A la merveille
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Shaka666
Shaka666

63 abonnés 504 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 21 février 2013
Peut-on appeler ça un film ? En fait, on dirait une pub pour du parfum qui dure deux heures vu la manière dont c'est filmé et joué (le principe de la narration). Esthétiquement, ça a son charme, mais sur la longueur c'est pénible, on s’ennuie très rapidement.
Jonathan M
Jonathan M

163 abonnés 1 528 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 décembre 2021
La question ici posé par Maître Malick, c'est : avons-nous le choix d'aimer, tout en sachant que la réciprocité sera inférieure à ce que l'on donnera à l'autre ?
La folie est exprimée par le personnage joué par Olga Kurylenko. Borderline et guettant un futur plus apaisant pour elle et sa fille. Elle trouve un solide gaillard, Ben Affleck, sur qui appuyer ses sentiments. Mais, malmené par le profil taiseux que dégage ce personnage, elle sombre dans une douce sauvagerie qui l'a conduis vers l'impardonnable. Entre temps, des paroles bibliques qui font sens. Loin de moi l'idée d'être croyant, toujours est-il que les versets cités font réfléchir. Je retiendrais ce dernier : "Tu crains que ton amour soit mort. Il attend peut-être de se transformer en quelque chose de supérieur." À bon entendeur.
Pour le reste, que dire de se travail d'image fastueux. Un caméraman aux aguets qui va filmer le moindre geste équivoque. Une caméra sans cesse en mouvement qui capte l'instantané. La lumière, les couleurs, la bande son, tout est à tomber. *TOP 4 FILM 2013*
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 février 2016
Depuis une décennie, Terrence Malick a accéléré le rythme. Le cinéaste le plus mystérieux actuel a en effet au moins doublé son rendement de films. Après le choc "The Tree of Life", chef-d'oeuvre absolu, il revient seulement deux ans plus tard avec "À la merveille", nouveau voyage erratique situé entre la France et l'Amérique. Une gamme de protagonistes intéressantes au départ ; Ben Affleck au cœur d'un couple sur la corde raide et Javier Bardem dans le rôle d'un prêtre torturé. Un projet qui se place toutefois en-deçà des attentes. Très décousu tant au niveau de l'intrigue que des personnages, "À la merveille" ne possède pas la même épaisseur esthétique et philosophique que son prédécesseur. D'autant que Malick ne tient pas la cadence ; après une première moitié fabuleuse où le cinéaste démontre à nouveau ses facultés de filmeur de la nature, le cinéaste s'enfonce et a même recours à un inhabituel bricolage. Une pièce mineure pour le poète américain.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 juin 2013
"Depuis The Tree of life (palme d'or 2011 et immense film), Malick a radicalisé sa méthode : plans tournés en grand angle, quasi absence de dialogue, montage cut et pourtant fluide... Sa manière de filmer semble pourtant pour beaucoup exclure le spectateur d'autant que certains estiment qu'il n'a rien à proposer d'autre qu'un salmigondis philosophique ou new age inconsistant.
Malick fait le récit d'une histoire d'amour fusionnelle qui s'étiole avec le temps. Ben Affleck Et Olga Kurylenko se rencontrent en France (séquence sublime du Mont Saint Michel qui évoque le jardin d'Eden), s'épousent en Amérique puis se séparent sans que les explications de cet échec soient clairement exposées par le scénario. Une fois le couple chassé du Jardin d'Eden, Malick ne va cesser de suggérer la difficulté de s'élever vers le divin, les personnages sont ramenés à la pesanteur de leur condition (plans où ils sont embourbés dans la glaise, la boue). La passion des deux amants s'exprime d'abord en Europe, le vieux continent est la terre des Prométhée capables par la création d'atteindre le divin (séquence du Mont, plans de la dame à la licorne, de Versailles...) mais une fois en Amérique, la donne change. Le nouveau continent est lui le Paradis sur terre, mais c'est un paradis perdu dont les humains en semble exclus. Ils sont montrés dans tout le film comme "enclos" (dans les jardins ...) absents (rues vidées de leurs habitants) ou cloîtrés (les séquences de la communion en prison). Le prêtre incarné par Javier Bardem signale que le divin est partout mais invisible, Malick rend parfaitement à l'image cette suggestion : le soleil de midi qui baignait le couple à Paris s'éloigne à l'horizon dans tous les plans américains...
To the Wonder est enfin un grand film sur les possibles du cinéma quand les trois quart de la production cinématographique se contentent d'"illustrer" de manière sur signifiante le scénario. Le film, quasi muet, prend sens par le collage des images (chaque plan du film est sublime), du son et de la musique et un travail du montage très subtil. Enfin, les acteurs sont tous remarquables : il faut voir le pouvoir d’incantation du personnage incarné par Ben Affleck qui n'a que 2 lignes de dialogue à jouer pendant toute la projection. Vivement recommandé donc."
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 29 mars 2013
En quelques mots : J'ai adoré la BA avec sa superbe musique et ses beaux plans. Terence Malik oblige, il ne se passe NADA. Ah si, la fille tourne sur elle même comme une cassos partout. C'est tout. Rachel McAdams fait un caméo quoi tellement elle ne sert à rien ;( Elle a quand même droit à de très beaux plans dans des champs de maïs qui sont vraiment extraordinaires.

Après j'ai pas grand chose à dire. Un bon défilé d'images, de plans, de couleur. On entend du français, de l'anglais, de l'espagnol... Sinon pas vraiment d'histoire, c’est long, c'est chiant. Mais bon, c'est beau !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 mars 2013
La vie, expérience de l'Amour, séjour en Amour

Ce texte est la traduction en français de mon compte-rendu pour des amis anglophones faite au retour de sa projection le 2 septembre. Il n'est jamais trop tard pour la poster sur Allociné..

"Nouveau né. J'ouvre les yeux.
Je fonds. Dans la nuit éternelle.
Une étincelle.
Tu m'as sortie des ténèbres.
Tu m'as ramassée de terre.
Tu m'as ramenée à la vie."
Le film s'ouvre sur quelques plans de caméra vidéo de mauvaise qualité, semblable à de la VHS, dans Paris. Puis dans le TGV.
Marina vient juste de rencontrer Neil.

Ils semblent dans un amour partagé. Ils semblent commencer une vie ensemble en France, à Paris.
Après quelques minutes, ils sont dans un Mont Saint Michel désert.
"J'ai monté les marches... vers la Merveille"
"I went the stairs ... to the Wonder"

Tout le film continuera ainsi, de la même manière que ces premiers moments: le film est plus conduit par la narration que le précédent, et ce sont les voix-off qui conduisent cette narration, elles expliquent souvent les sauts, les trous comme les mots d'Holly le faisaient dans Badlands (La Balade Sauvage). Mais elles continuent tout en même temps de poser des questions.

D'une certaine manière, c'est un mélange complexe du Nouveau Monde et de The Tree of Life. Sur un plan esthétique, il y a des scènes qui sont de façon frappante, similaires à certaines de The Tree of Life.
Neil grimpe une colline ... comme Jack adulte, dans son esprit, grimpait dans le désert... (La différence est évidemment que ces scènes ne sont pas imaginaires)
Des petites vagues sur l'eau....
Des ombres en contrejour dans une autre pièce. Des voiles de rideau. Des visages dans ces voiles.
Des enfants jouant à l'école..
Marina qui prononce "L'amour nous fait un, deux, un" qui fait écho à une voix off de Pocahontas.
Les mots de Quintana "Help me not to pretend.. Pretend feeling I don't have" qui font écho à la fois à une prière de Pocahontas dans le Nouveau Monde et à la prière de Jack.
Le "Je te suivrai. Où que tu ailles" de Marina qui fait écho à la promesse de Mrs. O'Brien de fidélité à Dieu.
Mais tout à la fois, nous entendons, nous suivons une histoire, comme nous avons suivi une histoire dans le Nouveau Monde. Et une histoire dont, ce qui semble être initialement le thème principal, est similaire au Nouveau Monde (une histoire d'amour

La Marina heureuse, la Marina amoureuse est montrée et filmée comme un personnage aussi fantasque (ou peut-être plus encore) que Pocahontas heureuse, jusque dans les gestes (qui pourrait aider à perdre quelques spectateurs, puisque ça semble irréaliste d'une femme de notre époque... mais la mémoire -- puisqu'il semble que le film soit destiné à être perçu comme des souvenirs, comme dans TToL -- sélectionne le meilleur, le mémorable, "the outstanding" dans les moments heureux).
Et la Marina désespérée est filmée en un personnage égaré similairement à la manière dont était filmée Pocahontas en son désespoir.
Mais ce ne sont pas les seules facettes du personnage de Marina.

Au contraire, Neil est filmé principalement à la façon d'un Mr O'Brien (et pas vraiment comme Sean Penn, malgré quelques similarité esthétiques évoquées plus haut.
Nous le suivons enquêtant près de machines, près et dans l'eau, comme nous avons suivi Mr O'Brien dans l'usine. Nous le voyons chez l'avocat.
Bien qu'il ait du dialogue, bien qu'il ait de la voix off, bien que nous le voyons si souvent, nous savons si peu de ce qui le mène.
Ce que nous avons, ce sont des personnages (principalement Marina, et Jane) qui nous parlent de lui, de la vie, des sentiments à ses côtés. Comme Mr O'Brien, nous savons plus à son sujet par ses gestes, que par ses mots : ils est filmé dans certains scènes comme un homme souffrant, mais dans ces scènes, qui révèlent tant du personnage, il est vu à distance ou comme une forme noire, une ombre dans le contrejour. Comme Mr O'Brien dans les bois, ou comme son ombre à sa porte.
Marina à un moment de leur histoire dira de lui "Il y a des gens qui n'ont pas le courage de mettre fin aux choses. Ils laissent les autres le faire pour eux."
D'une certaine manière, cette opinion sur Neil pourrait résumer la façon dont il est filmé. Mais cette phrase ne résume pas le personnage complexe qu'il semble être.

Et pourtant, nous voyons son visage si souvent, probablement autant que nous voyons Marina, peut-être plus.
Il a été écrit que Ben Affleck n'avait pas le "lead". Mais il n'est pas non plus un personnage secondaire. Il partage la lumière, le lead, tout en étant aussi une ombre. Il est une ombre, tout en nous donnant des voix off. Tout en ayant des lignes de dialogue.
Il est en fait l'astre autour desquels les personnages gravitent.

Ce qui est frappant en fait, et ce qui rend le film différent dun simple mélange du Nouveau Monde et de The Tree of Life c'est la somme énorme de voix off. Et combien, je l'ai déjà dit, cela mène la narration, combien cela narre l'histoire au contraire du Nouveau Monde.. tout en parvenant dans le même temps à être tout autant interrogatif, introspectif, philosophique (probablement même plus en quantité

Durant peut-être la moitié du film, ou peut-être les deux tiers, pour un spectateur ordinaire (mais aussi pour un spectateur plus au fait de l'oeuvre de Malick) l'histoire ne semble pas articulée. Quel est le rôle, le sens de la futilité de l'histoire, pourquoi suivons-nous leur vie? En quoi cela nous concerne, de manière plus profonde que l'histoire? En quoi la crise de foi du Père Quintana est liée à tout ça? Et les extrêmes du personnage de Marina, peut-être, n'aident pas le spectateur ordinaire à se connecter avec l'histoire.

Et puis, tout soudain s'éclaire.. (tout au moins pour moi)
L'amour est ce qui lie tout cela, qui connecte tout cela.
Terrence Malick nous montre l'amour sous ses multitude de forme, et comment il peut-être difficile de les faire coexister en nous-même en tant qu'être humain. L'amour entre un homme et une femme, l'amour entre deux parents, une mère et sa fille éloignée, l'amour en tant que désir, la chair, l'amour dans la haine, l'amour des les disputes parfois violente, l'amour dans le pardon, l'amour en tant qu'amour de Dieu, l'amour dans l'aide aux autres, qui soient-ils, prisonniers, personnes mourants, agée..

A un moment, auparavant, Marina avait demandé, "Où sommes nous quand on est là"..
Où sommes nous tous, finalement... En ce que nous expérimentons dans l'instant même, la vie... Sommes nous destiné à être plus heureux maintenant en cette vie où un autre "moment"..

La réponse pour Malick est que nous sommes là pour expérimenter l'Amour. L'Amour qui est la voie, le chemin vers ce que Malick poursuit dans toute son oeuvre: voir, percevoir l'éternel partout, dans chaque instant, en percevoir la bénédiction.
A propos de cela, le Père Quintana dira, dans une foi finalement renouvelé: "We (Men?) are meant to see you"
Quelques un des derniers mots, prononcés par Marina, "L'amour qui nous aime. Merci" ("Love that loves us. Thank you" dans la version sous-titrée en anglais) renforce ma conviction et semble un indice laissé par Malick, comme les mots épiphaniques de Mr O'Brien, en réaction à sa mutation, l'étaient pour un des sens de The Tree of Life.
Ainsi, cette expérience de l'Amour qu'est notre vie, est celle de l'amour des hommes, sous tant de formes. Mais plus encore, l'expérience d'un plus grand Amour: l'instant présent.

Quand nous avons quitté la salle, je souriais. J'ai souri longtemps. Quel moment extraordinaire. Quel difficile, exigeante mais si récompensante expérience.

PS: Le plus incroyable peut-être.. J'ai eu quelques jours de le voir à nouveau deux journées plus tard. Et sans doute parce que j'avais un regard moins analytique, j'ai vu ce film que je croyais connaître et si magnifique comme si je le découvrai.. Et ... quel flot, quelle rivière, quelle poésie ininterrompue.
Le monde était différent, les visages des gens avaient changé, le ciel avait une couleur merveilleuse, quand je suis ressorti du cinéma.
Matthias C
Matthias C

26 abonnés 12 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 4 septembre 2012
Vu en AP à la Mostra de Venise... nul, et pourtant j'avais adoré Tree of Life! Le film a été sifflé à la fin, des gens sont partis en cours de séance...
Oriwa
Oriwa

76 abonnés 904 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 20 mai 2013
Entre beau et chiant, rêve et tristesse, ce film a tout pour plaire et pour déplaire. Les images sont magnifiques, les phrases posées de-ci de-là comme un poème décomposé prêtent à l'émerveillement et le doute, mais bon sang quelle arrogance (une fois de plus)... Une espèce d'intellect portée par des blancs, du vide, une histoire simple avec de grands airs de tragédie moderne, où personne ne se parle ni ne sourit. Ah si, quelques rires de temps à autre pour prouver que ces gens sont amoureux, donc heureux, puis finalement non... Danser à quasi chaque plan et dans les champs, et se rouler sur la moquette à longueur de journée, ne signifie pas grand chose, si ce n'est de la lassitude. On a envie d'aimer ce film, ce genre de film, mais ça ne passe pas.
Freaks101
Freaks101

174 abonnés 619 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juillet 2013
Ca y est, j’ai passé le test « To the wonder », je suis donc un indécrottable inconditionnel du cinéma de Terence Malick. Ici, il n’y a pourtant quasiment plus de récit ou de scénario au sens classique, le cinéaste ne prend même plus l’alibi du cinéma de genre. On suit juste une simple histoire d’amour, celle d’un couple qui se construit et se déconstruit. Le point de vue est féminin comme souvent chez Malick, le personnage masculin est en retrait, un fantôme monolithique, tristement terrien alors que la femme, comme dans la plupart de ses films, est aérienne. Bondissant, virevoltant sans cesse, cherchant à quitter la pesanteur terrestre qui la rattrape désespérément. Bien évidement Malick ne raconte pas ça de manière linéaire, son film est le plus fragmenté à ce jour, fragments de sentiments, de sensations, de songes. Les ricaneurs et les cyniques auront effectivement de quoi se défouler devant ces belles images naïves, ils n’auront pas compris que ce ne sont pas les images seules qui comptent, mais la manière dont elles sont assemblées pour donner du sens. Quant à ceux qui sont hermétiques à l’univers du bonhomme, ils ont de toute façon déjà jetée l’éponge après « Tree of life ».
REM_75
REM_75

1 abonné 29 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mai 2013
Une fois de plus Terrence Malick le virtuose nous offre une ode poétique, une variation au style narratif toujours aussi lyrique. Un vrai régal contemplatif et philosophique.
Skipper Mike
Skipper Mike

111 abonnés 650 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 août 2014
Pour la première fois de sa carrière, Terrence Malick ne réalise pas un chef-d’œuvre. En effet, si "À la Merveille" recycle un grand nombre de techniques et de ficelles utilisées dans l'immense "The Tree of Life", on sent ici un vide, comme si le cinéaste ne parvenait pas à atteindre la puissance lyrique de son prédécesseur, malgré la beauté des images, les amples mouvements de caméra et la profondeur de l'écriture. Il n'y a nulle ambition cosmogonique dans "À la Merveille" et la splendeur graphique semble donc ici moins justifiée, comme si les thèmes abordés étaient trop terre-à-terre, pas assez imposants pour se fondre dans le décorum malickien sans créer de décalage. De même, on se souvient des introductions bouleversantes de "La Ligne rouge" et "The Tree of Life", qui faisaient monter les larmes aux yeux du spectateur en moins d'une minute ; ici, la platitude semble être de mise, et le réalisateur s'être engouffré dans une impasse artistique, ne parvenant pas à filmer l'époque contemporaine au tournage, qu'il aborde pour la première fois dans son intégralité. Cependant, il s'agit seulement des premières impressions, car si la Palme d'Or 2011 était un chant universel à la Vie, on comprend vite que "À la Merveille" est son équivalent pour l'Amour. En effet, à travers des acteurs habités, le scénario fait confronter l'amour terrestre à l'amour divin, avec tous les sentiments qui leur sont liés, extase, déprime, jalousie, colère, et le résultat est à ce niveau très convaincant. L'histoire est après tout simple et linéaire, mais la façon dont elle est filmée augmente sa profondeur et l'universalise bien – à ce propos, il faudra attendre le générique de fin pour apprendre les noms des personnages, et il est à noter que le drame qui se joue est autobiographique.
Cela dit, même pour les admirateurs de Malick, l'approche prise ici est assez déstabilisante, principalement en raison d'un choix nouveau vers lequel toute sa carrière tendait mais qu'il avait su éviter jusqu'à présent : si la voix off est la marque de fabrique de ses films et joue un rôle majeur dans leur beauté et dans leur profondeur, c'est la première fois qu'elle supplante complètement les dialogues, qui sont ici très rares. Cela est parfois dérangeant car, si l'écriture du cinéaste est incontestablement très belle et emplie de poésie, certaines répliques semblent ici superficielles, incongrues voire même ridicules. Ceci est surtout dérangeant si l'on ne parvient pas à rentrer dans le film, car le spectateur va alors prendre de plus en plus de distance et plonger dans l'ennui, mais en vérité, la poésie est toujours présente en quantité.
Quant aux acteurs, s'ils n'ont pas la fraîcheur des enfants de "The Tree of Life", ils sont néanmoins excellents et surtout emplis de naturel. On ne sait pas grand-chose de leur histoire ou de leur passé, mais on a l'impression de les connaître intimement – en particulier grâce aux voix off. Olga Kurylenko est singulièrement exquise, pleine de grâce et de folie intérieure ; elle représente à la perfection l'amour et s'impose surtout comme l'un des personnages de la filmographie de Malick dont il est le plus facile de se sentir proche. Quant à Rachel McAdams, elle est rayonnante et la séquence où elle apparaît est assurément la plus belle du film, peut-être la seule à égaler les instants transcendants qui parcouraient ses films précédents, avec le passage au Mont-Saint-Michel et les plans finaux. En effet, outre la beauté plastique de cette scène, on trouve plus de dialogues – les deux personnages étant américains, ils peuvent communiquer ensemble dans la même langue – mais on sent aussi une histoire tacite entre les amoureux, histoire garnie d'émotion. Dommage que la présence de Jane ne dure qu'un quart d'heure, car il y avait là de quoi tenir un chef-d'œuvre. En revanche, le personnage de Javier Bardem est beaucoup plus problématique. Non pas que l'acteur joue mal, mais son histoire personnelle, ses doutes et sa crise de foi s'insèrent difficilement dans l'intrigue principale, voir la gâtent un peu. Il aurait donc été préférable que le père Quintana reste un personnage secondaire, parfait quand il s'agit de montrer l'importance de l'amour et de souligner les rapports de Marina à la foi, mais bien trop pesant quand il passe au premier plan, via ses rencontres avec la population malade de cette ville américaine. C'est donc bien lui le principal responsable du caractère bancal du film et de l'ennui qu'il peut provoquer. Les longueurs s'installent d'ailleurs sur la fin lorsqu'il revêt plus d'importance, et l'œuvre se clôt donc de manière inégale, sauvée aux derniers instants par une conclusion tarkovskienne remarquable, aussi apaisante que déprimante mais contenant des images superbes, au point que le sentiment océanique rencontré par Marina (le même que celui que connaissaient Mme O'Brien dans "The Tree of Life" lors de la séquence cosmique et son fils à la fin du long-métrage) se transmet facilement au spectateur.
En somme, "À la Merveille" est un film difficilement accessible, parfois inégal mais bien marquant voire bouleversant, préférant l'immanence à la transcendance de "The Tree of Life", et qui pâtit peut-être des coupes du montage final, mais qu'il convient de voir plusieurs fois pour bien l'apprécier – encore faut-il en avoir le courage. Pour ma part, s'il m'a ennuyé au premier visionnage, il a été une véritable révélation au second.
Sebmagic
Sebmagic

201 abonnés 1 128 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 mars 2013
Je ne sais même pas quoi dire, ce film est dans la parfaite lignée des précédentes oeuvres de Terrence Malick et frôle la perfection. Ses films sont des objets immenses et contemplatifs qui divisent de plus en plus les spectateurs. Jamais le cinéaste n'était allé aussi loin dans l'idée d'offrir une oeuvre visuelle purement expérimentale, à des années-lumières des autres types de cinéma. To the Wonder n'a pas de scénario, mais bizarrement il n'est pas nécessaire d'en exiger avec Malick : la beauté des images et la sensation de méditation visuelle que nous propose le réalisateur suffisent amplement à en faire une chose originale et subtile. Ce film est clairement le film qui creuse le plus l'immense gouffre qui sépare les spectateurs. Certains se feront platement chier, les autres savoureront et en redemanderont. Pour moi, il est clair que Terrence Malick a tout compris à ce que le cinéma peut offrir en tant qu'art. A la Merveille est une oeuvre qui justifie à elle seule le fait que le cinéma soit un art, car le film est une oeuvre d'art pure et dure, peut-être moins acclamée que les films plus classiques, mais incontestablement plus artistique. Bref, à mon goût le réalisateur se place ici au-dessus de tout le monde en montrant que, s'il est bien maîtrisé, le cinéma offre autant de magnifiques oeuvres intemporelles que la peinture ou tout autre art. Bref, To The Wonder est, à mon avis, une perfection qu'il est bon de savourer tranquillement. Pas besoin de constamment expliciter les sentiments des personnages, ni d'expliciter de manière grotesque les situations qui leur arrivent : les images, silencieuses, suffisent. Les regards des acteurs, les mouvements de caméra suffisent à traduire tout ce qu'un autre film aurait fait à grand renfort de dialogues précis et appuyés. Ben Affleck est pratiquement muet pendant le film, Olga Kurylenko interprète la grâce infinie, il est juste dommage qu'on voit si peu Rachel McAdams car sa présence aurait pu apporter encore plus au film. Bref, si on aime ça, on savoure puissamment pendant 2h, en admirant le culot incroyable de ce type qui se peut se permettre, comme ça, de se pointer et de nous sortir ce film peu conventionnel. Je trouve ça magnifique d'être emporté ainsi pendant 120 minutes par la musique et les images. Même si le film n'est pas scénaristiquement dingue (le scénario est même vide), c'est un sublime hymne à l'amour, traité de la manière la plus simple possible, la plus belle. Le propos peut sembler naïf, mais c'est cette naïveté qui fait du bien et qui paraît même nécessaire de souligner de temps en temps.
Cinemartrem18
Cinemartrem18

27 abonnés 131 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 mars 2013
Sixième film du réalisateur américain Terrence Malick, révélé par Badlands, apprécié pour Days of Heaven ou Le Nouveau Monde, célébré par La Ligne Rouge et enfin récompensé par The Tree Of Life, A la merveille dévoile une nouvelle facette de ce génie contesté. Brillant sur la forme, A la merveille interroge sur le fond. La caméra, en mouvement du début jusqu'à la fin, nous emporte, du Mont Saint-Michel à Paris, de Paris aux States, de la campagne à la ville, sans qu'un seul sentiment d'ennui ne puisse nous envahir du fait de notre plongeon dans cet univers sans cesse balancé et secoué. Malick accorde de l'importance à la photographie, comme à son habitude au coeur de son oeuvre. On apprécie. Il s'agit d'art, et le réalisateur peaufine ainsi la forme, irréprochable. La gestuelle est parfaite, chaque mouvement de caméra ou d'acteur est pensé et réfléchi pour former une véritable chorégraphie, une danse, un ballet.
Le fond maintenant. On le sait, le réalisateur donne à l'amour une place très importante dans ses films : Badlands, ancêtre de Bonnie and Clyde met ainsi en scène un jeune couple fugueur, rattaché par un sentiment très particulier. Days of Heaven nous propose quant à lui le fameux trio amoureux, c'est du classique. Enfin, The Tree of Life reposait autant sur les liens filiaux-parentaux que sur la relation entre les personnages campés par Jessica Chastain et Brad Pitt.
Ici, c'est une forme d'amour très particulière qui nous est présentée, sous toutes ses facettes. L'amour face au temps. Le prêtre, sans doute habité dans sa jeunesse, d'où sa vocation, a perdu la foi avec la dureté de ses visions. Quant aux amoureux, c'est également l'âge qui a usé leur relation. Leur coeur s'est endurci, de façon à ce que leur sentiment premier disparaisse.
On retrouve dans ce long-métrage les deux thèmes chers à Terrence Malick : l'amour, et la nature, l'un allant de paire avec l'autre. Si je ne peux me targuer d'avoir compris chaque parole du poète, je pense pouvoir affirmer que les films du réalisateur ne sont pas anodins. Il s'agit de fables, poèmes, essais, philosophies et véritables leçons de vie. On ressort des salles obscurs avec un amour de la vie, un amour de la nature et un amour de l'amour que l'on ne se connaissait pas. Et je remercie Terrence Malick de m'avoir offert ce véritable voyage, ce conte poétique élégiaque, car il s'agit bien d'un véritable poème ; et c'est dans ces moments là que l'on comprend pourquoi le cinéma est surnommé le septième art.
Guillaume182
Guillaume182

148 abonnés 1 194 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 septembre 2013
Cela fait longtemps maintenant que je connais le cinéma de Malick et que je l'aime.

Les gens qui me connaissent savent à quel point j'aime ce qu'il fait, mais ce n'est pas pour autant que je vais adoré chacun de ses films, même si c'est le cas.

A chaque fois que je revois un de ses films c'est toujours d'une manière différente.
Mon attachement à son cinéma est toujours intact même si pour The tree of life le sentiment général dans la salle m'avait influencé, ben oui en même temps on ne peut pas se concentrer sur un film quand des gens parlent ou quittent la salle, j'avais fait l'erreur de me rendre dans un multiplex et les gens deviennent vite désagréables quand rien ne se passe comme ils s'y attendaient.
Bref, la leçon a été profitable cette fois-ci je vais dans un cinéma indépendant, de toute façon il n'y a pas trop de choix étant donné que le film est projeté dans un seul cinéma chez moi au lieu de trois ou quatre pour The tree of life, celui-ci il ne profite pas de l'effet Cannes et c'est tant mieux.

Je raconte ça pour dire que c'est curieux, mais regarder un Malick ça se prépare et avant de voir ce nouveau film que j'ai tant attendu, j'ai eu peur de ne pas aimer, mais finalement mes craintes se sont vite dissipées.
L'ombre de l'immense "Tree of life" plane sur celui-ci et c'est cela qui me faisait peur aussi.
Comme d'habitude des petits frissons avant d'entrée dans la salle pour un film du maître.
Peut être son film le plus libre, le plus authentique même s'ils le sont tous, mais celui-ci à un niveau supérieur.
C'est aussi le plus fragile, le plus simple et le plus auto-biographique car l'histoire évoque une période de la vie riche de Malick.

Ce nouveau film est une méditation sur l'amour.

L'amour entre un homme et une femme venant de pays différents et ayant traversé des épreuves différentes.
L'amour déçu d'une femme seule qui tente de faire survivre son ranch.
L'amour de la terre incarnée par Ben Affleck qui cherche à comprendre d’où viennent toutes ces blessures qui sont infliger à la nature
L'amour du divin avec ce Prêtre bienveillant qui se cherche.
L'amour de la liberté, de la vie avec cette jeune Italienne.
L'amour paternel et maternel avec l'enfant.
L'amour des gens ceux qui souffrent, ceux à qui on prend leurs maisons, ceux qui sont contraints.
L'amour de la vie avec cette caméra qui bouge et est attiré par tout ce qui l'entoure avec un regard curieux.
L'amour du cinéma: les mouvements, le silence, la beauté, la simplicité.

C'est une expérience rare dans le cinéma comme tous les films du maître.

Certain décrive celui-ci comme étant naif, moi j'y vois tellement de simplicité et d'originalité dans un sujet pourtant si compliquer, car le film parle des relations amoureuse.

Le personnage principal "Marina" est une femme qui souffre et on l'apprend dès le début dans une jolie scène qui se déroule dans un appartement à Paris ou sa fille Tatianna lui demande pourquoi elle est si triste?
C'est une femme qui se cherche elle est tourmentée par un voile d'illusions et par son passé et elle doit lutter contre ça, afin de ne pas briser son couple. Quand elle rencontre Neil elle le voit comme une sorte de sauveur, ce qui n'est qu'une illusion.
Voilà pourquoi son histoire avec Neil va échouer.
Je ne vois aucune naïveté, mais plutôt une nouvelle belle leçon de vie!
J'apprends toujours beaucoup de choses quand je vois un de ses films et plus encore avec "A la merveille".
"Il faut prendre des risques dans la vie le risque d'échouer, le risque d'être trahie car celui qui ne fait rien , celui qui cache son talent, celui-la dieu ne le reconnait pas."
C'est beau et c'est vrai!

Et puis surtout quelle liberté vraiment ça me laisse sans voix.
J'aime la trajectoire qu'il prend aujourd'hui.
C'est un poème, une symphonie, une caresse.
Tout ces corps qui dansent, chantent, se touchent et la mélodies des langues avec le Français, L'Anglais, L'italien, l'Espagnole, le Latin.
Toute cette lumière.
La musique.
C'est pleins de vie, de sincérité, de tendresse et d'authenticité.
Vraiment je suis totalement conquis, j'ai ressentie quelque chose de très fort.
Et puis c'est la première fois qu'il filme le monde moderne et j'en suis très heureux, il y a tellement de chose à faire.

Sa sensibilité et sa force de rentré un peu dans l'âme du spectateur sont demeurés intactes.

Et ce que je préfère ce sont ces petits moments qui n'ont l'air de rien, mais qui pourtant évoque tant de choses comme par exemple ce plan très court d'un rosier qui est attaqué par la neige et le froid et qui malgré cela résiste.

Personne ne fait attention à ce genre de détail, mais pour moi c'est encore cette dualité dans la nature si importante dans son cinéma, mais c'est surtout une image qui sert d'illustration à cette merveilleuse méditation sur l'amour.

J'y vois l'amour à travers cette rose, l'amour qui résiste au temps et à la violence des attaques extérieurs.

Javier Bardem dans le film dis que nous devons toujours lutter contre nous-mêmes, voilà une simple phrase qui en dis beaucoup.

Le génie de Malick c'est de laisser une libre interprétation aux spectateurs.

Liberté c'est bien le mot qui correspond le mieux au réalisateur tant il ne sait jamais laisser embobiner, il a toujours fait ce qu'il voulait et quand il le voulait au point d'en déconcerter beaucoup, mais au final ses collègues l'admirent énormément pour cela.

Et c'est une nouvelle fois ce qui ressort de "A la merveille" bien que expérimental il adopte une autre forme de liberté avec le récit une forme que Malick a commencer à travailler avec "The tree of life".
Il réinvente sans cesse.

Son amour du cinéma est tellement évident, d'ailleurs je me souviens d'une phrase qu'il avait dit lors de son seul entretien aux journalistes à propos du cinéma: Il y a tant à faire : c'est comme si nous étions sur le territoire du Mississippi, au XVIIIe siècle. Pour une heure, pour deux jours, pour longtemps, les films peuvent provoquer des petits changements de coeur, ces changements qui reviennent à la même chose : vivre mieux, aimer plus.

Et c'est bien le sentiment que me procure ses films, que demander de plus?

Je vais laisser faire les gens qui savent écrire et faire des véritables analyses (Oups est-ce possible sur Allocinée?) parce que tout ce que moi j'ai à dire c'est encore une fois merci à Malick, vous me faites voyager, vous me bercer, vous me faites prendre conscience des choses simples et belles qui nous entourent.

Je vous aime.
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