Le personnage d'Adémaï est donc transposable d'une époque à l'autre. On avait laissé Noël-Noël aviateur aux côtés de Fernandel l'année précédente, on le retrouve villageois -on reconnaitra la Cité de Carcassonne- pendant la guerre de Cent Ans. Toujours empoté et geignard, Adémaï est un personnage qui va comme un gant à son interprète, habile comme souvent dans la pusillanimité et la litote. L'argument de la comédie est de balloter Adémaï entre Anglais et Français, qui le maltraitent à tour de rôle suivant les revers de situations. La comédie présente par instants des moments caustiques, d'autant que la jeune et belle épouse d'Adémaï, objet de nombreuses sollicitudes de la soldatesque, irait bien voir sans pudeur du côté d'un beau chevalier. La mise en scène manque d'envergure, sinon de costumes, et n'a pas le souffle ou la signification de l'aventure picaresque. Le scénario piétine parfois ou tourne en rond d'autres fois. On croisera dans un rôle secondaire et oubliable Michel Simon, en seigneur anglais (avec accent british) et on verra la première apparition au cinéma de Tino Rossi, en troubadour, présenté au générique comme "la Vedette des Disques"!