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The Rotisseur
57 abonnés
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4,0
Publiée le 13 juillet 2011
Me voilà assez surpris par les notes des spectateurs et de la presse. En effet, Le Moine est un film qui m'a charmé dès les premières bandes annonces pour la douceur et la somptueuse obscurité de la mise en scène et de la musique. Dès le jour de sa sortie, le film a parfaitement suivi les traits des annonces. Cassel est tout bonnement poétique dans son rôle noir comme la mort, et l'univers est tout simplement remarquable ! Je ne me suis pas renseigné, mais j'imagine que "Le Moine" doit être une quelconque adaptation raté d'un livre j'imagine pour en tiré de telles mauvaises critiques...
Dominik Moll adapte un roman qui lui colle parfaitement et après les excellents "Harry un ami qui vous veut du bien" et "Lemming" cette histoire lui permet encore de scruter et de décortiquer les méandres et les vicissitudes de l'être humain. Il ne s'agit nullement d'une critique ou d'un pamphlet religieux mais plutôt d'un homme confronté à ses plus bas instinct... Cassel est magistral d'intériorité et les autres acteurs ne sont pas en reste sauf peut-être Sergi Lopez qui me semble une erreur de casting autant dans son jeu que dans son costumes. Un drame psychologique fort où la forme est aussi sobre que le fond est foisonnant. A conseiller.
Malgré ses dehors parfois très austères, sa lumière trop surexposée - ou pas assez - et Vincent Cassel en total contre-emploi Le Moine est un film qui inspire une certaine sympathie. Car il est évident que Dominik Moll a souhaité aller jusqu'au bout de son projet, rendant son dernier long métrage assez maladroit mais de bonne foi. Il est probable qu'une bonne partie du métrage relève de la grandiloquence la plus ennuyante, au gré des litanies du père Ambrosio et des fulgurances mystiques faisant office de rêveries perverses. Si l'on excepte Vincent Cassel - qui de son côté n'est d'ailleurs pas toujours crédible, éternellement prisonnier de sa gueule de bad boy écorché par la haine - le casting est sans éclats, sans saveur, limité à l'aplat de la narration. On sent effectivement l'influence littéraire liée au film, ce dernier se démarquant de manière étonnante des précédentes réalisations de Dominik Moll ( l'excellent Harry, Un ami qui vous veut du bien et le très envoûtant Lemming : deux films à la structure narrative pour le moins brillante ) car plus abstrait, plus métaphorique qu'auparavant. Le Moine ennuie, indiffère de prime abord pour finalement nous subjuguer dans un dernier quart d'heure proprement fascinant dévoilant avec force cette déchéance inattendue d'un homme en proie à ses pulsions intérieures... Dénouement lyrique pour un film qui jusqu'à présent tombait parfois dans l'étude psychologisante un peu boîteuse. Pas mal, donc.
Les frustrations sexuelles des gens d'église ont toujours existé et jusqu'à aurjourd'hui elles ont toujours été niées car l'institution i considère, à tort ou à raison, que les admettre serait faire vaciller le fondement même de leur raison d'être. A l'entame du XXIème siècle alors que les vocations sont en panne, cette position n'est plus tenable et l'église catholique commence à ouvrir tout doucement la porte à l'acceptation que l'abstinence est source de trop de problèmes qui ne peuvent plus être dissimulées et qui ne favorisent guère le renouvellement des cadres. Dominik Moll cinéaste franco-allemand aborde le sujet en adaptant le roman gothique de Matthew G. Lewis de 1796. L'auteur reprend le thème de Faust en immergeant le mal directement au sein de la sainte institution. Quand au tout début du film, il confesse de manière un peu hautaine un noble débauché (Sergi Lopez), le capucin Ambrosio n'imagine certainement pas qu'il va se trouver bientôt confronté à ses pulsions sexuelles devenues incontrôlables à force d'avoir été ignorées ou réprimées. Se croyant à l'abri de toutes les tentations pour n'avoir jamais cotoyé un autre univers que celui du monastère où il a été recueilli après avoir été abandonné à la naissance, Ambrosio est devenu un moine reconnu et craint au sein de sa communauté. Mais le corps a ses raisons qu'il ne faut ignorer, Matthew G Lewis choisit de personnifier ces montées de fièvre hormonales sous la forme de satan, ce qui donne un aspect fantastique à son roman. Dominik Moll aidé de Vincent Cassel qui n’hésite jamais à s’aventurer en territoire inconnu quitte à commettre quelques bévues qu’on lui pardonne volontiers, adapte fort bien cette histoire en lui donnant la dimension du thriller qui fait aussitôt penser au « Nom de la rose » de Jean-Jacques Annaud. La tonalité visuelle du film rend très bien la pesanteur de ses lieux confinés propices au développement de toutes les perversions. A noter la prestation toute en finesse de la fragile Catherine Mouchet à qui la maturité va comme un gant, de soie , bien sûr.
Ma lecture du "Moine" remonte à il y a bien trop longtemps pour me permettre de juger avec pertinence si l'adaptation ici portée à l'écran par Dominik Moll (adaptation dont il est d'ailleurs l'un des deux auteurs) ne serait pas infidèle, autant par la lettre que par l'esprit, comme je l'ai lu sous certaines plumes. Mais M.G Lewis est avec Horace Walpole et Ann Radcliffe l'un des initiateurs du roman gothique anglais, à la fin du 18ème siècle, et ce que je viens de voir m'a paru presque un peu trop sage, pas assez démonstrativement "noir", plus pré-romantique finalement tant le dosage macabre/sentimental est raisonnable, tant l'horreur est gommée au bénéfice d'un fantastique seulement esquissé. De plus, le récit romanesque est foisonnant, alors que la ligne scénaristique est presque épurée. Sous ces réserves rhétoriques, "Le Moine" de Moll (son quatrième "long") confirme un talent indéniable. L'histoire tragique d'Ambrosio passionne de bout en bout, portée par une mise en scène sans aucun effet complaisant et une grande maîtrise technique. Beaucoup de (sublimes) décors naturels (Espagne et Midi français), des images splendides (par exemple celles de la procession mariale nocturne) et un casting à la hauteur (Vincent Cassel excellent en serviteur de Dieu saisi par le Malin, ses pompes et ses oeuvres, Déborah François délicieusement perverse en succube "under cover", la magnifique Catherine Mouchet en Elvira, mère d'Antonia, qu'un lourd secret fait somatiser à mort, la diaphane Joséphine Japy en innocence incarnée et encore l'incontournable Sergi Lopez en "guest" façon Méphistophélès, pour ne citer que les plus remarquables) : tout concourt pour que l'on passe un très bon moment de cinéma.
Un bon film , original et ambiteux. Très bien filmé , avec des jeux d'éclairages clairs/obscurs très efficaces . Une mise en scène brillante, forte , expressionniste . Quelques très beaux moments , comme la procession religieuese. Les acteurs sont très bons , et particulièrment Vincent Cassel dans ce rôle tout en mesure. Parfois quelques incohérences dans le scénario , et le rôle du mal , du Malin pas toujours bien maitrisé. Mais c'est une belle tentative pour un film atypique et luxuriant..
Cette fable gothique, austère et iconoclaste, est interprétée par un Vincent Cassel à contre emploi, faisant preuve d'une intense sobriété servant parfaitement le récit.
Une sombre bigoterie excessivement mal jouée (mention spéciale à Joséphine Japy qui incarne son personnage avec la profondeur d'une mise en scène de terminale L en classe transplantée) les effets spéciaux fantômatiques sont risibles (draps blancs, lampe torche dans le dos) et le tout est soutenu tant bien que mal par un Cassel parfois juste parfois poilant (écoutez la façon dont il dit "oui, le malin est puissant" j'en ris encore). Après The Tree of Life et avant Lourdes... l'intégrisme chrétien sévit au cinéma en réponse à la montée de l'intégrisme d'autres religions comme une barrière de cierges. Ca donne envie de revoir le Nom de la Rose tout ça...
J'attendais le nouveau film de Moll... hélas, c'est une déception... trop Mou décidemment, l'auteur se cherche dans le fantastique mais il ne se trouve pas et il ne nous trouve surtout pas (à part ses copains qui viennent de s'inscrire au site pour mettre 5 étoiles et ne font meme pas l'effort d'écrire une autre critique afin d'éviter "membre depuis 1 jour - 1 critique postée : 5 étoiles tout est magnifique !" c'est énervant à la fin !!!
Interprété par Vincent Cassel, Le Moine est le plus mauvais film que j'ai pu voir jusqu'à maintenant de ce formidable acteur. Le métrage déclenche un ennui intense, rapide et long du début à la fin, à tel point que l'on regarde le chronomètre toutes les 2 minutes pour arriver plus vite au générique final. C'est d'un intérêt très limité, mou, lent et surtout dénué de talent. Un film clairement à éviter.
Ah ça ! Rien à redire sur le travail de restauration qui a du être opéré sur ce vieux film poussiéreux des années 30 : lumière superbe, netteté de l'image splendide, et son très propre. Un travail impeccable. Mais bon, mis à part le fait que l'acteur principal ressemble comme deux gouttes d’eau à Vincent Cassel (oui il en à la gueule, mais il n’en a clairement pas la verve), quel intérêt peut-on avoir à sortir aujourd'hui un film qui laisse derrière lui 90 ans d’expérimentation et d’enrichissement du langage cinématographique ? Alors oui, c'est toujours drôle de voir des fantômes en transparence et des transitions faites au fondu circulaire... Mais sinon – pitié ! – arrêtons la blague un peu deux secondes : ça reste drôle à condition de ne pas se taper toutes les breloques que ce genre de vieux films moisis trimballe avec lui. Je veux bien que Dominik Moll se tape un trip, mais pourquoi alors nous faire boire le calice jusqu'à la lie en ne nous épargnant ni la récitation littéraire interminable (faute d'avoir du langage cinématographique à manier) ni cette intrigue d'un autre âge totalement surannée. Bref ce "moine" c'est vraiment du pur exercice de style égoïste dont moi j'ai personnellement strictement rien à foutre. Un film à renvoyer sur le champ dans son époque ou bien, mieux encore, dans les oubliettes du septième art...
J’avais lu le roman de Matthew Gregory Lewis, récit gothique plein de bruit et de fureur où les fantômes, les démons et les sorcières jouent avec le destin des êtres humains au milieu d’aventures picaresques et amoureuses pleines de quiproquo et de retournements de situation échevelés. L’adapter tel quel était à l’évidence peu réaliste et Dominique Môle a donc coupé une très grosse partie de la trame pour ne garder que l’intrigue qui a pour personnages principaux le moine, Agnès, sa mère, Valério et Antonia. Cela conférait une évidente cohérence à l’action, mais malheureusement cela a nuit à ce qui faisait le sel du livre : le foisonnement, très rococo c’est certain, de l’histoire. On se retrouve donc avec une intrigue très linéaire et finalement assez classique de la lutte d’un homme de Dieu avec ses démons et ses désirs. De plus le livre fait une large place au fantastique avec apparition de démons, magie noire, présence du Diable dans toute son attirail maléfique, or tout cela est retranscrit à l’écran avec beaucoup (trop) de parcimonie en faisant appel à des ellipses et des effets (assez pauvres il faut le dire) d’images. Du coup on a un fantastique un peu fauché (pour ne pas dire cheap) qui parsème une histoire un peu faiblarde peuplée de personnages très fade, presque artificiels. J’ai regardé le film avec intérêt, mais plus pour le comparer au livre et aux image que sa lecture m’avait faite me construire, plus que pour le film en tant qu’oeuvre indépendante. Je ne suis pas sûr que quelqu’un qui n’est pas connaissance du roman trouve un réel intérêt à ce film un peu froid et engoncé. Un peu contestable échec artistique qui n’a pas rencontré, comme une confirmation, son public dans les salles avec à peine plus de 180 mille entrées. J’avoue que je ne le recommanderais même pas comme un substitut à la lecture du roman.