Histoire d'une simplicité et d'une cruauté bluffante. L'atmosphère et la photo font penser au récent "Frozen River", drame porté sur une mère de famille prêt à tout pour garder sa maison. Ici, c'est un peu pareil, le même groupe social, sauf que la mère est folle et absente et que c'est la grande fille qui doit s'en charger. De plus, le père n'est pas là, comme dans l'autre film, disparu et supposé mort. Au coeur de la forêt où elle habite, l'ado de 17 ans qui s'occupe de toute la famille doit impérativement retrouver son père qui a hypothéqué la maison. Elle cherche chez les voisins, fait le tour des gens pouvant l'aider. C'est un film au ton monotone mais grave à la fois car un vent de "réalité" se fait sentir. D'une violence transparente et parfois supposée, on suit la traversée de la jeune fille, justement interprétée par Jennifer Lawrence, nominée aux Oscar pour ce rôle. Elle est prêt à tout pour sauver sa famille, face à la méchanceté des autres et la cruauté de la nature, on découvre petit à petit la vérité qui reste engloutie jusqu'au bout. Dommage que la narration soit lente et beaucoup de scènes peu utiles. Un film d'auteur touchant pour l'interprétation et un scénario tordu forment un tout ambigu et dérangeant.
Une plongée froide et glauque au coeur de l'arrière pays américain où l'on va suivre l'enquête d'une jeune fille pour retrouver son père sans qui elle perdra la maison familiale. L'ambiance y est c'est indéniable, les seconds rôles sont bons mais il est clair que c'est bel et bien Jennifer Lawrence qui porte sur ses frêles épaules l'ensemble du métrage, son premier grand rôle par ailleurs qui la laisse exploser aux yeux de tous. L'histoire est touchante et l'intrigue, quoique mince, se laisse suivre mais la vache que c'est lent ! J'aime ce genre de film d'ambiance habituellement mais ici le climat ne se suffit pas à lui-même et il aurait fallu deux ou trois rebondissements pour relancer l'intérêt. Dans le genre, on a quand même vu bien mieux et surtout plus palpitant, c'est bien dommage car l'entrée en matière était très bonne, entre la découverte des habitants de cette bourgade reculée et ce climat angoissant et glacial, malheureusement ça s'essouffle rapidement et on a tendance à s'ennuyer, l'unique intérêt demeurant dans le dénouement, ainsi bien sûr que la prestation de Lawrence. A voir une fois mais en sachant qu'il est sans doute pas mal surestimé.
Rosetta du Minnesota ? Plus qu’aux Dardenne, on songe à tout un pan du nouveau cinéma indépendant ("Frozen River"), qui allie critique sociale, revisite d’un genre et exploitation d’un décor naturel. Et après "True Grit", voici un autre récit d’adolescente en phase de règlement de compte envers la mémoire paternelle... Une réussite aride et choc.
Ce film nous change des habituelles bluettes hollywoodiennes certes, mais ce n'est quand même pas le chef d'oeuvre annoncé par le choeur de critiques professionnels. Une exploration d'un monde plus rêvé et imaginé sans doute, que le reflet d'une réalité vivante de l'Amérique rurale profonde. Mais pourquoi pas? Un scénario passablement embrouillé et énigmatique, un montage trop linéaire nous empêchent d'apprécier pleinement toutes les qualités (il y en a!) de ce beau film. Tout d'abord, un casting étonnant et pertinent, une image bleutée adaptée au climat de ce Missouri profond, une musique également bluesy qui gratte le banjo et une totale absence d'effets spéciaux.
Le principal problème du film réside peut-être dans le fait que le scénario s'essouffle assez rapidement. Les scènes deviennent assez vite redondantes et du coup Winter's Bone n'évolue pas, ne se renouvelle pas. Pour qu'un film puisse se permettre ça il faut que le sujet de base soit vraiment captivant et ce n'est pas vraiment le cas de Winter's Bone. Le film n'est cependant pas dénué d'intérêt. Déjà, Jennifer Lawrence assure. Quant à la mise en scène, à la photographie et aux décors, ils participent à créer une sorte d'ambiance générale, un malaise qui transparait tout au long du film. Bref, un film convenable mais qui pèche tout de même sur certains aspects.
Ca y est ! Je viens de compléter une boucle : celle de voir tous les films nominés à l'Oscar du meilleur film en 2011 (Le Discours d'un Roi, 127 heures, Black Swan, Fighter, Inception, The Social Network, Toy Story 3, True Grit, Tout va bien the kids are all right et maintenant Winter's Bone). On y retrouve Jennifer Lawrence (Le complexe du Castor) et Garret Dillahunt (Terminator, la série), entre autres. Personnellement, je peux comprendre la nomination à l'Oscar de la meilleure actrice, mais le film ne mérite amplement pas sa nomination. Ce n'est pas mauvais, mais de la à le nominer pour la plus belle des récompenses, non.
Ce film (qui n'est pas sans rappeler le cruel "Délivrance") me laisse comme un goût d'inachevé... Les acteurs sont très bons, ils assurent, rien à redire. La photographie et la mise en scène sont maîtrisées et entretiennent avec précision une ambiance glauque et terrifiante. Cependant, le film, dénonciateur des malheurs de ces culs terreux américains, à la fois cru et dérangeant, n'est pas parvenu à me captiver outre mesure. Je le recommande pour le jeux d'acteurs mais il n'a rien d'inoubliable.
Petite déception que ce Winter's Bones. Fort d'une très bonne interprétation des acteurs (Jennifer Lawrence et John Hawkes en tête) le film ne décolle jamais la faute à un scénario et une mise en scène beaucoup trop flemmarde. Le suspens ne prend pas et on s'attache au final à ses peux au personnages, hormis celui du frère du père recherché. La quête de cette jeune fille qui, faute de donner une envie de trouver le père, dépeint parfaitement l'ambiance et la vie des gens qui ont subi la crise de plein fouet : entre obligation d'engagement dans l'armée pour de l'argent et bébé en étant ado, c'est un portrait vibrant d'un certain malaise et par le jeu de Jennifer Lawrence, d'une envie de survivre. La seule vrai réussite du scénario. En conclusion, déception pour ce film qui aurait pu réserver plus de moment de suspens et d'inquiétude et surtout il aurait du être plus poignant. Dommage.
On est ici au fin fond de l'Amerique profonde, le Missouri pour être exact. Ici, les gens parlent peu, ils vivent un peu comme ils peuvent... et pas très bien, dans des logements et des conditions de vie pas terrible. Le père de Ree, jeune fille de 17 ans ayant à charge sa mère dépressive et ses jeunes frères et soeur part à la recherche de son père, trafiquant de drogue libéré sous caution avant son procès et qui a disparu. S'il ne se présente pas à son procès, la famille perdra sa maison qui a justement servi de caution. Ree se débattra dans sa quête avec une maturité que ses 17 ans ne laisseraient pas supposer. Ce film est assez lent, au rythme d'une Amérique très éloignée des l'ambiance des grandes villes. C'est le "Deep South" pauvre, où l'intérêt collectif prime sur celui du groupe. Un beau film bien joué.
Clairement le film nominé a l’oscar le plus en-dessous de tous. L’ambiance mise en place par Granik fonctionne : il n’y a quasiment aucun son, aucune musique, de nombreuses scènes ne sont que des enchaînements de plans fixes dans une maison… Bref, quasiment rien ne se passe ce qui crée une atmosphère extrêmement pesante, se rapprochant presque du film d’horreur. Le spectateur comprend vite les codes et les dangers de cette petite bourgade, et se retrouve bien immergé dans le film. Sauf qu’hélas ca ne suffit pas pour faire un bon film quand le scénario est écrit en 10 minutes et qu’il y a une absence totale de développement des personnages. Winter’s Bone est malheureusement le genre d’œuvre qui pense que le réalisme social et la tristesse d’une histoire permettent d’insuffler au film un fond ou un intérêt, et c’est réellement dommage, car au niveau de la mise en scène et de l’ambiance, il y a de réelles qualités.
c'est dur, triste et malgré tout c'est beau à voir le courage et l'amour d'une gamine pour sauvegarder sa dignité et celle de sa famille tout en conservant la force de se battre en ne balançant personne. bravo
On aura beau dire ce que l’on veut mais Winter’s Bone est un film muet. Il se contente d’adapter une œuvre et basta. Même si la réalisation est bonne et la photographie précise, et le jeu d’acteur adéquat, le film nous berce dans un compte de Disney pour adulte. La petite fifille de 17 ans à qui tout arrive, sa mère est malade et incapable de gérer le foyer, ayant deux petits frères et sœurs à charges, un père disparu, et une bande de mafieux sur le dos. Autant dire que pour elle c’est la merde, jusqu’au moment ou tout s’arrange comme un cheveu sur la soupe.
« Winter’s Bone » est un drame fort dont l’histoire est simple, mais qui met l’accent sur la pauvreté, sur les us et coutumes ruraux et le contrôle des villages par une pègre locale qui ne s’embarrasse pas de grand discours. Un univers sans foi ni loi, où il ne fait pas bon vivre, et où les perspectives d’avenir sont plus que faibles. On s’interroge sur ce mode de vie, est-ce vivre ou survivre ? On est bien loin du rêve américain. La photographie accentue le côté terne, livide présentant les personnages comme blêmes et terreux. Le casting offre des prestations très réalistes et Jennifer Lawrence délivre une excellente performance. Un film sombre, a ne pas regarder en période de dépression.