Roman Polanski réussit avec ‘Répulsion’ ce qui manque trop souvent aux films du genre : faire peur sans artifice, sans excès de scènes ‘chocs’. Peu de sursauts donc, mais une impression constante de malaise. Avant d’être un film à sensations, ‘Répulsion’ est un formidable film d’ambiance. Polanski installe une atmosphère malsaine et angoissante, et cette tension, incroyablement maîtrisée, progresse crescendo tout le long du film, qui vire au huis clos oppressant. Polanski ne tombe jamais dans la surenchère, et préfère une démarche minimaliste : ‘Répulsion’, c’est l’histoire d’une femme qui sombre progressivement dans la folie, dans une sorte de délire paranoïaque. Le film est donc resserré sur l’intériorité de la jeune femme, son évolution psychologique, d’où ce sentiment d’étouffement ressenti par le spectateur. Angoissant, le film promet de bonnes montées d’adrénaline, et arrive à quelques reprises à nous faire sursauter d’effroi. Mais la véritable peur provient des bruits : il y a un vrai travail autour du bruitage, qui contribue largement à l’atmosphère malsaine du film. Le tout est admirablement filmé (prises de vues, lumière…) et fait de ‘Répulsion’ un film d’excellente qualité, voire même une référence du genre. Véritable contre-emploi pour Catherine Deneuve, on aurait pu douter de sa capacité à jouer un tel rôle, tant celui-ci est éloigné de l’image glamour à laquelle on cantonne souvent l’actrice. Pourtant, elle est impressionnante en schizophrène à la limite de l’autisme : son regard, ses tics faciaux… Une vraie performance d’actrice. En résumé, un huis clos terrifiant, dérangeant, brillant dans sa mise en scène, qui l’on garde longtemps en tête tant l’atmosphère malsaine et poisseuse y est puissante.