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Un visiteur
4,5
Publiée le 12 mai 2013
C'est le très beau film par excellence. On est en permanence émerveillé par la beauté des images et l'interprétation. La réalisation relève de la perfection.
Ce film est une très belle oeuvre cinématographique, intense et émouvante. Une remarquable qualité de réalisation et une interprétation forte et juste.
Une adaptation extrêmement fidèle, qui pourrait épargner la lecture de Diderot, se dit-on. Néanmoins, cinématographiquement parlant, il n'y a absolument rien, pas d'innovations, et des plans guère intéressants. Le propos et le contenu restent néanmoins très intéressants, on imagine la façon dont ils pouvaient être reçus à l'époque, et c'est ce qui permet de suivre le film jusqu'à la fin, qu'on attend évidemment puisque le roman de Diderot était inachevé. Hélas, la fin est convenue, et le film aurait mérité d'être coupé bien plus tôt pour plus de puissance, car le spectateur avait déjà tout compris. Isabelle Huppert est toujours épatante, et parvient à faire transparaître la pitié avec une force et une humilité éclairantes. Pauline Etienne est aussi très convaincante. On se serait bien passés par ailleurs de Louise Bourgouin et d'Agathe Bonitzer.
Quelque peu décevant. J'ai lu le livre, mais la seconde partie est traitée avec humour alors que le thème ne s'y prête pas vraiment. Comment en effet rire de ce besoin d'amour de ces femmes prisonnières ? C'est dommage.
Je n'ai pas lu le livre de Diderot donc je ne suis pas dans la comparaison. J'ai bien aimé ce film à l'atmosphere sombre et rude . Les derives et les duretés de l'eglise nous sont présentés à cette epoque. Pauline Etienne joue parfaitement son personnage. On prend fait et cause pour elle pendant tout le film et bien entendu on attend sa liberation ...
Bien interprete par toute l équipe du film, mais le scénario est trop ennuyeux. Je me suis endormie. Il y à quelques scènes intéressantes, mais en ensemble ce n est pas un film de l année.
Joli film, que cette nouvelle adaptation de l'œuvre de Diderot. C'est à la fois sobre et démonstratif. Décors naturels, costumes rutilants (un peu trop ?), acteurs excellents, dialogue efficaces…. le tout au service de quoi ? certains peuvent dire d'une charge anticléricale....pas si sûr. Plutôt à mon avis une dénonciation de la société du 18ème siècle où on devenait religieux par obéissance plus que par vocation et une ode à la rébellion portée par une jeune femme devenue religieuse malgré elle, sous la contrainte de ses parents et en expiation d'un faute de sa mère. Et dans les couvents, les religieuses restent des êtres humains avec leurs faiblesses et leurs vices. Malgré la dureté de la vie, les sévices, les humiliations, tout n'est pas noir dans ce film et on y découvre des âmes simples et généreuses : un avocat, un prélat; une mère supérieure douce et compréhensive, un vieux noble qui découvre sa paternité avant de mourir. Et si on y réfléchit bien, la vie religieuse proprement dite y est assez peu présente...
Le film est adapté du roman de Diderot, qui avait déjà inspiré Rivette en 1966. Le roman, par sa portée anticléricale, avait fait scandale au XVIIIème siècle. Deux siècles plus tard et deux ans avant mai 1968, le film de Rivette avait tout bonnement été censuré par les gaullistes au pouvoir. N’ayant ni lu le livre, ni vu le premier film, c’est tout ce que je dirai à leur sujet. On peut quand-même remarquer, avant de parler des qualités du film en lui-même, que sa réception est bien différente. Pas de censure, pas de scandale, plutôt une indifférence générale. Pourtant, les ultra catholiques et les extrêmes religieux n’ont jamais été aussi actifs qu’en cette période de loi sur le mariage pour tous. Peut-être sont-ils trop occupés à prier pour que les gays de ce pays n’aient pas les mêmes droits qu’eux. Bref. Pauline Etienne est parfaite de justesse. Elle n’en fait jamais trop, n’est jamais ni trop naïve, ni trop hystérique, ni trop désespérée. Louise Bourgoin arrive à donner la fragilité et l’ambiguïté nécessaire à son personnage de mère sadique. Isabelle Huppert est comme à son habitude excellente et arrive à faire basculer du côté de la comédie des scènes qui pourraient ne susciter que le malaise ou la gêne. La grande qualité du film est sa maîtrise du temps, qui s’étire, se prolonge, se répète. On se dit, voilà le rythme auquel les gens du XVIIIème siècle devaient vivre, qui n’a rien à voir avec les scènes rapides, les gros plans, les inserts et les cuts d’une grande partie des films actuels. Ce respect d’un rythme que j’allais dire ‘historique’ est donc l’un des points forts de la réalisation de Nicloux. Le film compte un grand nombre de scènes d’intérieur dans la pénombre et de plans fixes dans lesquels les personnages semblent enfermés comme Suzanne l’est à l’intérieur du couvent. L’esthétisme de Nicloux – fait de contrastes l’ombre et la lumière notamment) – reste toujours sobre, et c’est tant mieux.
Film vraiment superbe, avec de très bon acteurs. L'histoire était très touchante, on a vite l'impression d'être à ses cotés au couvent. je le recommande vivement !
Un film particulier tiré d'un roman à scandales : une ado de 16 ans contrainte au 18ème siècle d'entrer dans les ordres par sa famille, va tenter tant bien que mal de faire annuler ses voeux, pour retrouver le monde extérieur. Il est assez rare d'aborder au cinéma ce côté sombre de l'église, mais je suis très partagée sur cette adaptation. D'un côté le film est plaisant : action entrainante, décors magnifiques, histoire scandaleuse, casting très crédible avec Isabelle Huppert, Louise Bourgoin et surtout la surprenante révélation Pauline Etienne. Cet univers de rébellion sur fond ecclésiastique est prenant et dérangeant. Mais à côté de ça, le manque d'explication sur certaines transitions très rapides (voir trop) gâche un peu la crédibilité de l'histoire et m'a laissé quelques fois sur ma fin...
La petite Pauline Etienne tient toute seule sur ses frêles épaules ce film soigné. Bravo à elle, elle accomplit là une belle performance. Isabelle Huppert vient un peu l'aider, mais elle n'arrive qu'aux deux tiers du film. Guillaume Nicloux réussit donc, sans être particulièrement brillant, son pari de raconter l'histoire de Suzanne Simonin, cette petite femme naïve victime des pires sévices. Tout cela est raconté fidèlement, sans surinterpréter le livre ni le trahir. Mes quelques réserves portent sur les dialogues, qui sont sans doute ceux du roman, à la virgule près. Ils sont tout de même un peu difficiles à rendre pour les acteurs, qui se retrouvent souvent comme embarrassés à prononcer ces mots d'un autre temps. Pour cette raison, le film semble parfois un peu compassé, académique. Ce qu'il aurait certinainement été du début à la fin s'il n'y avait pas eu la petite Pauline Etienne pour le revigorer. Ca mérite un César de la Meilleure Révélation, je trouve.
Je ne sais pas si ce film est un "remake" fidèle du titre éponyme de 1966 (réalisé par Jacques Rivette, et que je n'ai jamais visionné) qui avait fait scandale à sa sortie... A l'époque je fréquentais une école "libre", c'est tout dire : ce film nous était tout simplement interdit sous peine d'excommunication ou pire ! Aujourd'hui, nous avons ici un film qui fait froid dans le dos. Combien de jeune filles ont été ainsi poussées à "entrer au couvent" contre leur gré (à cette époque-là ou plus récemment) ? Je ne sais pas si ce qui nous est présenté ici est ou non crédible. En tout cas, cette pauvre Suzanne morfle puissamment, balottée entre une première mère supérieure bienveillante et humaine, une deuxième sadique à laquelle elle échappera de justesse et finalement une troisième aux moeurs tendance olé-olé et de plus passablement illuminée. La fin du film m'a laissé un peu dubitatif : que va-t-il donc advenir de Suzanne ? Comme je ne connais pas l'ouvrage original de Diderot, peut-être se finit-il de la sorte ? Il va falloir que je vérifie un de ces quatre (mais pas ce soir...). Film magnifiquement joué par des acteurs(-trices) inconnu(e)s de moi pour la plupart. Un grand bravo à la magnifique Pauline Etienne qui a ici un jeu à couper le souffle.
1765, Suzanne Simonin, 16 ans, est envoyée au couvent par ses parents. Au moment où ses deux sœurs vont se marier, elle serait une charge trop lourde… Bien que fort dévote, Suzanne refuse de prononcer ses vœux car elle préfère vivre sa foi « dans le monde » plutôt que coupée du monde :« mon corps est au couvent, mais mon cœur est à Dieu », dit-elle. Et comme elle a du caractère, jamais elle ne se soumettra à la rigidité des règles du cloître. Y compris en en changeant. Il faut dire que deux des trois mères supérieures rencontrées la confortent dans son obstination. L’une, belle garce sadique, n’a de cesse de l’humilier et l’autre, lesbienne enamourée, lui fait du rentre-dedans à peine arrivée. Deux sœurs trop caricaturales pour que l’église paraisse accueillante. Du coup, le débat entre une foi ouverte et un sacerdoce monacal est escamoté. Reste qu’au-delà de ce parti pris, le film reste honorable. Et Pauline Etienne, une convaincante Suzanne.