Selma
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Simso
Simso

1 abonné 18 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 mars 2015
un rythme inegal qui se contente de nous surprendre par des images fortes. au dela de la force du sujet le rythme est lent.
Le Blog Du Cinéma
Le Blog Du Cinéma

121 abonnés 300 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2015
(...) Pour traiter de ce sujet historique, Ava DuVernay passe en revue de manière chronologique plusieurs dates clés. Comme le 18 février 1965, jour du décès d’un diacre de 26 ans, Jimmie Lee Jackson, après l’attaque des marcheurs dans la ville de Marion (Alabama) par la police. Entre ces événements décisifs la réalisatrice développe les différents rapports et conflits nés en interne durant cette période. Principalement avec le Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC, Comité de coordination non violent des étudiants, fondé en 1960), déjà en place à Selma. Mais également avec Malcolm X (Nigél Thatch) qui rencontra Coretta Scott King (Carmen Ejogo), épouse de King, tandis que ce dernier était en garde à vue, ou encore avec le président Johnson (Tom Wilkinson) dont les relations avec le pasteur seront souvent tendus. Cependant SELMA offre avant tout un regard important sur l’utilisation des médias. Car c’est bien la présence des caméras des journalistes qui est essentielle, selon le pasteur King, pour faire avancer son combat sans violence. C’est là qu’Ava DuVernay dévoile une intelligence de mise en scène, dans sa façon d’aborder les différentes actions, dont plusieurs marches (principalement celle du 18 février à Marion puis celle du 7 mars à Selma), selon la présence où non des journalistes. Sans les caméras, l’horreur, la peur et la violence prévalent tandis que les manifestants de Marion subissent l’attaque de la police. Par la suite un sentiment d’espoir (notamment par la bonne utilisation de la musique) se fait ressentir bien que les manifestants soient repoussés et traqués comme des bêtes sur le pont Edmund Pettus, à l’extérieur de la ville, lors de la première des trois marches de Selma à Montgomery, par les forces de l’ordre à coup de matraques et de gaz lacrymogène. Cette fois les caméras sont là, et 70 millions d’américains (nous avec) restent sous le choc et avec un sentiment de dégoût. Une séquence magistrale où viennent se greffer des images d’archives, qui laissent sans voix (...

L'intégralité de notre critique, sur Le Blog du Cinéma
Pondycherri
Pondycherri

18 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 mars 2015
Excellent film sur Martin Luther King et son combat pour l'obtention du droit de vote des noirs. Le film se concentre donc sur la marche entre Selma et Montgomery, une marche qui aura eu un grand retentissement ainsi que l'aboutissement d'un combat pour l'égalité et la liberté.
tifdel13
tifdel13

104 abonnés 519 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mars 2015
Incroyable mais vrai, Selma est le premier film à s’intéresser à Martin Luther King depuis sa mort*. Mais plutôt que de retracer la vie du pasteur, Ava DuVernay préfère se centrer sur l’impact de sa présence lors des marches allant de Selma à Montgomery en 1955. Des marches organisées par les activistes des droits civiques dans le but d’obtenir le droit de vote qui était alors dénié à une forte majorité de citoyens afro-américains. Résultat ? Plus qu’un biopic ordinaire, Selma est une véritable leçon d’histoire, un film scandaleusement ignoré aux Oscars et à ne surtout pas rater**.
En admiration mais jamais dans l’adoration envers son héros, Ana DuVernay dresse un portrait très humain de Martin Luther King. Incarné par David Oyelowo dont la prestation charismatique aurait bien mérité d’être citée aux Oscars, le militant est ici un homme fatigué par son dur combat. L’icône s’efface également pour laisser place à un...

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Robin M
Robin M

84 abonnés 283 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mars 2015
Selma s’inscrit dans l’appropriation par le cinéma américain de la montée en puissance de la communauté afro-américaine. Dernière-née, elle nourrit ce besoin nouveau de raconter l’émergence politique et sociale d’une partie des dominés. Toutes ces œuvres s’axent autour de personnages clés, souvent réels, qui amorcent un processus égalitaire et/ou dénonciateur : l’esclave vengeur (Django dans Django Unchained de Tarantino), le noir asservi (Salomon Northup dans 12 years a slave de McQueen), le politicien blanc décisionnaire (Lincoln dans Lincoln de Spielberg), le domestique noir (Cecil Gaines dans Le Majordome de Daniels), la victime latente du racisme (Oscar Grant dans Fruitvale Station de Ryan Coogler). Rarement réussies, ces œuvres tombaient soit dans un misérabilisme manichéen soit dans un sentimentalisme bien-pensant en réalisant plutôt des hagiographies stéréotypées. En s’attaquant à une figure aussi emblématique que Martin Luther King, Ava Duvernay aurait pu tomber avec eux dans la fadaise historico-politique. Elle parvient à donner corps à une œuvre qui prend le parti-pris, ingénieux, de ne pas traiter d’un homme dans sa globalité, mais plutôt de leur regarder agir sur le terrain autour d’un évènement précis : les manifestations réprimées dramatiquement à Selma en Alabama en 1965 qui débouchèrent sur l’acquisition – ou plutôt l’affirmation – d’un droit de vote non-restrictif pour les Noirs.

En effet, Ava Duvernay refuse de mettre en scène une hagiographie autour de la figure de Martin Luther King (David Oyelowo). Elle s’intéresse à l’homme derrière le mythe en traduisant à l’écran ses doutes et ses tensions internes. Martin Luther King est présenté comme un leader en construction qui acquiert une stature internationale par le Prix Nobel de la Paix en 1964 qui ouvre le récit de Selma. Il n’est leader que par l’appui médiatique qui lui offre une prépondérance dans la gestion de la cause. Une position pourtant contestée à l’intérieur même du pays par d’autres figures majeures comme Malcolm X (qui l’accuse d’être à la botte des blancs) ou d’autres activistes – notamment de terrain – comme la SNCC, Student Nonviolent Coordination Committee, qui reproche à Martin Luther King de se servir du local, puis de l’abandonner, pour des raisons politiques. Dans ce contexte, Martin Luther King apparaît comme un individu tiraillé entre sa figure privée (père de famille, mari) et sa figure publique (un prêcheur politisé). Cependant, la réalisatrice américaine ne parvient pas à pleinement « créer » un Martin Luther King de l’intime en enfermant sa lutte intérieure dans des élucubrations trop écrites n’arrivant pas à différencier un homme en représentation d’un homme simple.

Néanmoins de cette dualité morale, Ava Duvernay tire l’image d’un homme rationnel, touché par les morts (les « lost ») de la cause, qui fait d’abord passer l’idéologie non-violente sur la réussite possible de son projet politique (comme leur de la deuxième tentative de passage du Edmind Pettus Bridge) et ensuite le collectif sur l’individuel (le délitement de son couple, les divisions internes). Sans tomber dans le film choral, la réalisatrice dresse alors, par des courts apartés, le portrait d’une communauté noire qui illustre les inégalités que pointent du doigts Martin Luther King : les restrictions de vote (Annie Lee Cooper – Oprah Winfrey), la répression policière (Jimmie Lee Jackson – Keith Stanfield) et même la violence envers les « nègres blancs » (James Reeb, pasteur de Boston – Jeremy Strong). Elle dresse ains le portrait de plusieurs trajectoires humaines qui s’axent autour d’un Martin Luther King rassembleur.

L’autre intérêt de Selma – qui aurait pu d’ailleurs être plus creusé – est d’inscrire Martin Luther King au sein d’un jeu politique où se confrontent des entités précises sur plusieurs échelles. De l’échelle locale de Selma où le Shérif Clark et le Gouverneur Wallace font régner la ségrégation à celle fédérale où le Président Johnson cherche le compromis avec le Mouvement des Droits Civiques, Ava Duvernay fait – à la manière du Lincoln de Spielberg – du combat social un combat de politiciens. Elle montre ainsi avec une certaine habilité le rôle que chaque individu peut jouer aux différents échelons de la ségrégation : du guichetier « entrepreneur de moral » (qui selon Alexis Spire cherche, par loyalisme à l’institution – ici sudiste – à maintenir l’ordre social qu’ils pensent être « juste ») au Président des Etats-Unis en passant par les simples manifestants lambda. Elle dresse ainsi le portrait d’une cosmogonie d’agents sociaux qui restent, dans la logique des années 1960, tributaires de la toute-puissance des médias. « Il faut du spectaculaire » prononce Martin Luther King pour que Selma passe d’une simple bourgade de l’Alabama au symbole même de la lutte des Noirs pour le droit de vote.

Cette notion de « spectaculaire », Ava Duvernay parvient à l’amener également avec sa mise en scène. Privilégiant les plans serrés, elle filme ses protagonistes – quelle que soit leur importance scénaristique – comme des figures bibliques dans lesquelles les visages deviennent des paysages mentaux marqués par la peur, l’appréhension et touchés dans la chair par la violence du racisme. La réalisatrice saisit également, avec maîtrise, les scènes de violence. En effet si elle tire vers une esthétisation marquée par des ralentis, c’est pour marquer avec vivacité en quelques instants et ainsi imprimer sur la rétine de son spectateur les images de Selma avec la même force que les contemporains désarçonnés dans leur quotidien par l’immédiateté et la dureté de la réalité. Elle ose montrer l’horreur d’évènements violents de l’histoire américaine là où, par pur moralisme, Lee Daniels et son Majordome la cachaient. Néanmoins, la réalisatrice pêche – par orgueil et sentimentalisme – en ajoutant une musique niaiseuse à chaque moment où elle tente d’insuffler de l’émotion. Au lieu de la créer, elle l’appuie avec redondance donnant parfois l’impression de vouloir mener son spectateur à la baguette.

Selma parvient à porter son sujet sans tomber dans le sentimentalisme que laissait penser la mise en place d’un tel projet. Ava Duvernay livre une œuvre convaincante qui fait écho, de manière dramatique, avec les évènements récents de Ferguson. L’œuvre s’inscrit ainsi comme le miroir de la société américaine actuelle toujours marquée par une certaine ségrégation raciale.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 21 février 2015
Selma, biopic sur Martin Luther King, souffre de quelques soucis liés à son destin Oscarisable, comme une lumière conventionnelle ou un tendance à recourir aux monilogues sur-écrits, et surtout est étonnamment bancal dans son montage. Mais au-delà de ces retenues, qui empêchent Selma d'être plus qu'un bon film, il est indéniable que le film nous emporte avec lui, de par son importance fondamentale et sa volonté, quelques fois, de ne pas coller à un personnage mais à son intimité. Selma reste donc recommandable.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 18 février 2015
Ce dimanche 15 février, nous avons pu assister à l’avant-première de Selma, biographie de Martin Luther King Jr, réalisé par Ava DuVernay et orienté autour de la marche de Selma pour le droit de votes sans entraves des afro-américains. Intelligent, de très bonne facture, Selma n’épargne aucun aspect de ses journées révolutionnaires : les interrogations des dirigeants noirs sur la voie à suivre, les tergiversations de Lyndon Baines Johnson et les intimidations de John Edgar Hoover, directeur du Federal Bureau of Investigation.

Au mois de mars 1965, à l’instigation d’Amelia Boynton Robinson (Lorraine Toussaint), Selma, petite ville de l’Alabama, à majorité noire, devint le lieu de rassemblement des militants des différentes associations de défense des droits civiques. Martin Luther King Jr (David Oyelowo) eu l’idée d’organiser une marche non-violente vers la capitale de l’État, Montgomery. Au terme de deux marches avortés donnant lieu à des exactions violentes de la police, la troisième marche triomphale força le président Johnson (Tom Wilkinson) à réformer au niveau fédéral toutes les infractions aux droits de vote.

Selma explore quasiment toutes les facettes de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Avec intelligence, l’air de rien, il met le focus sur les actions non-violentes de Martin Luther King sans se priver d’en souligner les ambiguïtés. À travers l’apparition succincte de Malcom X (Nigél Thatch) et les conversations entre Johnson, Hoover (Dylan Baker) et Lee C. White (Giovanni Ribisi). Balayant d’un revers de la main la question d’un journaliste, Martin Luther King ne répondra qu’en privée à son état-major à la question suivante : la non-violence a-t-elle vocation a provoqué la violence ? La réponse est oui, bien entendu. Le but avoué de Luther King était de pousser les blancs racistes, notamment le shérif Jim Clark (Stan Houston) et le gouverneur George Wallace (Tim Roth) a la violence pour pouvoir instrumentaliser la répression et forcer ainsi Johnson a intervenir. Face aux inévitables pertes humaines d’une telle méthode, certain pensaient qu’il fallait rendre les coups, Malcom X en tête. C’est pourquoi Selma s’efforce de livrer une synthèse entre les deux visions que quelques esprits mal intentionnés et d’imminents historiens voudrait parfois opposer. Ainsi, l’entrevue de Malcolm X, juste avant son assassinat, avec Coretta Scott King (Carmen Ejogo) montre des horizons communs malgré des méthodes divergentes. Dans son bureau, Johnson s’inquiète qu’un leader tels que Malcom X prennent la tête du mouvement des droits civiques. La pression de la Nation Of Islam précipita le pouvoir blanc dans les bras de Luther King. Les deux faces de cette même médaille montre l’efficacité de la multiplication des fronts.

Ainsi, dans son bureau ovale, Johnson reçu plusieurs fois Martin Luther King avec le souci permanent que ne s’embrase la révolte propagée par Malcom X. Engagé dans la guerre du Vietnam et souhaitant mettre en place sa politique de « Great Society », un ensemble de loi promouvant la fin de l’ostracisme envers les populations noires, l’aide à l’éducation et un embryon de sécurité sociale, Johnson refusa plusieurs fois au pasteur de se pencher sur les derniers verrous administratifs qui empêchait encore les noirs de voter, arguant qu’il avait déjà aboli la ségrégation avec le « Civil Rights Act ». Certes, la fin de cet apartheid avait été voté par le congrès en 1964 mais dans les États du Sud, la législation en place permettait de mettre en place un grand nombre de discriminations. Le droit de vote restait alors de l’ordre théorique. En toute impunité, aucun meurtre raciste n’était jamais élucidé et pour peu qu’un accusé soit traduit en justice, il était toujours acquitté. Le soir même de la troisième marche de Selma, la militante blanche Viola Liuzzo (Tara Ochs) fut assassinée par des membres du Ku Klux Klan. Sous l’impulsion de Johnson, pressé par l’opinion nationale, acquise majoritairement au mouvement après sa médiatisation sans précédent, les coupables furent arrêtés et jugés. Parmi eux, se trouvait un indicateur du FBI. Le 6 août 1965, Johnson signait le « Voting Right Act », loi fédéral forçant les États américains a supprimé tous critères spécifiques pour voter. N’ayant jamais perdu de vue que la lutte pour les droits civiques était aussi une lutte de classe, les militants afro-américains obtinrent la suppression du vote censitaire qui empêchait encore les plus pauvres de voter dans des états arriérés comme l’Alabama.

Ayant commencé sa funeste carrière en participant aux « Palmer Raids » (série d’expulsions et d’emprisonnements arbitraires menés par Alexander Mitchell Palmer, procureur général des États-Unis, précurseur du Maccarthysme, contre les figures historiques de la gauche américaine entre 1919 et 1920), Hoover, à la tête du FBI utilisa la désinformation et les campagnes de calomnies les plus sales pour diffamer ceux qu’ils considéraient comme des dangers. C’est dans cet optique, qu’il fit mettre sous surveillance et sur écoute les principaux leaders noirs. Évidemment, Martin Luther King fut soigneusement observé. Ava DuVernay met en scène, à travers des sur-inscriptions, les notes déclassifiées du FBI scrutant les moindres faits et gestes du pasteur. Coutumier des méthodes expéditives qu’il a expérimentées pendant la prohibition, Selma ne s’aventure pas trop en prêtant à Hoover des intentions d’assassinats. Ce qui est sur, c’est qu’il tenta de le discréditer en tant que figure morale. Dans Selma est évoqué l’affaire où le prêcheur est questionné par sa femme qui a reçu une lettre de dénonciation accusant King d’être un adultère. David Oyelowo, saisissant de justesse, n’a alors pas l’attitude de quelqu’un de totalement convaincu lorsqu’il nie ses relations extraconjugales. Bien que rien n’ait vraiment été prouvé en ce sens, la bonne idée de Selma est de ne pas y répondre parce qu’au final, on s’en moque. Martin Luther King fut un grand homme qui s’y ce n’était pas celle-là avait certainement des faiblesses. Cela ne fait que le rendre plus humains face au cynisme d’un être amoral comme Hoover.

Selma, sortira le 11 mars 2015 dans les salles françaises. Ne manquez pas cette belle épopée humaine portée par des acteurs géniaux et un scénario complexe laissant à chacun sa juste place et son propre rôle. On n’a rarement vu une biographie d’homme célèbre prendre autant la peine de laisser de la place à ses seconds couteaux. C’est que Luther King ne fut que le fer de lance d’une évolution inexorable ce que compris tardivement et à son corps défendant, le président Hoover. Preuve s’il en est que l’on obtient rien en attendant, inactif, que le ciel veuille bien nous le donner. Seule la lutte a permis aux damnés de la terre de Selma de s’élever davantage.

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Stephenballade

455 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 janvier 2016
Selma, ça vous dit quelque chose ? Vous allez me dire que oui, que c’est le titre du film. Oui, certes mais non. Je vous parle de la ville… Non, ça ne vous dit rien ? Et si je vous dis l’Edmund Pettus Bridge ? Toujours rien ? Allons allons, réfléchissez… Bon ok, alors si je vous dis Martin Luther King ? Aaah tout de suite ça va mieux, hein… ben vous êtes comme moi : instruits, mais sans plus, les souvenirs de l’éducation nationale étant loin. Eh bien sachez que la ville de Selma a été le théâtre d’une grande bataille que cet homme mena pour faire respecter les droits civiques des noirs aux Etats-Unis. Cet homme, lauréat du Prix Nobel de la paix en 1964 pour sa lutte pacifiste en faveur du peuple noir américain, est une figure incontournable concernant ses semblables, dans la lignée de Lincoln (personnage traité tout récemment pas Steven Spielberg en 2012) et de Malcolm X (personnage évoqué par Spike Lee en 1993). Oui, Martin Luther King est une grande figure clérico-politique, assassiné un 4 avril 1968, alors qu’il n’avait que 39 ans. Pour interpréter un homme de cette envergure et à l’immense charisme, il fallait un acteur qui se donne à fond. Cet acteur se nomme David Oyelowo et sa prestation est tout bonnement exceptionnelle. Non seulement il a pris les attitudes de l’homme, mais aussi sa diction (on remarquera d'ailleurs l'immense qualité des dialogues). Pire : il ne joue pas le rôle, il en est habité. Totalement concerné et impliqué, il donne force et aura à son personnage, avec beaucoup d’intensité et de dignité, sans jamais en faire trop. Bien qu’il porte tout le film sur les épaules, l’ensemble du casting est lui aussi parfait, tant et si bien que "Selma", à des années lumières des films à grand spectacle, suscite bien des émotions. Chers lecteurs, chères lectrices, pour ceux qui ont vu "Mississippi burning", vous vous souvenez sans doute des états d’âme de fou par lesquels vous êtes passés. Ici, il en sera de même : vous passerez de l’état de désolation à celui de la colère, pour ne pas dire la rage, ou pire la haine, en passant par le sentiment de honte, de furieuse révolte, car nous ne pouvons qu’être scandalisés par ce dont est capable l’être humain, mais aussi par l’attentisme des grands dirigeants politiques. Car certaines scènes sont dures à regarder, tant il y a de la violence de la part des blancs vis à vis de la communauté noire. C’est carrément impensable, insupportable, impardonnable. Mais c’est aussi ce panel d’émotions que nous attendons du cinéma. Et pour cela, je crois qu’on peut féliciter la réalisatrice Ava DuVernay, qui signe ici une réalisation certes assez classique mais impeccable, fidèle au déroulement des faits, en faisant preuve d’une grande rigueur, alors que s'attaquer à un tel sujet est un sacré pari si on considère de quelle manière ce pasteur a inscrit son nom dans la postérité. Rien n’a été oublié : les brimades de l’homme blanc, jusqu’au fonctionnement des hautes sphères politiques (jusqu'au Bureau Ovale), en passant par les agissements de la police et par une justice à deux vitesses. Le résultat fait que le spectateur ne peut qu’adhérer complètement à cette cause, une cause qui n’est qu’un pan de la vie de Martin Luther King, mais une cause qui semblait être la vraie raison de vivre de ce révérend, une cause qui n’est qu’un pan de l’Histoire parmi tant d'autres. De plus, "Selma" a été argumenté par des images d’archives, intégrées au triste épisode du pont Edmund Pettus, pour appuyer la véracité du propos, ce qui en fait une œuvre qui pourra être intégrée dans le cursus scolaire dans le cadre du programme relatif à cette période. Car non seulement ce film est très immersif, mais en plus il est instructif, et je pense sincèrement qu’il aurait mérité pleinement son Oscar comme meilleur film. C’est donc sans aucun ennui qu’on arrivera au générique de fin, lequel a la riche idée de nous présenter une galerie de photos du film, dont on appréciera la qualité des clichés, et qui nous fera prendre la mesure de l’implication de chacun des acteurs, qu’il soit un grand nom ou un simple figurant. Je trouve seulement dommage que ce diaporama soit accompagné d’un titre R’n’B, pas vraiment en concordance avec l’époque, bien qu’il comporte quelques notes de gospel. Nul doute que "Selma" est devenu et restera une réalisation majeure de la réalisatrice Ava DuVernay. En tout cas, c’est un film à découvrir absolument, ne serait-ce que pour se rappeler…
Neissier
Neissier

2 abonnés 103 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 mars 2015
Film historique poignant à montrer a l'ecole. il ne se concentre pas sur la vie de King mais sur une periode historique pour la vie des noirs americains. le film est porté par un tres bon casting
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 11 mai 2015
Loin de nous proposer une biographie complète sur Martin Luther king avec son célèbre discours "I Have A Dream", Loin de sa jeunesse et de sa mort, ce film ne propose qu'une courte période de sa vie, à Selma en Alabama, où il va obtenir le droit de vote pour les noirs. Super ! Deux heures assez longuet pour un même thème avec de nombreuses marches et affrontements. On ne voit que de gentils noirs face à de mauvais blancs, et pour seul conclusion : on veut que les noirs soient égaux aux blancs. Bref, on aura connu largement mieux en Biopic et je ne retiendrai pas celui-ci.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 19 janvier 2015
"De Selma à Ferguson, une histoire en noir et blanc ? - ??½

Pour garantir le droit de vote à tous les citoyens, le Dr Martin Luther King mène une dangereuse et terrifiante campagne s’achevant par une longue marche, depuis la ville de Selma jusqu’à celle de Montgomery, en Alabama, et qui a conduit le président Jonhson à signer la loi sur le droit de vote en 1965.

Selma_afficheÀ la lueur des récents et tragiques événements de Ferguson, cet épisode capital de l’histoire américaine dans la lutte pour les droits civiques des populations afro-américaines revêt un intérêt tout particulier. Il est utile de se rappeler que cette époque où les plus grands hommes politiques et orateurs du siècle ont véritablement mis leur vie dans leurs combats ne s’est déroulée qu’il y a de ça cinquante ans et que la liberté de chacun, pour ses droits et ses libertés, est un bien fragile.

Après un Mandela très décevant, s’attaquer au mythe Martin Luther King est une entreprise bien téméraire. On peut donc mettre en avant le courage d’Ava DuVernay, qui réussit en partie ce pari risqué. Alors certes les discours du grand orateur se suffisent à eux mêmes dans leur force, leur vigueur et leur fougue, mais David Oyelowo arrive à dissiper nos craintes en refusant la ressemblance à tout prix mais en préférant une incarnation toute personnelle au héros. Après Interstellar et avant A most violent year (L’année de toutes les violences), l’acteur britannique s’impose véritablement comme un des interprètes à suivre dans les années à venir. Discutables sur bien d’autres points, le scénario nous dépeint le pasteur dans ses forces, ses faiblesses et ses doutes. Il restitue aussi très justement la place essentielle de son entourage dans ses combats. Certaines scènes, très fortes, prennent véritablement le spectateur aux tripes, comme dans les scènes où Luther King harangue la foule.

Mais Ava DuVernay sombre malheureusement tout aussi facilement dans les facilités cinématographiques de la caricature. Le shérif Jim Clark est gros, laid, très très méchant et ne quitte jamais son sourire sadique, le gouverneur George Wallace est aussi peu crédible que l’accent surjoué de son interprète Tim Roth et le président Lyndon B. Johnson (Tom Wilkinson) est pleutre, vulgaire et on a du mal à imaginer un président américain prononcer de telles bordées d’injures dans le bureau ovale… Pour appuyer encore un peu plus le trait, la réalisatrice use et abuse des ralentis à n’en plus finir sur les brutalités policières. Cette histoire de Selma est assez forte en elle-même, nul besoin d’aller rajouter ces effets tire-larmes.

Enfin, on se demande l’intérêt de la présence de certains personnages comme Annie Lee Cooper, qu’on ne peut expliquer que par la qualité de coproductrice de son interprète Oprah Winfrey. D’autres sont véritablement sabordés par le scénario de Paul Webb, comme Malcolm X, pomme de discorde entre Martin Luther King et sa femme Coretta (jouée par la transparente Carmen Ejogo), disparaissant aussi vite qu’il est apparu sans davantage d’explication."
BeatJunky
BeatJunky

192 abonnés 1 934 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 avril 2015
Comment ne pas apprécier ce film sur ce moment d'Histoire à connaître et à faire connaître. Tout d'abord parce que c'est filmé impeccablement, peut être d'une façon trop classique diront certains... Peut être mais ça n'empêche pas le film d'atteindre son but à savoir nous montrer ce que les Afro-Américains ont dû subir malgré les lois qui devaient rendre leur quotidien plus "vivable". En effet, certains états ont eu beaucoup de mal à faire appliquer ces lois à cause de pourri comme ce George Wallace (excellent Tim Roth!) et ce film nous donne l'occasion de voir comment Martin Luther King a dû se débrouiller pour justement faire appliquer ces lois à sa façon, sans violence face à la majorité des Blancs qui pouvaient presque légitimement l'utiliser justement. Situation inconfortable pour Luther King qu'on suit essayer de se faire entendre avec ses moyens (la parole!) par le pouvoir et le président Johnson (également très bon Tom Wilkinson) Ensuite, cela nous donne l'occasion de connaître ce personnage historique, sa personnalité, son intimité etc... De ce côté là, Oyewolo est excellent, il incarne parfaitement le Doc! Au final, un film important qui se suit facilement et prend aux tripes. J'ai d'ailleurs été surpris de m'apercevoir le peu de récompenses qu'il aura raflé cette année... meilleure chanson aux Golden Globes et aux Oscars, c'est bien peu pour un film si important.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 mars 2015
Date importante dans la lutte des droits civiques, la marche de Selma en mars 1965 a réuni de nombreuses hautes personnalités du mouvement égalitariste. Parmi eux, c’est uniquement sur Martin Luther King que le scénario va se concentrer. Malcolm X, lui, ne fera qu’un court passage avant que son assassinat ne soit que vaguement évoqué. Cet exemple est purement anecdotique mais révèle bien les deux principaux problèmes de ce film, à savoir des personnages secondaires sous-traités et des ellipses maladroites qui auraient pu être corrigées en datant les rapports du FBI faisant office de structure narrative. Premier long-métrage d’Ava DuVernay, Selma n’est donc pas le biopic du célèbre pasteur que l’on attendait, et que ses enfants empêchent de se faire à grands coups de procès, mais bien une reconstitution d’un évènement qui prend le parti-pris de se focaliser sur les débats qu’a pu avoir King avec, d’un côté, les militants locaux et, d’autre part, le président Johnson. Un traitement qui ne pouvait aboutir qu’à un film bavard, heureusement entrecoupé de scènes de manifestations sources de tension dramatique et de violence. Filmée avec un académisme pesant, cette histoire, dont les protagonistes sont mal introduits (Oprah Winfrey, qui incarne pourtant la femme à l’origine de la revendication du droit de vote des noirs, n’a que deux lignes de dialogues, et l’on ignore, entre autres, qui sont les acolytes de King ou encore quel poste tient le personnage interprété par Giovanni Ribisi à la Maison Blanche), s’inscrit dans la vague de films récemment dédiés à l’affranchissement de la communauté afro-américaine, tous réalisés avec une certaine bien-pensance frileuse de montrer la ségrégation dans ce qu’elle a pu avoir de plus tragique (La couleur des sentiments, Le majordome…). La prestation de David Oyelowo (qui d’ailleurs apparaissait dans les deux films précédemment cités) dans la peau de Martin Luther King est parfaitement convaincante, tout particulièrement lors de son discours de fin qui fait office de climax de pathos, mais le jeu le plus étonnant est celui de Tim Roth qui, en poussant à fond le caractère hautain de George Wallace, en fait un individu profondément méprisable. Au final, on regrette que ce film n’ait pas été réalisé par un cinéaste plus expérimenté et radical, tel que Sike Lee qui, 20 ans après son Malcolm X, aurait pu nous livrer un regard moins consensuel sur les faits.
vincenzobino
vincenzobino

132 abonnés 390 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mars 2015
Il était temps! Temps qu'un film sur la marche de Selma soit enfin mis en scène. Et quel film!!!
Plus de 20 ans après l'extraordinaire Malcolm X de Spike Lee, la réalisatrice Ava Duvernay, inconnue jusqu'aux Oscars (j'y reviendrai plus loin) nous gratifie d'un véritable plaidoyer pour les droits raciaux équitables en rendant hommage au prix Nobel de la Paix 1964 tout en égratignant une certaine politique.

La réception et acceptation du prix constitue la scène d'ouverture et, sitôt cette introduction passée, on se retrouve directement dans la brutalité engendrée par la ségrégation et tout le processus menant à la marche de Selma est alors entrepris, processus tant familial, syndical que politique (cette dernière jouant un important rôle et Johnson est, après le Majordome, à nouveau mis à mal).
Si l'on était pointilleux, on pourrait reprocher quelques longueurs par ci par là, mais elles sont compensées par des séquences fortes (parfois brutales sans atteindre la violence extrême de Mississippi Burning), un casting haut en couleurs (David Oyelowo exceptionnel et je ne peux comprendre sa non nomination, Tom Wilkinson brillant Johnson et Carmen Ejogo magnifique Mme King. De nombreuses autres stars font également une apparition, parfois brève) et surtout une BO 5* (notamment le générique de fin avec l'oscarisé Glory et un chant gospel qui prend aux tripes). A recommander vivement...

PS : hallucinant que Selma n'ait reçu que 2 nominations. Après l'affront infligé au majordome carrément oublié l'année dernière, ça fait beaucoup...
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