discutable qui à le démérite de rendre certains dialogues inaudibles. Un sujet intéressant mais un film bancal.
Le sujet était difficile à traiter sans tomber dans la caricature. L'écueil a ici été évité. La surprise vient de l'actualité de ce film qui sonne juste, l'emploi d'images d'archives, de noms réels et de situations vécues y étant pour beaucoup, en mettant de côté le projet de privatisation des gares, quoique... En tout cas, on ne s'ennuiera pas pour peu que l'on soit attentif au monde politique. La réalisation est propre, et la musique dans le ton. Un petit reproche toutefois ; la scène post-accident qui traîne un poil en longueur.
Si les critiques sont dans l'ensemble bonnes, je n'ai pas vraiment accroché à ce film. Long, mou et complexe, on a du mal à comprendre quel est le message que l'on souhaite nous faire passer à travers ce drame.
Un film politique neutre, précis, critique et intéressant comme on en fait rarement. L'Exercice de l'Etat présente le quotidien d'un homme d'Etat, ses habitudes, ses fonctions, ses obligations, ses erreurs, etc... Le long métrage est suffisamment sobre et objectif pour passionner et ne pas entrer dans un mauvais procès de la fonction politique.