Adapté du roman éponyme de Denis Diderot, un long-métrage de Guillaume Nicloux tout d'abord remarquable pour son propos tout en nuances, bien moins frontal que dans des films comme "The Magdalene sisters" de Peter Mullan autour des thématiques inhérentes au genre du film de religieuses comme le désir de liberté, d'indépendance d'esprit dans la société patriarcale et puritaine des années d'avant la Révolution française mais aussi la violence tant physique entre les supplices d'une dureté assez extrême et le harcèlement sexuel que psychologique entre les brimades et les humiliations. Une mise en scène basée sur des métaphores symboliques très intéressante, une superbe photographie naturelle qui rappelle énormément "Barry Lyndon" de Stanley Kubrick ou encore "Les duellistes" de Ridley Scott. Dans un casting magnifique et imposant entre Louise Bourgoin, que je découvre là dans un rôle dramatique, est incroyable de noirceur malsaine et Isabelle Huppert, toujours aussi à l'aise, un peu à l'image de Rosamund Pike, dans des rôles névrosés, troubles, Pauline Etienne est une véritable révélation, livrant une prestation magnifique entre la candeur de l'adolescence et la détermination d'une jeune femme. Une oeuvre lourde, lente mais d'une force narrative magistrale.
Une religieuse qui n'a pas choisi d'être religieuse, une Mère supérieure haineuse, les coulisses sombres d'un couvent, un contexte historique défavorable aux femmes, tous les ingrédients sont là pour suivre avec suspens les mésaventures d'une jeune femme dans une impasse, mais à la fin, je vous assure, vient la catharsis ...
Guillaume Nicloux quitte son ton décalé ainsi que son humour noir et grinçant pour un film austère et sombre. On assiste à la révolte d'une jeune femme voulant vivre sa vie, sans contrainte religieuse. De belles choses, mais un film tout de même trop lent et un peu bavard.
D'abord, il n'est surtout pas question pour moi de remettre en cause l'importance du livre de Diderot, essentiel à sa sortie pour porter un regard différent sur les dérives dont peuvent parfois être responsables les autorités religieuses. Même l'adaptation de Jacques Rivette, en 1966, pouvait encore se justifier. Mais là, en 2013... Loin de moi la volonté d'être injuste, mais je ne vois pas trop l'intérêt de signer une nouvelle adaptation aujourd'hui. Alors bien sûr cela reste un minimum intéressant et les différents types d'excès du milieu sont bien incarnés par Isabelle Huppert et surtout Louise Bourgoin, totalement inattendue et très convaincante. Hélas, si Guillaume Nicloux ne s'en sort pas si mal dans un genre nouveau pour lui, l'œuvre reste quand même très opaque, très froide, et si on n'est pas totalement insensible aux malheurs de Suzanne, on ne peut pas écrire qu'on est bouleversé non plus. Pourtant, je me dis qu'à une époque où la religion revient parfois au cœur des débats et où certains semblent même chercher à remettre en cause le principe de laïcité de 1905, cela aurait pu avoir un sens. Mais alors en modernisant, en s'éloignant sensiblement de l'œuvre originale. De plus, si Nicloux s'en sort donc correctement, il échoue toutefois à donner la force, l'émotion indispensables qui auraient permis à « La Religieuse » d'échapper à la longue liste des drames français plutôt ennuyeux. Ce n'est pas honteux. Juste passable.
Film étonnant avec " la religieuse " ,les comédiennes sont toutes parfaites ,juste , une adaptation moderne que signe Nicloux P Etienne , un mot bluffante ,étonnante dans son interpretation !!!!! ( comment n as t elle pas recu de prix ??) un éclairage précis qui alterne la lumière naturel e la lumière filmer à la bougie et le feu ouvert ! ,mais la réalisation reste simple ,avare de déplacements de camèras Le film , reste calme , plat ,lent mais le scénario reste interessant de voir les cruautés commise par les sœurs des couvents ! P Etienne est une grande actrice a devenir , et L Bourgoin étonnante dans son rôle de mère sadique ! !
Film incroyable !!! Eprouvant, inhumain et intense !!! La jeune actrice est prodigieuse et on souffre avec elle !! Une triste image de la religion...on ne décroche pas les yeux de l'écran !! Un choc !
Très beau film de Guillaume Nicloux. Inspiré par Diderot, le cinéaste fait une belle reconstitution historique, qui rejoint en qualité esthétique La Religieuse de Rivette. L'actrice principale est excellente, et les autres de même. Une vraie réussite.
à travers le portrait de cette jeune religieuse malgré elle, on découvre les dessous de la vie au couvant avant la révolution. la réalisation sobre manque toutefois de punch et rythme pour permettre de maintenir le spectateur en haleine. sérieux mais assez dynamique.
Alors que la mise en place est quelque peu à la ramasse, mais nécessaire, La Religieuse est un film glaçant, fragile et touchant. Pauline Etienne confirme avec son huitième rôle sa grandeur en devenir. Louise Bourgoin, en Mère Supérieure du couvent Sainte Marie, étonne mais manque cependant de crédibilité. Enfin, Isabelle Huppert n’a rien à prouver, elle est formidable. Les seconds rôles quant à eux n’ont pas été élaborés et manquent terriblement de personnalité. Ce film de Guillaume Nicloux aurait pu être plus osé et cru pour devenir poignant. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Un film tiré de l’œuvre de Diderot qui aborde un thème pas facile, celui des dérives de la religion il y a plusieurs siècles. L’histoire d’une jeune fille rejetée par ses parents et forcée à rentrer au couvent. Rebelle, battue, affamée et harcelée par une none lesbienne elle réussira finalement à s’enfuir. Décors, costumes d’époque, atmosphère lourde et pesante. Le film est porté par Pauline Étienne qui tient admirablement le rôle de la jeune Suzanne.
Une adaptation passionnante du roman de Diderot. Suzanne a la foi mais elle est déjà, à cette époque, une femme libre et elle ne peut exprimer cette liberté dans le contexte du couvent. On lui fera payer cher sa franchise et elle sera humiliée et maltraitée. Très bonnes interprétations de la jeune Pauline Etienne, de Louise Bourgoin dans un rôle inhabituel et d'Isabelle Huppert.
La réalisation de « La Religieuse » est à l’image de l’ambiance de ce XVIIIème siècle dans les couvents : froide, austère, distanciée. Oui, je resté à distance et pourtant, difficile de ne pas partager la douleur de Suzanne. Et que dire de son sacrifice pour expier la faute de sa mère ! Cependant, Guillaume Nicloux a opté pour une fin optimiste comparée à celle de Rivette. J’apprécie car le combat de Suzanne n’a pas été vain et cela fait du bien de terminer sur une bonne note. C'est même plus optimiste que Diderot ! Je salue non pas Marie mais Pauline Etienne pour sa prestation et j’ai été agréablement surpris d’y découvrir Louise Bourgoin, c’est une bonne idée de casting que de la voir en sœur bourreau.
Mis à part les belles prestations de Pauline Etienne et surtout, je trouve, de Isabelle Huppert, il n'y a rien à tirer de ce film. La critique du cloître religieux apparaît dépassée, et la mise en scène est fade et sans relief. Le scénario souffre de quelques incohérences, et même si le rythme est plutôt soutenu, le spectateur se demande constamment où on l'emmène. La Religieuse est donc un film que je déconseille à tous ceux qui cherchent du cinéma. Ceux qui veulent d'une petite histoire intéressante sur l'Eglise chrétienne et la vie monacale, qui fait "vrai" et "authentique", y trouveront leur bonheur.
Après celle de Jacques Rivette datant des années 1960, voici donc cette deuxième adaptation du célèbre roman de Diderot. Et autant dire que nous sommes en présence d’un bien joli film. Le scénario possède certes quelques temps faibles, mais on retiendra surtout la présence d’une réalisation très fluide et aussi une performance extrêmement convaincante de la part de l’ensemble des comédiennes. Difficile de ne pas être d’ailleurs admiratif de la prestation intense de Pauline Etienne dans le rôle principal, ainsi que celle d’Isabelle Huppert qui est bien poignante dans le rôle d’une mère supérieur qui dissimule un terrible secret. Une œuvre touchante et que l’on prend plaisir à visionner.