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Un visiteur
5,0
Publiée le 31 mars 2013
MAGNIFIQUE. Un film aussi beau visuellement qu'intense émotionnellement, grâce à des actrices et acteurs extraordinaires et des scènes d'une grande beauté.
Que de bons acteur, l'actrice principale en tête, quelle performance d'actrice ! L'histoire... eh bien elle n'est pas très fun, on se dit qu'elle n'a pas de bol quand meme notre petite religieuse, mais ce n'est pas pesant, justement grâce aux jeu des actrices du film. Avec une Isabelle Hupert que j'adore (je suis allée voir le film pour elle) et qui est drôlissime dans sa folie.
DECEPTION, les premiers mots qui me viennent à l'esprit. En effet je partais plutôt serain pour aller me délecter de ce que je pensais être une fabuleuse interprétation du livre de Diderot, et je me suis heurté à 2h de vide où le message, pourtant fort, ne passe pas. En effet Nicloux à oublier quelque chose d'essentiel : si l'on veut faire durer un film, il faut pouvoir le justifier. Et ainsi malgré la bonne performance des actrices on ne peut que s'ennuyer d'une mise en scène aussi vide.
Un excellent film respectant l'oeuvre de Diderot et l'ambiance du 18 ème siècle servi par deux fabuleuses actrices Pauline Etienne et Isabelle Huppert.
Une lumière incroyable, une comédienne Pauline Étienne époustouflante dans le rôle de Suzanne, Isabelle Hupert et Louise Bourguoin excellentes. Bravo à Guillaume Nicloux pour cette adaptation de Diderot. A souligner aussi la qualité de l'équipe technique pour un rendu image exceptionnelle.
En voyant la bande-annonce, j'ai directement eu un coup de cœur pour le sujet de ce film. Après l'avoir vu, sans regretter pour autant d'avoir sublimé ce film, je fus quelque peu déçu ... Si les trois actrices principales sont fabuleuses et mêlent la pitié désespérante (Pauline Etienne), la froideur foudroyante (Louise Bourgouin) et la folie inquiétante (Isabelle Huppert), le récit reste un peu plat, comme le laisse entrevoir la première demie-heure du film. Malgré des beaux décors d'époque, on aurait aimé une vraie rébellion presque enragée de la jeune Suzanne, prisonnière d'un milieu qui ne l'appelle pas, qu'elle ne ressent pas, mais qu'elle ne subit pas assez à mon goût. Autre hic, faisant perdre de l'efficacité à "La religieuse" : N'y a-t'il pas une vraie contradiction à voir prier Suzanne à longueur de journée et l'entendre dire ensuite qu'elle ne comprend pas l'environnement religieux dans lequel elle est enfermée (de force, vraiment ?), mais qui occupe sa vie ? Enfin, la dernière partie du film est, à mon sens, dénué de tout intérêt et fait perdre une vraie cohérence au film. Hormis ces quelques réserves, ce film reste à voir, pour les actrices et le plongeon abyssal dans la vie du couvent.
Le scénario et la mise en scène de Guillaume Nicloux emportent de bout en bout. La photographie d' Yves Cape, les décors d'Olivier Radot, et les costumes signés Anaïs Romand contribuent également à cette très belle réussite. Ce film résonne étrangement au milieu de notre actualité. Une lutte pour la liberté dans ce monde cloitré où le voile reste le maitre absolu. Les acteurs, François Negret, Gilles Cohen et Marc Barbé s'imposent naturellement par leur talent reconnu. Face à eux de formidables actrices qu'il faudrait toutes citer. Agathe Bonitzer, Martina Gedeck ou encore Alice de Lencquesaing, excellentes. Mais aussi la merveilleuse François Lebrun qui illumine par sa voix, son regard et sa présence la première partie du film. Étonnante Louise Bourgoin (mais oui, je reconnais), à contre emploi dans un rôle ingrat, voire terrifiant et toute entière vêtue d'une robe de mère supérieure. Isabelle Huppert, quant à elle, renoue enfin avec un vrai grand rôle, un de ceux dans lesquels elle excelle. Et bien entendu Pauline Etienne, qui s'impose de la première à la dernière image. Tour à tour pantin désarticulé, larmoyante et abandonnée, incomprise, soumise et humiliée, avant de devenir révoltée et victorieuse. Un grand rôle pour cette jeune comédienne qui crève littéralement l'écran.
Film émouvant qui se déroule dans le contexte historique et social du milieu du 18ème siècle. On y découvre au fil de très beaux paysages et décors,la force de caractère et la pureté de l'actrice principale dont le destin nous tient en haleine jusqu'à la fin du film.
Très bon moment à regarder ce film bien poignant. On peut imaginer toutes ces femmes (tous ces hommes) enrôlées contre leurs souhaits pour certains: une prison. Quand on y était entré, quelles difficultés si on voulait sortir! Les actrices jouent à la recommande ce film et je suis heureuse de l'avoir vu.
"La Religieuse" de Guillaume Nicloux souffre d'un problème récurrent dans le genre du film d'époque : il se situe dans un entre-deux. Il n'ose aller ni vers l'excès ni vers l'épure et reste donc d'un classicisme affligeant. La précédant adaptation cinématographique du roman de Diderot, réalisée par Jacques Rivette (1967), avait le mérite d'être dans une sobriété qui confinait à l'épure. A l'autre extrémité, "Les diables" de Ken Russell (1971), film flamboyant, baroque voir même de mauvais goût. Dans la démarche de Rivette comme dans celle de Russell, ont retrouve la même radicalité sans concession qui ne peut qu'être applaudie. Nous ne sommes pas obligé d'aimer ces choix extrêmes mais c'est au moins la preuve d'un certain courage. Guillaume Nicloux n'ose aucune des deux possibilités et oscille entre les deux. Le film n'est ni vraiment dans la monstration (il n'en montre pas assez) ni vraiment dans la suggestion (il en montre trop) et c'est terriblement frustrant. Le jeu de Pauline Etienne est très terne, symbolisant donc parfaitement le film dans son ensemble. Car c'est bien ce qu'est "La Religieuse" : terne.
Un film sans relief et sans bonnes idées de réalisation. A force de rester sur un tel rythme, on finit un peu par s’ennuyer. Pourtant le propos aurait pu être fort et Pauline Etienne est une vraie découverte.
Donne envie de relire Diderot et de revoir la version de Rivette (1966) pour débattre de la liberté individuelle. Une fois passée la cérémonie à plat ventre avec "bâche" qui peut faire croire à un regard empesé du cinéaste, on découvre qu'il n'en est rien ! Que le sort de la jeune fille dépend étroitement des mères supérieures, la première bienveillante, chloroformante, la seconde narcissique perverse, la troisième bouleversante bien qu'à force de se répandre elle en devienne aussi frappée (Isabelle Huppert !). Bien sûr, Pauline Etienne a l'innocence requise, le refus des compromissions, lui manquerait peut-être un brin de sensualité ?... En parallèle il y a cet appel au secours, cet homme reçu comme devant un confessionnal et retrouvé dans la diligence (pour aller où, le spectateur peut tout imaginer là encore, qui sait ce qu'il peut advenir même sous protection masculine :-) !). J'ai bien aimé le soin apporté aux lieux, ce maquillage et cet éclairage a minima, le tissu des costumes m'a parfois surprise (ces carrés blanc bien repassés sur la poitrine, ce tissu bleu de robe de chambre et... on voit les épingles !). Bien qu'attachée au calvaire que vit La Religieuse en question, je trouve qu'il y a un fort écho avec aujourd'hui, le monde entrepreneurial, sa brutalité lorsqu'on le découvre après le cocon familial, les études qui illusionnent. Ainsi malgré moi, bien davantage que le sort de ces pauvres filles au 18ème siècle, j'ai surtout senti le défi que les jeunes générations ont à relever face à l'ultra-libéralisme contemporain toujours plus dévastateur !