Le Guépard
Note moyenne
4,0
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206 critiques spectateurs

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Misoramengasuki
Misoramengasuki

79 abonnés 399 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 janvier 2011
Il nous revient dans une version restaurée, avec des couleurs splendides, comme au premier jour. Quel chef d'oeuvre! Trois heures, sans aucune interruption, à rester bouche bée devant la beauté de ce qui se passe à l'écran. Et ça vaut pour les acteurs comme pour le cadre dans lequel ils évoluent. Burt Lancaster, presque intimidant de charisme, tour à tour hautain, bourru, fragile, drôle, séducteur, mélancolique... Alain Delon, aussi léger que Lancaster est pesant, virevoltant, cynique, tranchant comme la lame d'un poignard. Claudia Cardinale, à la fois candide et perverse, belle comme jamais. Les "seconds rôles" (on n'ose le dire): Serge Reggiani, qui renoue brillamment avec ses racines italiennes, Paolo Stoppa qui promène son regard d'aigle plébéien sur les fastes de l'aristocratie, Romolo Valli plus vrai que nature en père jésuite, Lola Braccini... Et, personnage omniprésent, la Sicile, ses villages, ses églises, ses montagnes, ses palais, ses beautés et ses misères. La Sicile magnifiée comme jamais par la caméra souveraine de Luchino Visconti. Les extérieurs grandioses, les scènes d'intimité familiale de la famille Salina, belles comme des Velazquez, les ruelles de Palerme et de Donnafugata, la longue, étourdissante et (justement) célèbre scène du bal... Sommet de l'art: Visconti n'est jamais prisonnier de la beauté qu'il filme. Sa mise en scène est fluide, légère sans aucune facilité, réfléchie sans jamais être pesante - parfaite, tout simplement. On pourrait parler aussi du formidable scénario adapté du roman de Lampedusa, de cette acceptation sereine et résignée du temps qui passe et corrompt inexorablement l'univers du prince Salina... et de Visconti. "Génie" est un mot aujourd'hui galvaudé. Dans le cas du "Guépard", il prend tout son sens.
Moorhuhn
Moorhuhn

169 abonnés 579 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 janvier 2011
Mon cinéma proposait une retrospective européenne, et Le Guépard était proposé dans une version restaurée de 3h25. L'occasion était trop belle, je n'ai pas hésité une seconde à choisir ma place.
Peut-être était-ce le fait de le découvrir au cinéma, mais en tout cas pendant plus de 3 heures j'en ai vraiment pris plein les yeux... Le Guépard est l'une des oeuvres les plus sublimes visuellement qu'il m'ait été donné de voir. La qualité de la photo est grandiose, l'esthétique est à pleurer! C'est vraiment la première chose qui frappe, mais alors quand s'ajoute à cela une mise en scène des plus belles, ca devient du bonheur à l'état pur. J'ai vraiment pris une de mes plus grandes claques visuelles, Visconti a atteint des sommets dans l'art de la réalisation. Il sait filmer les scènes intimes à la perfection, tout comme les rares scènes de guerre et les scènes en extérieur. Travellings, plans séquences, gros plans... Tout y est, c'est une démonstration, un exercice de style.
L'histoire est passionnante. On y suit la déchéance de la noblesse et la montée en puissance de la petite bourgeoisie, sous fond de révolution garibaldienne, une époque qui m'a toujours intéressé bizarrement. On y suit un aristocrate nostalgique, interprété par l'excellentissime Burt Lancaster, qui constate la fin d'une époque, qui marque la fin de certaines valeurs qui seront enterrées à jamais pour laisser place à des nouvelles, en contradiction totale avec les anciennes. Dans son propre entourage, c'est son neveu (Alain Delon) qui incarnera ces valeurs nouvelles, avec toute la traîtrise et le caractère lunatique qui va avec. Delon est génial dans ce rôle. Claudia Cardinale, elle, incarne la fille du petit bourgeois, celle qui se verra accéder au sommet. Le casting est génial, à noter aussi les présences de Serge Reggiani et de l'envoûtant Terence Hill dans un petit rôle intéressant.
Le Guépard est un film au fond passionnant, une fresque historique menée de main de maître et un véritable coup de génie. Je soulignerais également la belle partition de Nino Rota et surtout, pour moi un des points forts du film, la qualité des dialogues. Ils sont superbement écrits, le spectateur a vraiment l'impression d'assister à un grand film intelligent, ces dialogues respirent l'inspiration et l'intelligence. Une oeuvre titanesque, un film qui ne fait que confirmer mon amour du Cinéma, celui avec un grand C.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 avril 2012
Si Luchino Visconti a tout d'abord été célèbre pour son realisme ("Les amants Diaboliques" premier film annonciateur du Neoréalisme Italien), c'est finalement son talent d'innovateur et de metteur en scène qui lui permettront d'accéder à un statut honorable. "Le Guépard" (1963) est particulièrement interessant; car, il reflète presque toute la totalité du talent de son auteur, de sa période plus classique "Rocco et ses frères" à sa période moderne "l'innocent". Ressorti recemment au cinéma et figurant à la 24ème place sur la liste française des meilleurs films de tous les temps, on s'interessera sur ce qui fait du "Guepard" un chef d'oeuvre incontestable.

Le scénario tout d'abord, grande perle de l'oeuvre, est inspiré d'un roman à titre posthume de Guiseppe Tomasi, qui fut un prince et s'inspira de la vie de son grand père pour écrire l'histoire du prince de Salina (Burt Lancaster). Cette épisode historique, relatant la modernisation du gouvernement de Sicile, avec la montée de la classe moyenne et la fin de la monarchie, est interessant pour deux points : Tout d'abord il raconte une étape importante de l'histoire Italienne (toujours très interessant à adapter au cinéma) mais également bénéficie d'un sujet fort : un prince, un homme qui perd son pouvoir, son honneur, et se rend compte que sa mort est proche.

Le deuxième point interessant sur les enjeux du scénario aboutira à l'un des genres préférés de Visconti : le mélodrame. Ce genre permettra à Visconti d'être à l'aise avec son sujet et d'exercer, sans contrainte de style, son talent. Le résultat en sera très beau, des scènes de bonheur, de tristesse où Visconti joue avec la notion d'éternité. Il ira même encore plus loin, en matérialisant son mélodrame par l'intermédiaire d'un bal majestueux regroupant humour, déception et malheur

Contrairement à Fellini (que d'ailleurs pour préciser je préfère), Visconti maîtrise parfaitement son art et sait exactement ce qu'il veut (interview Alain Delon). En effet, excepté "La terre tremble", il aura commis peu d'erreurs durant sa carrière. "Le Guépard" peut résumer à lui seul la maîtrise et le talent de son auteur. D'un point de vue artistique, chacun de ses plans est digne d'un travail remarquable. Que ce soit au niveau des costumes, des décors, de l'éclairage, des couleurs, de l'organisation ou même de la signification : son exigence résulte d'un ensemble époustouflant.

La musique, écrite ici en partie par Nino Rota (compositeur très talentueux adoré par Fellini), est en accord avec les plans et au delà d'une volonté de sublimer les plans qu'elle accompagne, elle leur apporte une signification : dans la scène du bal ou Burt Lancaster part s'isoler, la gaïté de la musique contredit le désarroi du prince: ce qui montre bien la mélancolie (présence de tristesse dans un moment de bonheur) de Salina et intensifie son isolement.

Au delà des talents artistiques de Visconti, ce qui fait la beauté du "Guépard" c'est la modernité de sa mise en scène. Cette modernité se caractérise tout d'abord par sa volonté de mêlé les registres, en créant une alternance comique/tragique. Ce mélange se fait sans artifice, comme Renoir (référence à "Partie de campagne"), Visconti réussi à faire passer son spectateur du rire aux larmes et inversement. Ce qui fait la réussite de ce mélange, est inévitablement le jeu d'acteur. Très libre, mais également très brillant, chaque acteur (de Lancaster à Reggiani) parvient à donner une image complexe et réaliste à son personnage.

D'après mes propos sur le mélange des genres et le jeu d'acteur, on pourrait finalement penser que "Le Guépard" est un film léger... En effet, c'est un film léger contrairement à d'autres films de Visconti tel que "Rocco et ses frères". Cependant ce qui fait la force du "Guépard", c'est son impact psychologique. Pendant la séance, les gens rient, se laissent facilement divertir comme on pourrait se détendre devant une simple comédie, cependant l'oeuvre de Visconti va au delà de cela et réussi à marquer. Surement parce que le "Guépard" est également une tragédie, mais pas que pour cela. Ce que réussi à faire Visconti, c'est ce que Maupassant appellé l'illusionnisme, c'est filmer la vie, non pas telle qu'elle est, mais donner l'impression qu'il s'agit de la vie même. La force du "Guépard" réside dans son réalisme, dans sa manière de nous faire croire que derrière le rire, se cache souvent les larmes.
Nico2
Nico2

98 abonnés 939 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 janvier 2011
Palme d'or à Cannes en 1963, le chef-d'oeuvre de Luchino Visconti ressort en salles dans une version entièrement restaurée, et il faut bien le dire, tout cinéphile se doit de redécouvrir cette merveille du 7ème art sur grand écran. Car le film est déjà beau comme objet d'art : chaque plan est composé comme un tableau, la beauté des costumes et des décors et l'harmonie des couleurs font du film un véritable plaisir des yeux pendant plus de trois heures. Cette saga familiale nous plonge dans une Italie en plein bouleversement politique dont nous voyons l'évlution à travers celle d'une famille d'aristocrates dirigée par un patriarche autoritaire : le Prince Don Fabrizio Salina. Cet homme, qui veut que "tout change pour que rien ne change" décide d'apporter son soutien à l'unification de l'Italie tandis que son neveu Tancredi combat pour la même cause engagé au sein des Chemises Rouges. Film historique épique, Visconti ne sort jamais de la saga familiale proprement dite, sauf pour quelques scènes de bataille impressionnantes et mémorables. Pour rester proche des personnages, il fallait que ceux-ci aient de l'épaisseur et du poids, et le casting est ici sans appel : Burt Lancaster est magnifique de charisme et impose une présence rare dans le rôle du prince Salina. Face à lui, Alain Delon dans le rôle de Tancredi et Claudia Cardinale dans celui de sa future épouse Angelica sont beaux comme des dieux et forment un des plus magnifiques couples du cinéma. Mario Girotti (qui fera carrière plus tard sous le pseudonyme de Terence Hill), alors débutant, est lui aussi excellent en comte Cavriaghi, compagnon d'armes fidèle de Tancredi mais amant malheureux et Serge Reggiani en métayer. Le Guépard possède ce souffle romanesque propre aux grandes oeuvres qui le rendent passionnants de bout en bout. La passion et l'émotion submergent le spectateur tout en caressant son regard par l'esthétique soignée. A ce titre, la scène du bal (près d'une heure) est une leçon de cinéma à elle seule. Véritable plaisir des yeux tout en étant oeuvre forte et passionnée, Le Guépard possède ce charme irrésistible et cette force propore aux grandes oeuvres qui vous emportent tout en restant accessible à tous ceux sensibles à l'art et la beauté, aux grands sentiments et aux moments de bravoure, aux histoires d'amour et aux destins individuels qui se mêlent à l'Histoire. Le Guépard est un chef d'oeuvre.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 mai 2011
Que dire ce film sinon qu'il est tout simplement Beau! Tout y est magnifique, les paysages, les décors, les costumes mais aussi et surtout le trio Cardinale, Lancaster, Delon. Merci Visconti pour ce chef d'oeuvre du 7eme art.
stebbins

569 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 décembre 2010
Une Palme d'Or contestable à certains égards, d'un ennui insupportable de prime abord mais qui dévoile manifestement sa flamboyance visuelle lors de la dernière demi-heure... Tout semble, près de 50 ans après la consécration cannoise, reposer sur la fameuse séquence du bal, d'une exquise et obsédante longueur, d'une beauté démiurgique et proprement grisante. Sinon les 120 premières minutes sont telles un bloc de lieux communs des plus indigestes, probablement alourdies par de grossières erreurs de rythme. Le trio formé par Burt Lancaster, Alain Delon et Claudia Cardinale ne brille que trop rarement ( excepté dans la dernière partie du métrage ) et la musique envahissante de Nino Rota empêche l'émotion de s'installer de manière authentique. En d'autres termes Le Guépard de Luchino Visconti témoigne d'une magnificence dont il serait dommage de se priver, quand bien même il faudrait dépasser l'ennui profond de ses deux premiers tiers. Très inégal, certainement surestimé mais bénéfique sur le tard. Un classique.
Potame23
Potame23

19 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 décembre 2010
On peut résumer en 3 mots ce chef-d’œuvre : c’est beau, c’est beau et c’est beau. La copie neuve, version longue et restaurée proposée par la FQL est absolument parfaite. 3h25 au lieu des 3h05 habituelles où la beauté des images, des personnages et de la musique prennent tout leur sens. Des costumes et des décors sublimes, des acteurs hors du commun font de ce film un pur bijou où changer le moindre détail serait l’appauvrir. Un chef-d’œuvre de perfection, qui n’a pas pris une ride malgré ses 47 ans ! A voir et à revoir sans modération.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 décembre 2010
L'exemple typique du chef-d'oeuvre ! Ce qui ne veut pas dire que c'est le "meilleur film de tout les temps" ou le "plus agréable à voir" c'est juste un film irreprochable en terme d'éstethique et de jeu d'acteurs et qui visent haut sans se louper. Quelques longueurs mais ces longueurs sont bien filmé donc ça passe sans problème. Mention spécial pour l'incroyable Butch Lancaster !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 juillet 2012
Bon bah allez va pour ma critique...je metterai un 3 et demi a ce film... les décors sont très beaux, belle photo, les deux personnage de Lancaster et de Delaon sont très interessants, l'un une aristocratie a bout de souffle, l'autre le citoyen pragmatique. Mais alors pourquoi tant de longueur ? pourquoi pas plus d'épique dans ce film... on reste trop sur le personnage de Lancaster.
La scene du bal, très belle mais interminable !
Domage...
Par contre j'ai adoré la relation entre lancaster et delon...ils s'aiment mais sont radicalement opposé dans leur vision politique...
Julien D

1 345 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 septembre 2012
Si Salina n’avait pas été un personnage purement fictif car, au lieu de n'être qu'une splendide peinture de la Sicile en pleine révolution, ce chef d'œuvre serait en plus une merveilleuse leçon d'histoire... En nous faisant découvrir un monde en pleine évolution à travers les choix que devra faire ce bourgeois sicilien, Visconti nous fait réfléchir sur des sujets éternels tels que l'héritage des valeurs et la sempiternelle lutte des classes. Mais cette fresque est surtout rentrée dans la légende grâce à son casting légendaire et son esthétisme unique, nous donnant une image inoubliable de la Sicile du 19ème siècle avec ses paysages, ses costumes mais aussi ses cotés sombres dans les villages en pleine misère, atteignant son apogée dans la scène de bal finale. Bref, une palme d'Or bien méritée.
Stanley-le-begue
Stanley-le-begue

64 abonnés 293 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 août 2010
Grand, immense film de Visconti, classique instantané, scène magique sur scène magique s'enchainent. Pas de niaiserie, des acteurs brillants, comment critiquer un film pareil?
cylon86

2 845 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 août 2010
Un classique qui met du temps à commencer et qui ennuie au début. La mise en scène de Visconti est statique. Mais la deuxième partie du film est mieux, plus intéressante. Burt Lancaster est excellent.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 juillet 2010
Ce film est clairement à voir car c'est un film culte et quand on la vu on sait pourquoi. Déjà un grand bravo pour les décors et surtout les intérieurs qui sont sublimes, les costumes qui sont trés beau aussi je n'imagine même pas le budget du film rien que pour les décors et costumes qui vont plonge clairement dans l'ambiance du 19ème siecle. La prestation des acteurs est géniale et surtout Burt Lancaster, Alain Delon (qui m'a fait l'aimer dans ce film) et Claudia Cardinale qui est magnifique. Un film à voir tellement il est riche historiquement, scénaristiquement et visuellement.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 juin 2010
Un chef-d'oeuvre : réussite esthétique (décors, costumes, ambiance, musique : tout y est flamboyant, grandiose) et merveilleuse profondeur. Porté par des acteurs très convaincants, il apporte une vraie réflexion non seulement sur cette époque de bouleversements politiques et sociaux en Sicile, sur les rapports de classes, mais aussi sur les grands thèmes de la vie : l'amour, la mort. Ces derniers se dévoilent dans toute leur complexité lors de la scène du bal. Cette fameuse scène peut paraître à première vue excessivement longue, mais il faut justement se laisser porter par cette longueur, révélatrice de la langueur de la noblesse dans l'éclat des derniers feux. Un film parlant, vertigineux, à voir et à revoir!
benoitparis
benoitparis

143 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mai 2010
Faire une courte critique d’un classique aussi superbe est dérisoire. C’est aussi magnifique dans les scènes d’intérieur que d’extérieur, et la munificence de la reconstitution historique n’a pas une once de pompiérisme : elle sert l’acuité de l’observation sans l’écraser. Rude constat : le parti de l’ordre, l’aristocratie et les parvenus, confisque, en Italie comme ailleurs, la révolution ; la Sicile se condamne à sa propre misère, en toute circonstance. Burt Lancaster était réellement un très grand comédien, aussi crédible dans l’interprétation d’un apache ou d’un sportif déchu que dans celui d’un vieil aristocrate sicilien.
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