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Un visiteur
3,0
Publiée le 26 mars 2013
Film bien dans l'ensemble, les décors et la représentation de l'époque est trés bien faîtes, mais je m'attendais à plus de rebondissements et une fin autre.... Les acteurs sont excellents.
Les couvents n'ont toujours été que des prisons, dans lesquelles s'enferment de jeunes gens avant d'avoir vécu. Suzanne (Soeur Suzanne) se rebelle contre cet enfermement non voulu et suite à la cruauté sans nom et injuste de ses congénères et de trois mères supérieures aux caractères caricaturaux : la fausse mère aimante et maternelle, la mère bourreau et la mère éprise. Pauline Etienne est formidable en jeune soeur contrainte. Tout ici nous entraîne vers des questionnements propres : Comment aurions-nous réagi? La force de Guillaume Nicloux est d'en avoir fait un film résolument moderne.
beau film, certe! trés bien joué, mais quand on sait que cette histoire a pu être réelle, on se dit que le couvent est pire que le millieu carcéral.... une fin heureuse, quand même ....
C’est superbement filmé et les acteurs sont tous impeccables. En effet la jeune Pauline Etienne (Suzanne Simonin dans le film) joue à merveille. Les dialogue quand à eux ont été soigneusement épurés afin de bien restitué l’atmosphère cléricale de l'époque. Ce film à l’esthétique soignée est une véritable leçon de cinéma. 4 étoiles
A cette version je préfère, et de loin, celle de Jacques Rivette avec une Anna Karina sublissime... Cette version, si elle m'a intéressé au début, m'a vite ennuyé... Pauline Etienne est plutôt bien, Louise Bourgoin est parfaite, seul Isabelle Huppert m'a donné l'impression d'en faire beaucoup..!
Guillaume Nicloux prend ses distances avec l'oeuvre de Diderot. Il rend sa Suzanne plus combative que dans le roman et surtout il en atténue le pamphlet anticlérical. Son propos plus moderne dénonce encore plus les endoctrinements de toutes sortes que les dogmes eux-mêmes. Si Diderot était un visionnaire, Nicloux en est son messager.
Pauline Etienne (Suzanne) irradie l'écran de sa grâce. Son naturel est bluffant jusque dans la souffrance. On la sent transcendée par le rôle. Après les Emilie Dequenne ou autre Deborah François, le cinéma belge nous dévoile un nouveau talent. Si j'ajoute que les images intérieures comme extérieures sont d'une beauté à couper le souffle, il en ressort que Guillaume Nicloux signe ici une merveille d'esthétisme et sans doute sa meilleure production.
Un bémol cependant pour en faire un chef-d'oeuvre. Le film un peu lent, mais c'est relatif, ne prend véritablement son envol qu'à l'apparition d'Isabelle Huppert, toujours aussi juste. Et Louise Bourgoin surjoue.
Cette version de La Religieuse éclipse à mon avis celle de Rivette, longtemps censurée, dans les années 60.
Depuis plus de vingt ans déjà, Guillaume Nicloux nous offre une filmographie variée bien qu'assez noire (La clef, Cette femme-là, Une affaire privée...), et plutôt agréable (malgré l'accident Le concile de Pierre). Après un tout de même assez mitigé Holiday en 2010, il nous étonne aujourd'hui en adaptant le roman de Diderot (scandaleux pour l'époque) La religieuse. Contre toute attente, j'ai trouvé cela très réussi. Que ce soit sur le plan de la mise en scène...
Adaptation tirée au cordeau de l'oeuvre de Diderot sur le plan historique, plongée esthétique, lumineuse et sulfureuse dans le XVIIIème siècle, époque à laquelle les filles n'étaient pas maîtresses de leur destinée mais soumises à la volonté de leur famille. Au fond d'un couvent, Suzanne, l'agneau révolté du sacrifice, doit devenir religieuse pour expier la faute de sa mère. L'interprétation des quatre actrices principales est remarquable. (Louise Bourgoin est particulièrement impressionnante et convaincante en mère supérieure froide, cruelle et perverse) Au final, un film magnifique et captivant !
Un film très hermetique, un peu dans la veine du Thérèse d'Alain Cavalier en 1986. Une mise en scène dépouillée, avec des situations poussées à l'extrême (Louise Bourgouin glacante en none sadique, et Isabelle Huppert peu crédible en lesbienne hystérique) Il reste l'actrice principale, qui m'a mise plutôt mal à l'aise... au final une oeuvre anti cléricale qui va apporter de l'eau au moulin des détracteurs religieux
L'adaptation très austère du roman de Diderot réalisée par Jacques Rivette en 1966 avait fait sensation au point que le film avait été interdit pendant quelques mois. Il ne risque pas d'en être de même avec cette nouvelle adaptation, bien moins austère cependant, signée Guillaume Nicloux.
Les temps ont changé et l'on admet volontiers aujourd'hui que les communautés religieuses peuvent être le théâtre de graves dérives. Pas plus que le film de Rivette, celui de Guillaume Nicloux ne s'en prend à la religion en tant que telle ni même à l'Eglise en tant qu'institution. L'héroïne du récit, Suzanne Simonin, est contrainte par sa famille d'entrer en religion comme on disait alors. Après s'être rebellée, elle se résoudra à prendre le voile, mais comme il n'y a pas en elle la moindre trace de véritable vocation, elle luttera jusqu'à ce qu'elle puisse se sortir de ce guêpier! En attendant, elle passera entre les griffes de deux communautés et donc de deux mères supérieures aux méthodes antagonistes mais toutes deux perverses. Malgré cela, malgré ce qu'on lui fait subir, il est à noter que Suzanne Simonin garde la foi: celle-ci n'est pas remise en question et on la voit, à plusieurs reprises, en train de prier.
Le sujet est intéressant et, même s'il semble d'un côté vieillot (on n'oblige plus qui que ce soit à entrer en religion!), il reste d'actualité d'un autre côté, car il peut toujours y avoir ici ou là de graves dérives au sein de communautés religieuses.
Là où le bât blesse, là où le film de Guillaume Nicloux paraît bien faible cependant, c'est dans sa mise en scène. Souvenons-nous d'un autre film, sorti il y a quelques mois, et qui lui aussi dénonçait de terribles dysfonctionnements au sein d'une communauté religieuse: je veux parler d'"Au-delà des collines" de Cristian Mungiu, remarquable dans sa mise en scène, inventif et, du coup, passionnant d'un bout à l'autre. Ici malheureusement, tout apparaît bien plat: pas un plan vraiment intéressant! Certes les actrices de "La religieuse" sont toutes excellentes, mais le film manque de relief et on s'ennuie un peu. C'est bien dommage mais, à cause de ce manque d'originalité dans sa réalisation, l'impression que l'on garde, après avoir vu ce film, reste très mitigée. 6/10
Bof bof cette retranscription ultra classique et scolaire du chef d'oeuvre de Diderot. Où sont la passion, la subversion, la folie ??? J'avais une autre image de Suzanne, ici pauvre petit moineau qui pleure à quasi tous les plans... Isabelle Huppert ne créé plus la surprise dans ce registre de perverse sexuelle... Et Louise Bourgoin joue de façon tellement monotone ! Les costumes sont magnifiques, mais un peu trop proprets à mon goût... Bref, tout est lisse, un peu fade, et ne sert pas le propos... Dommage ! Ah j'oubliais : cette fin est franchement nulle, en plus d'être totalement incohérente... Ceci dit, on ne passe pas un mauvais moment, mais pas un bon non plus... Un peu à l'image de ce film, qui manque clairement d'un vrai parti pris !
Après le polar bien noir – « Cette femme-là », « Le Concile de pierre », « La Clef » – Guillaume Nicloux, metteur en scène français, s'attaque à Diderot en transposant une nouvelle fois à l'écran son roman « La Religieuse », après une première adaptation cinématographique, en 1968, intitulée « Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot » et censurée à sa sortie.
Impact fort à la fin des années 60, le sujet de l'Eglise réglementaire, restrictive et inquisitrice avait de quoi fasciner. Thématique un peu désuète de nos jours, on se demande pourquoi Nicloux s'est amusé à « remaker » le bouquin de 1796.
Boursouflée d'un ennui mortel, sans profondeur, académique, besogneuse … autant de qualificatifs péjoratifs pour désigner cette nouvelle adaptation de l'œuvre du philosophe Diderot.
Sans compter que l'on assiste, sous nos yeux écarquillés, à la naissance d'une comédienne affligeante, la jeune actrice belge Pauline Etienne, qui interprète Suzanne Simonin de façon collégiale en récitant son texte à la manière d'une poésie. Affligeant on vous dit ! Isabelle Huppert s'enferme, quant à elle, dans le carcan des rôles extrêmes en incarnant une mère supérieure à l'homosexualité refoulée. Après ses passages remarqués dans « Un Heureux Evénement » puis « L'Amour dure trois ans », Louise Bourgoin confirme son talent, se révèle étonnante en ecclésiaste stricte et sauve un peu l'ensemble.
Bilan : Une adaptation poussiéreuse de « La Religieuse » de Diderot, avec une Pauline Etienne qui joue sans grâce aucune la nonne rebelle.