L'Exercice de l'Etat
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475 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 3 octobre 2012
Quand on regarde ce film, on n’envie vraiment pas la vie d’un ministre ; au-delà d’une journée à plus de 20h de boulot, au-delà des mains tendues, des discours de circonstance, c’est le reniement de ses propres convictions auxquelles il doit faire face, au nom de je ne sais quel idéal. Et que dire de ceux qui gravitent autour de lui : le directeur de cabinet, les conseillers et les chauffeurs. Certes, il en faut des hommes et des femmes pour conduire un pays, pour que les citoyens puissent tant mal que bien profiter des 35h, d’avantages sociaux... Voilà un film qui décrit avec justesse, il me semble, les coulisses du pouvoir avec les manigances, les petits arrangements, les reniements, les phrases assassines, les petits complots de bas étage, à travers un simple ministère des Transports. Ce n’est pas très sexy et pourtant, le réalisateur a réussi à m’intéresser avec cette privatisation éventuelle. Tout ça ramassé en trois jours. Un film énergique comme à l’image des pions politiques qui s’activent comme des particules indisciplinées. Olivier Gourmet traduit à merveille cette énergie. Son impuissance à imposer ses convictions sont confrontées par sa lâcheté de démissionner. Le pouvoir et ceux qui le fréquentent de trop près révèlent la part d’ombre de chacun. Pour assumer des hautes fonctions de l’Etat et peu importe son ministère, il faut délaisser ses idéaux, ne pas craindre de se salir les mains. On se demande s’il n’y avait pas des hommes aussi accrochés au pouvoir, s’ils devaient démissionner à chaque fois qu’un sujet les contrarie, le pays serait certainement déséquilibré. Et pourtant, le pays est en rupture constante d’équilibre et les composants de la politique jouent difficilement le rôle du balancier mais suffisamment pour que le peuple dans son ensemble continue d’avancer. Michel Blanc est remarquable de retenu. Le dernier plan est poignant avec Olivier Gourmet en avant plan, impuissant à retenir un ami qui marche dignement dans la profondeur de champ vers une sortie décidée par le Président. spoiler: Olivier Gourmet ne sera pas l’homme de la réforme, à défaut de démissionner, il accepte un autre ministère qui correspondrait à ses aspirations personnelles. S’en sortira-t-il pour autant ?
Schoeller ne nous dit pas si ce gouvernement est de gauche ou de droite, mais nous savons tous qu’un fauteuil ministériel déforme ou impose par l’évidence même des contraintes du libéralisme mondial une posture contraire à ses aspirations. La tirade de Didier Bezace est très instructive. La musique à résonance métallique est froide comme la mentalité d’un politique. Voilà un film de pouvoir réussi et très intense.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 décembre 2012
Intéressante immersion dans le monde politique mais qui malheureusement, part un peu dans tous les sens...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 4 novembre 2011
Une carrière politique ascendante, les compromissions entre les idéaux et la dure réalité du terrain, le rôle des communicants et des spins-doctors : deux films abordaient de front le monde politique cette semaine. Cet Exercice de l’état, donc, petit film français discret et Les marches du Pouvoir de Georges Clooney, gros film américain à casting clinquant et revenant du festival de Venise. La comparaison est inévitable et elle n’est – ô surprise- pas à l’avantage du VRP de café en capsules. Là où Clonney était pataud, clicheteux, ennuyeux et sans envergure, ce film est incroyablement fin, précis, passionnant et plein de surprises

Dès la première scène onirique, le réalisateur combine avec une habileté diabolique son cocktail, entre prise forte sur le réel, et ce qui semble parfois n’être qu’un grand cauchemar à rallonge, manière de souligner l’artificialité et l’éloignement de ces vies, bien loin de toute forme de réalité quotidienne.

Un des grands mérites du film, c’est son refus du simplisme. Aucun de ses hommes politiques n’est un salaud fini, chacun semble se battre à la fois pour sa place, mais aussi parfois pour ce qu’il croit. Plutôt que de tous les jeter dans le même sac, Pierre Scholeller décortique, analyse les jeux de pouvoirs, les relations de Palais, le rôle de spin doctors, ces hauts fonctionnaires qui changent de champions et de ministères. Le réalisateur ne condamne pas, il questionne, observe, intègre les cercles de décision. C’est rafraichissant, stimulant, et porté avec toute la finesse et la hargne nécessaire par Olivier Gourmet et Michel Blanc.

Car la compromission est ici finement amenée, progressive, presque implacable. Doucement, l’étau se resserre autour d’un ministre qui va devoir petit à petit prendre sur lui malgré ses éclats ou ses coups de gueule. On apprécie la précision du montage dans la reconstitution de journées marathon, pendant lesquelles on voit passer des images qui ne sont que trop familières. Monsieur le ministre sur les lieux du drame. Monsieur le Ministre fait ses communiqués. Monsieur le Ministre attend l’arbitrage de Matignon après s’être écorché avec son collègue du budget par radio interposée.

Ce jeu d’acteur qui se transforme en jeu de massacre nous amène presque dans le polar, voire dans le film fantastique. Chaque fois que le ministre « sort », c’est l’occasion d’une scène incroyable, inattendue, que ce soit sur cette autoroute déserte, ce dramatique accident de car dans la neige ou encore cette mémorable cuite dans la caravane de son chauffeur.

Un film admirable, intelligent, percutant et brillant. Une vraie fierté nationale.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 novembre 2011
Attention chef-d'oeuvre ! "L'exercice de l'Etat" est un film coup-de-poing qui secoue le cinéma français et le sort enfin de sa torpeur. Cette plongée dans les arcanes du pouvoir prend la forme d'un thriller haletant, d'un véritable film d'action : le combat titanesque d'un homme contre des forces qui le dépassent. Et au coeur de ce tourbillon spectaculaire, une réflexion puissante et subtile sur les enjeux mêmes de notre démocratie. Rien que ça. Car on assiste à la fois au combat d'un ministre d'ouverture contre le rouleau-compresseur de la machine d'Etat qui s'acharne à broyer le politique, mais aussi à la vampirisation de cet homme par la lutte du pouvoir. Dépassant le clivage gauche/droite et évitant le cynisme facile, le film s'intéresse à comment fonctionne en 2011 l'Etat républicain et comment il a pu se couper à ce point de la réalité. Car le constat est terrible : le geste politique a fait place à une frénétique opération de gestion médiatique et le coeur du pouvoir s'est excentré dans le privé, transformant les différents ministères en courroies de transmission. Face à cette dépossession, il ne reste guère plus comme horizon au politique que la lutte de pouvoir, aussi impitoyable que stérile. Pourtant, il y a toujours au coeur de la tourmente, des hommes qui se débattent, qui s'accrochent à leurs lambeaux d'idéalisme... C'est le système qui a conduit cette démission de l'Etat, le politique y est étouffé, mais revient par bouffées, porteur d'un possible mais vacillant espoir. En plus de ce constat virulent et lucide, Pierre Schoeller dessine aussi le parcours d'un homme qui ploie sous la bête, et donne au film l'ampleur d'une tragédie. La justesse saisissante des dialogues, la force des situations, un vrai sens de la mise en scène et une incroyable humanité : rarement film atteint une telle intensité. A la fois intime et universel, onirique et saisissant de vérité, tout le temps palpitant, "L'exercice de l'Etat" est une incroyable proposition de cinéma, comme on n'en a pas vu en France depuis des années. A voir absolument !
DaeHanMinGuk
DaeHanMinGuk

231 abonnés 2 457 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 avril 2016
Un film tout en complexité avec des vrais personnages profonds comme je les aime, un point de vue intéressant car réaliste sur le pouvoir et des dialogues recherchés et bien sentis.
Cela commence très bien et très fort puis il y a quelques baisses de rythme qui sont un peu préjudiciables au film. Néanmoins, le scénario est vraiment très bien : on vit la vie du ministre et de son cabinet par procuration. D’ailleurs, on s’aperçoit qu’il n’y a pas tant de différence entre la haute administration de l’Etat et le privé en terme de milieu professionnel, même si les coups tordus sont plus durs au sommet de l’Etat qu’à la « base » de la société dans laquelle je travaille. Ce film visionnaire aborde l’état réel dans lequel est la France et le plan de rigueur / austérité de nos 10 prochaines années avant même que celui-ci n’ait été annoncé par notre vrai gouvernement.
Le thème du film m’a fait penser au film « Président », sorti en 2006, avec Albert Dupontel mais la qualité est un cran au-dessous par certains choix plus que discutables. Ainsi, j’ai été un peu heurté par certains choix de la bande originale du film qui ont eu tendance à agresser mes oreilles et, dans un tout autre domaine, quelqu’un pourrait-il m’expliquer l’intérêt de la scène d’ouverture spoiler: (celle de la femme nue qui entre dans la gueule du crocodile)
? En effet, j’ai eu du mal à comprendre ce rêve du ministre, même si à n’en pas douter, ce fut sans nul doute une scène sympa à tourner pour le réalisateur ;-)
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mars 2017
C’est la chronique froide, quasi documentaire, de la vie du ministre des transports, Bertrand Saint-Jean (excellent Olivier GOURMET), entouré de son directeur de cabinet (Michel BLANC) spoiler: qui écoute, chez lui, le discours d’André Malraux lors de l’entrée de Jean Moulin au Panthéon en décembre 1964
et de sa directrice de communication (Zabou BREITMAN), horripilante par son cynisme, à travers le quotidien : présence lors d’un accident de car dans les Ardennes, rencontre d’ouvriers en grève, contorsions gouvernementales concernant la privatisation des gares, détestation par les autres ministres du gouvernement. Les nombreuses récompenses qu’a obtenues le film sont méritées. A signaler que le film est coproduit par les frères DARDENNE, Jean-Pierre et Luc et que la musique est écrite par le frère du réalisateur, Philippe SCHOELLER. 
cbio
cbio

7 abonnés 115 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 13 mars 2012
Vrai film de science fiction : spoiler: un ministre sort de son lit en pleine nuit pour aller voir un accident de bus dans les Ardennes, affronte seul une foule de syndicalistes en colère, recrute son chauffeur à l'ANPE, passe la soiré dans sa caravane, fait mine de refuser la nationalisation des gares après avoir nationalisé les ports...
Quel est l'objectif de ce film, à part la pub bien lourde pour winston ? Ne rend il pas humain et sympathique ce qui ne l'est pas. Comme ce chef de cabinet qui se découvre une conscience en fin de carrière, obligé de redevenir préfet le pauvre garçon.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 23 novembre 2011
De l'avis même d'un ancien membre de cabinet ministériel, c'est tout à fait ça jusque dans les moindres détails. Et l'intrigue est intéressante, ce qui ne gâche rien.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 5 novembre 2011
Très déçue par le film, surtout après avoir lu la critique dytirambique (et à posteriori incompréhensible) de Télérama. Le film alterne entre accidents de la route plus dégoûtants les uns que les autres, musiques de tams-tams assourdissantes, et rêves bourrés de symboles à en crever. Ce qui tient lieu d'intrigue tourne autour de la privatisation des gares, dont on ne saura bien sûr pas les tenants et aboutissants, pour mieux pointer du doigt une idée plus ou moins discutable, mais qui semble ancrée dans le crâne du réalisateur : les politiques agissent trop pour avoir le temps de réfléchir, et n'ont pas de réelles convictions. Avec leurs blagues potaches et leur façon d'être vulgaire, ils ont l'air d'imposteurs au sein des magnifiques palais de Paris. Un film caricatural qui personnellement ne m'a rien apporté, je le déconseille.
Frédéric M
Frédéric M

26 abonnés 338 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2012
Film très réaliste. Grandes performances d'Olivier Gourmet et de Michel Blanc. Des idées aussi : le repas dans la caravane, l'accident sur une autoroute déserte et fermée. Déjà que certains pensent que politique = démagogie, ce film ne va pas leur faire changer d'avis lol
le clunisois
le clunisois

10 abonnés 214 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 décembre 2011
Les films politiques sont dans l’air du temps. Celui-ci, bien qu’étant purement fictionnel, est à mon sens de loin le plus réussi. Rarement on a aussi bien compris le fonctionnement de « l’exercice de l’état », et le conflit entre les convictions et les -légitimes- ambitions. A ne pas manquer (attention, cependant, quelques images peuvent heurter les âmes sensibles).
Paul F.
Paul F.

13 abonnés 246 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 novembre 2011
C’est en effet un très bon film que cet Exercice de l’Etat. Une bo en béton en harmonie parfaite avec la gravité et la puissance du sujet. Le couple Blanc / Gourmet est détonnant. Michel Blanc, comme à son habitude, est parfaitement convaincant en directeur de cabinet froid et lucide. Tout va très vite chez ces hommes pressés, avides de pouvoir, et dont la seule préoccupation semble être la prise de décisions importantes, sur des sujets tout aussi importants. La puissance du pouvoir et ses conséquences, jouissives parfois, dévastatrices souvent, comme cet effroyable accident filmé de l’intérieur avec une force telle qu’on s’y croirait, et ça fait froid dans le dos, toute la salle à décollée de son siège. Je mets donc cinq étoiles et le recommande fortement.
halou
halou

153 abonnés 1 532 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 octobre 2012
Infiltrer le monde des ministres à travers celui du transport magnifiquement interprété par Gourmet est ici une réussite tant le film n'use pas d'artifices qui auraient plombé ce travail. Subtil et complexe.
John Henry
John Henry

127 abonnés 731 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 décembre 2011
Schoeller s'essaye à dresser le portrait d'un homme politique plus ou moins lambda, tiraillé toujours entre sa propre nature, ses fidélités, ses ambitions et son coté intouchable.... Si le film maintient toujours un suspens un peu superficiel, c'est parce qu'il n'a finalement pas grand chose à dire de ces hommes, simplement paradoxaux, parfois ivres de pouvoir, obnubilé par l'exercice de l'Etat...
klap2fin
klap2fin

20 abonnés 378 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 7 mars 2012
Je ne reconnais qu’une seule qualité à ce film, c’est son excellent casting, pour le reste c’est long, c’est lent, sans aucun intérêt et je ne vois toujours pas ce que le réalisateur a voulu prouver ou démontrer avec ce film franchement ennuyeux.
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