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Un visiteur
5,0
Publiée le 25 janvier 2011
Film sublime. La fin d'un monde aristocratique filmé par un Chateaubriand cinéaste:"- Sire, je ne fais qu'obéir à vos ordres ; pardonnez à ma fidélité : je crois la monarchie finie." Le Roi garda le silence ; je commençais à trembler de ma hardiesse, quand S. M. reprit :"Eh bien, monsieur de Chateaubriand, je suis de votre avis" La lenteur, la lumière, la couleur...la beauté une dernière avant la mort pour le prince Salina
Je vais peut-être me faire incendier, mais en voilà un film sur-évalué. Oui les décors sont magnifiques, oui le scénario est intéressant ( oeuvre de Lampedusa oblige ). Mais le film de Visconti parait bien fade par rapport au roman. A mon sens l'ensemble du film patauge dans la prétention, à commencer par Alain Delon au jeu très énervant. Lancaster ne brille pas particulièrement et ce n'est pas Clauda Cardinale qui rattrape la chose. Après tout est question de goût bien sur, mais je parie que Huit et demi de Fellini aurait d'avantage mérité la Palme d'Or. Sur ce, je m'en retourne regarder un petit Antonioni...
Une copie neuve éblouissante , dont la qualité est visible dès les premières images de la propriété du Prince de Salina ; alors je ne vous dit pas combien resplendit la scène du bal, et comment nous émeut la dernière ( première ?) larme qu’écrase Fabrizio. Tancrede dit en premier qu’il faut que tout change pour que rien ne change. Mais une autre phrase clé est peut-être que le temps des chacals va succéder à celui des lions et des guépards. Que ces thèmes sont encore modernes : se sentir entre deux mondes et bien ni dans l’un ni dans l’autre. Et surtout la description de la façon dont Salina prend conscience que lui aussi va disparaître, et d’autant qu’il a organisé la « suite » en rattrapant un tournant de l’histoire en faveur de sa dynastie. Revoir le face à face avec Reggiani. Savourer l’entrée de Claudia pour le premier diner ou le trio final d’invitation à danser une mazurka, convertie en valse. Un miracle de couleurs, de reparties, de jeux de miroirs ( encore !), la fanfare quand la famille princière rentre en ville : le Parrain 2 est là tout proche. FESTIVAL LUMIERE 2010 - 3
ce film est un pure chef-d'oeuvre, c'est la seconde fois que je le vois et j'ai pris autant de plaisir que la première fois, il n'a pas pris une ride, j'ai trouvé la mise en scène de visconti d'un modernisme étonnant, on a du mal à croire que ce film a été réalisé en 1963 ! burt lancaster porte le film tout au long sur ses épaules, par contre j'ai touvé le jeu de delon et de cardinale fade, je trouve qu'eux ont vieilli mais pas lancaster, peut-être était-ce voulu par visconti, il a réussi à faire passer des idées modernes et intomporelles dans le personnage de ce vieux beau qui a perdu ses illusions et qui, comme son époque, sait qu'il a fait son temps, on retrouve aussi la même idée dans louis ll de bavière, ce roi de pacotille qui voit son univers s'écroulé autour de lui ou encore dans mort à venise où se vieux dandy croit retrouver sa jeunesse dans ce jeune garçon apperçu à la plage, au fond le guépard, louis ll, le vieux de mort à venise ce sont une seule et même personne, lui: visconti
Je ne sais jamais si je préfère Mort à Venise ou Le Guépard... Aucun rapport me direz-vous, sinon que ce sont pour moi les deux chef d'oeuvres de Visconti que je revois au moins une fois par an. Je crois que Le Guépard réussit à sublimer l'Histoire pour faire comprendre l'histoire des hommes et celle de l'homme. Ce qui est vrai pendant la Révolution italienne le devient en toute époque et tout lieu. Universel. Rien n'est exceptionnel de beauté et de tristesse comme la scène où le comte Salina refuse de participer au nouveau gouvernement... On ne peut pas vivre sans avoir vu ce film - et lu le roman (posthume!) de Tomasi.
Je vais en profiter pour répondre à educomix@bluewin.ch qui n'a mis qu'une étoile et souhaite en parler.Ce film est magnifique,c'est ce qu'on peut appeler un grand classique comme le roman de Stendhal"le rouge et le noir"mais il peut paraitre extrêmement long et ennuyeux à beaucoup.Il n'y a pas à critiquer.C'est seulement dommage de ne pas en jouir pleinement.Pour cela, il faut posséder quelques clés et avoir un peu bossé le septième art.J'exclus de mes propos les esthètes,les aristocrates et les gens raffinés incapable de supporter les films de Lynch,Fassbinder ou Tarentino et qui n'apprecient que "le Guépard "et les films qui lui ressemblent.Le cinéma étant avant tout un grand art populaire.Pour ce film,aimer le cinéma ne suffit pas,il faut aussi aimer l'histoire,les belles manières et être capable de se mettre à la place du Prince en respectant ses souvenirs et ses goûts.L'expédition des chemises rouges et l'histoire de l'unité italienne depuis le fameux "italia fara da se"répondu à Lamartine en 1848 allant de soi.Cela étant acquis, on peut alors admirer le travail du cinéaste qui décrivant la fin d'un monde va prendre le temps qu'il faut pour nous en faire sentir le goût.Les cadrages au millimètre,les déplacements élégants de la caméra,les gros plans sur le Prince évoluant depuis son enfance dans des décors dont jamais nous ne ressentirons la présence permanente."Roturiers issus de 1789" que nous sommes pour l'immense majorité d'entre nous.Oui,beaucoup de gens sincères aiment ce film,ils le visitent régulièrement pour son ambiance et toute sa richesse intellectuelle.Certains dialogues étant des leçons de vie.Pour moi,groupie de Visconti je suis un peu énervé par le traitement qu'il réserve aux femmes et en particulier à notre C.C.qui a choisi la France.Il se contente de la filmer sans plus,elle n'est jamais mise en valeur.Rappelez vous de ce qu'elle dégage dans "les professionnels".Ici, seul Burt lancaster fascine Visconti,je suis en droit de le regretter.
Adapté d'un roman italien de 1958, ce film retrace la naissance de la nation italienne au cours du XIXè siècle à travers une famille aristocratique sicilienne. Reprenant très fidèlement le roman, le réalisateur montre le déclin d'une classe dirigeante noble au profit d'une classe bourgeoise et comment les hommes les plus intelligents ou opportunistes prennent place dans ce nouveau système de pouvoir de telle sorte que, comme le dit l'un des personnages principaux du film, "tout change pour que rien ne change". Visconti, réalise avec intelligence un film qui peut paraître un peu académique mais qui n'en pas moins extrêmement bien pensé. Il s'attache à nous montrer conjointement par l'image l'ascension des uns et le déclin des autres qui ne voudraient pas laisser la place ou qui au contraire la laisseraient consciemment encore qu'un peu avec nostalgie. La dernière séquence du bal est d'ailleurs très emblématique à cet égard et a elle seule résume bien toute l'histoire bien qu'il faille se garder de mettre uniquement en avant cette longue séquence de fin tant tout le reste depuis le début est tout aussi très bien réalisé.
Je m'attendais à une chef d'œuvre, oui à un chef d'œuvre car c'est un des "1001 films à voir avant de mourir" et parce que le livre de Lampedusa ne m'avait pas trop déplu et qu'il me préparait à voir quelque chose de grandiose. Mais la lenteur et l'éclipse de certains passages du livre m'ont contrarié! Je mets 1 étoile car tout de même le casting regroupe de grands noms du cinéma: Burt Lancaster, Alain Delon, Claudia Cardinale. Dommage ~!
Pour moi, le seul film véritablement majeur de Visconti. Jamais sa thématique n'a été aussi subtile, riche et intelligemment traitée, jamais la forme n'a été aussi splendide, puissante et maîtrisée. Il s'agit d'un changement d'époque. Le prince est suffisamment moderne pour ne pas être piégé par la révolution, mais son attachement à l'ancienne ère lui interdit de participer activement à la transition. Il va ainsi positionner son neveu Tancrède tout en observant son univers décrépir en même temps qu'il vieillit. Ici, le faste de la dernière heure contraste avec la beauté sauvage et aride de la Sicile. Cette région est comme figée dans le temps (on pense à un passage de The godfather 1). Malgré sa durée, le film n'ennuie jamais (on ne peut pas en dire de même pour tous les films du réalisateur), jusqu'à cette géniale dernière séquence, dans laquelle le "guépard" quitte le bal avant la fin, c'est-à-dire ce changement factice avant la redistribution des rôles, et rentre à pied, s'engageant dans une ruelle sombre parmi les chats de gouttière...
Un beau film, Le personnage de Don Fabrizio est très bien joué, Alain Delon aussi joue bien le role du personnage charismatique qui frime et Claudia Cardinal ajoute une touche de niais dans son personnage d'Angelica. Sinon par rapport au roman de Lampedusa, les principaux traits de caratère du roman sot bien exploités mais pas trop. J'ai souvent entendu des gens dire :"j'aime pas ce n'est pas la même fin que dans le roman" , je trouve ça ridicule car la fin du roman, en particulier la vie du père Pirrone, on s'en fiche, le plus important c'est de voir le Prince Salina dans sa splendeur et non lorsqu'il meurt. le seul point négatif, c'est que j'étais mal assis pendant trois heures ^mais bon ce n'est pas a cause du film.
"Le Guépard" est un film d'une incroyable beauté esthétique. Et sa beauté est comparable à un des films d'Akira Kurosawa, "Ran", ayant le même flux esthètique et la même profondeur du traitement de l'âme humaine, bien que sur ce dernier point, "Ran", est encore plus abouti. "Le Guépard" montre la chute de l'aristocratie italienne et de son prince, faisant ainsi place à l'instauration d'une nouvelle institution, la république. Et cette chute, bien entendue, se fait dans la guerre, comme il est de coutume dans les changements d'époque. La chute de ceux qui furent les maîtres ne se fait pas dans le sang, car apparemment, aucun membre important de la famille aristocratique du prince ne se fait tuer, sinon au pire, sa famille se fait chasser de leur propriété principale, et surtout pour leur sécurité. Ce qui est extraordinaire, c'est la façon de voir les choses de cette famille aristocratique. Tout est bon pour réhabiliter leur honneur, ou du moins pour amortir au mieux la chute inéluctable de leur rang. Les affaires d'arrangement politico-politicienne sont nombreuses, à savoir par exemple, collaboration entre politique, mariages de raison (ou d'amour ?), nouvelle sympathie et union avec l'armée, etc. Même dans la chute, tout est bon à prendre. L'interprétation magistrale de Burt Lancaster en prince Salina vaut son pesant d'or, et Alain Delon dans le rôle de Tancrède sent la joie de vivre et l'inconscience de la jeunesse. Magnifique. Et que dire de la jeune et prometteuse Claudia Cardinal dans le rôle d'Angelica Sedara, tout aussi insouciante, et d'une beauté qui ferait pâlir de jalousie une vierge du paradis. Néanmoins, le film n'est pas parfait, la cause à quelques longueurs mal négociées. La faute certainement à la durée gargantuesque de 3h30 du film. 3h00 de film aurait largement suffit et permis au film de se tirer avec un sans faute. Ce qui lui enlève une étoile. Mais le spectateur demeure. Magnifique.
Une fresque historique brillamment reproduite qui retrace la complexité de l'unification italienne pour la classe aristocratique qui se fait souffler son rôle au fur et à mesure par une bourgeoisie au poids croissant. Le travail de mise en scène est tout simplement surprenant et la scène du bal en est le point d'orgue incontestable! Visconti réussit donc son film. Cependant, son oeuvre manque de quelque chose: si l'effet produit par les nombreux plans d'ensemble est à la fois intéressant, alors que nous aurions plutôt eu tendance à attendre des plans plus proches des personnages, ceux-ci peuvent paraître parfois trop superficiel. J'entends par là que la fresque dépasse amplement et trop même les personnages, l'histoire n'est pas guidée par les personnages mais plutôt par les faits qui les entourent sauf pour ce qui concerne Burt Lancaster, sublime dans son rôle. En outre, comme le souligne Anaxagore, dont j'aime particulièrement la justesse de son propos et qui correspond le plus souvent à mon avis, ce film est produit la même année que Huit et demi. On ne peut donc que souligner la faiblesse de la réalisation de Visconti qui manque de vigueur par rapport à ses compatriotes qui hissaient le cinéma italien au firmament du cinéma mondial. Bien dommage ! Cependant un film qui doit tout de même être vu.
L'un des chefs-d'oeuvre de Visconti. Une fresque romanesque avec des décors grandioses et un casting impressionnant. La photographie est très soignée. Inoubliable !
Visconti parvient à adapter à merveille le roman de Lampedusa au cinéma grâce à une réalisation particulièrement soignée et à de grands acteurs ainsi qu'à une sélection judicieuse de certains passages qui sont soit mis en valeur soit retranchés. Mais pour apprécier cette très belle oeuvre cinématographique il vaut mieux lire le livre en premier.