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Charles R
59 abonnés
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3,5
Publiée le 2 avril 2013
Et voilà qu'une nouvelle fois la littérature offre un scénario tout trouvé à un film français. Certes il ne s'agit pas de n'importe quelle oeuvre puisque "La religieuse" est un roman sulfureux dont l'adaptation cinématographique par Jacques Rivette en 1966 avait suscité le tollé que l'on sait. Il faut dire que le livre de Diderot témoigne d'un anticléricalisme avoué qui offrait tous les ingrédients pour choquer. Guillaume Nicloux n'adopte pas le parti pris anticlérical, bien au contraire. Sa vision du couvent auquel doit se soumettre la pauvre Suzanne Simonin a quelque chose de lumineux et d'inhabituel dans le cinéma français, plus habitué aux traits grossiers et caricaturaux des communautés religieuses. Certes la trame du roman de Diderot est suivie dans ses grandes lignes, on pourra toutefois s'étonner de la fin qui n'a rien à voir avec celle qu'a retenue Diderot pas plus qu'avec celle qu'avait proposée Rivette dans son adaptation. Pour le reste, le film reproduit la structure du roman: une ouverture, puis l'évocation de la vie religieuse avec les trois mères supérieures successives (la débonnaire, la sadique et la libertine) et enfin un épilogue. Guillaume Nicloux a donc choisi la clarté, un peu à la manière des peintres du classicisme français. Et pour soutenir son propos, il a retenu de merveilleuses actrices en tête desquelles figure Pauline Etienne, délicieux visage plein de candeur et de beauté, qui trouve le ton le plus juste que l'on puisse imaginer. De même Françoise Lebrun sait communiquer à son personnage une humanité qui fait tristement défaut à ce monde régi par le pouvoir et par le désir contrarié. Moins convaincantes nous apparaissent Isabelle Huppert dans son rôle de religieuse tenaillée par le désir lesbien et Louise Bourgoin dont le visage parfait eût plus convenu à une moderne Barbarella qu'à une supérieure de couvent. Malgré ces réserves, le film peut être salué comme une réussite et sans doute aussi comme un modèle d'adaptation cinématographique d'une oeuvre littéraire.
J"ai lu le roman ( j'avais préféré le neveu de Rameau et Jacques leFataliste) j'ai vu la version de Rivette et bien c"est cette dernière que je préfère La mise en scène nnous met en situation de familarit& et dépaysement suffisants pour s"attacher au jeu de violoncelle de Pauline Etienne Ar ecommander surtout pour s'ouvrir au 18ème et à ce que nous lui devons.
La religieuse joue bien le personnage les prises de vue et les décors sont parfois très bon, mais le film manque de poigne, de peine, de ..... tristesse. Concernant Mme Huppert je préfère ne pas en dire de trop, mauvais rôle, mal interprété, à oublié de toute urgence. L'histoire manque de lien.
Il aurait été facile de faire un film militant, vigoureusement anticlérical. Au contraire, Guillaume Nicloux propose un film tout en nuances, presque subtil, qui donne d'autant plus de force à son message. Très belle interprétation de Pauline Étienne. Isabelle Huppert et Louise Bourgouin sont ètonnantes de sobriété contenue.
Bon film globalement avec une mise en scène assez épurée. Les acteurs (et surtout Pauline Etienne) sont très justes et dégagent beaucoup d'émotion. La photo est aussi très belle. Cependant même s'il était intéressant, on s’ennuie assez rapidement le film étant très lent et paraît vraiment long sur la fin.
Un rôle principal bien interprété et sans nul doute joué tel que l'a souhaité le scénariste réalisateur. C'est à dire de manière peu vigoureuse alors que le personnage se prêtait sans doute à plus de fougue. Ce manque de rythme et d'énergie conduisent à leur tour à d'autres interprétations assez plates, là-encore certainement voulues. Pour au final donc, une film assez éloigné de l'oeuvre littéraire originale. Une histoire intime, racontée comme on raconte les histoires intimes, laissant de côté la révolte, la colère, la dénonciation. Pas forcément le bon choix. S'il n'y avait pas Pauline Etienne, il ne resterait pas grand chose de ce film.
En dehors de quelques considérations sur le poids de l'hérédité, la culpabilité donnée en héritage à son enfant, ce film est lent, académique du point de vue de la réalisation, ennuyeux. Pourtant, je me souviens d'une adaptation pour la scène du texte de Diderot énergique, flamboyante, riche en émotions. Reste Isabelle Huppert, impeccable comme à chaque fois. Louise Bourgoin frôle la caricature dans un rôle de mère supérieure pour lequel elle ne semble pas taillée (ouh la la, elle est méchante !). La jeune héroïne manque de densité. En dehors de cela, et de la spectatrice assise près de moi qui adhérait au propos au point de sur réagir, je ne me suis pas senti concerné par les souffrances de cette jeune femme entrée en religion malgré elle. Un thème riche au départ celui de la sécheresse de coeur de certaines personnes sensées incarné La Religion du Coeur ! Etais-je dans un mauvais jour ? Décidément, le cinéma français est dans une période bien triste !
Il s'agit d'un bon film très bien réalisé. Les costumes, et les décors sont également superbes. Les acteurs jouent parfaitement leur rôle. Ce film permet de montrer sans complexe ce qui peut se passer derrière les murs d'un couvent, ces mondes fermés secrets, parfois sclérosés. Il ne faut pas attendre de ce film un divertissement, mais un film instructif.
C'est pas facile facile la vie au couvent, surtout quand on l'a pas choisi. C'est quand même un choix audacieux de faire un film en costume, genre qui se fait rare dans le cinéma français, mais l'actrice en fait trop dans le genre martyre.
Une religieuse au chocolat
On notera la présence de deux seconds rôles marquants, celui de Louise Bourguoin en mère supérieure comme on les imagine (complétement désaxée et tortionnaire à force d'enfermément), et Isabelle Huppert dans un genre opposée (un peu trop proche de ses nonnes).
Un film un peu long mais qui reste intéressant, et qui permet de poser la question du choix du célibat et du renoncement à la société dans une période pré révolutionnaire.
La lumière est très belle, les acteurs tout à fait exceptionnels. Toutefois la mise en scène un peu excessive passe à côté du sujet. On regrette Rivette.
Très beau film, qui traite de la maltraitance sous toutes ses formes, des plus manifestes aux plus insidieuses (et peut-être encore plus ravageuses, car contre lesquelles nulle rébellion n'est envisageable : en effet, peut-on seulement s'insurger contre ce qui est présenté comme une manifestation de bons sentiments ?). Un bel hommage à la foi, malgré tout, car rien ne découragera l'actrice principale de prier, ce bien qu'elle ne veuille pas sacrifier sa vie à l'église. Parce qu'avoir la foi et se nier, sont deux choses différentes. J'ai adoré.