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Raw Moon Show
153 abonnés
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3,5
Publiée le 20 mai 2014
Des petits défauts de jeunesse sûrement chez Gus Van Sant lorsqu'il essaye d'esthétiser une chronique sociale couplée à une grande histoire d'amour entre 2 jeunes hommes... Mais il y a une telle poésie, intense de bout en bout - les crises d'épilépsie transformées en moments de contemplation béate du ciel de l'Idaho, les scènes d'amour filmées façon roman photo mais sans les traditionnels arrêts sur image etc. -, un tel romantisme sauvage et surtout un acteur inoubliable, River Phoenix, dont on ne regrettera jamais assez la mort prématurée... Une des belles réussites de Van Sant parce que sincère et faite avec des tripes et de belles grandes idées !
Superbe composition ou recomposition, Gus Van Sant signe une long-métrage équilibre parfait et pourtant hétérogène. Filmant ces êtres perdus ou mis au ban, sous forme de road movie et de western, il témoigne d'une générosité risquée au travers de sujets très peu plébiscités voire honnis. Grâce à son registre psychedélique, le film n'a pas vieilli, renvoyant notre époque à ses propres démons. Construit sur le schéma intérieur du personnage joué par l'étonnant River Phoenix, on est au moins touché par l'émotion, sinon transporté par une beauté formelle poétique en accord parfait avec le fond. Une incontestable réussite, un exemple de cinéma.
Le film de Gus Van Sant possède le même ton décalé que l'on retrouve deux ans plus tard dans Even Cowgirls Get The Blues, et ces deux films ont un certain nombre de thèmes en commun (l'homosexualité, l'anomalie - ici la narcolepsie, le voyage). Ici, la narcolepsie intervient à des moments où le personnage principal, incarné par un très bon River Phoenix, semble être en difficulté et traverser des chocs émotionnels, plus ou moins forts. Globalement, même si My Own Private Idaho possède une certaine fantaisie originale, j'ai trouvé que ce film manquait de percussion (en même temps, c'est un film sur la narcolepsie...) et de direction.
Film culte de toute une génération, ce troisième film de Gus Van Sant s'avère tout de même très particulier et ne plaira vraiment pas à tout le monde. Dommage car le film recèle de très beaux moments et doit beaucoup à ses comédiens, le regrétté River Phoenix et l'incroyablement sous-estimé Keanu Reeves en tête.
J'ai vu trés peu de Gus Van Sant, celui-ci m'a marqué. La vie menée par ces marginaux est devenue un fantasme pour moi. Tout est génial, le ryhtme, l'ambiance, l'absence de morale, les personnages et le jeu des acteurs.
La première partie est une vue sur la vie d'une bande de marginal, gigolos, clodos, voleurs, ... c'est très intéressant. Ensuite le film vire plutôt road-movie avec des superbes images qui pourraient être des tableaux (en Idaho et en Italie) un long-métrage vraiment réussi pour Gus Van Sant.
Ambiance bizarre, rythme très lent, pour une histoire de prostitués masculins, vendant leur corps à qui veut. On s'attache à 2 personnages très différents, incarnés par Keanu Reeves assez théâtral, et par River Phoenix, impressionnant, faisant ressentir avec force le désarroi de son Mike, enfant abandonné complètement perdu dans cette vie qu'il subit sans vraiment comprendre.
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1,0
Publiée le 1 mars 2021
My Own Private Idaho est film inintéressant dès le départ. Il s'agit de deux homos perdants qui semblent aussi être des garçons de location qui se droguent et ne peuvent pas s'arrêter. Ils gâchent leur vie et l'un d'eux joué par Keanu Reeves a une sorte de relation bizarre et incestueuse avec son père. Ce film est terriblement difficile à comprendre car il montre simplement des losers drogués qui traînent dans différents appartements tout le temps avec de la drogue et de l'alcool. Sommes-nous censés nous soucier de ces personnages et de leur histoire. Ils ne semblent pas être des gens particulièrement agréables avant même de commencer leur chemin vers la ruine. La plupart des scènes de ce film sont étranges et prétendent mener quelque part mais ce n'est jamais le cas. Il y a beaucoup trop de personnages à part River Phoenix et Keanu Reeves et aucun d'entre eux n'est développé au-delà de quelques lignes de dialogue mièvre ou ne suscite ne serait-ce qu'un peu d'intérêt. À la fin le film se termine comme il a commencé avec un des gays évanoui sur le sol, navrant...
Magnifique road movie d'une beauté visuelle exceptionnelle et doté de deux acteurs époustouflants. Gus Van Sant réalise ici, comme à son habitude, une véritable prouesse cinématographique remplie de poésie, de douceur, de sensibilité associés à de sujets difficiles tels que la pauvreté, la maladie, le renfermement sur soi même et la solitude. Les paysages et les lieux, s'associant parfaitement à l'univers anarchiste du film, sont renversants de beauté et parfaitement mis en scène par des plans filmiques uniques en leur genre, rappelant à chaque instant l'originalité artistique de Gus Van Sant, dont il ne cesse de faire preuve. Les dialogues, souvent assaisonnés de poésie, sont très beaux et très originaux, notamment la scène de déclaration d'amour, touchante à mourir. Le thème de la prostitution, de la marginalité et de l'homosexualité sont traités avec une extrême finesse, sans aucune vulgarité. Les deux acteurs sont géniaux, de loin un des meilleurs rôles de Keannu Reeves et River Phoenix est touchant au point qu'il en est hypnotisant. Le parcours sans fin de ces deux personnages à la relation ambiguë, que le spectateur a limpression de suivre également, prouve que lamour ou lamitié nont pas de limite. On regrettera une fin décevante et trop pathétique (scénaristiquement) qui casse justement un peu les valeurs de l'amitié, de la générosité et de l'amour, tant démontrées durant tout le film, notamment entre les deux personnages. La fin est loin d'être mauvaise mais bien trop triste et dramatique pour le personnage de Mike, à qui ont aurait souhaité moins de désillusions et un destin plus positif, tant il est attachant. My Own private Idaho est tout simplement un film culte, qui a l'extrême faculté, tellement rare, de vous donnez l'envie de tout lâcher pour vivre une vie aussi libre que la leur, bien que dure, mais terriblement belle où seul le fait de profiter des vraies valeurs de la vie comptent...
Un film assez surprenant. Tourné de manière poétique, My Own Private Idaho est une fable décrivant de manière à la fois somptueuse et alarmante la jeunesse américaine. Gus Van Sant nous livre une vision pessimiste de cette jeunesse dorée vouée à un mal être innommable : on croirait presque à la retranscription d'une partie de la vie de James Dean. Keanu Reeves et le regrettable River Phoenix sont magistraux et donnent à ce film une aura sensuelle et sexuelle touchante, enivrante. Les différents plans sont magnifiques et l'on sent parfaitement la Sant-Touch avec son univers et sa mise en scène propre. My Own Private Idaho est un très bon film assez méconnu en France mais incontournable si vous voulez compléter votre filmographie du réalisateur.
Très bon film! River Phoenix est époustouflant, il fait parti des légendes depuis sa mort, Reeves est parfait aussi! C'est un film authentique et très touchant!
On attend la prochaine réincarnation de James DEAN avec impatience ; il se fait bien trop rare. C'est plus que du cinéma. Art dramatique, ça vous dit quelque chose ? Les Muses font encore des apparitions inspirées dans le monde des êtres humains et hop ! on remet ça, et c'est parti pour les bacchanales...
Proche de Drugstore Cowboy ou de Mala Noche de par les thèmes qu'il aborde (jeunesse pommée, homosexualité, amitié), My Own Private Idaho est pourtant bien différent. Tandis que son précédent long-métrage opérait une approche violente d'une jeunesse tourmentée, ici, on baigne dans l'onirie proche d'un Arizona Dream.
Le personnage de Mike vit certes dans la pauvreté et la prostitution pour subvenir à ses besoins, mais ce train de vie ne lui semble pas anormal. Plus encore, il s'en fout. Il voyage et s'echappe de notre monde, comme semble le faire la majorité des personnages du film. Ils vivent en autarcie, comme des enfants jouant entre eux, dans leur monde à eux. Mike n'a-t-il pas besoin de retrouver sa mère pour, enfin, parvenir à grandir ?
Ce film est un voyage tendre et initiatique partant de l'enfance pour en venir à l'âge adulte, comme le montre le personnage de Scott, allant jusqu'à renier ses amis, son enfance, pour se prouver qu'il est enfin parvenu à grandir. Mon interprétation est certes assez innocente et légère, mais le film, en lui-même, l'est aussi, malgré sa lourde thématique.
Encore une fois, Gus Van Sant mène son intrigue et ses acteurs (qui s'en sortent à merveille !) comme un maître, et sa mise en scène devient un réel objet d'étude. J'ai particulièrement aimé ces plans fixes successifs d'actes amoureux, où les différents partenaires prennent des positions, sans bouger, comme s'il s'agissait d'une représentation de la réalité à partir d'un rêve.
D'ailleurs, à propos de ma théorie du rêve, une question me vient : Est-ce un hasard si le personnage de Mike est narcoleptique ?...