Une idée de mise en scène (le réalisateur ne nous montre les personnages que si l'héroïne est capable de les voir), aussi bonne soit-elle, ne suffit pas à faire un bon film. Il manque à ce film de Guillem Morales des personnages plus consistants et attachants.
Faux thriller fantastique qui ne tire son intérêt que lors de quelques scènes intelligentes , parsemées ça et là, tant bien sur le fond que sur la forme, scènes originales pour le coup. Hélas ces 2-3 scènes ne pourront tenir le spectateur plus longtemps en affecte sur ce film vendu plus sur la réputation d’un Guillermo Del Toro plus malin réalisateur que producteur. A trop vouloir en faire parfois on se perd. Vide ou complet c’est selon, mais pour le second choix cela sera plus en comparaison de fictions télé que du 7ème art. Comme souvent le métrage se clos sur un plan ridicule tant dans le texte que dans l’effet. On hésitera à suivre le prochain long du réalisateur.
Réalisation maline (on ne voit pas les visages des personnages au fur et à mesure de sa cécité), scénario anxiogène et intrigant, esthétiquement parfait...jusqu'à la révélation finale, on marche sur des œufs pour comprendre ce qu'il se passe...Un excellent film d'angoisse!
Quand il ne nous livre pas l'un de ses contes fantastiques, Guillermo del Toro produit aussi comme "les yeux de Julia" réalisé par Guillem Morales. Ici pas de décors grandioses ni de surnaturel mais un thriller mettant un scène un quasi disciple de Norman Bates dans le genre "j'ai l'intérieur de la tête monté en kit". Décidemment quand ils s'attaquent au cinéma de genre les espagnols savent faire. L'histoire est bonne sans être révolutionnaire mais offre une ossature solide à une belle réalisation offrant son petit lot de frissons. Très bon thriller. 4 / 5
Excellente surprise avec cette nouvelle réussite du cinéma d'effroi ibérique. Doté d'un scénario très bien écrit, mis en scène avec énergie, frontalité et poésie, ce thriller aux relents hitchockiens est absolument passionnant. A voir absolument.
Énième surprise de la part du cinéma fantastique espagnol, alors que le cinéma français perdure à nous décevoir en matière de films de genre (fantastique, épouvante ou horreur), le cinéma ibérique quant à lui continue de faire des envieux et de nous surprendre de plus belle. Certes les films de genre mettant en scène un aveugle ne datent pas d'hier, mais Guillem Morales (le réalisateur) et Oriol Paulo (le scénariste) ont su innover avec un univers déjà bien rôdé. Le film quant à lui est clairement découpé en deux parties, il démarre comme un polar avant de s'achever sous la forme d'un thriller horrifique. Guillem Morales nous offre quant à lui de beaux moments de tension, entre la scène du vestiaire (avec les quatre femmes aveugles), la scène de la seringue dans l'oeil, celle du couteau qui frôle l'oeil ou encore lorsque la cécité de la victime nous plonge petit à petit dans le noir, au point de ressentir la même chose qu'elle. Où encore, lorsque le réalisateur décide de ne jamais dévoiler le visage certains protagonistes (l'aide à domicile ou la fille du voisin) afin de renforcer la tension et les questionnements. Un thriller palpitant mais qui malgré tout, n'évite pas quelques erreurs.
Vu il y a huit ans, je ne gardais presque aucun souvenir des « Yeux de Julia », simplement que je l'avais effectivement déjà vu en revoyant la plupart des scènes. Qu'écrire sur ce second visionnage ? D'abord, que Guillem Morales, à la fois réalisateur et scénariste, est manifestement plus doué pour le premier métier. Autant il parvient à créer une atmosphère inquiétante, étrange, exploite bien les lieux, sait créer une tension avec finalement peu de choses, autant le récit, pourtant réécrit visiblement à de très nombreuses reprises en amont, ne donne pas vraiment satisfaction, beaucoup d'aspects restant obscurs, que ce soit concernant le passé de l'héroïne, sa relation avec sa sœur jumelle, certains comportements parfois peu cohérents... De plus, la dernière partie se perd parfois un peu en longueurs et en excès, les révélations ne justifiant pas un affrontement aussi long, la personnalité du tueur, bien qu'intéressante, présentant des failles. Maintenant, cela reste plutôt bien mené, avec un suspense souvent de qualité, une volonté d'être un minimum nuancé, avec une pincée de romantisme (parfois un peu appuyé) et surtout une vraie noirceur (sans mauvais jeu de mots!), la présence d'une héroïne forte et « insoumise » étant également un vrai plus, surtout lorsqu'elle est interprétée par la très belle et très talentueuse Belén Rueda. Bref, du talent devant et derrière la caméra, malheureusement affaibli par des choix déconcertants et un récit parfois en difficulté, malgré de vraies bonnes idées : un peu frustrant.
Guillem Morales possède de vraies qualités pour distiller la peur, pour créer la paranoïa chez ses personnages et par ricochet sur ses spectateurs. C'est indéniable. On le ressent autant sur "El habitante incierto" que "sur les yeux de Julia". Ne lui manque plus qu'un vrai bon scénario, solide et dénoué de trop d’invraisemblances comme c'est le cas sur ces jumelles aveugles qui marchent en talons de 10 centimètres, sur cette Julia qui préfère rentrer dormir chez sa sœur, là où 2 meurtres ont été commis. Et la liste d’invraisemblances pourrait être longue, gâchant le plaisir du spectateur quelque peu attentif... mais donnez-lui un script bien dégraissé et il est certain qu'il sera à compter parmi une liste qui s'allonge de réalisateurs ibériques de plus en plus prolixes.
Pour qu'un réalisateur méconnu du grand public comme Guillem Morales soit produit par le grand Guillermo Del Toro, c'est qu'un talent subsiste. Et quel talent!! Ce n'est plus à démontrer, les espagnoles sont des maitres incontestables en matière de cinéma horrifique, et ce thriller psychologique en est la preuve. Scénaristiquement captivant du début à la fin, le film porte un regard sombre à travers les yeux de Julia, souffrant d'une maladie dégénérative de la corné. Une intrigue insoutenable pèse sur les mystérieux suicides de sa sœur, puis de son mari. Sait elle seulement que le mal est invisible? Si des invraisemblances demeurent, le soin apporté à la photographie et à l'atmosphère, compense largement. La cécité progressive de l’héroïne nous submerge d'angoisse et de ténèbres. Quelques sursauts et un rendu très immersif, vendus par une bande son percutante, digne des grands films du genre. En effet, le son transcende ce que l'image renvoie, nous plongeant littéralement au cœur de l'action. Rythmé, prenant, original, ce thriller horrifique dans la lignée de The Eye est une référence incontestable en la matière. 4,5/5
Il y a beaucoup de choses dans "les Yeux de Julia" qui nous font aimer ce nouveau fruit du fertile cinéma d'épouvante espagnol : une application intelligente des codes hitchcockiens (la citation, comme de "Psychose" par exemple, est toujours fine, et non assénée comme référentielle), un vrai désir de faire peur "à l'ancienne", sans second degré ni clins d'oeil de petits malins, une belle mise en scène, maniérée et "à l'italienne" (il n'est pas interdit de penser aussi à Dario Argento, et il y a pire...), deux très belles idées (celle de l'homme invisible, et celle, parfaitement déclinée, de plans reflétant - ou complétant, selon les cas... - la cécité de l'héroïne... Bref, beaucoup, beaucoup plus que dans la majorité des films d'horreur habituels. Il est dès lors dommage que l'abus d'invraisemblance dans un scénario trop peu soigné, et l'accumulation, aussi fatigante qu'inutile, de péripéties désamorcent peu à peu l'effet de "les Yeux de Julia". On en reste au final avec l'impression frustrante d'un beau film raté de très peu.
C'est pas mal, mais le scénario est quand même un peu trop tarabiscoté. Avec un traitement un peu plus réaliste il y avait vraiment de quoi exploiter pleinement une ambiance qui n'est pas sans rappeler des films d'Hitchcock. La fin traîne également trop en longueur. Ce qui donne toute son originalité et sa force au film est sa réalisation originale faite de cadrages très particuliers visant à placer - dans une certaine mesure - le spectateur dans la situation de l'héroïne aveugle. "Les yeux de Julia" est un bel exercice de style, mais pas totalement abouti.
Du cinéma de genre très efficace qui rappelle les giallos des années 70 par son histoire, son style et son ambiance. Tout est volontairement outré: la mise en scène virevoltante, l'actrice principale qui en fait un peu trop dans le drame, la musique avec violons stressés, les meurtres filmés avec classe... Un mode que l'on ne voit plus tellement dans le polar d'aujourd'hui. Le réalisateur se la pète un peu mais le film est une petite réussite pas mal foutue.
Un film de genre Ibérique, voilà qui peut rebuter au premier abord. Ici, le scénario est intelligent et bien que le métrage souffre de longueurs, l'essentiel est là, en jouant avec la peur du noir. A noter les effets de caméra où aucun visage n'est identifiable lorsque l'héroïne ne voit plus. D'ailleurs, cette dernière suffit à elle seule pour le film, réussissant à être classe et sexy à la fois.
"Los ojos de Julia" est la nouvelle production de Mr Del Toro, l'auteur de l'extraordinaire labyrinthe de Pan. Dès qu'on voit ça, on se jette sans plus attendre sur le DVD. Eh bien on a raison ! Ici, plus de mondes féeriques effrayants, ni de créatures démoniaques : on est face à un thriller qui prend pour point de départ une mort suspecte où entre en scène un meurtrier qui a toutes les allures d'un Keyser Söze et s'achève sur un final surprenant . Entre ces deux moments, c'est un éblouissement total au niveau de la mise en scène étant donné que la réalisation regorge de trouvailles uniques rendant le film passionnant d'un point de vue technique. Ensuite, au niveau de l'histoire, on va de surprises en surprises qui nous arrachent un petit "Ah bon..." de la bouche, sans parvenir à nous faire sauter comme des crapauds. Voilà d'ailleurs la plus grosse faiblesse de ces 2 heures : trop peu de moments mémorables & des moments dits "clés" un peu passés sous silence. On remarque d'entrée, qu'on a sous les yeux un scénario peu original qui ne réinventera pas le genre. Il n'empêche, on passe un bon moment. Un peu de sang, une ou deux scènes qui provoquent du dégout d'où ma question : "Pourquoi cette interdiction ?" A voir, même pour les peureux.
Les Espagnols sont fortiches quand il s'agit d'adapter des histoires de fantômes à l'écran. Mais là, point d'irationalité (quoi que...), il s'agit simplement d'un thriller horrifique. Et dans ce cas-là, même si on retrouve toujours une certaine sensibilité et poésie dans le sujet et la réalisation, l'ambiance n'a pas eu de prise sur moi, malheureusement.