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José Spéré
2 critiques
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2,5
Publiée le 27 décembre 2021
Mouais ... de l'anticléricalisme de base s'exprime dans la réalisation, alors que justement dans le fond ce n'est pas l'Eglise qui est coupable du malheur de cette fille, mais bien la vie légère de sa mère et sa lâcheté. Donc déjà ça crée un paradoxe désagréable. Ensuite le phénomène de l'homosexualité et des relations affectives complexes au sein des couvents, pourrait être un sujet riche, mais ici c'est traité avec mépris, au final. Donc en somme, c'est long, ça a failli être intéressant et intense, mais c'est raté.
Cette mise à l'écran de l'oeuvre de Denis DIDEROT est une réussite.
Avant de voir le film, j'avais des appréhensions négatives compte tenu de l'ancienneté de l'oeuvre et du sujet. Mais cette oeuvre est intemporelle, la mise en scène et la réalisation sont réussies. Le côté minimaliste de la réalisation (d'habitude je ne suis pas amateur de ce genre de réalisation) permet de se concentrer sur l'histoire et entretien le côté sombre de l'histoire.
Les acteurs ont su s'imprégner des personnages. On n'a donc pas l'impression de voir un film du XXIe siècle en costumes du XVIIIe.
Franchement on tenait là le scénario idéal pour réaliser un grand film. Mais le réalisateur s'emmêle les crayons et cela se voit. Encore une fois est-il nécessaire de faire appel systématiquement à certaines actrices connues et complètement hors-sujet dans leur composition du moment? Excepté le casting masculin celui des femmes est loupé, Un film contenu, peu convaincant. Il faut sortir des sentiers battus!
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1,0
Publiée le 27 septembre 2020
Je suis fan de Diderot en passant par Rousseau. Et son roman était intéressant dans la structure basée sur la lettre. Il était plutôt avant-gardiste pour l'époque en ce sens que si les Lumières remettaient directement en question de nombreuses idées statistiques et institutionnelles très peu d'écrivains des Lumières incluaient les femmes dans leurs considérations. Cela dit les avis des utilisateurs ici et en particulier les avis professionnels sont un peu exagérés en raison de l'absence de contexte. Premièrement presque toutes les personnes étaient enfermées dans la vocation, pratiquement jamais de leur choix comme tout dans leur vie. Il est certain que les femmes mariées étaient soumises à un contrôle et à une violence ce qui fait pâlir quoi que ce soit dans La Religieuse en comparaison. Il en était de même pour n'importe qui d'autre pendant la majeure partie de l'histoire humaine. Soit ouvertement possédées ou liées à la terre et à leur poste et sujettes à la violence des seigneurs de guerre ou de l'État pour avoir dénigré cela. Certes au milieu à la fin du 18e siècle les nonnes mangeaient mieux étaient plus sûrs à presque a tous les égards que la plupart des autres personnes et certainement que la grande majorité des hommes qui étaient beaucoup plus susceptibles d'être intronisés dans l'armée comme chair à canon. Encore une fois la version de 1966 est meilleure et mieux encore est de lire le roman car avec ce film on a a faire a vrai un raté...
LA VIE CREVEE. L'enfer emmuré par une Pauline pleine de grâce. Le récit et l'écriture du corps par des mets et des maux. La croix et la manière d'une vie claustrale avec tout ce qui peut assombrir l'âme. Enfermé dans sa mise en scène, Nicloux ni souffrance. Alléluia.
En adaptant l’œuvre de Denis Diderot, Guillaume Nicloux dépeint la religion comme une prison. Prison des corps (tout le décors du couvent avec ses cellules, son parloir… ressemble à un centre de détention) et des esprits, l’obéissance servile étant le seul choix laissé à l’héroïne.
Je n'attendais pas grand chose de ce film. J'avais même peur de m'ennuyer et de m'endormir sur mon confortable canapé. Mais, malgré un style sobre, l'histoire est assez prenante, les actrices excellentes, et finalement on se prend au film, avec l'envie de le suivre jusqu'à la fin.
La critique voire la dénonciation représentent sans doute l’une des libertés les plus chèrement arrachées au sable de la servitude mentale et à la gangue de tous les conformismes. Mais se faire critique exige une absolue honnêteté. Toute caricature prend nécessairement la face hideuse de la bétise « au front de taureau ». Ce film en est malheureusement une illustration. Je ne pense pas qu’aucun participant de cette fable ait jamais passé le porche d’un monastère. Il aurait fallu montrer ce qu’il y avait de grand dans la vie monastique pour en percevoir le terrible. On passe entièrement à côté du sujet.
C'est un film épuré ... une très belle épure. Les images sont belles (du moins durant les trois quarts du film). ll y a beaucoup de force émotionnelle dans cette mise en scène plastiquement réussie. De surcroît, l'héroïne incarnée par Pauline Étienne a un jeu superbe. Il est criant de sincérité. Le dernier quart est un peu en-dessous, tant dans la mise en scène que dans la construction scénaristique. Dommage. Cela dit, ce film mérite d'être vu. Il ne laisse pas indifférent, notamment d'un point de vue cinématographique.
Un film qui montre bien à quel point les institutions religieuses de l'époque pouvaient être dures, empreintes de fanatisme et quelquefois habitées par de véritables tortionnaires ! Pauline Etienne est remarquable dans le rôle de cette jeune femme sûre d'elle, qui ne plie pas devant ces tortures parce qu'elle est habitée par ses convictions. Isabelle Huppert fidèle à elle-même et à son talent dans le rôle de cette mère supérieure totalement sous l'emprise de ses dilemmes sentimentaux et mystiques. Toutefois j'ai trouvé qu'il y a avait quelques longueurs, sans doute volontaires. Tout me parait centré sur le but de la jeune fille et le reste est un peu morose. La trame du film m'a paru un peu "chloroformé". En d'autres mots ce film a un côté un peu austère et ennuyeux qui à mon sens gâche le propos. Reste la réalisation qui est bien restituée, l'ambiance du XVIIIe siècle, période des "Lumières" qui avaient bien du mal à éclairer certaines zones obscures de la société religieuse de l'époque, même si elle tente de le faire au travers de certains personnages du film qui s'efforcent d'extraire la jeune héroïne d'un destin qui n'est pas le sien.
La rigidité est aussi dans les visages. L'interprétation est remarquable et l'histoire terrible. Un film soigné et déroutant sur le chemin de cette jeune femme vers la liberté contre tous.
Le film ne doit, à mon sens, pas être pris trop au sérieux. Isabelle Huppert est très drôle en nonne perverse et machiavélique. L'image est remarquable.
"La Religieuse" est une nouvelle adaptation du roman de Denis Diderot . Cette version aborde le sujet du cloître d'une autre façon que celle proposée dans le film de Rivette . Pauline Etienne semble désemparée et triste , alors qu'Anna Karina est plus combative . Les actrices sont excellentes . Mais j'ai remarqué beaucoup d'erreurs concernant la vie au couvent : spoiler: les religieuses parlent au repas , la sœur se promène les bras ballants . Et je n'ai pas aimé la fin . ( Trop optimiste et moins fataliste que le roman et le film d'origine).
Guillaume Nicloux s'attaque à l'adaptation de l'oeuvre anticléricale de Denis Diderot, La Religieuse. Jacques Rivette l'avait fait avant lui en 1967 s'attirant l'ire des autorités religieuses aboutissant à la censure drastique du film. 40 années plus tard, les moeurs ayant évolué, cette nouvelle adaptation peut voir le jour sans crainte.
Une chose frappe dès les premiers plans de La Religieuse, le soin apporté aux images. Le grain rend les couleurs chatoyantes et certaines scènes éclairées à la bougie rappellent la beauté austère de Barry Lyndon, la fresque historique de Stanley Kubrick. Bien sûr, Guillaume Nicloux n’a pas la prétention d’imiter le cinéaste britannique et parvient à éviter l’écueil qui consisterait à nous étouffer dans la froideur du couvent. Au contraire, le travail sur la photographie met en avant les couleurs et magnifie les décors épurés du film sans tomber dans le piège facile du portrait froid d’un milieu monacal. Au-delà de ça, le metteur en scène ne multiplie pas les effets de style mais opte pour une mise en scène sobre, peut-être trop descriptive parfois mais qui convient à la tonalité du film qui s’éloigne du pamphlet anticléricale de Diderot pour pencher vers une plaidoirie pour la liberté.
La jeune actrice belge Pauline Etienne campe Suzanne, la religieuse qui se rebelle contre l’autorité. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la comédienne est totalement habitée par le rôle ; son physique gracile et frêle contraste avec son mental, robuste et dur comme de la pierre. On ressent toute sa fragilité et toute sa force à travers les yeux malicieux de Pauline Etienne. Les moments les plus marquants restent notamment les affrontements entre Suzanne et Sœur Christine, la Mère Supérieure, incarnée par une étonnante Louise Bourgoin. Les deux femmes se livrent à un numéro hallucinant de victime et de bourreau qui accroche le cœur et prend aux tripes. L’ex-miss météo de Canal+ n’est pas loin de nous rappeler nos « bons souvenirs » de la glaçante infirmière Ratched de Vol au-dessus d’un nid de coucou. Isabelle Huppert livre également une performante très dérangeante dans la peau d’une Mère supérieure un peu trop tactile malgré son peu de présence à l’écran. Frôlant parfois avec le burlesque, l’actrice reste toujours sur la brèche mais convainc tout de même, grâce notamment à sa relation troublée avec Suzanne.
Guillaume Nicloux n’a pas fait ce film dans le but d’en faire une charge contre l’Eglise et une fausse œuvre subversive stipendiée. Il s’élève plutôt contre le dogme que contre la Foi en elle-même. Suzanne, malgré sa rébellion contre le système ecclésiastique, ne renonce pas à sa Foi qui est ancrée en elle. Elle revendique seulement son droit à la liberté de choix face à un système inique, ce qui est d’une actualité brûlante en ces temps troublés où l’aliénation religieuse a été remplacée par l’idéologie dominante de la société de consommation qui enferme les gens dans un système de pensée unique encore plus aliénant que ne l’était l’Eglise en ces temps obscurantistes.
La religieuse, loin de l’œuvre austère et froide que l’on pourrait subodorer, se révèle être un film à la fois subversif et dérangeant et une véritable ode au libre-arbitre et à la liberté de choix, surtout celui de croire en Dieu ou non.